Sapeur-Pompier


Sapeur-Pompier

Pompier

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Pompiers de Chicago
Pompiers à l'EPFL
Pompiers genevois lors d'une chute d'arbre
Exercice de sauvetage en Allemagne
Extraction d'une victime, Belgique
Les pompiers de Police (Pologne)

Un pompier est une personne entraînée à combattre le feu, les inondations, et offrir une gamme de secours de diverses natures.

L'expression « soldat du feu » consacre le rôle de lutte contre les incendies ; on la trouve dans les mots fireman (anglais : « homme du feu »), firefighter (anglais : « combattant du feu ») et Feuerwehr (allemand : « arme du feu »). La part de la lutte anti-incendie en France dans les activités des pompiers modernes est en régression, en raison de l'amélioration des normes de construction, des règlements de sécurité et de la sensibilisation des populations, pour ne plus représenter qu'environ 7% des interventions. Les sapeurs-pompiers sont l'un des pivots de la sécurité civile.

La mission et le statut des pompiers varient d'un pays à l'autre, mais regroupent en général :

soit d'une manière générale, la protection des personnes, des biens, des moyens de production économique et de l'environnement (lutte contre les incendies, sauvetage, secourisme, lutte contre la pollution).

Les pompiers sont souvent des fonctionnaires, employés par l'État ou les collectivités territoriales (municipalités, départements, régions...), mais dans certains endroits, ce service public est délégué à des entreprises privées (cas de deux tiers des villes du Danemark notamment). Deux villes de France sont protégées par des pompiers militaires : Paris (brigade des sapeurs pompiers de Paris) et Marseille (Bataillon de marins pompiers de Marseille)

Certaines entreprises possèdent également des personnels de lutte contre l'incendie, notamment pour les activités à risque (usines chimiques, installations nucléaires).

Le terme « pompier » vient de la pompe à bras utilisée auparavant pour éteindre les incendies (avant l'arrivée des pompes à vapeur, puis à moteur à explosion). Le terme « sapeur », utilisé par exemple en France dans l'expression « sapeurs-pompiers », vient du fait que le premier corps créé en France par Napoléon Ier était un corps militaire du génie(synonyme de sapeur: soldat;sens : soldat du génie)

Sommaire

Histoire

Antiquité

L'histoire de la lutte organisée contre les incendies commence au temps de l'Égypte ancienne, où des pompes manuelles ont peut-être été employées pour éteindre des incendies. Cependant, de telles tentatives étaient d'une ampleur limitée lorsqu'on les compare aux grandes organisations qui se sont développées ensuite à Rome et dans de nombreuses autres villes. La première brigade de pompiers romains (les Vigiles urbani) a été fondée avec pour mission de combattre le feu au moyen de seaux et de pompes pour transporter l'eau, mais également de divers outillages incluant jusqu'à des catapultes permettant de détruire les maisons avant l'arrivée des flammes afin de contenir le foyer de l'incendie.

Rome a subi de nombreux incendies d'une ampleur importante, notamment le plus connu qui commença aux abords du Circus maximus le 19 juillet 64 et détruisit plus des deux tiers de la ville de Rome. Le peuple qui cherchait un responsable pour ce désastre se tourna vers l'empereur Néron qui était suspecté de vouloir immortaliser son nom en renommant Rome Neropolis. Celui-ci rejeta finalement la responsabilité sur une petite communauté orientale, celle des chrétiens. On raconte à propos de cet incendie qu'un Romain serait devenu très riche en achetant des propriétés lors de l'avancée des flammes et utilisant des équipes d'esclaves pour lutter contre l'incendie afin de préserver ses nouvelles acquisitions des flammes.

Plus récemment, une autre cité de grande taille qui connut un tel besoin d'organisation pour lutter contre les incendies est la ville de Londres, qui connut d'importants incendies en 798, 982 et 989, ainsi que le grand incendie de Londres en 1666. Cet incendie, qui commença dans la boutique d'un boulanger consuma une surface d'environ 5 km² de la ville, laissant dix mille personnes sans habitations.

La révolution industrielle

Les premiers tuyaux d'incendie furent mis au point par l'inventeur néerlandais Jan Van der Heiden en 1672. Ils étaient fabriqués en cuir souple et assemblés tous les 15 mètres à l'aide de raccords en laiton. La longueur et les raccords ont donnés naissance aux normes actuelles.

À la même époque, aux États-Unis, la ville de Jamestown, Virginie a été complètement détruite par un incendie au mois de janvier 1608. Un système de « surveillants » des incendies fut mis en place dans la ville de New York en 1648. Les surveillants avaient pour mission de patrouiller à travers la ville en inspectant les cheminées des bâtiments. Les tours de garde étaient réalisés par huit personnes, qui réveillaient les habitants pour combattre l'incendie, si nécessaire avec de simples seaux d'eau. À Boston, les importants incendies qui eurent lieu en 1653 et 1676 ont incité la ville à prendre d'importantes mesures pour lutter contre les incendies.

La pompe à incendie fut développée par le londonien Richard Newsham en 1725. Amenées telles des chariots jusqu'au lieu de l'incendie, ces pompes manuelles étaient servies par des équipes de plusieurs hommes et pouvaient délivrer jusqu'à 12 litres d'eau par seconde et ce jusqu'à une hauteur de 40 mètres.

Benjamin Franklin créa en 1736 à Philadelphie la Union Fire Company, première compagnie de volontaires en Amérique. Il n'y eu pas de pompiers salariés à plein temps en Amérique avant les années 1850. Même après la formation de compagnies de pompiers professionnels aux États Unis, les problèmes de désaccords et de maîtrise de la répartition des territoires existaient encore. Les compagnies de New York furent réputées pour envoyer des coureurs portant de grands tonneaux permettant de recouvrir les bouches d'incendie avant l'arrivée des pompes à incendies. Des combats éclataient couramment entre les coureurs et mêmes les compagnies de pompiers correspondantes, afin d'avoir le droit de combattre le feu, et ainsi obtenir l'argent qui sera donné à la compagnie qui aura combattu l'incendie.

À la suite de l'incendie de l'ambassade d'Autriche de 1810, où périt Pauline von Schwarzenberg, la belle-sœur de l'Ambassadeur[1], Napoléon Ier créa le premier corps professionnel de sapeurs-pompiers. Il organisa les pompiers de Paris sous la forme d'un corps militaire par le décret du 18 septembre 1811. C'est depuis ce décret que le terme sapeur-pompier est utilisé officiellement.

Au Royaume-Uni, la première compagnie organisée de pompiers fut créée à Edimbourg, Écosse[2], lors de la fondation des établissements Edinburgh Fire Engine Establishment en 1824 par James Braidwood. Londres suivi en 1832 avec les établissements London Fire Engine Establishment.

Le premier camion à vapeur hippomobile pour le combat contre le feu a été inventé en 1829, mais il ne fut pas accepté dans la lutte contre les incendies avant l'année 1860, puis il fut encore oublié pendant deux autres années. Les pompes à incendie à moteur à combustion interne arrivèrent en 1907. Construites aux États-Unis, elles menèrent au déclin et à la disparition les moteurs à vapeur dans les années 1925.

Époque actuelle

Aujourd'hui, le combat contre le feu demeure un mélange de volontaires et professionnels. Typiquement, les services du feu des secteurs ruraux se composent essentiellement de volontaires tandis que les pompiers à temps plein dominent dans les villes et les secteurs urbains, même s'il y a parfois des exceptions locales.

Effectifs nationaux

Dans le tableau ci-dessous, en effectifs totaux. Pour la distinction entre professionnels à plein-temps et volontaires à temps partiel, on indique le pourcentage de l'effectif total entre parenthèses.

Pays Nombre total Professionnels Volontaires Note
Allemagne[3] [4] 1 383 730 24 000 1 300 000 en plus : env. 30 à 40 000 pompiers d'entreprise
Autriche[4] 247 227
Belgique[3] 17 000 5 000 12 000 (70 %)
Danemark[3] 6 500 1 700 3 400 dont 1 400 conscrits ;
service municipal concédé à l'entreprise Falck dans 2/3 des communes
France 249 400 51 200 198 200 (79,5 %) parmi les 51 200 professionnels : 39 200 civils et 12 000 militaires (BSPP, BMPM, UIISC 1,5 et 7).
Luxembourg[5] 9 219 178 9 041
Pays-Bas[3] 26 512 4 253 22 259 (85 %)
Angleterre et Pays de Galles[3] 58 000 35 500 16 500 15 000 pro à temps partiel et 1 500 volontaires
Slovenie 60 860 860 60 000
Suisse [4] 121 200 1 400 119 400 en plus : env. 400 pompiers d'entreprise (statistiques 2004)
Nombre de pompiers par pays

Le tableau ci-dessous présente les effectifs ramenés à la population des pays, exprimés en nombre de pompiers pour 100 000 habitants. Ces statistiques permettent de comparer les organisation mais ne doivent pas servir à comparer les corps tels quels. Ainsi, un nombre élevé de pompiers par habitant ne signifie pas qu'ils sont peu efficaces, mais par exemple que la densité de population est faible (il faut des casernes pour intervenir rapidement mais le secteur couvre peu d'habitations), ou encore un fort taux de pompiers volontaires peut marquer une forte implication de la population dans la sécurité civile (entre-aide et solidarité).

Pays Nombre total Professionnels Volontaires
Allemagne 1 676 29 1 575
Autriche 3 033
Belgique 164 48 115 (70 %)
Danemark 120 31 63
France 382 65 317 (85 %)
Luxembourg 2 081 40 2 041
Pays-Bas 164 26 138 (85 %)
Angleterre et Pays de Galles 110 67 31
Slovenie 3 043 43 3 000
Suisse 1 638 19 1 613
Nombre de pompiers par pays, pour 100 000 habitants

Risques pour la santé

Les cancers d’origine professionnelle chez les pompiers constituent une source importante de préoccupation pour tous ceux et celles qui œuvrent en santé et en sécurité du travail. Chaque année, ces lésions occasionnent des coûts humains et financiers importants pour les travailleurs et les employeurs. Il est cependant difficile, en l’absence d’études épidémiologiques, d’établir un lien entre l’apparition d’un cancer et les caractéristiques de l’emploi. Toutefois, de récentes revues critiques de littérature épidémiologique reliée à la question des risques de cancer chez les pompiers ont été publiées[6].

Équipements de protection

Les risques de l'activité rendent indispensable l'utilisation d'équipements de protection individuelle (EPI). Les tenues les plus modernes se composent de vêtements proches du corps (chemise et pantalon) ignifugés, et d'une veste de protection textile (parfois encore en cuir) et d'un surpantalon particulièrement résistants. La présence d'une couche d'air entre les vêtements et les sur-vêtements est importante pour ralentir la progression de la chaleur (effet isolant).

Le surpantalon, la veste de protection, les bottes et les gants doivent protéger contre les dangers suivants :

  • chaleur et feu (incendie) : les vêtements doivent être ignifugés, stables, ralentir la progression de la chaleur vers la peau, empêcher la pénétration de vapeur (générée par l'arrosage du feu), et couvrir la totalité de la peau ;
  • risque mécanique : déchirure, abrasion ;
  • chimique : empêcher la pénétration de liquides et résister aux principaux agents agressifs (comme l'acide chlorhydrique et la soude) ;
  • risque de coup de chaleur et de déshydratation : évacuation de la chaleur et de la transpiration générées par l'effort ;
  • électrique : possibilité de contact accidentel avec des fils mis à nu ;
  • visibilité de nuit : les vêtements comportent des couleurs vives et des bandes rétro-réfléchissantes.

Le casque doit en outre protéger contre les chocs. Les pompiers portent également un appareil respiratoire isolant (ARI) se composant d'un masque facial transparent couvrant tout le visage et relié à une bouteille d'air comprimé avec détendeur.

Les bottes doivent maintenir la cheville (pour éviter les entorses), avoir des semelles anti-dérapantes et anti-perforation, ainsi qu'une coque anti-écrasement.

Véhicules typiques

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Pour les véhicules français, voir l'article : pompier en France.

Les avertisseurs sonores

En France

La sirène officielle des véhicules des pompiers ou "corne à feu" correspond aux notes de musique "Ré" et "Do". On l'appelle le "deux tons". La tonalité "Si" et "La" est utilisée par la Police et la Gendarmerie.

Aux États-Unis

Il y a une sirène continue, que l'on actionne tout le long du trajet. Et qui peut être complétée par un second avertisseur sonore, actionné par le chef d'agrès.

Expressions

Pour les expressions en France, voir l'article : pompier en France.
  • Fumer comme un pompier : « avoir un tabagisme important » ; cette expression est relative à la vapeur d'eau et à la fumée qui se dégage de leurs vêtements (auparavant en coton et en laine) et de leurs cheveux après l'extinction d'un incendie. De plus les pompiers portaient auparavant un cuir en tant que veste protectrice, avec la chaleur, ce cuir se dilatait et absorbait toutes les fumées nocives, à leur sortie du feu, le cuir se refroidissant, expulsait ces fumées...
    Une autre origine pourrait être la déformation de « fumer comme un sapeur ». Les sapeurs mineurs du génie avaient une allocation de cigares, pour conserver le feu. Ils les allumaient avec le mégot du précédent et n'arrêtaient donc pas de fumer!

Voir aussi

Filmographie

Articles connexes

Liens externes

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Notes et références

  1. [1]
  2. http://www.lbfire.org.uk
  3. a , b , c , d  et e Rapport du Sénat français, 2001, cf. Modèle:Bibliol
  4. a , b  et c de:Feueurwehr
  5. FNSP Luxembourg
  6. Voir par exemple sur le site www.irsst.qc.ca ces rapports: [2], [3] et [4]
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