Rebreuve-sur-Canche


Rebreuve-sur-Canche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rebreuve.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Canche.

50° 15′ 55″ N 2° 20′ 30″ E / 50.2652777778, 2.34166666667

Rebreuve-sur-Canche
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Arras
Canton Avesnes-le-Comte
Code commune 62694
Code postal 62270
Maire
Mandat en cours
Daniel Bonnelle
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes des Deux Sources
Démographie
Population 212 hab. (2006)
Densité 26 hab./km²
Gentilé Rebreuvois(es)
Géographie
Coordonnées 50° 15′ 55″ Nord
       2° 20′ 30″ Est
/ 50.2652777778, 2.34166666667
Altitudes mini. 72 m — maxi. 149 m
Superficie 8,28 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Rebreuve-sur-Canche est une commune française, située dans le département du Pas-de-Calais et la région Nord-Pas-de-Calais.

Sommaire

Géographie

Rebreuve-sur-Canche dans son canton et dans l'arrondissement d'Arras

Situation géographique

L’amateur de nature qui parcourt Rebreuve ne peut qu’être comblé par la diversité des paysages qu’il rencontre : plaines, vallées, rivière, ruisseaux et même montagnes -petites il est vrai ! - seront les buts de ses promenades. La nature ici est luxuriante à souhait : il y trouvera des prés couvrant les coteaux, des blonds champs de blé faisant des tapis d’été et des montagnes ayant leur toupet verdoyant des bois. S’il aime la pêche, il sera enchanté, la Canche capricieuse dans ses méandres mais claire comme le cristal, l’accaparera de longues heures sous les frondaisons des marécages. Tous ces paysages, fruit millénaire du travail acharné de nos paysans, doivent être notre fierté et nous devons toujours continuer à œuvrer à leur conservation.

Rebreuve-sur-Canche (en picard, Arbreuf, comme son nom l’indique, a son terroir situé de part et d'autre de ce fleuve côtier. La commune possède deux hameaux : Honval au nord (Hinvau) et La Couture (El Coture) au sud. Il existait autrefois un autre hameau ou écart, nommé “le Hamel” que l'on situe comme un canton ou fief seigneurial proche de la fontaine de la Caute (fontangne del Kiaute) et les maisons situées sur les "Montagnes". Les dénombrements des fiefs indiquent que le hameau de Mortagne, qui fait partie aujourd’hui de Rebreuviette, dépendait de Rebreuve ; on ne sait à quelle époque cette partie du territoire fut détachée de la commune.

Le centre du village est à une altitude de 77 mètres mais les collines le surplombant culminent à 150 mètres. C’est de cette différence que leur vient le nom de « Montagnes » Sur une gravure se trouvant dans les albums du duc de Croÿ, datée 1610, et qui montre le village dans son ensemble, on devine qu'à cette époque Rebreuve était bâti sur la rive droite de la Canche, en habitat groupé, tout en laissant une large bande de marais entre ce fleuve et les premières maisons du village. Aujourd'hui, Rebreuve est plutôt un village qui possède un habitat dispersé, peu de maisons sont mitoyennes ; ce qui correspond bien à la mentalité du Rebreuvois qui aime sa liberté de voisinage.
Le village est orné de deux édifices importants : une église en partie du XVIe siècle et un château de style Renaissance bâti vers 1885 par la famille de Boffe. La mairie et l’école, bâtiments relativement modernes, contiennent les services administratifs et scolaires de la commune. Ils sont situés au 40 rue de l’Église.
Administrativement Rebreuve fait partie de l'arrondissement d'Arras, canton d'Avesnes-le-Comte. Sous l’Ancien Régime, de la province d'Artois, Comté de Saint-Pol.
La population du village est de 199 habitants (280 en 1946). La commune, qui est d'une surface de 828 ha, est actuellement dirigée par monsieur Michel Martinage, maire de Rebreuve (2005), Daniel Bonnelle en 2009.
Au niveau religieux, Rebreuve dépend du diocèse d'Arras, avec curé résidant à Frévent. L'église a pour patron Saint Vaast. Rebreuve a la particularité de se trouver parfaitement sur le méridien de Paris, ce qui lui a valu en l’an 2000, dernière année du siècle, l’honneur d’être un des villages sur la «Méridienne Verte»

Les eaux

Rivière, ruisseaux et Fontaines.

La commune est bien pourvue en "rivière", et ruisseaux. Le cours principal est la "rivière" de Canche qui est en fait un petit fleuve côtier qui traverse tout le village et qui a donné son nom à la commune. En compte aussi deux puissants ruisseaux qui vont alimenter la Canche : le plus important est nommé "la Riviérette" c'est-à-dire la petite rivière mais qui portait autrefois le nom évocateur de "Bourbillon". Ce bourbillon prend naissance à la fontaine Del Caute située à environ 500 m de son confluent avec la Canche. Le second ruisseau prend sa source au château de Boffe et à son confluent avec la Canche à environ 800 mètres de sa source. Ce ruisseau, nommé communément ruisseau du château servait à créer ce que l'on appelle à Rebreuve des "Flotis" c'est-à-dire des près flottés qui donnaient des herbages généreux.

Des sources du village qui sont nombreuses et que nous avons déjà citées avaient été un élément important pour que la population s'y fixe. La fontaine del Caute (Fontaine de la Chaude en Français), n'avait pas la particularité d'avoir un niveau thermique élevé mais simplement d'avoir l'aspect d'une eau bouillonnante car issue d'un puits artésien ; l'eau jaillissait à une grande hauteur. Après 1840 et avec l'industrialisation du bourg voisin de Frévent, le propriétaire de la filature mue par les eaux de la Canche, fit l'acquisition du terrain et de la source del Caude et fit crever tout autour le terrain pour en augmenter le débit. Pendant quelque temps les eaux furent plus vives mais rapidement le niveau baissa privant ainsi d'autres sources de leur eau.

Rebreuve et son terroir.

Rebreuve sur Canche est divisé en plusieurs terroirs ou hameaux qui font la somme de la commune. Ces hameaux se nomment Honval (Honval lez Rebreuve), au nord, La Couture, au Sud, divisé antérieurement en La Couture la Basse et La couture la Haute. Le centre du village, l'ancienne seigneurie dite à "Cloche" car elle est la seigneurie principale comportant le clocher de la paroisse. Il y avait aussi, avant 1550, un autre hameau aujourd'hui disparu portant le nom de "Hamel" ; lieu compris entre les anciens moulins de la paroisse et la fontaine dite "Fontaine de Caute".


Communes limitrophes

-Sibiville : au nord de Rebreuve et donc mitoyenne du hameau de Honval, possède une collection de registres BMS depuis 1650 avec des lacunes.

-Houvin Houvigneul: au nord-est du hameau de Honval, ces deux communes réunies en une seule au milieu du XIXe siècle, a perdu ses registres anciens de l'état civil ; pas de registre avant 1737. Un essai de reconstitution est actuellement entrepris d'après les actes notariés.

-Canettemont : paroisse commune avec Sibiville jusqu'en 1792, elle dépendra par la suite de Rebreuve. Sa collection de registres aux BMS débute en 1680 mais il y a de nombreuses lacunes. C'est un petit village de moins de 100 habitants, il possède une petite et jolie église qui à beaucoup souffert de l'outrage du temps. C'est M. Boucly qui en est aujourd'hui le premier magistrat. Il y eut dans ce village des personnages hors du commun avec de forts caractères comme l'étaient les Debret qui dirigèrent pendant plusieurs siècles les destinés villageoises. Citons le "Capitaine Debret" militaire en retraite, chevalier de la Légion d'Honneur, qui devint par la suite maire de la commune.

-Rebreuviette : commune à l'Est de Rebreuve et elle est aussi sur la rivière Canche avec autrefois 2 moulins à eau et 1 moulin à vent au dessus du hameau de Brouilly. Cette commune a la particularité d'avoir de très nombreux hameaux ce qui a probablement empêché la fixation d'un nom particulier. En effet, Rebreuviette vient de "Petit Rebreuve". Le terroir se décompose ainsi :

Les hameaux

  • -Mortagne, avec chapelle castrale
  • -Warenne,

-Brouilly, autrefois paroisse, avec registres aux BMS. La forme Picarde du nom est "Brolly". Il y avait autrefois, avant le XVIe siècle, un château fort appartenant à la famille de Saveuse ; celle-ci pour ne plus être imposée, le fit raser au grand dam du comte de St-Pol qui se saisit des biens de la famille de Saveuse. Rosière et Brouilly devinrent la propriété et seigneurie, au XVIIe siècle, de la famille de Pisseleu dont était issue Anne de Pisseleu : le nom de de Pisseleu s'éteignit à Rebreuviette au milieu du XVIIIe siècle n'ayant plus de descendant mâle.

-la Rosière, la forme ancienne du nom est "à Le Rosière"

-Marteloy, centre de la commune avec la seigneurie à Cloche, la ferme seigneuriale portait le nom picard de "cinsse du Marteloy"

En effet, Rebreuviette aurait du porter le nom de "Marteloy" puisque c'est le chef-lieu de la paroisse. Et ainsi, le curé du Neufgermain, prêtre de la paroisse en 1690, nomme ainsi son village : "Moi, du Neufgermain, curé de la paroisse de Rebreuviette dite Marteloy". La forme ancienne en Picard du nom du village est "Al Bleuviette" ou "Al Breuviette". Rebreuviette est aussi le berceau de la famille Pétain (autrefois De Pétain) dont un membre de celle-ci s'installa à la fin du XVIIe siècle au environ de Cauchy-à-la-Tour ; c'était un très lointain ancêtre du maréchal Pétain.

-Le Souich : au sud de Rebreuve avec des registres aux BMS bien avant la fin du XVIIIe siècle. La forme ancienne de la commune du Souich est en Picard "au Soui" et ainsi l'on dit "éch min vau au Soui" ; c'est-à-dire je m'en vais au Souich.

-Bouret sur Canche : commune à l'Ouest du terroir de Rebreuve, elle se divise en deux entités : le petit et Grand Bouret. Ces deux quartiers de la commune se composent de l'ancienne seigneurie à Cloche qui est le Grand Bouret et le centre du village, et le petit Bouret autrefois bien peuplé mais ayant aujourd'hui perdu une grande partie de sa population, et a son centre autour de la Chapelle Notre-Dame de Bon Secours. Bouret possède des registres aux BMS depuis 1690 avec des lacunes mais dépendant de la paroisse de St-Hilaire-en-Frévent, des actes de Bouret s'y trouvent inclus.

Autres communes proches Rebreuve a aussi des liens particuliers avec d'autres communes proches, non limitrophes mais souvent situées sur la rivière Canche. Citons en les principales :

-Etrée Wamin: cette commune, non mitoyenne de Rebreuve, est composée de deux terroirs : Etrée et Wamin et elle formait déjà avant la Révolution une seule et même paroisse. La commune actuelle de Beaudricourt, autrefois Baudricourt, était un hameau de Wamin ainsi que le terroir de Oppy (Oppy lez St-Pol ; ces deux hameaux se détachèrent d'Etrée Wamin en 1789 pour former une nouvelle commune. Registre aux BMS pour tous ces terroirs de 1693 à 1792 avec une grosse lacune de 1724 à 1736. Ces registres sont entièrement dépouillés de 1693 à 1780. Citons aussi les autres lieux-dits ou écarts ayant été habités autrefois : Petit-Monchel, Mardinchon (parfois trivialement Merdenchon), Bacouel le Grand et Bacouel le Petit. Ces deux derniers lieux sont probablement les noms originaux de Etrée puisque qu'il est de tradition dans la commune de situer le château fort bâti sur le lieu-dit "chés Montan-nes" Les montagnes, comme le château de Bacouel! Avant 1789, Etrée était une seigneurie dépendante de l'illustre Abbaye de St-Vaast d'Arras avec un échevinage et prévôt. Wamin, Beaudricourt et Oppy avait un lieutenant civil.

-Beaudricourt : voir l'article précédent, puisque cette commune fut un hameau de Etrée Wamin. Le hameau de Oppy y est rattaché ; il possédait une chapelle qui fut dévastée par les armées françaises pendant les guerres du XVIe siècle.

-Berlencourt le Cauroy: commune qui est aussi arrosée par la Canche dans sa traversée. Registre depuis 1640 avec de grosses lacunes. Entièrement dépouillé de 1640 à 1802. Il y avait deux entités seigneuriales : le Grand Berlencourt et le Petit Berlencourt. Avant la Révolution, dépendaient de Berlencourt les paroisses et hameaux du Cauroy, la Buissière, Liencourt, Denier, Liencourt et Sars le Bois ; l'ensemble formait le Grand Berlencourt. Berlencourt le Petit ne comportait que Berlencourt même et son hameau du Cauroy. Les Registres aux BMS conservés, concernent tous ces lieux. La forme ancienne en Picard du nom de Berlencourt est "Bellencourt" jusqu'à la Révolution.

-Liencourt : autrefois paroisse du Grand Berlencourt. La forme ancienne du nom en Picard est "Li-in-court"

-Denier : autrefois paroisse du Grand Berlencourt.

-Sars le Bois : le nom de cette commune ne s'est véritablement fixé qu'après la Révolution de 1789 ; auparavant cette commune est plutôt nommée Sarts lez Bois. Elle dépendait de la paroisse du Grand Berlencourt. Toutefois, Sars le Bois est devenu paroisse indépendante en 1741 avec des registres aux BMS particuliers. Autrefois traversé par la Canche, on considère aujourd'hui que la Canche y prend sa source.

-Magnicourt sur Canche : aussi sur la Rivière la Canche qui prenait sa source autrefois à Gouy en Ternois (anciennement Gouy Ternas). Aujourd'hui la Canche n'est plus qu'un petit ruisseau chétif lors de son passage dans la commune. Les registres aux BMS débutent en 1703 sous forme de copie moderne jusqu'en 1736, puis sous forme d'actes officiels jusqu'en 1792. Ces actes sont entièrement dépouillés. Magnicourt à la particularité d'avoir formé une seule paroisse avec le village Maizières pourtant relativement éloigné de celle-ci. Maizières comme Magnicourt a des registres aux BMS depuis 1703 donc les actes sont entièrement dépouillés. Maizières portait aussi le nom de Magers et aussi de Magel.

-Gouy en Ternois : le nom de cette commune a varié dans le temps. La forme ancienne du XVIIIe siècle est Gouy Ternas. Autrefois la Canche prenait sa source dans ce village. Des personnes dignes de foi ont vu dans des périodes de grandes pluviosités les sources de cette rivière se réactiver en sourdant abondamment. Toutefois, on convient aujourd'hui que la source principale de la Canche est à Sars le Bois. Registres aux BMS depuis 1627 jusqu'en 1792 avec des lacunes.

Histoire

Origine du nom de Rebreuve

Condensé de "ESSAI D'ÉTYMOLOGIE du nom de Rebreuve-sur-Canche".

L'étymologie du nom de Rebreuve-sur-Canche, de même que sont homonyme, Rebreuve-sous-les-Monts (aujourd’hui Rebreuve-Ranchicourt), n'apparaît pas dans le dictionnaire de Dauzas. Cette omission indique que cet étymologiste a, probablement, buté sur le sens de ce nom. Comme pour la plupart des localités de France, on trouve dans les documents anciens des formes du nom plus ou moins récentes ; citons en quelques unes :

  • -REBRUEVES en 1135
  • -REBRUVIAE en 1136
  • -ARBRUVlIS en 1137
  • -REBROVES en 1242
  • -REBRUEVES en 1305
  • -REBREVES / Canche en 1298


Le nom de Rebreuve a probablement trouvé son étymologie populaire lorsqu'on lui a attribué le sens d'«abreuvoir» ; une des façons dans certaines localités des environs de prononcer le nom de ce village étant d'ailleurs : "Al Breuve". Dans ce cas, il s'agit d'étymologie d'après ce que l'auditeur croit comprendre ou entendre.
Apparemment les formes ci-dessus ont toutes en communs trois éléments : 1- AR ou RE (préfix) 2- BRUV ou BROV ou BREUVE (radical) 3- IIS ou IAE ou IES (suffixe) AR = RE en français. BRUV - BROV - BREUV ne sont que le résultat d'une évolution normale en français. Et l'origine de ce radical pourrait être soit : BORVO : le dieu des eaux. BORVA : boue, marais. BRIVA : pont.

Il parait donc, jusqu'à la preuve du contraire, moins aventureux d'admettre les sens en rapport avec la situation géographique de ce village. Qu'il s'agisse du "Village près du gué" ou du "Village près du marais" ou, encore "Près du pont" ou "Près de la source dédiée à Borvo" ; tous ces sens nous ramènent à une civilisation de l'eau. À une époque, en tout cas, dans laquelle l'eau avait une très grande importance pour la vie et la circulation.

par Maurice Letho du clos-1983.

Époque du St Empire Romain Germanique

Artois Province Unie - Avant 1659

Avant 1659 Rebreuve faisait partie du Saint Empire Romain Germanique. La province d'Artois était l'une des Provinces Unies Espagnoles ; c'est ce qu'on appelait encore en 1789 les "Provinces Belgiques" comprenant alors l'Artois, La Flandre (française), le Haynaut et le Cambrésis.

La paroisse de Rebreuve était alors gérée au niveau civil par des lieutenants -lieutenant civil- qui dépendaient eux-mêmes du seigneur propriétaire. L'administration générale de l'Artois se faisait par le Conseil d'Artois, à Arras, (nommée aussi Atrecht) qui décidait des impôts et de la justice. la province d'Artois n'était pas soumise à la gabelle.

À Rebreuve, l'administration villageoise se composait de ses lieutenants, bailly et "sergeant" : le lieutenant disait la loi, le bailly, la loi et le "sergeant" appliquait les décisions. Il y eut jusqu'à 3 lieutenants dans la paroisse ; qui correspondent aux seigneuries. Un lieutenant à Honval, un lieutenant à la Couture et un lieutenant à Rebreuve même. La seigneurie principale, et son lieutenant, était la seigneurie "à Cloche" c'est-à-dire le lieu où il y avait l'église. Ce lieutenant avait de grandes prérogatives en plus de celle de faire respecter la "Coustume"; la Coutume, c'est-à-dire les lois régissant la commune. Il avait l'honneur d'avoir sa place réservée dans l'église, le banc du premier rang et d'y avoir sa sépulture, lui et sa famille, dans la dite église, et d'y faire apposer ses épitaphes tant sur sa pierre tombale que sur les vitraux ou même au moyen d'un écu scellé dans les murs de l'église.
Au niveau judiciaire, Rebreuve dépendait de la Sénéchaussée de St Pol (St Pol sur Ternoise) en première instance, et en seconde instance au Conseil d'Artois et, en appel, au Grand Conseil de la ville de Malines.

Concernant les actes notariés, moment important de la vie de nos ancêtres puisqu'ils régissaient toute leur vie sociale, ceux-ci avaient le choix de s'adresser au notariat d'Avesnes le Comte, de St Pol ou le plus souvent à celui de Frévent. Les contrats qui y étaient passés concernaient les plus souvent leur contrat de mariage, qui stipulaient la transmission et l'apport des biens au mariage, les ventes et achats de terre et propriétés, les accords (même des accords de dédommagement pour meurtre), les baux de terre, les testaments et enfin, les partages de biens.
Les insinuations de ces actes se faisaient à la Sénéchaussée de St Pol, et portaient en Artois le nom de "Gros" et donc à St Pol le nom de "Gros de St Pol" ; on pouvait y avoir recours en cas de litige ou de disparition des Minutes chez le notaire. Les archives du Gros de St Pol seront complètement consumées en 1915 suite à l'incurie notoire de l'administration qui laissa ces archives sous le feu de l'ennemi.

Administration royale

Royaume de France, après 1658 :

L'Artois était réputé Pays d'État avec son "Parlement" nommé Conseil d'Artois ou parfois Conseil Provincial d'Artois.

Il n'y avait ni taille, ni gabelle, ni contrôle du sel sur toute l'étendue de la province. La frontière "douannière" pour le sel se située au niveau actuel du département de la Somme.

Registres aux BMS et de l'État civil

Registre aux BMS de la paroisse de Rebreuve- uniquement catholique -de 1662 à 1792 : aucune lacune aux registres.

Registre aux NMD de la commune de Rebreuve : État civil depuis 1792 jusqu'à nos jours  : aucune lacune.

Registre aux BMD de la paroisse de Rebreuve 1803-1900. Avec reconstitution des actes de baptêmes célébrés clandestinement de 1793 à 1802, par le nouveau curé concordataire.

Il faut noter qu'en 1917, pendant la Grande Guerre le front d'Artois semblant vouloir céder sous la pression des armées allemandes, l'administration française se décida, pour éviter une destruction totale des registres entreposés dans les mairies des communes menacées, d'évacuer au château de Chambord tous les registres non clos des administrations communales ; soit plus de 200 communes. Rassemblées dans un port de la Manche, ces registres furent chargés sur un bateau qui remonta ensuite la Loire jusqu'à Chambord où ils furent entreposés. Ces caisses d'archives furent en partie noyées par les flots et les registres de Rebreuve revinrent, en 1919, en grande partie très abîmés. Il existe des doubles de ces registres ; la collection du greffe, qui est en bon état.
Notes : les registres de la paroisse de Rebreuve : 1662-1792 sont entièrement dépouillés. Les registres aux actes de l'état civil 1792-1910 sont aussi entièrement dépouillés.

Ouvrages à consulter sur l'État Civil de Rebreuve sur Canche :

-Chronique des familles de Rebreuve sur Canche.2005. Cet ouvrage contient toutes les familles de Rebreuve de 1662 à 1900.

-Mon petit village de la Haute Vallée de la Canche, Rebreuve sur Canche. 2005. Cet ouvrage traite de l'histoire du village des origines à 1950.

Registres de conseil municipal

La collection de registres du Conseil Municipal, qui contiennent les actes de la commune, débute en 1815 et est continue jusqu'à notre époque. On trouve dans ces documents tout ce qui touche à la vie villageoise tant réfection des chemins que budget communal, aides aux personnes, élection des maires et des Conseillers etc ; c'est une mine d'information sur la vie villageoise !

Cadastre

On a l'habitude de dire que les cadastres en France débutent avec l'administration napoléonienne. En Artois et donc à Rebreuve, il n'en est rien. C'est à Charles Quint, empereur, que nous devons notre premier "cadastre". Même si celui-ci ne contient pas de plan cadastral, il énumère toutes les propriétés avec leur propriétaire, les tenants et les aboutissants ainsi que le montant de l'imposition due. Ce document porte le nom de "Centièmes" et date de 1569. Puis, sous l'administration française, furent créés les registres Aux Vingtièmes qui sont aussi des cadastres de style ancien. Il faut, en effet, attendre l'époque napoléonienne pour que le cadastre "moderne" apparaisse dans notre administration. C'est donc en 1813 que le plan cadastral ainsi que le registre délimitant le pourtour de la commune furent rédigés. Une matrice dite cadastrale fut aussi créée ; elle reprenait toutes les parcelles du plan cadastral et en donnait le nom du propriétaire ainsi que le montant de l'imposition.

Dans le parler populaire des habitants de Rebreuve, l'impôt prélevé sous l'ancien régime se dit "chés arlièfs" et de là "pai-ier chés arliefs". Jusqu'en 1950, il était courant, lors de discussion sur les impôts à régler au percepteur, d'entendre les anciens du village de parler "d'avoir à payer chés arlièfs" ; ils utilisaient encore ce vieux mot d'autrefois.

Paroisse

La paroisse de Rebreuve-sur-Canche est sous le patronage de St-Vaast ; c'est l'église matrice. Sous l'ancien régime, l'abbaye d'Arrouaise nomme à la cure. Autrefois, la paroisse dépendait du diocèse de Thérouanne, puis du diocèse de Boulogne, et enfin d'Arras.

La Résistance à Rebreuve. 1940-1945

Il y eut dans la haute vallée de la Canche deux périodes de Résistance très distinctes.

La première organisation de Résistance à l’ennemi débuta tout de suite après l’occupation de 1940, -mai/juin 1940- D’après les informations recueillies, c’est le curé desservant la paroisse de Boubers-sur-Canche, qui dirigeait cette organisation. Une autre personne aussi très active et qui mit sa vie en grand danger fut Mlle Debrock. Infirmière de la Croix Rouge, elle put grâce à sa fonction, mener et faciliter le départ vers la zone dite libre de très nombreux militaires Britanniques. Ces deux personnages méritants furent tout à fait oubliés des historiens locaux.
Se rattachaient à ce petit groupe des personnes et familles de la région qui servaient de point de chute à ces militaires qui au début des combats -mai-juin- s’étaient échappés des colonnes de prisonniers qui les menaient à pied vers les gares du Nord de la France pour y être embarqués vers les camps d’internements en Allemagne.

La deuxième organisation, beaucoup plus professionnelle, se créa en août 1943 et portait le nom de « Borbeaux-Loupiac » et était sous le commandement de René Guittard de Frévent.

Voici la liste des personnes qui servirent à divers époques les organisations clandestines de la Résistance. Bien entendu, d’autres personnes ont très bien pu faire partie de ces organisations de Résistance, mais beaucoup restèrent très discrètes après 1945 et leur nom resta dans l’oubli. Il est vrai que le Général de Gaulle déclarait, et une grande majorité de ces Résistants à l’échelon local étaient d’accord là dessus, que « ceux qui avaient résisté à l’envahisseur n’avaient fait que leur devoir » :

  • À Rebreuve :

-Paul DEBRET, de Honval lez Rebreuve. -Marius QUENTIN, de Honval lez Rebreuve. -Joseph FATOUX, de Rebreuve, instituteur. -Lucien LETHO du CLOS et Marie-Louise HERBET, son épouse, -Louis HERBET et Héléna DECROIX, son épouse,

  • À Rebreuviette :

-Hermance JOUY, logea de juin à septembre 1940, des militaires Britanniques échappés des colonnes de prisonniers ; elle mit sa vie en grand danger. -Pierre CHABE

  • À Etrée Wamin :

-Gaston LECOQ -Jeanne BERTOUT

Administration

Liste des procureurs et maires de la commune

1e république et 1er Empire

  • DUGARIN Louis Joseph An 3-An 13
  • DEHAMEL Antoine Const. An 13-1813 (sous ce nom se "cache" Antoine Constant de Hamel Bellenglise, famille notablement connue dans la région!)

Royaume de France

Le Roi Louis-Philippe, en février 1831, rétablit l’élection des membres des Conseils municipaux mais au suffrage censitaire. Le maire est nommé par le Roi.

  • BRIOIS Pierre Antoine 1813-1828
  • DE B0FFE Pierre Fois 1828-1848

IIe République - IIe Empire - IIIe République

La Deuxième république rétablit l’élection du maire et du Conseil municipal au suffrage universel mais le Second Empire rétablit la nomination des maires et des conseils municipaux. ; le gouvernement choisit les maires et le candidat officiel est favorisé. En 1882, la Troisième République redonne aux municipalités le droit d’élire leur maire.

  • BRIOIS Irénée 1849-1857
  • CLÉRET Jules 1857-1880, Jules Cléret est révoqué par le président de la République le 10 décembre 1880. C'est une révocation purement politique et sans motif réel et valable.
  • DE BOFFE Lucien (intérim ?) 1881
  • SOYEZ Jules 1881-1884
  • PETIT Alfred 1884-1890
  • BOUVET Joseph 1890
  • SOYEZ Jules 1891-1903
  • BOUVET François 1904-1922
  • BOUVET Léon 1923-1935
  • FACHE Jules 1936-1945

État français

  • FACHE Jules 1940-1945

IVe République

  • SACLEUX Ulysse 1946-

Ve République

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1971 1977 Charles Thilliez    
mars 1978 1980 Daniel Bonnelle    
mars 1980 2001 Michel Dugarin    
mars 2001 2003 Jean-Marie Pinchon    
mars 2003 2008 Michel Martinage    
mars 2008   Daniel Bonnelle    

Démographie

Les habitants de Rebreuve-sur-Canche s'appellent des Rebreuvois(es)[1].

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Rebreuve-sur-Canche depuis 1793. D’après le recensement Insee de 2007, Rebreuve-sur-Canche compte 215 habitants (soit une augmentation de 20 % par rapport à 1999). La commune occupe le 26 081e rang au niveau national, alors qu'elle était au 27 306e en 1999.

Années 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
Population 389 333 396 416 415 376 370 372 382
Années 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
Population 389 370 380 347 346 333 369 348 329
Années 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
Population 333 348 334 314 274 273 260 280 270
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 -
Population 240 230 176 183 199 179 212 215 -
Notes, sources, ... Sources : base Cassini de l'EHESS pour les nombres retenus jusque 1962[2], base Insee à partir de 1968 (population sans doubles comptes puis population municipale à partir de 2006)[3],[4]

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (26,2 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (52 % contre 48,4 % au niveau national et 48,2 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 52 % d’hommes (0 à 14 ans = 15,7 %, 15 à 29 ans = 20,9 %, 30 à 44 ans = 18,3 %, 45 à 59 ans = 21,7 %, plus de 60 ans = 23,5 %) ;
  • 48 % de femmes (0 à 14 ans = 14,2 %, 15 à 29 ans = 17 %, 30 à 44 ans = 16 %, 45 à 59 ans = 23,6 %, plus de 60 ans = 29,2 %).
Pyramide des âges à Rebreuve-sur-Canche en 2007 en pourcentage[5]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,0 
90 ans ou +
0,0 
6,1 
75 à 89 ans
13,2 
17,4 
60 à 74 ans
16,0 
21,7 
45 à 59 ans
23,6 
18,3 
30 à 44 ans
16,0 
20,9 
15 à 29 ans
17,0 
15,7 
0 à 14 ans
14,2 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2007 en pourcentage[6]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,8 
5,1 
75 à 89 ans
9,1 
11,1 
60 à 74 ans
12,9 
21,0 
45 à 59 ans
20,1 
20,9 
30 à 44 ans
19,6 
20,4 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
18,9 

Héraldique

blason

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

d’argent à la bande de gueules chargée de trois coquilles d’or.

le blason ci-dessus, donné comme armes de la commune, n'a aucune "légitimité" puisqu'il s'agit des Armes de Jean VII de Béthencourt, abbé d'Arrouaise en 1550. Personne n'est aujourd'hui capable de dire pourquoi la commune s'est adjugée ces Armes il y a peu de temps !

Jean de Béthencourt, en tant qu'abbé d'Arrouaise, nommait à la cure les curés et avait, au temporel, droit de dismes sur Rebreuve; c'est la seule chose qui le relie avec l'actuelle commune.

Lieux et monuments

Il y a à Rebreuve plusieurs monuments plus ou moins anciens :

L'église

L'église de la paroisse est sous le patronage de St Vaas, évangélisateur de la Haute Vallée de la Canche. D'un petit oratoire du XIe siècle on construisit une église plus importante qui subit les aléas des guerres entre la France et les Pays-Bas espagnols : François Ier et son armée détruisirent de fond en comble ce sanctuaire laissant seulement la tour clocher a peu près intacte. Vers 1550, on reconstruisit la nef et l'on plaça dans le clocher 3 cloches. Peu avant la Révolution de 1789, deux de ces cloches étant fêlées ont fondit ces trois cloches pour n'en faire qu'une ; c'est celle qui s'y trouve encore aujourd'hui.

Châteaux

Il y a à Rebreuve deux châteaux ou tout au moins de grandes bâtisses de ce type. La plus importante de celle-ci est le château de M. et Mme de Boffe, châtelains, famille dont l'origine se trouve à Amiens et qui vers 1815 achetèrent tout un ensemble de bâtiments et de terres qui avaient formé sous l'ancien régime la seigneurie à Cloche de la paroisse -seigneurie à cloche car c'était la seigneurie principale du village où se trouvaient l'église et son clocher-. Vers 1751, la famille Boucquel de Warlus acquit cette seigneurie et alors elle fit bâtir à la place de la ferme seigneuriale un premier château. Vers 1889, la famille de Boffe fit de grands travaux d'agrandissement en ajoutant au bâtiment de 1751 un nouvel ensemble de constructions qui forment le bâtiment actuel.
L'autre château, où grande résidence bourgeoise, porte le nom de sa propriétaire "château de madame Petit". D'après le souvenir des anciens de Rebreuve, il y aurait eu au hameau de Honval un autre petit château ou grosse ferme seigneuriale aujourd'hui totalement disparu. Ce château ou ferme était la propriété de la famille du Val du Nattoy vers 1685, puis vers 1710 de la famille van Rhemen des Avesnes.

Les moulins

Autrefois deux moulins à eau moulaient les grains et tordaient l'huile sur le cour de la Canche. On peut encore voir ceux-ci puisque les bâtiments existent encore. Le moulin à huile fut, vers 1920, remplacé une scierie qui portait le nom de son créateur : Léon Vaast. Le moulin à farine arrêta son activité lorsque les minoteries à vapeur entrèrent en activité. Les bâtiments servent aujourd'hui à l'usage de camping.

Un petit moulin à vent habillait le paysage du hameau de la Cousture. En 1813 il était encore en activité mais vers 1825 un ouragan le mis bas; il ne reprit pas son activité.

Fermes et ménages

Comme dans tout le domaine Picard, Rebreuve avait une façon assez particulière de nommer les habitations. Nous avons vu dans les articles précédents les monuments principaux que l'on nomme simplement par leur nom : château de Boffe, château de Madame Petit, Scierie Vaast.
Pour les autres bâtiments à usage de culture telles les fermes, celles-ci prennent le nom de leur propriétaire mais en conservant leur dénomination picarde : par exemple la "cinsse Cleret" devenu ensuite "Cinsse Rougegrez" par changement de propriétaire; "Cinsse" et "Cinssier" qui se traduiraient littéralement en français par "Cense" et Censsier" ; c'est le fermier actuel. Les autres bâtiments du village sont les habitations des ménagers ; c'est-à-dire de ceux qui possèdent un petit lopin de terre et quelques animaux de ferme ; ils vivent presque en autarcie consommant leurs productions. Les ménagers ont parfois une autre activité artisanale mais souvent ils louent leurs bras à la journée dans les fermes lors des récoltes c'est pour cela qu'on les nomme journaliers ou plus souvent manouvriers. Il était assez mal vu de ne pas posséder au moins la propriété de sa maison avec un petit jardin y attenant. Ce dicton le montre bien : "èch ti qui n'ô point éd mazon, i n'ô point éd village" c'est-à-dire en français : "celui qui n'a pas de maison, n'a pas de village" ; il n'est donc pas considéré comme faisant partie de la communauté villageoise.

Personnalités liées à la commune

Liste des guillotinés de Rebreuve

  • François Brasseur, vicaire, âgé de 39 ans, né à Rebreuviette le 24 avril 1755.
    Sa famille maternelle de Rebreuve. Guillotiné le 5 prairial An 2 à Arras.
  • Simon Benoît BRASSEUR, fabricant de bas, âgé de 37 ans, né à Rebreuviette le 23 avril 1758
    Guillotiné le 5 prairial An 2 à Arras.
  • Marie Barbe Sacleux, âgée de 75 ans, mère des deux précédents.
    Native de Rebreuve. Guillotinée le 5 prairial An 2 à Arras.
  • Marie Angélique Sacleux, tante de l’abbé Brasseur, âgée de 68 ans
    De Rebreuve. Guillotinée le 5 prairial An 2 à Arras.
  • Marie Michelle Sacleux, tante de l’abbé Brasseur, âgée de 58 ans.
    De Rebreuve. Guillotinée le 5 prairial An 2 à Arras.
  • François Guislain Boucquel de la Comté, dernier seigneur de Rebreuve, né à Sarton le 10 septembre 1727
    Époux de Marie Françoise Lejosne (Contay). Guillotiné le 25 germinal An 2

Morts pour la France. 1914-1918

  • Abel Bouchez, mort le 3 février 1915 à St-Menie (Marne)
  • Alfred Clerq, mort le 1er novembre 1914 au Bois le Prêtre.
  • Louis René Bouvet, mort le 26 février 1915 à Perthes-les-Hurlus
  • Gustave Petit, mort le 2 août 1915 à Zuydcoote
  • Jules Couvreur, mort le 29 septembre 1915 à Ferme Navarin
  • Henri Louis Paillard, mort le 12 septembre 1916 à Cerisy Gailly.
  • Louis Ernest Joseph Lenoir, mort le 23 février 1918 à Roucy.
  • Joseph Roussel, mort le 31 mai 1918 à Verneuil-sur-Marne
  • Paul Lenoir, mort le 25 septembre 1918 à Auberive
  • Augustin Duhamel, mort le 4 mars 1916 à Douaumont
  • Honorat Billet, mort le 2 juillet 1916 à Verdun
  • Jules Rougegrez, né le 5 novembre 1893, mort pour la Patrie suite de ses blessures, le 5 mars 1921, à l'âge de 27 ans.
  • Jean Baptiste Rasin, mort le 7 juin 1915 à Pontavert (Aisne)
  • Jules Léon Gaston Soyez, né à Rebreuve en 1889 et mort le 15 septembre 1914 seraon? (Marne)

Mort de la Seconde Guerre mondiale 1939-1945

  • Michel Herbet, né en 1915 à Etrée Wamin et mort pour la France le 19 avril 1940. Il était le fils de Louis Herbet, tourneur sur bois, et de Helena Decroix. Il résidait à Rebreuve sur Canche depuis 1927.

Prisonniers de guerre. 1940-1945

Voici la liste, non exhaustive, des prisonniers de guerre originaires de Rebreuve ou y étant natifs.

  • Émile Cabuzel, né le 14 janvier 1911 à Rebreuve, 2e classe, 127e, RI, 192.
  • Amédée Jouy, né à Rebreuve, le 9 février 1905, soldat de 2e classe, 11e GART. Stalag II b, Allemagne, Hohenstein.
  • Maurice Herbet, né à Etrée Wamin, le 22 février 1910, 2e classe, 39e RI, Camp de Bad Sulza. Fils de Louis Herbet, artisan chaisier, et de Héléna Decroix, de Rebreuve,
  • Joseph Rougegrez, né le 3 mars 1902 à Rebreuve, soldat de 2e classe, 513e RR. Stalag IIb, Allemagne, Hohenstein.
  • Alfred Rougegrez, né le 20 janvier 1908 à Rebreuve, soldat de 2e classe, 509e RCC, 203.
  • Albert Rougegrez, né le 7 février 1913 à Rebreuve, soldat de 2e classe, 132e RI. Stalag XII a, à Hohenheim, Allemagne.
  • Fortuné Rougegrez, né le 5 décembre 1911 à Rebreuve, soldat de 2e classe, 371e RA. Stalag VI, f, à Hohenheim, Allemagne.
  • Ernest Paillard, né le 1er juillet 1909 à Rebreuve, soldat de 1re classe, 191e RALT. Stalag IXC, de Bad Sulza.

Civils de Rebreuve morts sous les bombardements

  • Vaast Marie Louise, tuée dans le bombardement du 17 juillet 1944 à Frévent.
    Née en 1914 à Houvin Houvigneul, 30 ans, Institutrice de l’enseignement privé. Mère des trois enfants qui furent tués dans le bombardement de Frévent le 17 juillet 1944 :
  • Robert Guy, né le 11 mai 1937 à Rebreuve, était âgé de 7 ans.
  • Robert Monique, était âgée de 5 ans.
  • Robert Jacques, était âgé de 3 ans.

Déclarés MORT POUR LA FRANCE par décision du ministère des AC du 16 mai 1951.

et aussi :

  • Debret Alphonsine & Debret Georges

Légion d'Honneur

-Cleret Jean Charles Marie, né à Rebreuve le 8 septembre 1787 : dossier N° L0552059. -Gignon Charles Hilaire Albert Ernest, né à Rebreuve le 14 janvier 1875. Lieutenant de vaisseau, En 1915, Commandant la 2e batterie de canonnières fluviales, il est cité à l'ordre de l'Armée navale en décembre : " Dès le début de la guerre, s'est particulièrement distingué au Monténégro par son énergie, sa bravoure et son initiative. Commande brillamment depuis six mois la 2e batterie de canonnières fluviales.". Officier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre.: dossier N° L1131047.

Haute vallée de la Canche - Le haut Moyen Âge

LE HAUT MOYEN AGE Haute Vallée de la Canche.

Les Places fortes de la Haute Vallée de la Canche de Berlencourt à Bouret-sur-Canche et La chapelle Notre Dame de Bon Secours à Bouret Sur Canche.

Collection Atrébatique – Strasbourg 1995-2010. Auteur Francis letho du clos. Extrait d'un ouvrage ayant eu son dépot légal à la Bibliothèque Nationale, Paris.


AVANT PROPOS

LA HAUT MOYEN AGE

Faire l’inventaire des défenses militaires sur cette portion de frontière du Ternois, comprise entre le village de Berlencourt et celui de Bouret-sur-Canche, en ce début du moyen âge, est tout à fait possible.

En effet, grâce aux cartulaires de l’Abbaye de Cercamps, à celui de Lucheux et de St-Vaast d’Arras, dans lesquels on trouve des lettres de confirmations des comtes de St-Pol qui donnent les noms des seigneurs-militaires qui tiennent ces villages frontières, on peut dresser une liste des « places fortes ».

Tous ces petits seigneurs, probablement les descendants des guerriers francs plus ou moins mâtinés de gallo-romains, avaient réservé autour de leur domaine un massif forestier que l’on peut encore deviner aujourd’hui dans le paysage quoique fortement réduit.

La description de ces forts nous est assez bien connue grâce à l’archidiacre Gauthier : « C’est l’habitude de tous les hommes riches et les plus nobles de la région de faire, en amoncelant de la terre, une motte aussi élevée qu’ils en sont capables ; de creuser tout autour une fosse aussi large que possible et d’une grande profondeur ; de fortifier cette motte sur toute la périphérie de son espace terminal au moyen d’une palissade de planches très solidement assemblée en guise de muraille »

Bien entendu, ce type de construction, hormis la motte, n’a laissé que bien peu de traces.

Que reste-t-il dans la mémoire des habitants de tous ces villages du souvenir de ces places fortes ? Dans la mesure du possible nous essayons de les relater tout en étant conscient que tout cela remonte du fond des âges.

Nous terminerons notre propos sur les choses étonnantes de la vallée de la Canche, par une petite étude sur la chapelle Notre-Dame de Bouret-sur-Canche dans le cadre de son environnement mythologique et chrétien.

FLANC NORD DE LA VALLEE

IGNAUCOURT

Hameau de Berlencourt. Ce hameau portait autrefois le nom de Cortis in Aquis. Le Dictionnaire Historique et Archéologique mentionne à l’article Ignaucourt : « Ce fief important avait son château sur les bords de la Canche, à l’ouest de Berlencourt. Mathieu d’Ignaucourt assiste comme pair aux plaids du comte d’Artois en mars 1286 » LE VILLAGE Dans la vallée, non loin de Berlencourt, est situé l'ancien petit château d'lgnaucourt, jadis fief des du Biez et des de Widebien ; construction du XVIIIe siècle, à un étage sur rez-de-chaussée, de petites dimensions et sans date ni rien de remarquable, —en mauvais état d'ailleurs.

ETREE et BACOUEL (le petit et le grand Bacouel)

Hameau de Wamin. (Etreu, en Picard) En continuant notre chemin le long du cours de la Canche, nous arrivons au village d’Etrée Wamin où, en l’année 1230, le nommé Wamin d’Etrée-sur-Canche, donne la cense qu’il possède dans ce village à l’abbaye de St-Vaast. Hugues V de Chatillon, comte de St-Pol, ratifie cette donation, mais exige en contrepartie qu’on n’y fasse pas de nouvelles fortifications. Il est probable que cette ferme-château, devenue ferme domaniale après la donation et le démembrement de ses fortifications, se trouvait au-dessus de l’église actuelle en ce lieu encore connu des anciens habitants sous le nom de « cinse brûlée ». Et, ceux-ci, fouillant dans leurs souvenirs précisent ce qu’ils ont entendu dans leur enfance :

« Le château d’Etrée appartenait au comte de baccuel et se trouvait au dessus de l’église , -ach bôquet Défleurie-, on y voyait encore dans les années 1900 des restes de murs. Les parents interdisaient à leurs enfants d’aller jouer en ce lieu car il avait un risque de tomber dans des caves »

La carte I.G.N. donne pour le bois se trouvant au dessus de l’église d’Etrée le nom de « Bosquet » et au centre du village, entre Etrée et Wamin, « Ru Bacquoire » orthographe fantaisiste pour « Ru Baccuel ». Ajoutons, toutefois, ce qu’en dit monsieur DUBOIS, historien de Sus Saint-Léger : « Rue Bacouel, de Bacout, des Bacoués : ancienne rue avec maisons, actuellement fossé pour eaux torrentielles entre le moulin (partant de là) et mardenchon. Renseignements locaux) »

Mélange de légendes et de vérités ? Cela est bien possible. Toutefois, en 1202, lors de la rédaction d’un vidimus entre l’abbaye de St-Vaast et le comte de St-Pol, ce dernier nommant ses Hommes et Chevaliers des villages voisins, dit que Geraudus de Stratis –Geraudus d’Etrée- est son Homme. Ce personnage devait avoir, lui aussi, une maison forte ; peut-être celle citée à l’article suivant ! On trouve aussi cette mention qui indique que la famille de Baccouel avait, en cette année 1269, une certaine importance puisqu’elle est témoin dans un acte du cartulaire de Lucheux ; il se nommait « Bauduins de Bascuel ». Dans l’aveu rendu au Roy par Mahault, comtesse de St-Pol, le 22 septembre 1374 Jacques de Rebempré, à cause de « Demoiselle de Bascuel, se femme, en tient à soixante sols de relief quant le cas s’y offre, un manoir qui comptent tant en prez en gardin… » Dans le même document, on nomme « Jehan de Sauty (pour de saulty), à cause de Demiselle Guye de Bascouël se femme en tient à …sols de relief et autant d’aide, un manoir qui comprend demi journel de terre ou environ. Item cincq journeux de terre ou environ tant en aunoiz comme rivière seant en ledite ville de Bascouel » Dans la déclaration des villages -de la comté- de St-Pol en 1441, on note : « Bacouel appartient en partie à Jehan de Bacouel demeurant à Abbeville et audit seigneur de Rion ». Plus près de nous on trouve, dans les années 1717-1722, dans le fonds de l’abbaye de St-Vaast « Baccuel, hameau d’Etrée-Wamin » :

« Procès au Conseil d’Artois contre St-Vaast et Eugène BRAZIER, son fermier de dîmes, qui ont cueilli toute la dîme sur BACCUEL sans laisser la part de la demoiselle de LAYENS », puis « Requête du 17 août 1722, adressée audit Conseil par Albert DANTHIN, écuyer, sieur de Baillon, capitaine de la maréchaussée d’Artois, au nom de son épouse lésée, Marie Antoinette de LAYENS ».

Pour justifier sa requête, la pièce produite fut la vente du fief de Baccuel en date du 25 juin 1612, par messire François de PASSE, et dame Jeanne de BACCUEL, à Antoine THELU.

Une habitante qui a passé toute son enfance à Etrée, précise :

« Il était courant à Etrée-Wamin, vers 1912, d’entendre les anciens parler des ‘’comtes de Baccuel’’ et l’on montrait même, dans le cimetière de WAMIN, leur tombe. Ils avaient laissés quelques objets de valeur aux églises du village qui comprenait une couronne de comte et une plus petite que l’on plaçait sur la statue de la Vierge ainsi que deux chandeliers. Pour une plus grande sécurité, ces objets étaient déposés dans une famille du village. Le jour de fête de l’Adoration mais aussi pour des fêtes religieuses importantes, le chantre Louis HERBET, allait les chercher pour les placer en tant que décoration dans l’église. Cette couronne de baron était faite d’un cercle de métal qui comportait sur le devant une plaque en écusson où était incrustée une pierre précieuse de couleur vert/bleu. La petite couronne, dite couronne de la Vierge, était aussi en métal dont on ne connaît pas la nature »

De tout cela on peut déduire que ces comtes de BACCUEL étaient en fait la famille BRAZIER qui vers 1789, achetèrent les seigneuries de Grand et Petit BACCUEL, ainsi que celle de MARDINCHON comme en fait foi les mentions portées aux registres des Baptêmes, Mariages et Sépultures d’Etrée Wamin pour les années 1789-1790. En voici les mentions : « 18 novembre 1789, Simon BRAZIER, seigneur du Gd et Pt Bacouel » 18 novembre 1789, François Simon BRAZIER, seigneur de Mardinchon, frère. Il signe Brazier de Merdanchon, lieutenant de Broly. 10 février 1790, Simon BRAZIER, seigneur du Gd et Pt BACOUEL, dt à Mardinchon, paroisse de Wamin »

WAMIN

Qui est l’autre partie d’Etrée.

On ne connaît ni maison forte, ni maison seigneuriale dans ce lieu. Dans l’aveu rendu au Roy par Mahault, comtesse de St-Pol le 22 septembre 1374, « Manessier de Rulecourt, escuyer, en tient sen fief à Wamin à soixante solz de relief et autant d’aide l’an. Il ha plusieurs terres ahanoulez et trois manoirs de luy tenus qui doivent chascun au sept cappons, trois poulles et trois mencalz et sept boistiaux … » Dans la déclaration des villages -de la comté- de St-Pol en 1441, on note : « Wamin les Estrées à Robert le Blon demeurant en France »

MARDINCHON

Hameau de Wamin. (parfois Merdenchon suivant les textes) Fontaine St Pierre au centre du domaine ; un petit chalet y est aujourd’hui bâti dessus. Elle est, en 1998 depuis plusieurs années, tarie, mais en juillet 1999, un mince filet d’eau s’est remis à sourdre.

L’ensemble du domaine forestier de Mardinchon était nommé par les habitants d’Etrée Wamin « forêt de Mardinchon » ou « Ech Domin-ne », et l’on disait que les barons de ce lieu avaient leur château fort au-dessus de la fontaine St-Pierre, sur l’éperon surplombant ce domaine. Aujourd’hui, on ne voit plus aucune trace de cette éventuelle bâtisse, seule une prospection archéologique, un peu poussée, pourrait nous apporter quelques certitudes mais il est probable que ce château, s’il a existé, fut de peu d’importance. Avait-il été la propriété de la famille d’Etrée mentionnée plus haut ? C’est probable ! Les anciens du village parlent aussi des « Demoiselles de Mardinchon » et les mêmes se souviennent que l’on voyait encore, vers 1900, les ruines dont ils ne restaient que la cave de leur ancien château qui ne fut qu’un vaste manoir, mais celui-ci était bâti dans les marais. Les habitants du village prélevèrent les pierres restantes des fondations pour leur propre usage. Dans la déclaration des villages -de la comté de St-Po-l en 1441, on note : « Pairie dud. St-pol : Mardenchon à Monsieur de Hollebecque à cause de madame sa compaigne sœur dudit seigneur de Bailleul » Raymond Dubois, historien de Sus-St-Léger, mentionne dans un ouvrage manuscrit, le sire de Mardinchon et son fils, tous deux montrés accoutrés à la mode de Louis XIV. Un historien rapporte un conte ? amusant concernant le domaine de Mardinchon : "Un fief important, celui de Mardinchon fait partie du village de Wamin. Au siècle dernier, il était tenu en coterie du prince d'Horne. Il paraît que plus anciennement encore, le possesseur de ce fief avait perdu au jeu ses vastes domaines. Il quittait la table maudite, quand son valet lui dit bien haut : "Monseigneur oublie qu'il lui reste son domaine et sa forêt de Mardinchon" Ses amis le rappellent on joue son dernier jeu. O surprise ! le seigneur de Mardinchon gagne et regagne non seulement ses terres, ses châteaux, son or, mais il dépouille à son tour ses nobles compagnons, jure de fuir le tapis vert et enrichit son malicieux serviteur"

Actuellement, le bois de Mardinchon appartient à Monsieur et à Madame Bunau, notaire à Sus-Saint-Léger (1980).

PETIT MONCHEL

Hameau de Wamin Les différentes chartes mentionnant ce lieu ont souvent fait penser aux lecteurs qu’il s’agissait dans ce cas de Monchel-sur-Canche car il n’était pas fait la relation entre ce lieu et un canton d’Etrée-Wamin ; Petit-Monchel. Aujourd’hui, ce lieu est presque complètement ignoré des habitants ; seul le nom sur le cadastre nous en laisse une trace.

« 1 janvier 1186 : charte de Hugues de Campdavaine, comte de St-Pol et dans celle-ci on parle de –Flagellus de Moncels qui tunc erat dapifer- comme témoin. Ref : Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, tome XLVII, page N°212. Et en mars 1202 : -Gérolda de Monchellis- qui est témoin dans une charte de Hugues de Campdavaine. Ref : Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, tome XLVIII, page N°213. »

BROUILLY

Hameau de Rebreuviette. (Brouly ou Broly, en Picard) Déjà mentionné dans l’aveu rendu au Roy par Mahault, comtesse de St-Pol le 22 septembre 1374, ce domaine est encore en la possession de la famille de Brolly : « Item Robert de Brolly, escuier, tient se forteresche et chastel de Brolly lequel il tient à soixante sols de relief et autant d’aide aveuc justice telle que audit fief appartient sans autre rente ne prornages… » Dans la déclaration des villages -de la comté- de St-Pol en 1441, on note : « Brolly appartient aud. Seigneur de Rion » Le château de Brouilly eut en son temps une certaine importance et fut même l’objet d’un litige entre le comte de St-Pol et son propriétaire, Monseigneur de Saveuse. Raymond Dubois a mis en lumière deux documents qui nous apprennent l’existence d’un château féodal qui appartenait en cette année 1444, à monseigneur de Saveuses et, si nous suivons le deuxième document, que ce dernier le fit abattre entre les années 1444 et 1462. Voici la copie de ce document :

« Compte de 1462 – 1463, aide perçue lors de la chevalerie du comte de Marle, fils aîné du comte de St-Pol, en 1462, M. de Saveuses refusa de payer l’aide en question, pour son château de Broly, sous le prétexte qu’il ne relevait pas de la seigneurie de Lucheux, et, qu’en surplus il l’avait fait abattre. Cependant, le même seigneur avait contribué précédemment à l’aide levé par le possesseur de la terre de Lucheux, lors du mariage de madame la régente, fille aînée du comte Pierre de Luxembourg ; aussi le comte de St-Pol, peu touché par ses raisons, fit-il saisir et mettre en sa main le fief de m. de Saveuses, pour ne pas l’avoir point relevé et s’être refusé soit à lui payer l’aide, soit à lui prêter la foi et l’hommage qu’il lui devait »

Sur les ruines de ce château on fit construire une grosse ferme seigneuriale qui devint, vers 1650, la résidence de la famille de Pisseleu-de Gargan, dernier descendant de la branche de la famille de la duchesse d’Etampe ; Anne de Pisseleu. Pour la période nous intéressant plus particulièrement, le haut-moyen âge, nous trouvons un « Sire Jacques de Brouilly » vivant en 1071. Les documents ne mentionnent pas s’il demeurait dans ce lieu même de Brouilly.

ROSIERE

Hameau de Rebreuviette, ancienne nommé « le Rosière » vers 1620. Il ne reste que quelques maisons mais nulle trace d’une éventuelle maison forte ou seigneuriale. Pourtant les archives nous ont laissé quelques documents touchant ce lieu : En 1096, « Marc, chevalier, avec l’agrément d’ISTERIUS de ROCEIO, son seigneur, donne aux religieux de Molesmes, l’église de Lucheux avec d’autres possessions qui ne sont pas indiquées. Imitant la conduite de son vassal, ISTERIUS, avant de partir pour la croisade leur fit don de deux enclos pris sur son fief et situés sur le même territoire, la moitié des terres labourables les bois qu’ils pourraient défricher, dans les près de BROLIO et le droit d’usage dans ses bois, ses pâturages et les étangs. Hugues, son frère, ajouté à la donation précédente le tiers de l’alleu commun, et après le mort d’ISTERIUS arrivée en Terre-sainte etc.. » Les archives nous ont laissé une autre copie de cette charte : « ITERIUS DE ROCCEIUS et autant que les moines eux-mêmes pourraient défricher à ses près de BROLIUS et tout le droit d’usage dans les bois, les pâturages et le eaux.. »

« 1151 le 10 juin, charte sur le Gros Tison de Lucheux, dans laquelle on parle de –Gonterannus de Roseria et duo nepotes ejus Engerannus et Gotrannus- Ref : Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, tome XLVII, page N°385. »

Les archives mentionnent encore de noble homme de Rosières, lors du rattachement du Ternois au royaume de France, les seigneurs du lieu étaient ……….de Pisseleu. Comme dit plus haut, on ne connaît rien de la maison forte du lieu, seul reste le nom du domaine forestier qui est mentionnait dans le cadastre sous le nom de « Bois de Rosière » mais aujourd’hui il n’y a nulle trace car défriché.

MORTAGNE

Hameau de Rebreuviette. (Mortan-gne/Mortaigne, en Picard)

Lui aussi hameau de Rebreuviette dont le nom ancien est « Mortaignes les Rebroeuvres ». Autrefois, comme son nom l’indique, ce hameau dépendait du village de Rebreuve-sur-Canche ; le « catalogue des Hameaux, Villages et Censes au XVIe siècle » le mentionne ainsi.

« 1113 : Mainardus de Mortagne (Mainardus de Mauritania) confirmation de 1105 donation à St Hilaire au Bois près de Frévent. 1199 : Gilbertus de Moritania dans une charte de Cercamp. 1137 : Donations faite en autres par Mainardus de Mortagne qui a donné sa personne à Sainte Marie et tout ce qu’il possédait sur le terroir de Cercamp ».

Et plus tard :

« 1261 : Mon seigneur Nicholaon de Souastre, mon seigneur et mon oncle (à Bauduin de Monchiaus, chevalier) et de me dame Aelis sa femme, seigneur de Monchi et de Mortagne et mon seigneur Jehan Papeleu leur fils et leur hoir. Ref : Cercamp, 147 »

« 1262 : Hue de Mortagne, li jones »

Le chevalier Gilbert de Mortagne (de Mauritania), est le témoin lors de l’accord entre le comte de St-Pol et les représentants de l’abbaye de St-Vaast d’Arras sur leurs droits respectifs qu’ils ont sur le village d’Etrée sur Canche. Gilbert de Maurtagne demeurait dans la maison forte qui devait être bâtie sur le terroir du hameau du même nom.

Dans la déclaration des villages -de la comté- de St-Pol en 1441, on note :

« Mortaignes appartient aud. Héritiers de Thienbronne nommé le seigneur d’Orbec »

Nous avons une certaine certitude de l’existence de cette maison forte grâce un document ecclésiastique qui indique qu’il y avait une chapelle castrale en ce lieu mais aussi par un acte de sépulture de l’année 17XX mentionnant un bâtiment nommé « La maison nommé Mortagne » terme que l’on employé pour désigner les maisons fortes et les fermes seigneuriales. Son domaine forestier, le bois de Mortagne, est encore aujourd’hui une belle propriété.

HONVAL

Hameau de Rebreuve. (Hinvau, en Picard et Hunval en 1441 ainsi que dans les premiers registres paroissiaux (1663)

Ce hameau de Rebreuve a son terroir au nord de la commune dans une petite vallée encaissée et qui est orientée nord/sud. Il reste peu de chose concernant sa maison forte. Seul le souvenir des anciens du village qui parle du « château d’Honval » ; probablement grosse ferme avec colombier. Dans la déclaration des villages -de la comté- de St-Pol en 1441, on note : « Hunval appartient à la fille mineure de deffunt dame Jehanne de Warluzel quy feut fille de Jehan de Warluzel en son vivant seigneur de Montigny laditte fille mineure se résident en France » C’est dans cette bâtisse que demeuraient les familles nobles des « du Val du Natoy, vers 1685, puis les « van Rhémen des Avesnes », vers 1715. On situe cette maison forte dans le haut du hameau, dans la fourche que fait la route pour aller soit à Sibiville, à gauche, ou à droite, pour aller à Canettemont. I’ensemble de la bâtisse fut probablement abattue à cause de sa vétusté Il existait aussi une chapelle dans le hameau qui devait avoir une certaine importance puisqu’elle était desservit par un chapelain. Etait-elle chapelle castrale ? Ce n’est pas impossible puisqu’elle appartenait à la famille Ousselin de Loches mais on ne connaît pas son emplacement. D’après l’ouvrage sur la Méridienne verte-publié en l’an 2000-, qui décrit ce hameau, elle aurait était sous le vocable de Notre-Dame ! Le domaine forestier, nommé le bois d’Honval ou bois de Gargantua, est un ensemble remarquable.

REBREUVE

Village. (Arbreuf, en Picard) Les documents anciens nous parlent de différents seigneurs qui ont demeuré à Rebreuve et qui porte le nom homonyme. Il est bien difficile de situer ou même d’imaginer où se trouvait leur maison forte. Etait-elle proche de l’église ou bien sur les hauteurs surplombant le village ? rien n’est certain à ce sujet et seul nous est parvenu leur nom que l’on trouve dans les chartes de l’ancien scriptorium des abbayes de Cercamp et d’Arrouaise, abbaye qui ont reçu des donations de ceux-ci. Le plus ancien dont le nom nous est parvenu est « Lambertus de Arbruviis qui vivait en 1137 à Rebreuve et qui contribue à la donation de l’abbaye de Cercamp. Puis nous trouvons en 1305, Jehan de Héricourt, écuyer, est nommé dans les textes « sire de Rebreuve » en partie. Il était le petit-fils de « Gerars li Oisiaus » ; nom charmant ! Dans la déclaration des villages -de la comté- de St-Pol en 1441, on note : « Rebroeuves sur Canche appartient à Jehan de Framecourt, escuyer, demeurant en France » Le château actuel occupe l’ancienne ferme seigneuriale et il semble bien, comme nous l’avons dit plus haut et comme le pense les anciens, qu’il y aurait eu un château fort bâti sur la colline surplombant l’actuel. Certaines personnes prétendent même avoir encore vu, dans les années 1930, des restes de murailles. Toutefois, la gouache dite de Croÿ, qui fut peinte au début du XVIIe siècle, et représentant Rebreuve, ne comporte aucune maison forte sur les collines environnantes. On notera que sur cette même gouache il y a représentée au centre du village, une grosse bâtisse qui est nommée « maison de Monsieur de Scallu ». En 1557, lors de l’évaluation des hommages tenus de Frévent, la liste de ces fiefs donne pour Rebreuve le nom de « Lespau de Roncet les Rebreuve ». Si Roncet nous ramène à une terre inculte, « Lespau » pourrait bien venir d’un mot du bas latin : « Spaldus », rempart. Il reste dans ce cas à situer sur le terroir, l’emplacement de ces fortifications ! Mais en tenant compte que ce nom de lieu doit son origine au temps les plus anciens. Le cadastre dit Napoléon, dressé sous le Premier Empire, mentionne un autre lieu-dit nommé le « Bosquet Câtelet ou Catelot » qui est peut-être une déformation de « Châtelet » ; petit château, ou même les restes d’un fanum gaulois pris par nos anciens comme les débris dans petit fort. Cette construction aurait eu son assise sur les hautes collines qui dominent Rebreuve au Nord, tout contre le bois de Gargantua. Le chemin qui aurait desservi ce « Châtelet » aurait pris le nom de « Chemin Soudart » ; le chemin du soldat. En effet, ce petit fortin, aurait servi de poste de guet surveillant la frontière du St-Empire Romain Germanique, dont dépendait Rebreuve, de celle du royaume de France. Le château actuel, construction moderne, a pris la place d’un ancien château bâti vers 1751. Auparavant, il y avait en ce lieu une grosse ferme seigneuriale chef-lieu de la seigneurie à cloche de Rebreuve. Si un château fort a existé à Rebreuve, comme le veux la tradition, il devait se situer dans la même situation géographique que ces corollaires des villages voisins ; sur le flanc d’une colline ou sur un éperon.

HAMEL

Hameau de Rebreuve Dans la déclaration des villages -de la comté- de St-Pol en 1441, on note : « Hamel audit Rebreouves appartient aud. Wallerand de Sibicourt » Ce hameau du Hamel, complètement ignoré aujourd’hui, se situait entre les moulins sur la Canche et la fontaine dite d’Elcaude. Ce lieu est aujourd’hui complètement désert. Toutefois, une rue de la commune, portant le nom de rue Duhamel, en rappel le souvenir.

LA COUTURE

Hameau de Rebreuve, el Coture en Picard.

Il semble que ce lieu n’ai jamais possédé de maison forte ou seigneuriale. Il y avait toutefois une maison propriété des sœurs grises de Doullens et cela depuis des temps très anciens. Il reste, de cette époque, un petit chemin qui porte aujourd’hui encore le nom de Ruelle Dieu. Ce chemin en pente et donc fatiguant pour les usager, avait la particularité d’avoir à son mi-parcourt uu un lieu nommé "Le paradis". Ce chemin longe la propriété de ces religieuses. La seigneurie elle-même dépendait de l’abbaye de Ligny sur Canche qui en était le décimateur.

BOURET

Village, Petit et Grand Bouret.

Les documents anciens ne mentionnent aucune construction importante qui pourrait donner à penser à quelque maison forte. Toutefois, nous savons qu’au milieux du XVIe siècle qu’Adrien de Bonnières, mayeur de Frévent, et l’un des quatre communs seigneurs de Bouret et que le chef-lieu de la seigneurie était dans le village : « Propriété qui fait coin gauche de la ruelle allant du petit au grand Bouret par le marais de Cercamp, derrière le chœur de l’église ». Dans la déclaration des villages -de la comté- de St-Pol en 1441, on note : « Bourech sur Canche du domaine et est Le Roy ? mayeur a …y Maillot Adrien de Bonnières, l’abbé d’Anchin et l’abbé de Saint Jehan du Mont, le prieur de Viencourt ?, l’hospital de Frévench et aultres biens en commun » Toutefois, la chapelle Notre-Dame possède, elle, un petit bois. Il y a aussi un fort bâtiment fait de pierres blanches que l’on nomme maladrerie mais qui devait être simplement le gîte des très nombreux pèlerins allant et venant -du nord au sud- et continuant leur chemin vers St-Jacques de Compostel.

FREVENT

Ville. (Freuvin, en Picard)

L’ouvrage collectif sur l’histoire de Frévent publié en 1988 donne d’amples renseignements sur ce château, chef-lieu de la châtellenie dite de Frévent dépendante de Saint-Pol-sur-Ternoise. On peut-aussi consulter l’ouvrage de M. Sauvage sur St-Pol et ses environs, qui fait un petit crochet par Frévent : « Frévent était une châtellenie du comté de St-Pol à 3 lieues de cette ville et 3 de Doullens. Son château était en deçà, à droite de la route actuelle de St-Pol sur une éminence qui en est le seul reste. Le châtelain avait droit de guet comme celui de Pernes sur les villes environnants qui dominait son donjon »


la Canche dans son cours supérieur.

FLANC SUD DE LA VALLEE

SUS SAINT LEGER

Village L’historien Raymond Dubois précise que cette motte devrait son origine aux Celtes en tant que petit opidum… Concernant la motte fortifiée du Moyen Âge, reprenons ce qu’en dit le Dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais, à l’article Sus-St-Léger :

« Le château qui était fortifié s’élevait près de l’église. On y voit encore la motte et des fossés. Des boulets y ont été trouvés. On croit qu’il y a été détruit dans les guerres de François Ier, en 1522, peut-être en 1635. La tradition affirme que dans la campagne de 1710, le maréchal de Villars eut son quartier général dans la maison curiale *, au pied de ce fort et qu’il fit goûter par ses médecins les eaux de tous les puits de l’endroit. Le puits de presbytère fut déclaré le meilleur et c’est sans doute la raison qui décéda l’installation du maréchal. » Le puits, dont il est parlé plus haut, existe encore de nos jours.

Notons encore qu’il est de tradition par les habitants du village de nommer le presbytère : « Le fort Monsieur le curé » car sa demeure se trouvait au pied des ruines de ce fort. Ce que confirme, en 1872, l’historien G. Bouttemy : « il y a quelques années, le desservant découvrit dans son jardin, des débris de murailles assez bien conservés et tellement solides qu’on fut obligé, après avoir vainement employé la pioche et la sape, d’abandonner ce travail, et de les recouvrir de terre pour en faire une espèce de monticule. Auprès de ces antiques fondations, on retrouva quelques boulets de canon de médiocre calibre et d’autres objets qui indiquaient que cet endroit avait été anciennement assiégé, pris et rasé. »

Nous sont connus le nom de quelques seigneurs féodaux qui ont demeuré dans cette maison forte. Il faut reconnaître qu’ils nous ont laissé que peut de renseignements sur leur vie ordinaire, sauf leur nom :

« 1201 le 2 mars : Hugo de Silva Sancti Léodogarii, homo comotis S. Pauli. 1214 : Prisonnier à Bouvines, Balduinus de Super Sancti Ligerium. 1226 : Robertus de Silva Sti Léodegari. 1244 : Balduinum, Domini de Silva Ste Leodogarii, militem ».

Actuellement, cette motte présente une dénivellation de 2,50 mètres par rapport au pré voisin avec une circonférence de 30 mètres. Le haut est aujourd’hui boisé. Des éboulements récents (1999) venant du cimetière et partant vers la motte, semble indiquer qu’un souterrain relie l’église à la motte. Depuis cet éboulement, on ne délivre plus de concession dans ce cimetière. Il existe une reproduction imaginaire de ce fort par Raymond Dubois… La motte et le presbytère appartiennent actuellement à Monsieur et Madame Michel Piels.

BEAUDRICOURT

Hameau puis village. Autrefois BAUDRICOURT.

Raymond Dubois signale l’emplacement de deux mottes féodales situées de part et d’autre de la route de Pas à Saint-Pol. Pour l’une, au moins, il ne reste que les fossés dont il a retrouvé dans le cadastre de 1812 les restes :

« Au centre du village de Beaudricourt près de l’école on peut voir une enceinte de fossés presque continue. Il n’y a pas de motte au centre mais il y a un remblai à l’intérieur du fossé. Au centre de l’enceinte on remarque deux fosses assez profondes. Il n’est pas question de ces restes dans le Dictionnaire Historique du Pas-de-Calais ni ailleurs. Elle se rapproche par son étendue de toutes les petites forteresses des environs détruites en 1522 et 1523 par le duc de Vendôme à la tête des armées françaises ».

Cela ne serait pas étonnant car il fallait contrôler cette voie qui menait de Picardie en Artois. Route large et magnifique (pour l’époque) qui avait la plus grande importance pour le comte de St-Pol, puisqu’elle reliait directement ses châteaux de St-Pol, Lucheux et Pas-en-Artois. En fait, c’était l’ancienne voie romaine Thièvres – Thérouanne par l’ancien Tervanum, notre St-Pol.

OPPY

Hameau de Beaudricourt mais autrefois d’Etrée Wamin.

Le hameau d’Oppy (Ouppy en picard et même souvent Ouppy-lez-St-Paul), remonte, par les documents écrits, à 1035, est bâti sur un éperon dominant le flanc sud de la vallée de la Canche. Son origine est donc des plus ancienne car il est desservit par un très ancien chemin (peut-être néolithique ?) qui a son tenant à Beaudricourt et son aboutissant au village de Wamin, face à l’église. Ce chemin porte le nom révélateur de « K’min comtesse » pour les anciens du village et dans les documents administratifs de : « Voie du comte ». Raymond Dubois pense que ce hameau a été, aux premiers siècles de notre ère, un emplacement militaire de quelque importance (oppidum). De toute façon, son origine doit être bien plus ancienne puisque l’on y a retrouvé une hache de l’époque néolithique. Au XVIIIe siècle, ce hameau fut relativement peuplé et possédait une place de village.

LE SOUICH

Village. (Au Soui, en Picard, expressiobn: « ech min vau au Soui »)

Le dénombrement de 1538 mentionne un château, mais il est dit détruit en 1559. Il porte sur une carte la mention de « Maison du seigneur du Souy laquelle est ruinée ». Il se trouvait sur le haut du village, au nord-est, actuellement rue d’en Haut au « pré de la musique ». On peut citer comme famille seigneuriale : « 1130 : Walterus del Souiics » et en 1269 : « Gilbertus dou Souyf » Le Souich avait cette particularité d’être à cheval sur l’Artois et la France ; son terroir dépendait donc de deux souverains.

L’ENSEIGNE

(Ach l’insin-ne, en Picard)

Ce lieu-dit situé en fin d’agglomération du hameau de la Couture à Rebreuve, semble indiquer qu’un fanal s’y trouvait placé. Cette enseigne pourrait être aussi bien une sorte de fanal qu’un poteau frontière qui aurait marqué le passage entre la France et Les Pays-Bas espagnols… Actuellement, ce lieu-dit se trouve proche de Rebreuve, mais il n’est pas impossible que celui-ci se soit déplacé, sur les cartes, de façon sensible.

LA MOTTE DU CAMOIS – L’ORME ou L’ARBRET– LA MOTTE NOTRE DAME

Ces quatre lieux sont proches et trouvent leur assise sur les frontières du Souich, de Rebreuve, de Bouquemaison et Bouret. Ils intéressent l’histoire de Rebreuve par leur situation proche de la frontière avec la Picardie. Il semble qu’il fasse même y inclure la « Borne des trois évêques » situées sur le même canton. En effet, tous ces lieux semblent avoir été des fanaux ou des bornes frontière puisque nous avons, au nord, les Morins, au sud, les Ambiens et à l’est, les Atrébates, tous peuples celtiques. L’histoire des ces lieux-dits n’a été développée que par l’abbé Boyenval dans son ouvrage sur le village du Souich. Nous en tirons, en les commentant, ce qui suit : « L’Arbret, est un arbre fameux, « essence d’ormes ? », mentionné sur les cartes de 1721, 1743, 1746, sous le nom de « L’Arbret du Souich ». L’annuaire statistique de 1814, indique que des personnes qui vivaient encore, il y a trente ans, l’on vu sur pied ; il couvrait une superficie de 10 ares. Suivant la tradition, on assure que dans les anciennes guerres, de la cime de cet arbre, on correspondait par signaux ( ?) avec le mont Cassel, malgré la haute colline qui se trouve dans cette direction et qui domine Rebreuve (le Blanc Mont / ech Bla Mont). Mais ce qui rend cette tradition peu vraisemblable, c’est que le Souich est éloigné de Cassel de dix sept lieus (soit 68 Km) » La carte I.G.N. de cette région, confirme la supposition de l’abbé Boyenval, cet arbre était bien un orme comme l’indique le nom du lieu-dit, mais en ce qui concerne la hauteur de « la haute colline sur Rebreuve », celle-ci est d’une hauteur moindre que le Camois. Un texte extrait du cartulaire factice qui fut mis en valeur par R. Dubois, nous apprend que des feux de gué étaient quelque chose de bien concret : « 1473 Comptes de la seigneurie de Lucheux (1427 – 1474) Remet ledit recpveur sont il a tenu compte de six journeus de bois prins en le forest dudit Lucheu, comme il appret ou capitle des tailles ordinaires folio 4, lesquels 6 journeus de bois mondit seigneur le duc a donné à mons. De Monsorel pour son caufage et pour faire les feus de guet à Doullens en l’an de ce compte, apparant par le mandement de mondit seigneur seelé du seau aux finances en date du prunier de janvier 1473, signé : Gros, vérifié sur le dos de messieurs des finances et signé : Haveron, avec quictance dudit seigneur de Montsorel cy rendues, lesquelz 6 journeus de bois ont esté délivrés audit seigneur de Montsorel à prendre en la taille de ledit forest que ont fait abatre en l’an de ce compte Jehan Loquet et Gille de Lannoy. » Et en marge, on trouve le texte suivant : « Par certification du bailli de Luceu de la délivrance de ce bois et lettres de recongnoissance dudit messire Jacques de Rebreuves d’avoir reçu ces 6 journelz de bois selon les lettres patentes de mondit seigneur du don à lui sur ce fait, vériffié et expédié comme il appartient tout cy rendu ».

Ce document pose plusieurs questions : 1/ qui était ce Jacques de Rebreuves, seigneur de Montsorel ? 2) il recevait du bois pour faire des feux de guet mais à Doullens ! * 3) en 1389, on trouve dans les archives de la seigneurie de Rebreuve un Jacques de Rebreuve ; est-ce le même ? 4) Doullens était-il du domaine du roi de France ou de celui de l’Espagne en 1473 ? Bien entendu, l’abbé Boyenval a parfaitement raison en soutenant qu’il n’était nullement possible de communiquer directement avec Cassel, mais il faut savoir que ces signaux progressaient de motte en motte pour arriver finalement à leur but. En fait, ce système fut le prototype du télégraphe Chappe. Cette motte du Camois avait supporté un fort que l’abbé Boyenval signale dans son ouvrage en précisant qu’on y voyait encore des traces : « Le souvenir de ce fief est rappelé, de nos jours, par le lieu-dit –le Camois-, au nord du territoire du Souich, il existe encore à cet endroit une motte féodale sur laquelle on a retrouvé des vestiges de fondations. Il semble bien que ce soit les restes d’un château quelconque et qu’en tout cas, cette motte ait été le chef lieu du fief du Camois ». C’est de ce bâtiment que les signaux étaient envoyés vers les villes administratives, probablement St-Pol puis Thérouanne et Cassel.

La motte Notre-Dame, élévation qui fait le pendant de la motte du Camois, est un lieu privilégié où fut trouvé la statue de la Vierge par des bergers ; de là vient son nom. Qui avait-il en ce lieu pour qu’une statue miraculeuse puisse s’y trouver ? Des divers hypothèses, on peut retenir celle d’un ancien lieu de culte celtique sur lequel aurait été bâti un fortin pour contrôler cette voie reliant Doullens à St-Pol ; cela serait en fait plausible.

Fin

BOURET SUR CANCHE

Notre Dame-de-Bon-Secours.

L’étude des noms de lieux du village de Rebreuve-sur-Canche nous révèle celui qui porte le nom remarquable « de Gargantua » Situés sur les deux collines environnantes, deux autres lieux ont retenu notre attention. Le premier est le village de Canettemont lui-même dont son église est dédiée à Notre-Dame avec un pèlerinage qui était autrefois, et même encore aujourd’hui, quoique amenuisé, fort prisé. Le deuxième, celui qui sera le but de cet exposé, est le village de Bouret-sur-Canche et plus particulièrement la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours.

Et nous citerons aussi deux autres lieux dédiées à Notre-Dame : L'église Notre-Dame de l'abbaye de Cercamp, et la paroisse Notre-Dame de Sibiville. Un petit schéma, plus explicite, nous montre la disposition de ces sites.

CANETTEMONT Notre-Dame I LE GARGANTUA Rebreuve et une chapelle Notre Dame I BOURET Notre-Dame

I CERCAMP Notre-Dame.

Tous ces lieux dits semblent avoir un rapport bien particulier qui les lie ; ils seraient d’anciens lieux mythologiques liés par le même antique culte.

Ceux-ci dit, c’est, d’après les textes historiques que son histoire débute en 1317 quand des bergers trouvèrent dans les environs une statue de la sainte Vierge. Une chapelle fut construite pour lui servir de logis ; les miracles commencèrent à avoir lieu. Cela donna naissance à un pèlerinage qui dure encore aujourd’hui quoique, là aussi, bien diminué.

Cette vierge de Bouret, qui est noire ou tout au moins brune, semble avoir pris la place d’un culte païen qui, probablement, était dédié à la Déesse Mère comme cela se remarque régulièrement dans de nombreux lieux de France ; c’était la christianisation de sites que nos ancêtres continuaient à vénérer malgré les interdits de l’église. C’est ce que nous disent les historiens.

La découvert de cette statue eut lieu à « La Motte Notre-Dame », terroir sur le flanc sud de la vallée de la Canche, proche du village de Bouquemaison (Somme)

Portée dans une chaumière de Bouret, celle-ci quitte nuitamment son nouveau logis et se retrouve au bord d’un petit bois surplombant le village. Après l’avoir installée dans l’église paroissiale, elle s’échappe de nouveau pour regagner son petit bois.

À première vue, cette statue a un comportement tout à fait similaire aux autres statues du même type trouvées en d’autres lieux. Mais, à y regarder de près, celle de Notre-dame de Bouret à un comportement légèrement différent de ses consoeurs. En effet, toutes ces statues, après avoir été portées dans l’église paroissiale s’en échappent pour revenir sur le lieu de leur découverte, lieu sur lequel on leur construit une chapelle. Ce n’est pas le cas de celle de Bouret qui va s’installer par deux fois à l’opposé de son lieu de découverte. Il est probable que ce point a une certaine importance mais pour le quel nous n’avons pas d’explication franche.

Sur le lieu où l’on bâtit la chapelle qui devait servir de demeure à notre statue, les villageois racontaient autrefois une légende peu « catholique » concernant les fées. En effet, lorsque le brouillard s'élevait du fond de la vallée, on apercevait parfois « des dames », sortent de fées, qui s’y promenaient. Et gare à celui qui sortait de chez lui en ces nuits fantastiques L’historien Terninck précise qu’il y avait à Bouret une fontaine légendaire, sans plus. Le cadastre mentionne un « Champ diableux », lieu-dit bien troublant et proche du bois de la chapelle. Il nous faut rapprocher cette légende avec celle de Rebreuve où la source principale aurait été dédiée à Borvo (ce nom aurait donnait le nom au village), dieu gaulois des sources, et sa parêtre, Damona, qui serait cette source légendaire de Bouret ! L’implantation d’un culte marial en ce lieu de Bouret, s’expliquerait par le fait qu’un aurait pris la suite du culte à cette déesse celtique.

La place qui jouxte la chapelle de Bon-Secours, aujourd’hui appelée Place Notre-Dame, était au XIXe siècle une place au jeu de tamis alors jeu très en vogue dans notre région. Il semble donc bien défini que ce lieu fut autrefois un lieu de divertissement pour la jeunesse ce qui, il faut bien l’avouer, peu compatible avec l’environnement religieux. Plus anciennement, cette place n’était-elle pas un lieu de fête et de divertissement pas très « catholique », si non païen, et n’a-t-on pas placé cette chapelle à cet endroit pour l’exorciser ?

Mélanges d’anciennes croyances païennes et chrétiennes, c’est probable. Et la toponymie semble, elle, confirmer cette légende puisque le lieu se trouvant au-dessus de cette chapelle se nomme « Buisson Madame », oui, mais laquelle de « Dame », celle de la chapelle ou celle des marais ?

Lors de la Révolution de 1789, la statue fut mise à l’abri au village d’Houvin. Passée la Terreur, un cortège fut organisé pour le triomphale de Marie en sa demeure et nous retrouvons, par hasard ?, le symbolisme celtique dans sa présentation : deux chevaux blanc tirant un char fleuri et accompagné de jeunes filles habillées elles aussi de blanc.

La chapelle Notre-Dame est construite en bordure de l’ancien chemin de Berlencourt à Frévent et donc à l’endroit le plus propice au développement du site par le passage des voyageurs et des pèlerins. Notons aussi que le chemin dit secondaire de Jacques de Compostelle qui venait du Nord de la France passait dans notre région ; soit à Frévent ou plus probablement à Rebreuve. Cet emplacement est aussi remarquable par sa situation géographique : il fait partie des trois remarquables massifs forestiers que l’on remarque en venant du Sud par la route d’Amiens, fuste avant de plonger dans la verdoyante vallée de la Canche. À droite, le Bois de Mortagne, qui cache le village de Canettemont, au centre le bois de Gargantua et à gauche le bois de la Chapelle Notre-Dame.

Concernant l’environnement proche de la chapelle, on note en premier lieu, que la place Notre-Dame est plantée de magnifiques tilleuls qui donnent à l’ensemble un aspect bucolique et champêtre qui l’a fait surnomme, avec beaucoup d’imagination, « la Petit Suisse » La disposition de ce lieu nous interroge car on s’attendrait à trouver une toute autre disposition. En effet, cette chapelle, qui devrait se trouver au centre de cette vaste esplanade (la Place Notre-Dame) est en faite placée à l’ouest tout a fait en bordure et presque dans la déclivité du terrain ; cela semble absurde ! Il semble presque certain que cet emplacement a été voulu de main d’homme en installant cette chapelle à la jonction géographique entre un point situé au nord qui est nommé « La Mont-Joie », d’une altitude de 147 m, et celui situé au sud nommé « La Motte Notre-Dame » qui culmine à 151 m. Cette ligne imaginaire, parfaitement N-S, vient couper à Bouret l’ancienne route d’Avesnes-le-Comte à Frévent  ; c’est à cet endroit que fut construite la chapelle. Le lieu-dit cité plus haut du nom de « La Mont-Joie », hameau de Sibiville, correspond à un vocable assez répandu en France et en Espagne, qui marque l’endroit le plus proche d’un lieu de pèlerinage d’où l’on aperçoit, après avoir cheminé longtemps, le but du voyage. Ainsi en ce lieu élevé éclate « la joie » du pèlerin qui se sait proche du but. L’autre lieu, « La Motte Notre-dame », était aussi un autre « Mont-Joie » à sa façon ; de là aussi on apercevait la chapelle en venant du sud. Il est intéressant de noter la disposition et les pratiques des pèlerins qui venant de Bouquemaison et passant près de cette Motte, déposaient une petite croix de paille ou de bois et ensuite y récitaient une courte prière. Arrivant à l’entrée de Bouret, ces mêmes pèlerins trouvaient un énorme tilleul, encore lui, portant une représentation de Notre-Dame de Bon-Secours, et sous lequel ils prenaient un peu de repos. C’était là, aussi pour eux, une sorte de « Mont-Joie », car il apercevait enfin le but du voyage, la chapelle Notre-Dame. Bien entendu, il est probable que ce chemin de processions est très ancien, peut-être date-t-il du néolithique.

Pour épilogue sur la découverte de cette statue en ce lieu nommé « La Motte Notre-Dame », essayons de formuler les divers hypothèses qui nous viennent à l’esprit :

1- Hypothèse purement religieuse ; la volonté de Dieu n’est pas de notre ressort. 2- La découverte fortuite, sur cette motte, par des bergers d’une statue ancienne et provenant soit d’une ancienne chapelle ruinée ou d’un ancien temple païen dédié soit à une déesse celtique ou pourquoi pas de la déesse Isis, aussi représentée tenant Horus, son fils, sur ses genoux, culte qui avait pris un grand développement au temps des gallo-romains. 3- Mise en scène par les moines (ceux de l’abbaye de Cercamp, proche de Bouret) pour favoriser la découverte d’une statue qu’ils auraient eux-mêmes placée pour relancer, en ce début du XIVe siècle, la christianisation de la région. Toutefois, les desseins des moines furent contrariés puisque cette statue n’en fit qu’à sa tête en refusant de revenir, la nuit, sur le lieu de sa découverte. 4- Cette autre hypothèse découle de la précédente mais dans le but, pour les moines de Cercamp, propriétaire de la paroisse de Bouret, de retenir dans cette région les pèlerins alors nombreux qui se rendaient, comme l’on disait alors, à « Boulogne-sur-la Mer », au sanctuaire de Notre-Dame de Boulogne. De là l’étonnement que l’on peut avoir en entrant dans notre chapelle à la vue de bateaux de haute mer exposés dans ce sanctuaire. Précisons aussi que la route ancienne et de grande communication qui desservait la vallée de la Canche vers la mer passait justement au pied de la chapelle. Et, enfin, il n'est pas impossible qu'a une certaine époque, que la Canche fut navigable sur une grande partie de son lit au moyen de bateau à fond plat !

CONCLUSION

Les personnes intéressées par l’histoire tant religieuse qu’historique de cette chapelle, consulteront avec profit l’ouvrage de Cappe de Baillon, 1887. On note que les chapelles dédiées aux Vierges Noires se trouvent situées sur les anciens axes routiers menant à Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne. Le chemin étant long, il y avait donc de place en place des points de repos ; ces chapelles avaient ce rôle. Il reste aussi au centre de Bouret un vaste bâtiment en pierre blanche qui a servi, probablement, de maison pour pèlerins mais la tradition, elle, parle de maladrerie. Notons encore que Bouret sur canche dépendait pour le spirituel de la paroisse Saint-Hilaire de Frévent et que cette maladrerie pouvait avoir comme finalité l’enfermement des ladres de cette ville !

Liens externes

Notes et références

  1. habitants.fr, « Pas-de-Calais > Rebreuve-sur-Canche (62270) ». Consulté le 26 juin 2010
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales. Consulté le 27 août 2010
  3. Évolution et structure de la population (de 1968 à 2007) sur Insee. Consulté le 27 août 2010
  4. Recensement de la population au 1er janvier 2006 sur Insee. Consulté le 27 août 2010
  5. Évolution et structure de la population à Rebreuve-sur-Canche en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 27 août 2010
  6. Résultats du recensement de la population du Pas-de-Calais en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 27 août 2010

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Rebreuve-sur-Canche de Wikipédia en français (auteurs)

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