Poste


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La poste royale française, v. 1820

La poste est le service délivré par un opérateur postal et qui consiste à assurer le transport et la distribution du courrier.

Historiquement créée par les divers États comme un service public (en France comme les messageries de l'Université, puis comme la poste royale, devenue ensuite nationale), l'Organisation mondiale du commerce a poussé à leur privatisation pour en faire des entreprises commerciales. Toutes ces entreprises, indépendamment de leurs statuts, sont signataires de règles et d'accords internationaux, dont la plupart relèvent de l'Union postale universelle.

Sommaire

Étymologie

Le mot a été emprunté à l'italien posta, qui désignait à l'origine la place réservée dans l'écurie d'un relais à chaque cheval assurant le transport des voyageurs et du courrier.

Dans le langage courant, la poste désigne dans chaque ville ou village, soit un bâtiment (le bureau de poste) où l'on porte et d'où l'on distribue toutes les lettres, les colis, les mandats, etc., soit le service quotidien du facteur qui fait sa tournée dans toutes les maisons.

Histoire

Les origines

Au temps des rois de Perse Cyrus (vers -500), il existait des relais de chevaux[1].

Le plus ancien document relatant un service postal, essentiellement destiné au pharaon et à son ministre des finances, est un papyrus datant de 255 av. J.-C. Celui-ci s'effectuait à pied, sur des distances considérables. Le service était si périlleux que les préposés léguaient fréquemment leurs biens à leurs enfants avant leur départ[2].

Le premier service postal bien documenté est celui de Rome. Organisé à l'époque d'Auguste (62 av. J.-C.-14 ap. J.-C.), c'est probablement aussi le premier véritable service de courrier public. Ce service s'appelait cursus publicus, et était assuré par des voitures légères, les rhedæ tirées par des chevaux rapides ; en outre existait un autre service, plus lent, qui employait des chariots à deux roues, les birolæ, tirés par des bœufs. Ces services étaient réservés à la correspondance de l'État ; un autre service destiné aux citoyens fut créé par la suite.

Le nom latin du courrier, posta, que l'on retrouve en italien moderne, dérive du nom des stations, ou postes, où le courrier était distribué et où les itinéraires des messagers se croisaient, (à l'origine posata ou pausata = lieu de repos) parce que c'est dans ces lieux que les messagers se reposaient au cours de leurs déplacements.

La poste de l'Empire mongol

Au XIIIe siècle, les Mongols s'inspirent du modèle chinois et étendent progressivement leur service postal sur l'ensemble de leur territoire. Ce service reposait sur des dizaines de milliers de personnes, probablement plus de 200 000 chevaux et un réseau de communication de plus de 50 000 km[3] à travers tout leur empire.

Naissance d'une poste européenne

On peut faire remonter la notion de poste européenne à la fin du XIIIe siècle, lorsque la famille Tasso (appelée aussi Torre e Tasso ou Thurn und Taxis), une famille originaire de Bergame en Italie, opérait un service de courrier entre plusieurs villes de Lombardie. La famille participe au XIVe siècle à la création et direction de la Compagnia dei Corrieri della Serenissima (Compagnie des Courriers de la Sérénissime) à Venise.

Lorsque Francesco Tasso crée pour le pape une liaison entre Milan et Innsbruck (Autriche), il attire l'attention de Frédéric III, empereur du Saint-Empire romain germanique.[réf. nécessaire]

En 1490[réf. nécessaire], après l'acquisition du Tyrol, Maximilien Ier, le fils de Frédéric III, décide de confier à Francesco et sa famille le monopole postal de l'Autriche aux Pays-Bas. Francesco devient François de Tassis) et va s'installer à Malines pour gérer ce premier service de courrier européen.

En 1502[4] ou 1506[5], Philippe le Beau, petit-fils de Frédéric III, devenu roi de Castille par son mariage avec Jeanne la Folle, nomme François de Tassis « capitaine et maître de nos postes ». Il lui octroie un traitement annuel de 12 000 livres pour transmettre, dans les délais fixés, les dépêches du gouvernement vers l'Allemagne, la France et l'Espagne.

François de Tassis établit alors des relais tous les 28 kilomètres en moyenne. Ses messagers à cheval parcourent chacun une étape et doivent faire viser leur feuille de route par le courrier suivant qui y atteste avoir reçu la « boîte » contenant la correspondance. Les coûts d'un tel système sont cependant élevés, et le traitement annuel du maître des postes n'est pas payé régulièrement. Les Tassis vont donc mettre leur organisation au service des personnes privées, et on trouve dès 1506 la mention d'un paquet de lettres émanant de particuliers et transportés par leurs courriers.

Dès lors, la famille de Tassis a le droit de porter tant le courrier gouvernemental, que le courrier privé dans tout le Saint-Empire romain germanique ainsi qu'en Espagne. En 1512, l'empereur Maximilien I, qui a succédé à Frédéric III, anoblit la famille qui s'appellera d'ailleurs, à partir de 1650, de la Tour de Vassassina et Tassis (en abrégé de la Tour et Tassis ou von Thurn und Taxis) et contrôle virtuellement la totalité de la poste européenne à l'exception notable de la France, ce qui n'a rien d'étonnant puisque Charles Quint, qui a hérité du Saint-Empire et de la couronne d'Espagne, est en guerre avec le roi de France, François Ier. En 1516 pourtant, François est chargé, par Charles Quint, de créer un service spécial dont bénéficiera François 1er. En contrepartie de cette faveur, le roi de France laissera libre passage au courrier de Charles Quint vers l'Espagne. Ainsi, alors que les souverains européens se déchirent, les Tassis parcourent librement l'Europe.

En 1535, une ordonnance de Charles Quint permet aux Tassis de placer leurs postes à leur guise, le souverain les prenant sous sa sauvegarde. Diverses ordonnances confirment le monopole des maîtres de poste et fixent le salaire des courriers.

Les Tassis créent et transportent des milliers de lettres officielles ou privées. Toutefois, outre les Postes royales dirigées par la famille Tassis, il existe des postes communales. Le monopole des Tassis ne s'applique en effet pas aux postes intérieures, et les postes communales, protégées par les échevins et magistrats qui se réservent le droit de les installer, se chargent des correspondances destinées à l'intérieur du pays et transportent bientôt la majeure partie du courrier pour l'intérieur.

Dès lors, une rivalité assez marquée se crée entre les grands maîtres des postes de la famille Tassis et les postes communales. Tous s'accordent cependant pour être sans pitié à l'égard des messagers clandestins empruntant les mêmes routes, s'arrêtent aux mêmes relais et vont jusqu'à du cor avertisseur. Ceux qui « courent la poste » en dehors des postes communales ou royales s'exposent à de graves sanctions et même à des tortures comme la question.

En 1612, Lamoral de Tassis met en place des services de diligences qui transportent à la fois du courrier, des paquets et des voyageurs.

Pendant 355 années, les différentes branches de la famille von Thurn und Taxis vont contrôler des services postaux locaux et nationaux en Espagne, en Allemagne, en Autriche, en Italie, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg. À son apogée, la famille emploiera jusqu'à 20 000 personnes et plusieurs milliers de chevaux pour gérer une poste qui sera longtemps la plus performante d'Europe : au XVIIIe siècle le courrier entre Bruxelles et Innsbrück était assuré en 5 jours.

En 1724, sur ordre de l'empereur Charles VI[réf. nécessaire], les Thurn und Taxis déplacent le siège de leur Poste de Bruxelles vers Francfort-sur-le-Main. Le site sur lequel les chevaux du système de poste paissaient, connu sous le nom de Tour et Taxis, sera racheté près d'un siècle plus tard par la ville de Bruxelles.

Le XIXe siècle voit le monopole postal des Thurn und Taxis s'étioler progressivement. Tout d'abord, du fait de la disparition de fait du Saint-Empire en 1806, les Thurn und Taxis ne gèrent plus qu'une entreprise privée qui verra ses intérêts s'opposer à ceux des nations modernes qui entendent contrôler un service public aussi essentiel dans un monde en expansion. Napoléon Ier, cause de la disparition du Saint-Empire sera aussi un des premiers à faire de la poste un service public à part entière. À partir de 1852 la famille von Thurn und Taxis émet des timbres-poste, mais leur dernier service postal est racheté et nationalisé par le gouvernement prussien en 1867, sous la direction de Heinrich von Stephan.

Presque 600 ans de service postal en Europe se terminent, mais le cor, un des éléments des armoiries de la famille, est toujours le symbole de la poste dans de nombreux pays. La famille Thurn & Taxis perçoit en 1867 une indemnité de 3 millions de thaler[6], une somme considérable pour l´époque qui lui permet, encore aujourd’hui, de figurer parmi les fortunes les plus importantes de la planète.

France

Article connexe : Poste en France.

En France, vers 1477, le roi Louis XI a créé les chevaucheurs de l’écurie du roi pour transmettre ses messages. En 1576 le roi Henri III créa les messagers royaux qui acheminaient aussi les lettres des particuliers.

En 1671 les familles Pajot et Rouille ouvrent au centre de Paris, 34 rue des Bourdonnais puis en face 9 et 11 rue des Déchargeurs le premier centre Postal de Paris[7]. Ils sont des "fermiers" du roi Louis XIV auquel ils payent une "ferme" (forte somme = licence d´exploitation), une licence qui est perdue en 1738.

Au début du XVIIe siècle, est apparue la poste aux lettres qui était dirigée par le surintendant général des postes. Les directeurs encaissaient le prix de la lettre qu'ils réclamaient au destinataire. Les courriers acheminaient les dépêches d'un bureau à l'autre grâce aux relais de la poste aux chevaux. Ils parcouraient toute la ligne et changeaient de chevaux à chaque relais. Ils étaient accompagnés d'un postillon, chaussé de lourdes bottes et chargé de les guider jusqu'au relais suivant puis de ramener les chevaux « à vide » à leur relais d'origine. Les relais de poste étaient distants de 7 lieues soit 28 km environ, d'où les fameuses bottes de sept lieues du conte de Charles Perrault Le Petit Poucet.

Au XVIIIe siècle, la distance moyenne entre 2 relais était de 16 kilomètres. Une lettre expédiée de Paris mettait 2 jours et 8 heures pour atteindre Lyon, un peu plus de 4 jours pour Marseille. On comptait à cette époque environ 1 400 relais de poste.

En 1760, Clément Humbert Piarron de Chamousset créa une petite Poste à Paris. 200 facteurs agitaient leur claquoir pour avertir de leur passage et assuraient trois distributions par jour. Les villes de province se dotèrent à leur tour d'une petite poste. Ce fut le cas de Bordeaux (1766), Nantes (1777), Rouen (1778), Nancy (1778), Lyon (1779), Strasbourg (1780), Marseille (1781), Lille (1784).

À la Révolution, les Postes sont administrées directement par l’État. La Révolution est aussi l'époque où apparurent les malles-poste dans lesquelles des voyageurs fortunés et pressés pouvaient prendre place au côté du courrier.

Avec l'utilisation de la vapeur, la Poste va accélérer l'acheminement des dépêches. Dix paquebots-poste à vapeur parcourent la Méditerranée en 1835. En 1845, un wagon-poste est mis en service sur la ligne Paris-Rouen. Il sera le premier d'une succession de nombreux modèles de bureaux ambulants. En 1873, lorsque la poste aux chevaux disparaît au profit du transport par chemin de fer, il existait 54 lignes, puis en 1914, 175 lignes.

Avec le XIXe siècle commence l'ère des réformes. À partir de 1830, les campagnes jusque-là négligées, reçoivent la visite du facteur. Le 1er mai 1840, les postes britanniques avaient émis le Penny Black le premier timbre postal de l'histoire. Ce n'est qu'en 1849 qu'est émis le premier timbre-poste français, à l'effigie de Cérès, déesse des moissons et de la fécondité, à laquelle succèdera le profil de Napoléon III en 1852. Désormais, le prix de la lettre varie en fonction du poids et non plus de la distance. Le nombre des lettres expédiées double de 1848 à 1859.

Le XXe siècle s'ouvre sur l'aventure aérienne avec la naissance des Lignes aériennes Latécoère, puis de l’Aéropostale. Un service régulier de nuit est inauguré en 1939 avec des avions bimoteurs Goéland sur les lignes de Paris-Bordeaux-Pau et Paris-Lyon-Marseille.

Après la Seconde Guerre mondiale, le service postal aérien fut intégré à la compagnie Air France pour former un département particulier, le Centre d'Exploitation postal métropolitain, dont le premier directeur fut Didier Daurat. Les appareils utilisés étaient des Junkers Ju 52 récupérés sur l'occupant. Ceux-ci sont remplacés en 1948 par des avions américains, des Douglas DC-3 de type Dakota. En 1957, la flotte postale se compose de 9 appareils DC-3 qui transportent chaque nuit près de 25 tonnes de courrier, soit près du quart de tout le trafic lettres métropolitaines. Les avions sont la propriété de l'administration des PTT, mais c'est Air France qui en assure le fonctionnement. En 1983, la poste peut compter aussi sur le trains, surtout des TGV.

La fin du XXe siècle voit le retour de la privatisation : La Poste française actuelle naît en 1988, avec une réforme scindant les PTT en La Poste d'une part et en France Télécom de l'autre, les deux administrations évoluant en 1991 vers le statut d'établissement public industriel et commercial (EPIC). Le 28 janvier 2004, la loi sur la régulation des activités postales est adoptée en première lecture par le Sénat et promulguée le 20 mai 2005. Le décret (n° 2006-507) relatif aux autorisations postales a été publié au Journal Officiel du 5 mai 2006 et introduit le système d'autorisations pour le secteur postal français. D'autres opérateurs postaux peuvent ainsi concurrencer La Poste en faisant partie des opérateurs de services postaux autorisés par l'ARCEP. À partir du 1er mars 2010 La Poste devient une société anonyme à capitaux publics par une loi votée au parlement en décembre 2009, ce qui clôt l'enquête ouverte en 2007 par la Commission européenne suite à des plaintes de grandes banques françaises à propos de la garantie financière illimitée que l'État français accordait à la Poste[8].

Au premier janvier 2011, le dernier secteur protégé (la distribution des envois de moins de cinquante grammes) est ouvert à la concurrence. Toutefois les concurrents potentiels ne semblent pas intéressés par la marché national, vu sa faible rentabilité. Aussi il est possible qu'ils se concentrent sur les cinquante principaux client de La Poste qui assurent 33% de son chiffre d'affaires[9].

Différents moyens de transport

Opérateurs postaux

Article détaillé : Liste d'opérateurs postaux.

Notes et références

  1. Hérodote, Histoires, VIII, 98
  2. Ouvrage collectif, La Poste,Vie-Art-Cité, Lausanne, 1974 p. 9
  3. L'atlas des mondialisations Hors-série Le Monde La Vie Page 45 Didier Gazagnadou 2010
  4. Berthe Delepine, in Histoire de la Poste internationale en Belgique sous les Grands Maîtres des postes de la Famille de Tassis, publié sous les auspices de l'Administration des Postes de Belgique, Bruxelles, Wellens & Godenne, 1952
  5. Poste espagnole
  6. (de)Histoire de la société Deutsche Post
  7. Histoire de la Crémerie de Paris - Poste aux Lettres
  8. Article du journal Les Echos (du 2010/01/26)
  9. http://www.usinenouvelle.com/article/la-distribution-du-courrier-totalement-ouverte-a-la-concurrence.N144082

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Eugène Vaillé, Histoire générale des postes françaises, 6 tomes, Paris 1947-1953.
  • Michel MARY, Histoire des postes belges. Des origines à la libéralisation, Tubize, 2010.

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Poste de Wikipédia en français (auteurs)

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  • -poste — ⇒ POSTE, POSTE , élém. de compos. Élém. tiré des subst. poste1 et poste2, entrant dans la constr. de qq. subst. comp. A. poste. [Corresp. à poste1] 1. [ poste signifie «qui porte les dépêches; qui assure un transport»; le subst. désigne un moyen… …   Encyclopédie Universelle

  • poste- — ⇒ POSTE, POSTE , élém. de compos. Élém. tiré des subst. poste1 et poste2, entrant dans la constr. de qq. subst. comp. A. poste. [Corresp. à poste1] 1. [ poste signifie «qui porte les dépêches; qui assure un transport»; le subst. désigne un moyen… …   Encyclopédie Universelle

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  • poste — (Del lat. postis). 1. m. Madero, piedra o columna colocada verticalmente para servir de apoyo o de señal. 2. Cada uno de los dos palos verticales de la portería del fútbol y de otros deportes. 3. p. us. Mortificación o castigo que en los colegios …   Diccionario de la lengua española

  • posté — posté, ée (po sté, stée) part. passé de poster. Mis dans un endroit. •   Je suis ici posté commodément pour attendre, MOL. Préc. 9.    Fig. Il est bien posté, il est dans une situation avantageuse. •   Je suis trop vieux, trop malade et trop bien …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • poste — poste; ri·poste; …   English syllables

  • pòste — poste m. poste ; appareil radio, télé. voir aparelh …   Diccionari Personau e Evolutiu

  • Poste — Poste, Nebenfluß der Warthe, im Kreise Sternberg des preußischen Regierungsbezirks Frankfurt …   Pierer's Universal-Lexikon

  • Pöste — Pöste, eichene Planken, 16–20 Fuß lang u. 3–4 Zoll dick …   Pierer's Universal-Lexikon


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