Alexis Paul Tanneguy Leveneur De Tillières

Alexis Le Veneur de Tillières

Alexis Paul Michel Le Veneur de Tillières
Alexis Paul Michel Le Veneur de Tillières
Naissance 28 septembre 1746
Paris
Décès 26 mai 1833 86 ans)
Château de Carrouges
Origine Français
Allégeance Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Grade Général de division
Conflits Siège de Gibraltar
Guerres de la Révolution
Distinctions Officier de la Légion d'Honneur, Chevalier de Saint-Louis
Hommage Son nom est inscrit au côté Nord de l'Arc de triomphe de l'Étoile
Autres fonctions Homme politique

Alexis Paul Michel Tanneguy Le Veneur de Tillières (28 septembre 1746 - 26 mai 1833), comte[1] Le Veneur de Tillières, seigneur de Carrouges, est un général et homme politique français.

Il est parfois appelé le général "Leveneur" au lieu de "Le Veneur".


Sommaire

Eléments biographiques

Sous Louis XV et Louis XVI

Alexis Paul Michel Tanneguy Le Veneur de Tillières est né le 28 septembre 1746 à Paris. Il est le troisième et dernier fils du comte Jacques Tanneguy IV Le Veneur de Tillières, maréchal de camp, et de sa femme Julie Bouchard d'Esparbez de Lussan d'Aubeterre de Jonzac, nièce du Président Hénault.

Il commence sa carrière militaire en 1763 comme lieutenant en 2e au régiment du Roi-infanterie. Il devient enseigne le 1er août 1767, colonel du régiment provincial d'Abbeville le 19 octobre 1773 puis colonel en 2e du régiment de Neustrie le 18 avril 1776.

Alors vicomte de Tillières, il se marie le 15 juin 1778 avec Henriette de Verdelin (1757-1834), fille de la marquise de Verdelin (1728-1810) qui est une correspondante et protectrice de Jean-Jacques Rousseau.

Le vicomte de Tillières est également à cette époque franc-maçon, étant en 1777, frère fondateur de la Loge régulière de St Jean de la Candeur à l'Orient de Paris, garde des sceaux et archives, représentant la Candeur pour la députation du GO de Naples auprès du GODF, et second grand surveillant d'honneur du Grand Orient de France.[2]

En 1782, il devient mestre de camp (27 janvier) et le 24 avril prend le commandement du régiment du Lyonnais avec lequel il sert en Espagne devant Gibraltar. Il est promu brigadier d'infanterie en 1784 (1er janvier) puis maréchal de camp en 1788 (9 mars).

A la Révolution

Nommé président de l'Assemblée provinciale « du département des villes de Falaise et de Domfront » par lettres patentes du Roi du 31 juillet 1787, puis président de l'Assemblée provinciale « du département d'Alençon » par lettres patentes du 13 octobre 1788, il préside l'assemblée de l'ordre de la noblesse du Grand Bailliage d'Alençon le 17 mars 1789 et, adhérant aux idées progressistes, il prend position pour l'abandon des privilèges dès avant la Révolution.

Il est élu premier maire de la paroisse Sainte-Marguerite-de-Carrouges le 14 novembre 1789 et administrateur du département de l'Orne le 2 juillet 1790.

Général des guerres de la Révolution

Engagé dans l'armée de la Révolution en janvier 1792, il est à partir d'avril à l'Armée du Centre sous La Fayette où il commande en mai la 2e division à Dun-sur-Meuse, puis, promu lieutenant général (15 juin 1792), il commande la division de gauche de cette même armée. Il déserte en même temps que La Fayette le 19 août et revient à l'armée le 27 août. Réintégré dans son grade sous Dumouriez, il commande l'aile droite de l'Armée du Centre le 19 septembre et sert à Valmy le 20 septembre.

Le général Le Veneur à Namur (novembre 1792)
Le général Le Veneur à Namur (novembre 1792)

Le 25 septembre 1792 il est commandant en 2e de l'Armée des Ardennes sous Dillon, puis sous Valence en novembre. À l’Armée des Ardennes, il prend sous son aile Lazare Hoche, alors jeune officier, et devient son mentor. Il s'illustre lors de la prise de la citadelle de Namur [3] et devient commandant par intérim de l'Armée des Ardennes le 12 janvier 1793. Il prend part au siège de Maastricht du 6 février au 3 mars 1793 puis combat le 18 mars avec la droite de l'armée de Dumouriez à Neerwinden. Le 3 avril, lors de la trahison de Dumouriez qu'il refuse de soutenir, il quitte l'armée, est arrêté à Neufchâtel-en-Bray le 7 avril puis libéré le 25 avril.

Le 13 juin 1793 il commande une division de l'Armée du Nord, puis est commandant en chef de l'Armée du Nord sous Custine du 16 juin au 28 juillet. Suspendu de ses fonctions comme noble le 25 juillet, il proteste mais, décrété d'arrestation le 30 juillet, il est arrêté le 31. Son aide de camp, le futur général Hoche, s’en indigne et se fait arrêter à son tour.[4]

Mis en liberté provisoire en mai 1794, le général Le Veneur se retire à Carrouges. Décrété d'arrestation par le Comité de salut public le 15 juillet, il est arrêté le 20, conduit à Paris et emprisonné le 24 juillet, puis libéré le 13 septembre.

Relevé de sa suspension le 8 mai 1795, il est réintégré dans le grade de général de division et affecté à la 14e division militaire le 2 juin 1795.

Il est admis provisoirement à la retraite le 18 juin 1797 et définitivement le 16 mars 1810.

Sous l'Empire, puis sous Charles X et Louis-Philippe

En 1800, il devient le 1er président du Conseil général de l'Orne, puis est député de l'Orne au Corps Législatif (1808-1813) et enfin, sous la Première Restauration, député de l'Orne à la Chambre des députés des départements.

Napoléon Bonaparte le fait comte d'Empire avec majorat le 4 juin 1810. Devenu quasiment aveugle au cours de sa députation, il continue jusqu'à la perte de sa vue à servir son pays.

Le général Le Veneur s'éteint le 26 mai 1833 au Château de Carrouges à l'âge de 86 ans.

Son nom est inscrit "LEVENEUR" au côté Nord de l'Arc de Triomphe de l'Etoile à Paris. Il fut fait Chevalier de Saint-Louis le 18 octobre 1781 et officier de la Légion d'Honneur sous l'Empire.

Notes et références

  1. Alexis Le Veneur porta pendant longtemps le titre de vicomte de Tillières (il est parfois appelé aussi vicomte de Carrouges), son frère aîné Tanneguy portant le titre familial de comte de Tillières. C'est en juin 1810 qu'il fut fait comte Le Veneur par Bonaparte. Le titre de comte de Tillières lui revint également par la suite après la mort de son frère Tanneguy en 1811, qui n'avait pas eu de fils.
  2. source: Solène Cordier, La Candeur : une loge maçonnique au XVIIIe siècle, Paris, Université de Paris I, mémoire de maîtrise, 2006
  3. « La ville de Namur est abandonnée à Valence ; mais les châteaux tiennent encore. Six mille Autrichiens s'y sont réfugiés sous le commandement de Moitelle. L'artillerie française n'est arrivée qu'à travers des obstacles sans nombre; mais déjà deux forts sont enlevés, et un troisième va l'être par un de ces coups d'audace qui déconcertent la prévoyance de nos ennemis. Le fort Villot est le principal bastion de cette forteresse. La mine est prête ; et ce fort est désigné par Moitelle, comme le tombeau des assiégeans. Le général Leveneur prend avec lui douze cents grenadiers. La nuit les couvre de son ombre ; ils arrivent en silence aux premières palissades et les franchissent. Les secondes sont plus élevées : Leveneur se fait jeter par dessus ; un de ses officiers l'imite ; et soixante grenadiers suivent le chemin qu'ils ont frayé. Les sentinelles sont égorgées; Leveneur s'élance au commandant autrichien. « Mène-moi à tes mines, » lui dit-il d'une voix terrible, en lui portant son épée sur la poitrine ; l'Autrichien balance, Leveneur le presse, l'épouvante, l'entraîne, saisit les mèches, les éteint ; le fort Villot est enlevé, et, deux jours après, Moitelle et sa garnison, déposant les armes aux pieds de Valence, lui rendent une place, dont le siège avait déjà illustré les étendards de Louis XIV. » Jean Pons Guillaume Viennet, Histoire des guerres de la Révolution, Ambroise Dupont & Cie, Paris, 1831, pp. 91-92
  4. « Le Veneur, qui, en l'absence de Custine, commandait dans le Nord, chargea Hoche de parcourir le pays. Hoche le visita en trois jours (…). Un jour, qu'après des reconnaissances périlleuses, il revenait au camp, il vit cinquante gendarmes arrêter le général Le Veneur, par l'ordre d'un représentant. Il ne fut pas maître de retenir son indignation : « Est-ce Pitt et de Cobourg, qui gouvernent la France ? » s'écria-t-il. Ce propos le fit dénoncer et traduire devant le tribunal révolutionnaire. Il fut acquitté (…). » Louis François L'Héritier, Les fastes de la gloire, Tome V, Raymond, Paris, 1822, pp.309-310

Bibliographie

Autres ouvrages sur le général Le Veneur

  • Gilbert Thil, Alexis Le Veneur, général de la Révolution, article dans le Bulletin de la S.H.A.O., t. CXX, n° 1-2, mars-juin 2001, Alençon (numéro intitulé Les Le Veneur de Carrouges – Les Normands en Sicile)
  • Jean-Claude Martin, Les Le Veneur de Carrouges pendant le Premier Empire, article dans le Bulletin de la S.H.A.O., t. CXX, n° 1-2, mars-juin 2001, Alençon (numéro intitulé Les Le Veneur de Carrouges – Les Normands en Sicile)

Articles connexes


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