Fort De Douaumont

Fort de Douaumont

49°13′0″N 5°26′20″E / 49.21667, 5.43889

Fort de Douaumont
Vue aérienne du fort de Douaumont, vers 1916.

Description
Type d'ouvrage Fort
Dates de construction
Ceinture fortifiée Verdun
Utilisation
Utilisation actuelle
Propriété actuelle
Garnison
Armement de rempart
Armement de flanquement
Organe cuirassé
Modernisation béton spécial
Programme 1900
Dates de restructuration
Tourelles
Casemate de Bourges
Observatoire
Garnison
Programme complémentaire 1908

Le fort de Douaumont est un fort Séré de Rivières situé sur la commune de Douaumont, près de Verdun.

Sommaire

Histoire

Après la guerre de 1870 qui a vu la perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine, un plan de défense de la frontière est établi par Séré de Rivières qui fait construire 38 forts et ouvrages sur un périmètre de 40 kilomètres autour de la ville de Verdun.

Parmi eux, le fort de Douaumont, l'ouvrage le plus important et le plus puissant car le mieux armé de cette ligne de défense. Sa construction commence dès 1885 et se termine fin 1913. Il devient par son volume, fort de la région verdunoise en 1914.

Au début de la Première Guerre mondiale, l'état-major français ne croit plus aux fortifications fixes car il pense que seule l'offensive peut procurer la victoire. La destruction des forts franco-belges de la Meuse en 1914 par les gros calibres allemands ayant encore renforcé cette idée, le 5 août 1915 est établi un décret autorisant le retrait des garnisons des forts.

Carte du champ de bataille

Le 25 février 1916, les Allemands attaquèrent en direction du Fort de Douaumont dans le but de porter leurs lignes à environ 600 mètres du fort. Étonnés par le calme régnant dans la région du fort et poussant en avant, ils réussirent à descendre dans le fossé et à rentrer dans les galeries. Les 57 soldats qui occupaient le fort furent faits prisonniers. La perte du fort, important point d'appui, observatoire et abri de premier ordre entraînait pour la défense, des conséquences matérielles et morales considérables. Cependant les Français n'avaient pas perdu l'espoir de reconquérir le fort. Cinq divisions françaises, dont trois en tête, devaient déblayer en quelques heures le terrain que les Allemands avaient péniblement conquis en 8 mois de bataille. Les Allemands organisent tout de suite la défense du fort de Douaumont. Dans la soirée du 25 février, ils sont 19 officiers et 79 sous-officiers et hommes de troupes de cinq compagnies différentes à occuper Douaumont. Le fort devient le pivot de la défense allemande sur la rive droite de la Meuse.(près du fort de vaux)

Vue générale du fort de Douaumont.


Le 8 mai 1916, la vie du fort, alors occupé par les Allemands, fut troublée par un événement imprévu. La veille, les bombardements avaient été très violents. L'ouvrage avait reçu les blessés, un bataillon au repos et de nombreuses troupes se trouvaient dans le fort. À 6 h 00 du matin, une violente explosion, celle d'un dépôt de grenades, mit le feu à un dépôt de lance-flammes. Les pertes furent lourdes, les Allemands commencèrent à enterrer les morts mais comme on en retrouvait toujours, le commandement les fit placer dans deux casemates qui furent murées. Des 800 à 900 soldats qui périrent, 679 sont enterrés derrière cette croix : c'est le cimetière allemand du fort.


Le 24 octobre 1916, le fort fut repris par le régiment d'infanterie coloniale du Maroc, faisant partie des divisions Mangin.

Ordre du jour du général Nivelle, le 25 octobre 1916, remerciant les troupes qui ont repris le fort de Douaumont :

« Officiers, sous-officiers et soldats du groupement Mangin, en quatre heures, dans un assaut magnifique, vous avez enlevé d'un seul coup, à notre puissant ennemi, tout le terrain, hérissé d'obstacles et de forteresses, du Nord-est de Verdun, qu'il avait mis huit mois à vous arracher par lambeaux, au prix d'efforts acharnés et de sacrifices considérables. Vous avez ajouté de nouvelles et éclatantes gloires à celles qui couvrent les drapeaux de Verdun. Au nom de cette armée, je vous remercie. Vous avez bien mérité de la Patrie. »

Le 14 décembre 1916, un obus allemand de 420 mm est tombé dans la casemate murée. L'obus explosa et tua 21 soldats. On put en sortir 14 pour les enterrer à l'extérieur, les 7 autres, dont les noms sont inscrits sur une plaque, furent déchiquetés et reposent encore derrière ce mur épais.

Paradoxe inouï, Douaumont coûta, dit-on, 100 000 morts à la France, et aura été pris et repris sans combat.

Description

Le fort de Douaumont est l'ouvrage armé le plus important et le plus puissant de toute la région de Verdun. Il présente une superficie de trois hectares, une longueur de 400 mètres, plusieurs kilomètres de galeries et deux niveaux inférieurs. Le plafond est épais de six mètres (pierres, sable, béton spécial et terre). Le fort permettait de loger 800 hommes environ mais en 1916, il y en eut parfois jusqu'à 3 000, voire 3 300.


Vue de l'épaisseur du béton.

Dans le couloir central, il y a des chicanes avec des créneaux pour mitrailleuses et grenades. Dans les niches se trouvent les échelles grâce auxquelles on pouvait accéder à l'étage inférieur. En effet, pendant les bombardements intenses, il était pratiquement impossible dans le fort de supporter le bruit infernal dû à la résonance.

La vie dans le fort

Entrée du "Tunnel-Sud".

Le fort contenait des citernes. Cependant avec les combats, elles étaient inutilisables et les ravitaillements en eau étaient particulièrement difficiles, rationnant les occupants à 250 ml d'eau par jour. À cette époque, on utilisait pour l’éclairage des bougies et des lampes à pétrole qui, à cause de la pression atmosphérique (manque d’oxygène), s'éteignaient rapidement. Les Allemands avaient transporté au fort des groupes électrogènes qui étaient en cours de montage au moment de la reprise du fort.

La ventilation était assurée par des ventilateurs à main. Les toilettes n'existaient pas dans le fort jusqu'en 1917, quand les Français commencèrent les installations de fosses pour toilettes.

Groupe électrogène allemand

Le fort présente aussi une pièce dans laquelle on désinfectait les uniformes avec de la vapeur d'eau.

Il servait de lieu de passage et de repos à l'infanterie allant en ligne, le seul endroit où une troupe pouvait se reposer sans danger. La sortie en était difficile, l'artillerie française tenant sous son feu les issues du fort. Aussi pour réduire les pertes à la sortie du fort, les Allemands entreprirent la construction d'une communication souterraine, appelée Sud-Tunnel dans l'axe même du fort. Fin octobre, 60 mètres seulement étaient achevés. Il fut prolongé par les Français après la reprise du fort, à 250 mètres environ au sud du fossé de gorge du fort.

Armement

La tourelle Galopin

Vue d'une tourelle.

Le fort renferme la tourelle Galopin. Elle a été construite de 1907 à 1909. C'est un canon de 155 R, ce qui veut dire 155 Raccourci, qui se trouvait en haut sous la coupole, et était orientable à 360°. Le pointage se fait par des manivelles.

Il s'agit d'une tourelle à éclipse, qui monte pour tirer et redescend aussitôt.

La manœuvre pour monter la tourelle était effectuée par trois sapeurs (deux a gauche et un a droite) à l'aide des manivelles et des démultiplications. En tournant, ils faisaient descendre les balanciers et dégageaient ainsi deux câbles qui se trouvaient au centre et qui permettaient aux deux contrepoids, situés à chaque extrémité, de descendre également. C'est le poids de ces deux contrepoids qui en descendant montaient la tourelle au milieu. Quand la tourelle était arrivée à sa hauteur, ils pouvaient la bloquer. Pour la descendre, ils lâchaient le frein, continuaient à tourner la tourelle et la tourelle redescendait par son propre poids. Le système est simple, c'est l'équilibre des deux contrepoids avec le poids de la tourelle. Ainsi on a 37 tonnes de contrepoids et 37 tonnes de tourelle. Aux trois sapeurs, il fallait deux minutes pour monter la tourelle à 60 cm de hauteur, alors en position normale de tir. Les obus étaient montés à l'arrière deux par deux à l'aide du monte-charge puis passés à la main sous la coupole. Un obus de 155 R pesait 43 kg et avait une portée de 7,2 km. Le tir de ces tourelles aurait pu être très rapide, mais il y avait deux inconvénients : le bruit à l'intérieur, la résonance, était infernale et les gaz carboniques qui revenaient sans cesse. Il y avait bien un système de soufflerie mais il était insuffisant et c'est ce qui freinait le tir de ces tourelles.

Lorsque le fort a été prit pendant la Seconde Guerre Mondiale, un soldat français, nommé Victor Chrétien, l'a saboté ce qui l'a rendu inutilisable par l'armée allemande contre la France.

Photos

Bibliographie

  • Verdun de Jacques Péricard aux Éditions Nouvelle librarie de France
  • Le Petit Larousse de l'histoire de France aux Éditions Larousse, pp 448-449

Voir aussi

Liens internes

Le fort de Douaumont sur www.fortiffsere.fr http://fortiffsere.fr/verdun/index_fichiers/Page11436.htm

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Liens externes

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