Conflit Israélo-arabe


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Conflit israélo-arabe

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Guerres et conflits
Guerre de Palestine de 1948
Guerre des frontières d'Israël (1949-1956)
Guerre de Suez (1956)
Guerre des Six Jours (1967)
Guerre d'usure (1968-1970)
Guerre du Kippour (1973)
Conflit israélo-libanais de 1982
Première Intifada (1987-1993)
Seconde Intifada (2000-..)
Conflit israélo-libanais de 2006
Guerre de Gaza 2008-2009
Conférences et sommets
Conférence de Madrid de 1991
Sommet de Camp David II
Sommet de Taba
Initiative de Genève
Accords et traités de paix
Accords d'armistice de 1949
Accords de Camp David (1978)
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Accord israélo-libanais du 17 mai 1983
Accords d'Oslo
Traité de paix israélo-jordanien (1994)
Accord intérimaire « Oslo II »
Accords de Wye Plantation
Résolutions du Conseil de sécurité
Résolution 194 (1964)
Résolution 242 (1967)
Résolution 338 (1973)
Résolution 476 (1980)
Résolution 478 (1980)
Résolution 1322 (2000)
Résolution 1397 (2002)
Résolutions de l'AG des Nations unies
Résolution 181, 1947
Résolution 194, 1948
Résolution 3236, 1974
Résolutions 3376 et 3379, 1975
Résolution 4686, 1991

Le conflit israélo-arabe est né au Proche-Orient à la fin du mandat britannique sur la Palestine, opposant à la population juive sioniste, puis à l'État d'Israël, la population arabe de Palestine (constituant le conflit israélo-palestinien), soutenue par les États arabes (ce qui constitue le conflit israélo-arabe proprement dit).

Des heurts avaient éclatés pendant le mandat britannique entre Olim (Juifs venant s'installer en Palestine) et résidents arabes, culminant lors de la révolte arabe de 1936-39 et de la guerre civile de 1947-1948, laquelle déboucha sur la création de l'État d'Israël.

Le conflit israélo-arabe qui s'ensuivit a eu pour points d'orgue 6 guerres ou conflits armés (la guerre de 1948-1949, la guerre de Suez de 1956, la guerre des Six Jours de 1967, la guerre du Kippour de 1973, la première guerre du Liban de 1982, la seconde guerre du Liban en 2006). Les deux Intifada ne sont pas considérées comme appartenant au conflit israélo-arabe.[réf. nécessaire]

Ce conflit occupe une place majeure dans la géopolitique du Proche-Orient. De nombreuses problématiques l'accompagnent :

  • la problématique palestinienne, en particulier celle des réfugiés palestiniens et leurs revendications nationales ;
  • la frustration du monde arabe devant leurs défaites successives et le problème palestinien ;
  • l'apparition fin des années 1960 de groupes palestiniens activistes organisés, perpétrant attentats, prises d'otages et détournement d'avions à travers le monde ainsi qu'en Israël, et après 1967 dans les territoires palestiniens occupés ;
  • l'exacerbation du sentiment national palestinien, né dans les années 1920 mais jamais concrétisé par la création d'un État ;
  • le contrôle par Israël des lieux saints de Jérusalem, ville sacrée des trois religions du Livre : judaïsme, christianisme et islam ;
  • Le contrôle par Israël de la principale ressource d'eau potable de la région (le bassin du lac de Tibériade) ;
  • l'instrumentalisation du conflit par certains pays arabes et musulmans non directement impliqués, par des groupes activistes non palestiniens et par l'ensemble de la communauté internationale à des fins diverses ;
  • la non-reconnaissance de l'État d'Israël et l'instabilité qui en résulte sur la région et sur les populations juive et palestinienne ;
  • la focalisation de la politique internationale de plusieurs pays autour du conflit israélo-arabe et du problème israélo-palestinien.

Sommaire

Chronologie

Le conflit israélo-arabe a commencé début des années 1920 quand le nationalisme sioniste et le nationalisme palestinien se sont affrontés pour le contrôle de la Palestine, à l'époque sous contrôle britannique.

Il est initialement marqué par la protestation puis la lutte contre l'immigration juive et par plusieurs massacres perpétrés contre des communautés juives palestiniennes en 1920, 1929 et 1936. En 1936, les Arabes palestiniens se rebellent contre l'autorité britannique et réclament leur indépendance mais sont écrasés par les Britanniques. À ce moment également, la communauté juive se renforce militairement et l'Irgoun, une force paramilitaire sioniste, mène contre les Arabes des opérations de représailles meurtrières.

Après la Seconde Guerre mondiale, c'est au tour d'une partie de la communauté juive, dans le chef de l'Irgoun et du Lehi de mener des attaques contre les Britanniques pour réclamer la création d'un État juif tandis que les instances politiques officielle, l'Agence juive milite au niveau politique et organise une force paramilitaire : la Haganah. À ce moment, les Arabes palestiniens se réorganisent péniblement.

Suite à ces évènements et au contexte international, les Britanniques décident de quitter la Palestine et remettent leur mandat à l'ONU. Celle-ci charge alors une commission d'enquête, l'UNSCOP de trouver une solution au problème et recommande le partage de la Palestine qui est voté le 29 novembre 1947.

Il s'en suit le lendemain une guerre civile particulièrement sanglante, qui voit les États arabes prendre part au conflit. Six semaines avant la fin du mandat, les Juifs lancent une offensive qui balaient les forces palestiniennes et provoque l'exode de la population palestinienne. Le 14 mai, l'État d'Israël est proclamé et les États arabes voisins entrent officiellement en guerre : c'est la Première guerre israélo-arabe. En six mois, suite à la construction d'une armée numériquement supérieure, plus motivée, rapidement mieux équipée, les Israéliens mènent une série d'offensives qui se soldent par la prise de contrôle de 77 % de l'ancienne Palestine mandataire dans ce qui est aujourd'hui les frontières internationalement reconnues d'Israël. Un autre exode palestinien s'en suit avec près de 350 000 Arabes palestiniens qui sont expulsés de chez eux, pour un total de 730 000-750 000 réfugiés palestiniens. Ces réfugiés sont un point majeur du contentieux israélo-arabe.

Les frontières issues des accords d'armistice sont longues et étriquées. Elles ne suivent aucun élément géographique naturel et séparent parfois les champs de leur village. Entre 1949 et 1956, elles font l'objet d'infiltrations de la part de Palestiniens qui souvent veulent retourner labourer leur champ occupé mais parfois également prendre leur revanche. Israël répond par la force en se lançant dans une politique de représailles dont certaines mènent à des massacres, comme à Qibya en 1953.

Immigration juive

De nombreux facteurs ont favorisé l'éclosion du conflit en Palestine :

  • L'antisémitisme qui régnait en Europe au XIXe siècle (particulièrement en Pologne et en Russie, où des massacres de juifs se sont répétés, mais aussi en France avec l'affaire Dreyfus) a entraîné la naissance du sionisme (mouvement nationaliste juif qui prône le retour à Sion, c'est-à-dire à Jérusalem, pour y ressusciter l'antique État d'Israël, dont les Juifs avaient été chassés). Aussi, des philanthropes juifs (entre autres, Sir Isaac Montefiore, dont on peut voir encore le moulin qu'il fit construire, près de Jérusalem) achetèrent au Sultan Turc de l'époque des terres, souvent incultes, sources de maladies (marais) pour ébaucher le futur territoire juif. À signaler aussi le rôle du JOINT Américain (organisme /« leveur » de fonds (en anglais fund raiser)), visant à acheter de nouvelles terres aux Turcs, occupant la Palestine jusqu'en 1918. Le journaliste Théodore Herzl a joué un rôle déterminant dans le développement de ce mouvement, grâce à son livre L’État juif. Ce mouvement s'est aussi étendu aux pays musulmans, où la situation des juifs, considérés comme sujets de seconde zone (« Dhimmis »), était parfois précaire. Le mouvement sioniste ne concernait qu'une partie des Juifs, ceux qui voyaient dans le judaïsme une nation. Quant aux autres Juifs, ils considèrent le judaïsme comme une religion, et leur pays natal (France, Allemagne, Royaume-Uni, etc.) comme leur seule patrie, cependant sans oublier la constante référence à Jérusalem et l'Israël « historique » (c'est-à-dire les anciens Royaumes de Juda et d'Israël).
  • La Déclaration Balfour de 1917 qui, pendant la Première Guerre mondiale, promet la création d'un « Foyer national juif » en Palestine. Cette notion qui n'impliquait pas nécessairement un État était extrêmement vague. Elle supposait seulement la possibilité pour les Juifs d'y trouver asile.
  • La désintégration de l'empire ottoman. Allié des puissances centrales durant la première guerre mondiale, cet empire fut vaincu et, conformément aux accords secrets Sykes-Picot de 1916, la France et le Royaume-Uni se partagèrent les dépouilles de l'empire ottoman. Le Royaume-Uni obtint la Palestine, la France obtint la Syrie-Liban, etc.

On peut voir dans ces trois facteurs les origines du conflit israélo-arabe. En effet, les accords de 1916 allaient permettre au Royaume-Uni et à la France d'étendre leurs empires coloniaux au Moyen-Orient, en 1920, par les différents traités de paix. De plus, conformément à la déclaration Balfour de 1917, les Juifs commencèrent à immigrer en plus grand nombre en Palestine, surtout dans les années 1930 à cause de la politique antisémite d'Hitler.

Le Royaume-Uni, fut chargé de régler cette question puisqu'il reçut le mandat palestinien de la Société des Nations (SDN) ; il dut alors faire face d'une part au sionisme juif et donc à l'immigration des sionistes et d'autre part à la légitime volonté d'indépendance des Arabes de Palestine (en effet on mentionnait déjà, dans la Charte de la Société des Nations, l'autodétermination des peuples). Si les premiers heurts sérieux entre le Yichouv (communauté juive minoritaire implantée en Palestine, comprenant aussi bien les nouveaux arrivants que les Juifs installés de très longue date autour de Jérusalem, Jaffa et Safed) et les villageois arabes éclatent dès 1920, sous le mandat anglais, un certain nombre d'initiatives entre Juifs et Arabes éclosent afin de trouver un modus vivendi. Ainsi, les riches familles arabes damascènes ou jérusalémites n'hésitent guère, en général, à vendre leurs terres aux organisations sionistes (notamment le KKL), tandis que le souverain de Transjordanie entame des négociations avec l'Agence juive.

Le problème devient si complexe après la Seconde Guerre mondiale, à la suite de la « Shoah », que le Royaume-Uni ne parvint pas à le résoudre et confia en 1947 la question palestinienne au Comité politique des Nations unies - la question palestinienne n'est d'ailleurs pas sans évoquer le problème contemporain de l'indépendance et de la partition des Indes. À la suite d'une enquête en Palestine et dans les camps, l'ONU proposa en 1947 un plan de partage de la Palestine en deux États indépendants, l'un Juif et l'autre Arabe, et un territoire de Jérusalem sous contrôle de l'ONU. L'Agence juive accepta le plan de partage, mais celui-ci fut rejeté par les États arabes en s'appuyant sur le fait que l'ONU n'a pas compétence à faire ou défaire un État, et ne peut uniquement se limiter à faire des propositions devant respecter l'autodétermination des peuples (ce qui n'est pas le cas vis-à-vis des palestiniens, dont les droits sont bafoués par ce plan de partage). Aussi, en 1948, à la fin du mandat britannique, lorsque Ben Gourion proclama l'indépendance d'Israël, ce pays fut immédiatement attaqué par plusieurs États arabes, ce qui entraîna la guerre israélo-arabe de 1948.

15 mai 1948 : reflet d'une société juive qui s'est organisée pendant le mandat, s'est dotée de toutes les fonctions d'État sauf la souveraineté. De l'autre côté : un peuple palestinien qui revendique son indépendance depuis le début des années 1920 (comme le prévoit la Charte de la SDN). Les palestiniens ont demandé à plusieurs reprises la création d'une structure équivalente à l'agence juive. Ces demandes seront refusées par le Royaume-Uni qui exige qu'une telle structure soit sous l'autorité de l'agence juive. De plus, les britanniques affirment clairement qu'un État palestinien ne pourra être créé que si cette dernière donne son accord[1], idée totalement contraire à la Charte de la SDN.

Du « foyer national » à l'État d'Israël

Pendant la période mandataire la population juive s'est organisée en Yichouv en Palestine.

  • 1922 : création de l'Agence juive pour la Palestine qui devient un des principaux organes de la Palestine juive, c'est un gouvernement potentiel.
  • 1935 : cette agence est élue. David Ben Gourion en est le président. Il sera Premier ministre du gouvernement provisoire. En parallèle, le Yichouv crée des écoles, des hôpitaux, un syndicat et toute une structure sociale se crée. Adhésion à 80 % des travailleurs à ce syndicat. Nombreuses entreprises, établissement d'un système économique sans réels contacts avec la société arabe.
  • Dans les années 1930 : création d'une force armée semi-clandestine qui compte 45 000 hommes en 1947. Structuration de tous les organes nécessaires à la viabilité d'un État pendant le mandat britannique.

Dislocation de la Palestine en 1948

Une mobilisation prend forme sous le mandat pour lutter contre l'idée d'un foyer national juif en Palestine. Cette mobilisation se fait surtout au sein d'associations islamo-chrétiennes.

Les réactions par rapport au mandat britannique sont très différentes au sein de la population juive. Les populations demandent à la Société des Nations (SDN) « la formation d'un gouvernement national parmi ceux qui résidaient en Palestine depuis avant la guerre, musulmans, chrétiens, et juifs. » La SDN refuse.

Les populations arabes refusent alors toute participation aux institutions mandataires car sinon se serait une légitimation de ce foyer. Refus d'une agence arabe équivalente, boycott d'un conseil consultatif élu pour négocier auprès du Royaume-Uni. Acceptation seulement d'un mufti, figure religieuse, à la tête d'un conseil musulman suprême à Jérusalem. 1936 : Haut comité arabe présidé par ce mufti (Amin al-Husseini), qui finira par s'allier avec l'Allemagne nazie. Les mobilisations arabes n'ont pas pour objectif de créer un mouvement national, contrairement aux populations juives. La situation est différente aussi parce qu'il n'y a pas d'identité nationale, donc la mobilisation se structure avant tout autour de solidarités traditionnelles, pas autour de l'idée d'un État futur. Les clivages entre notables en clans rivaux, entre notables ruraux et urbains, non communication entre les notables et les masses populaires. Même quand il y a des partis politiques, ils ne font que couvrir ces clivages traditionnels. Au milieu des années 1930, il y a une radicalisation de la mobilisation ; à partir des campagnes il y a une rébellion importante de la campagne de Galilée sous la direction d'un chef local : Izz al-Din al-Qassam. La révolte ne se fait pas au nom d'une identité nationale, mais au nom de l'islam, révolte rurale et populaire. La mobilisation gagne ensuite les villes, et il y a un appel à la grève générale jusqu'à la cessation de l'immigration juive. La structure politique existante soutient ces grèves, puis appelle à son arrêt. Appel en accord avec les souverains des pays voisins (Transjordanie, Irak, Arabie saoudite), pour volonté de ménager la force mandataire (faire confiance au Royaume-Uni, dans les années 1940 pendant la Seconde Guerre mondiale). La lutte est une lutte politique arabe pour la Palestine et non pas une lutte palestinienne. 15 mai 1948 : les populations arabes en Palestine refusent cette décision unilatérale, d'où création d'un gouvernement de toute la Palestine sous la direction du mufti. Ce gouvernement fait appel aux États arabes, car n'a pas de structures ni d'armée. Les forces armées de la ligue arabe franchissent les frontières dès le lendemain de la création d'Israël. L'Égypte cherche à s'assurer le contrôle des territoires proches de ses frontières, surtout les territoires côtiers. La Transjordanie veut s'emparer de la Cisjordanie voire même de Jérusalem. Ce qu'il faut retenir de tous ces éléments c'est que dès le premier conflit, la population palestinienne est réduite à une simple force d'appoint, prisonnière des Arabes. Échec militaire de la ligue arabe et signature de convention bilatérales d'armistice. La Palestine est alors divisée en trois :

  • La Cisjordanie et Jérusalem-Est sont annexées en 1950 par le roi de Jordanie. Ceci suite à un vote de notables palestiniens. Il comble un vide administratif et offre la nationalité jordanienne aux Palestiniens en Jordanie. Accords en l'absence des Palestiniens. Arabisation du conflit, conflit israélo-arabe. Question de la Palestine en termes de réfugiés, dont 65 % vont dans des camps de Cisjordanie et de Gaza, et les autres partent en Syrie, au Liban et en Transjordanie. La libération de la Palestine devient un élément de mobilisation des foules, devient un mythe autour de la destruction d'Israël. Il n'y a pas eu de Palestine donc sa libération, c'est la libération du territoire. Destruction d'Israël pour libération de la Palestine. 1958 : création de la République arabe unie (RAU), pour fusionner l'Égypte, la Syrie et le Yémen Nord. Le grand mufti de Jérusalem lance une campagne pour l'intégration de la Palestine dans la RAU. Il pousse la ligue arabe dans la reconstitution de l'identité palestinienne. L'Irak répond en proposant l'instauration d'une république palestinienne à Gaza et Cisjordanie et une armée de libération de la Palestine. Ce positionnement inquiète Nasser et va pousser à ce que le sommet de la ligue arabe accepte l'établissement d'une entité palestinienne en 1963 et en 1964 : rôle dans organisation de libération de la Palestine à Jérusalem (OLP). Volonté de l'Égypte de concurrencer les créations irakiennes. L'OLP n'a aucune base populaire, c'est le produit du jeu arabe, pas palestinien. Les Arabes de Palestine ne sont pas apathiques mais sont plutôt engagés dans des partis pro-arabes, pas pour la libération de la Palestine. La mobilisation passe par l'arabisme. 1965 : un mouvement clandestin revendique une opération commando contre Israël. Ce mouvement est le bras armé du Fatah, fondé au Koweït en 1959 par des Palestiniens venus d'Égypte, attirés par la prospérité des pays pétroliers. Ils sont soit des travailleurs de catégorie supérieure, soit des avocats, donc ils sont intégrés économiquement au Koweït, qui vont ressentir leur marginalisation politique. Ce sont les premiers mouvements et ils sont à l'extérieur de la Palestine. La mobilisation autour des mouvements de lutte palestiniens va se faire surtout après la défaite de 1967. C'est la Guerre des Six Jours : l'État hébreu occupe une partie de l'Égypte, de la Syrie, la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est. Défaite totale des régimes arabes. Crise de légitimité car n'arrivent pas à contrer les offensives israéliennes. Années 1960 : forte augmentation des combattants car frustration. Euphorie mobilisatrice, foisonnement des groupes, multiplication des scissions dans les groupes. Il est nécessaire que les mouvements en faveur de la Palestine s'unifient. Il est opté pour une intégration des différents groupes dans l'OLP. 1968 : OLP devient le chapeau des groupes, lieu d'enjeu et d'équilibre entre les différents groupes. Équilibre conflictuel. Dans l'OLP, le Fatah joue un rôle d'arbitre puis de mise en œuvre politique menée par l'OLP. Donc, l'OLP n'est pas une organisation homogène, mais c'est le chapeau de différentes organisations en conflit permanent. L'OLP adopte une charte à sa création : droit du peuple palestinien à exercer son droit à l'autodétermination et sa souveraineté. 1969 : adopte un programme qui insiste sur la société libre et démocratique en Palestine, en coexistence entre chrétiens, juifs et musulmans. Pour la première fois, on parle du peuple palestinien, donc un projet spécifique est dégagé des pays arabes. Une nouvelle communauté palestinienne suppose la possibilité de reprendre possession de l'espace palestinien : reprise de possession symbolique avant tout, sans exigence en terme territorial, plutôt retour à un âge d'or. L'espace est abstrait, sans revendication concrète des territoires. Revendication de l'élimination de l'État juif. Comme le mouvement s'est développé en dehors des frontières historiques de la Palestine, il y a une forte dichotomie entre l'intérieur et l'extérieur. L'OLP est très mal représentée à l'intérieur jusqu'au milieu des années 1970. De plus, l'OLP hésite à revendiquer clairement la Cisjordanie, car ce serait une exigence envers la Jordanie, d'où conflits entre Palestiniens de là-bas et pouvoir jordanien. Enfin, on garde l'idée de l'arabité de la Palestine et il faut être soutenu par tout l'élan émotionnel arabe et par les masses arabes. Situation paradoxale pour l'OLP qui veut garder son autonomie, diriger la lutte pour les Palestiniens mais qui reste dépendante des pays arabes, de leur soutien et des territoires arabes. Il faut attendre 1974 pour qu'un sommet arabe reconnaisse l'OLP comme le seul représentant du peuple palestinien. La structuration de l'identité palestinienne s'est réalisée sur un mode négatif, et parce qu'elle a été victime d'une colonisation.

Les positions arabes

Les Palestiniens s'exilent beaucoup dans les pays arabes. Ces États les acceptent comme réfugiés[réf. nécessaire]. Ils ont peur que ces populations entraînent des déséquilibres économiques et politiques, et donc à part la Jordanie, ces États confinent les réfugiés dans des camps dans des situations précaires. Les mouvements de libération de la Palestine mettent en œuvre des guérilla contre Israël à partir des États arabes. La résistance palestinienne a construit ses bases militaires, en plus de la constitution d'État dans l'État, donc les Palestiniens ont plus de mal à se faire accepter par les pays hôtes qui craignent des représailles d'Israël[réf. nécessaire].

Septembre 1970 : le roi de Jordanie chasse les combattants palestiniens après des combats meurtriers. Ce septembre noir porte un coup dur à la résistance palestinienne qui doit se replier sur le Liban. Cela pose le problème de qui est-ce qui représente les Palestiniens de Jordanie : l'OLP ou le roi ?

Évolution en 1974 : décisions par l'OLP d'instaurer une autorité indépendante, nationale et combattante sur toutes les portions du territoire palestinien qui seront libérés. C'est donc l'apparition de l'autorité nationale. Premier pas vers la revendication d'un État palestinien, sans fixer les frontières pour autant (donc projet encore flou). Mais il est clair que l'OLP lutte pour la reconnaissance d'une souveraineté politique sur les territoires occupés par Israël. L'OLP est reconnue comme l'unique représentant légitime du peuple palestinien. Donc, le conflit sanglant est un élément de plus dans la précision de la revendication palestinienne. Les combattants repliés au Liban sont pris au piège de la libano-libanaise. Il y a une structuration militaire au Liban plus un embryon de société nationale organisée. La société palestinienne est de plus en plus encadrée, il y a des unions, des organismes, il y a un fond national palestinien, des ateliers de production, gestion de cellules d'entraide aux familles de combattants, gestion d'hôpitaux. Ces différentes structures sont nécessaires à la constitution d'un futur État palestinien au Liban. D'autant plus possible qu'ils ont une liberté d'action et que l'OLP bénéficie de la manne pétrolière. Les structures étatiques libanaises sont faibles, et le fractionnement communautaire est fort. L'OLP profite de ces limites de l'État libanais pour assurer son développement. Dans un second temps, le Liban s'avère être un piège, car les combattants sont pris dans les conflits internes au Liban. La question palestinienne a contribué à radicaliser et à précipiter les affrontements libanais.

En 1969 en 1973, le Liban s'est confronté aux résistants palestiniens. Éclatement de la guerre et la coalition palestino-islamo progressiste qui affronte les milices de la droite chrétienne. L'OLP est allié de la Syrie mais retournement de la Syrie donc l'OLP se retrouve prise entre Israël et la Syrie.

1982 : invasion du Liban par l'armée israélienne pour briser les structures palestiniennes. Les Palestiniens perdent leur avantage sur le territoire libanais et sont enlisés dans un conflit différent du conflit avec Israël. C'est la fin de la présence palestinienne au Liban et destruction de leurs infrastructures. Comme ils n'étaient déjà plus présents en Cisjordanie, il n'y a plus de présence palestinienne aux frontières. L'état-major de l'OLP s'éloigne pour s'implanter à Tunis. La rupture est encore plus grande entre l'élite de la résistance et la population palestinienne. Il existe des conflits internes à l'OLP : un positionnement pour continuer la lutte armée ; et un autre positionnement pour rechercher une solution politique. La solution politique doit passer par le rapprochement avec les pays arabes comme l'Égypte et la Jordanie. Ce serait un retour en arrière pour les autres.

Aujourd'hui l'Autorité palestinienne, sous la présidence de Mahmoud Abbas et à la suite de Yasser Arafat, son 1er président élu en 1996, œuvre en vue de la création d'un État palestinien. Le 25 mai 2006, il annonce la tenue d'un référendum en ce sens[2].

Bibliographie

  • Boutros Boutros-Ghali, Shimon Peres, 60 ans de conflit israélo-arabe, Témoignages pour l’Histoire, Éditions Complexe, 2006 (ISBN 2804800709)
  • David-André Belhassen, La Haine maintenant ? : Sionisme et palestinisme Les 7 pièges du conflit, Éditions de La Différence, 2006 (ISBN 2729116125)
  • Henry Laurens Le retour des exilés Paris, Laffont, 1998.
  • Henry Laurens, Paix et guerre au Moyen-Orient, Armand Colin, Paris, 2005 (ISBN 2200269773)
  • Benny Morris, Victimes, histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexe, 2003 (1re édition en 2001) (ISBN 2870279388)
  • Benny Morris, The birth of the Palestinian refugee problem (1947-1949), Cambridge University Press, 1987
  • Benny Morris, The Birth Of The Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, 2003 (ISBN 0521009677)
  • Benny Morris, Righteous Victims, A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881, 2001, Vintage, 2001 (ISBN 0679744754)
  • Ilan Pappé The Ethnic Cleansing of Palestine, Oneworld Publications, 2006
  • Ilan Pappé, La Guerre de 1948 en Palestine, La fabrique éditions, 2000 (ISBN 226404036X)
  • Efraïm Karsh, The Arab-Israeli Conflit - The Palestine War 1948, Osprey Publishing, 2002 (ISBN 1841763721)
  • Yoav Gelber, Palestine 1948, Sussex Academic Press, Brighton, 2006 (ISBN 1845190750)
  • Nadine Picaudou, Les Palestiniens, un siècle d'histoire, 2003
  • Hilgemann, Werner et Kinder, Hermann, Atlas historique Perrin, Éditions Perrin, 1997 (ISBN 2-262-01359-4)
  • Jon et David Kimché, A clash of destinies, The Arab-Jewish War and the founding of the state of Israel, Praeger, New-York, 1960
  • Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, Éditions Complexe, 1994 (ISBN 2870275218)
  • Dominique Lapierre et Larry Collins, O Jérusalem, Robert Laffont, 1971 (ISBN 2266106988)
  • Yitzhak Rabin, Mémoires, Buchet/Chastel, 1980
  • Ahron Bregman, Israel's Wars: A History Since 1947, 2002, London: Routledge (ISBN 0415287162)
  • Elie Barnavi, Une histoire moderne d’Israël, Champs / Flammarion, 1988 (ISBN 2080812467)
  • Pierre Razoux, Tsahal, nouvelle histoire de l’armée israélienne, Perrin, 2006 (ISBN 226202328X)

Notes et références

  1. Sari Nusseibeh, 'Il était un pays' (2008)
  2. lapaixmaintenant.org

Voir aussi

Articles connexes

Palestine (région, terminologie, histoire générale)

Palestine (arabe)

Israël

Conflit israélo-arabe et « israélo-palestinien »

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