Vous pouvez marquer votre extraits intéressants de texte qui seront disponibles par le biais d'un lien unique dans votre navigateur.

Cour de sûreté de l'État (France)

Cour de sûreté de l'État (France)
Page d'aide sur les redirections Pour les autres articles nationaux, voir Cour de sûreté de l'État.

La Cour de sûreté de l'État est, en France, une ancienne juridiction d'exception qui avait pour but de juger les personnes accusées de porter atteinte à la sûreté de l'État. Elle concernait donc les infractions politiques. Elle fut créée en 1963 et supprimée en 1981.

Sommaire

En France

Origine

Sous d'autres régimes il y eut la Chambre ardente (Ancien Régime), le Tribunal révolutionnaire (Révolution), les Commissions militaires (Commune), les Cours prévôtales (Seconde Restauration), les Sections spéciales (Vichy), ou encore les Cours de justice après la Libération.

Puis sous la Ve République, à la suite des évènements en Algérie (et principalement pour juger les membres de l'OAS), plusieurs tentatives du général de Gaulle ont échoué avant d'arriver à instaurer cette juridiction dite « d'exception ».

Ainsi un Haut Tribunal militaire est créé en avril 1961. Mais pour n'avoir pas condamné à mort le général Raoul Salan le 24 mai 1962, il fut dissous deux jours plus tard par une ordonnance.

Aussitôt après, une ordonnance du 1er juin 1962 instituait une Cour militaire de justice qui n'eut pas davantage de chance : le Conseil d'État, par arrêt du 19 octobre 1962, annula cette dernière ordonnance.

Enfin la Cour de sûreté de l'État, qui fut créée par les lois nos 63-22 et 63-23 du 15 janvier 1963, succéda à ces malheureuses juridictions.

Sa mission était de juger, en temps de paix, les crimes et les délits portant atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l'État, comme l'espionnage et le terrorisme. Elle avait compétence sur l'intégralité du territoire national.

Composition

Elle se composait de juges :

Suppression

François Mitterrand avait très vivement critiqué la Cour dans son livre Le Coup d'État permanent, publié en 1964, et dans plusieurs de ses articles publiés ensuite. Arrivé au pouvoir en 1981, il la supprime, suite à un projet de loi de Robert Badinter alors ministre de la Justice. Le projet fut voté par le Sénat le 28 juillet 1981, par l'Assemblée nationale en deuxième lecture le 29 juillet et devint ainsi la loi no 81-737 du 4 août, parue au Journal officiel le 5 août[1].

L'année suivante une loi établit que les crimes et délits contre les intérêts fondamentaux de la nation sont jugés par des juridictions de droit commun[2]. La cour de sûreté de l'État perdure après 1981 pour juger uniquement des militaires pour des crimes et délits. En 1986, la droite revenue au pouvoir créée à la place une cour d'assises spéciale qui étend ses compétences au terrorisme. La gauche revenue au pouvoir en 1988 accepte en 1992 le « rétablissement » de cette juridiction d'exception en élargissant sa compétence au trafic de stupéfiant en bande organisée[3].

Documents

Référence

  1. Parlement français, « Loi portant suppression de la Cour de Sûreté de l'État », Sénat français, 4 août 1981. Mis en ligne le 12 juillet 2007, consulté le 1er septembre 2007.
  2. Article 702 du Code de procédure pénale.
  3. Gérard Amaté, L'affaire Colonna : Une bataille de presse, Alès, éditions Jean-Paul Bayol, 2009, 153 p. (ISBN 978-2-916913-21-6) .

Wikimedia Foundation. 2010.

  
Share  

Regardez d'autres dictionnaires:

  • ÉTAT — s. m. Disposition dans laquelle se trouve une personne, une chose, une affaire. Bon, mauvais, heureux, malheureux, pitoyable état. État déplorable. État de maladie, de faiblesse, de souffrance. État d innocence. Être en état de grâce. Il a envoyé …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • ÉTAT — n. m. Disposition dans laquelle se trouve une personne, une chose, une affaire. Bon, mauvais, heureux, malheureux, pitoyable état. état de maladie, de faiblesse, de souffrance. Son état n’a pas changé depuis hier. état d’innocence. être en état… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • July Monarchy — Kingdom of France Royaume de France ← …   Wikipedia

  • HAUT, HAUTE — adj. Qui est élevé. Il est opposé à Bas et à Petit, et se dit d’un Objet considéré par rapport à tous les autres objets du même genre, ou seulement par comparaison à un ou à plusieurs autres. Une haute montagne. Les plus hautes montagnes. Haute… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • François Mitterrand — Mitterrand redirects here. For other uses, see Mitterrand (disambiguation). The title of this article contains the character ç. Where it is unavailable or not desired, the name may be represented as Francois Mitterrand. François Mitterrand …   Wikipedia

  • TENIR — v. a. ( Je tiens, tu tiens, il tient ; nous tenons, vous tenez, ils tiennent. Je tenais. Je tins. J ai tenu. Je tiendrai. Je tiendrais. Tiens, tenez. Que je tienne. Que je tinsse. Tenant. Tenu. ) Avoir à la main, avoir entre les mains. Tenir un… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • Robert Badinter — Infobox President honorific prefix = name = Robert Badinter honorific suffix = caption = Robert Badinter during a demonstration against the death penalty in Paris, on 3 February 2007 order = French Senator from Hauts de Seine office = term start …   Wikipedia