Backmasking

La technique du backmasking, ou backward masking consiste à enregistrer des sons ou des messages à l'envers sur une piste musicale. Un message trouvé par inversion phonétique peut être involontaire et ne pas relever de cette technique.

Cette technique a été popularisée par les Beatles, qui ont utilisé des instruments (dont la voix) enregistrés à l'envers sur leur single Rain et leur album Revolver qui a suivi, en 1966[1]. D'autres artistes ont depuis employé ce procédé pour des raisons artistiques ou satiriques, sur des enregistrements analogiques et digitaux. La technique a également servi à censurer des mots ou des expressions pour la sortie de chansons « propres ».

Les messages à l'envers sont un sujet controversé aux États-Unis depuis les années 1980, lorsque des groupes chrétiens prétendirent que des artistes de rock les utilisaient dans des buts sataniques. Cela conduisit à des manifestations où des disques furent brûlés et à des propositions de lois devant les gouvernements des États et le gouvernement fédéral. Que ces messages existent ou non est sujet à débat, de même que la question de savoir si le backmasking peut servir à influencer subliminalement quelqu'un.

Sommaire

Histoire

Développement

En 1877, Thomas Edison inventa le phonographe, un appareil permettant d'enregistrer et de reproduire des sons sur un cylindre en rotation avec un stylet (ou « aiguille ») attaché à un diaphragme monté à l'extrémité étroite d'un cor. Émile Berliner inventa le disque phonographique à gravure horizontale en 1888, et son idée supplanta le phonographe d'Edison dans les années 1920 : le brevet de Berliner expira en 1918, ce qui permit à d'autres de reprendre librement son invention.

Outre la recréation des sons enregistrés par le placement du stylet sur le cylindre (ou le disque) et sa rotation dans le même sens que durant l'enregistrement, on pouvait entendre des sons différents en faisant tourner le support en sens inverse[2]. En 1878, Edison nota que, lorsqu'on la joue à l'envers, « la chanson reste mélodieuse en de nombreux cas, et certains des accords sont doux et originaux, mais totalement différents de la chanson reproduite correctement »[a 1]. L'écoute de disques à l'envers était conseillée aux apprentis magiciens par l'occultiste Aleister Crowley, qui suggérait dans son livre Magick (Book 4) qu'un adepte « s'entraîne lui-même à penser à l'envers par des moyens externes », l'un d'eux étant d'« écouter des disques phonographiques, inversés »[3].

Les magnétophones permirent l'enregistrement de messages à l'envers en studio.

Les années 1950 virent le développement de la musique concrète, une forme avant-gardiste de musique électronique qui comprend le montage de fragments de sons naturels et industriels, ainsi que l'usage de plus en plus répandu des magnétophones dans les studios d'enregistrement[4]. Ces deux événements conduisirent à des compositions sur bande, réalisées à l'aide de techniques comme le retournement physique des bandes[5].

Les Beatles, qui introduisaient des éléments de musique concrète dans leurs titres, furent à l'origine de la popularisation de l'enregistrement à l'envers[1]. Le chanteur John Lennon et le producteur George Martin ont tous deux déclaré être à l'origine de la découverte de cette technique, durant l'enregistrement de l'album Revolver, en 1966, et notamment des chansons Tomorrow Never Knows et I'm Only Sleeping, ainsi que du single Rain[6]. Lennon a déclaré avoir accidentellement joué les bandes pour Rain à l'envers, sous l'influence de la marijuana, et avoir apprécié le son. Le lendemain, il fit écouter sa découverte aux autres Beatles, et l'effet fut employé pour la première fois pour le solo de guitare de Tomorrow Never Knows, puis dans la coda de Rain[7],[8]. D'après Martin, le groupe expérimentait des changements de vitesse et l'inversion des bandes de Tomorrow Never Knows, et Martin eut l'idée d'inverser le chant et la guitare de Lennon, ce qu'il fit à partir d'un clip de Rain. Lennon aima l'idée et se l'appropria[9],[10]. Quoi qu'il en soit, Rain fut la première chanson à inclure un message à l'envers : « Sunshine... Rain... When the rain comes, they run and hide their heads » (« Soleil... pluie... Quand la pluie arrive, ils courent et se cachent la tête »), cette dernière phrase correspondant au premier vers de la chanson[11].

Rumeurs

Les Beatles furent impliqués dans la révélation du backmasking à la fois en tant que technique d'enregistrement et source de controverse. Cette dernière naquit en 1969, lorsque le DJ Russ Gibb, de WKNR-FM, reçut un appel téléphonique d'un certain « Tom », étudiant à l'Eastern Michigan University. L'auditeur demandait à Gibb s'il savait qu'une rumeur prétendait que Paul McCartney était mort, et affirmait que la chanson des Beatles Revolution 9 contenait un message à l'envers qui confirmait cette rumeur. Gibb passa la chanson à l'envers sur sa platine et entendit « Turn me on, dead man... turn me on, dead man... turn me on, dead man... » (« Allume-moi, homme mort »)[12]. Gibb commença à parler à ses auditeurs de ce qu'il appelait « le Grand Complot »[13], et plusieurs indices virent s'ajouter à l'original, notamment le prétendu message à l'envers disant « Paul is a dead man, miss him, miss him, miss him » (« Paul est un homme mort, il me manque ... ») dans I'm So Tired[12]. Cette légende urbaine[14] voulant que McCartney soit mort a popularisé l'idée des messages cachés dans la musique populaire[1].

Suite à l'émission de Gibb, on découvrit que de nombreuses autres chansons contenaient des messages audibles lorsqu'elles étaient passées à l'envers. À l'origine, ces recherches étaient surtout le fait de fans de rock, mais à la fin des années 1970[a 2], avec l'émergence de la droite chrétienne aux États-Unis[15], des groupes chrétiens fondamentalistes commencèrent à affirmer que les messages à l'envers pouvaient traverser l'esprit conscient et atteindre le subconscient, où ils seraient assimilés par l'auditeur à son insu[16]. En 1981, le DJ chrétien Michael Mills commença à affirmer, dans des émissions de radio chrétiennes, que la chanson Stairway to Heaven de Led Zeppelin contenait des messages cachés qu'entendait le subconscient[17]. Début 1982, Paul Crouch, du network Praise the Lord, présenta une émission avec le soi-disant neurologue William Yarroll, qui affirma que les artistes de rock coopéraient avec l'Église de Satan pour dissimuler des messages subliminaux sur leurs disques[18]. La même année, le pasteur fondamentaliste Gary Greenwald tint des conférences sur les dangers des messages cachés, avec, en au moins une occasion, une destruction massive de disques[19]. Toujours en 1982, trente adolescents de Caroline du Nord, conduits par leur pasteur, proclamèrent que des chanteurs avaient été possédés par Satan, qui utilisait leurs voix pour créer des messages cachés, et ils organisèrent un autodafé de disques à leur église[20].

Des allégations de messages cachés démoniaques furent également émises par des psychologues sociaux, des parents, et des critiques de rock[21], ainsi que le Parents Music Resource Center, fondé en 1985[22], qui accusait Led Zeppelin d'utiliser des messages cachés pour promouvoir le satanisme[23]. Le 28 avril 1982, dans CBS Evening News, Dan Rather débattit de la découverte de possibles messages cachés, et diffusa des passages à l'envers de chansons de Led Zeppelin, Electric Light Orchestra et Styx[b 1].

Législation

Une conséquence du scandale fut le renvoi de cinq animateurs qui avaient encouragé leurs auditeurs à chercher des messages cachés dans leur disque[a 2]. Il eut des effets plus sérieux sur les législations des gouvernements de l'Arkansas et de Californie. Un projet de loi fut proposé en Californie en 1983 pour lutter contre le backmasking, qui « peut manipuler notre comportement à notre insu et sans notre consentement, et faire de nous des disciples de l'Antéchrist »[a 3]. Le débat autour du projet de loi impliqua l'audition d'un comité de protection des consommateurs à l'Assemblée d'État de Californie, durant laquelle Stairway to Heaven fut diffusée à l'envers, et durant laquelle William Yaroll témoigna[24]. La loi fut votée, et fit de la distribution de disques contenant des messages à l'envers non signalés une intrusion dans la vie privée pour laquelle le distributeur pouvait être poursuivi[19]. La loi de l'Arkansas fut votée à l'unanimité en 1983, faisait référence à des albums des Beatles, de Pink Floyd, Electric Light Orchestra, Queen et Styx[15], et ordonna que les disques contenant un autocollant d'avertissement disant : « Attention, ce disque contient des messages à l'envers qui peuvent être perceptibles à un niveau subliminal lorsque le disque est joué normalement ». Cependant, la proposition de loi fut retournée au Sénat de l'État par le gouverneur Bill Clinton, et rejetée[19]. La résolution 6363, introduite à la Chambre des représentants en 1982 par Bob Dornan (républicain, Californie), proposait de rendre obligatoire un label similaire[25] ; la proposition de loi, envoyée devant le sous-comité au Commerce, au Transport et au Tourisme, ne fut jamais votée[26]. On fit également appel à une action du gouvernement dans les législatures du Texas et du Canada[19].

Entre l'avénement du disque compact dans les années 1980 et l'arrivée de technologies d'édition sonore sur les ordinateurs personnels dans les années 1990, il devint plus difficile d'écouter les albums à l'envers, et la controverse s'éteignit[21].

Résurgence

Si la controverse portant sur les messages à l'envers atteignit son apogée dans les années 1980, la croyance générale dans la manipulation subliminale se répandit davantage aux États-Unis durant la décennie suivante[27], et la croyance en l'existence de messages sataniques sur des albums persista dans les années 1990[28]. Simultanément, le développement de logiciels d'édition sonores, avec des fonctionnalités de lecture inversée, rendirent la chose plus accessible[21], alors qu'on ne pouvait le faire auparavant avec une fidélité maximale qu'en utilisant un magnétophone professionnel[16]. Le Magnétophone, présent sur Microsoft Windows depuis Windows 95, permet la lecture inversée en un clic[29], de même que le logiciel d'édition sonore open source Audacity[30]. Avec la croissance d'Internet, les pisteurs de messages cachés utilisèrent ces logiciels pour créer des sites avec des échantillons de musique inversée, ce qui devint une méthode largement répandue pour explorer le backmasking en musique populaire[21]. Sur son album Harpes du Nouvel Âge (1985) Alan Stivell utilise cette technique sur deux intermèdes intitulés Dor Iet Dor II.[réf. nécessaire]

Usage

Le backmasking est une technique d'enregistrement utilisée depuis les années 1960. À l'époque des bandes magnétiques, il fallait que la bande originale, placée sur une bobine, soit effectivement jouée à l'envers ; pour ce faire, il fallait d'abord l'enrouler autour de la bande enrouleuse originale, puis inverser les bobines afin d'utiliser celle-ci comme source (ce qui inverse également les canaux stéréo). L'enregistrement numérique a grandement simplifié l'opération[31].

Les messages inversés forment un bruit inintelligible lorsqu'ils sont joués à l'endroit, mais deviennent clair lorsqu'on les joue à l'envers[20]. Pour écouter un message à l'envers avec une platine, il faut généralement désengager le bras et faire tourner manuellement le disque à l'envers[32] (quoique certaines puissent jouer les disques à l'envers[16]). Avec les bandes magnétiques, la bande doit être retournée et replacée dans la cassette[32]. À l'origine, les disques compacts étaient difficiles à lire à l'envers, mais les logiciels d'édition audio, introduits dans les années 1980 et popularisés durant la décennie suivante[33], permettent aisément d'inverser un enregistrement à partir de sources numériques[21]

Messages sataniques

Si la controverse des messages sataniques concernait surtout des chansons de rock « classique », dont les auteurs niaient toute volonté de promouvoir le satanisme, le backmasking a été utilisé par des groupes de heavy metal pour introduire effectivement des messages sataniques dans leurs paroles ou leur imagerie. Néanmoins, la majorité des groupes véhiculant une image sataniste ne le sont clairement pas, et beaucoup n'ont utilisé cette image que pour des raisons mercantiles[a 4]. Ainsi, le groupe de thrash metal Slayer introduisit au début de son album Hell Awaits (1985) un message à l'envers : une voix profonde répétant « Join Us » (« Rejoignez-nous ») de plus en plus fort pendant une minute, jusqu'à ce qu'une autre voix dise « Welcome Back » (« Bon retour »)[34],[35],[36]. Cependant, Tom Araya, le chanteur de Slayer, affirme que l'emploi de l'imagerie satanique par le bande était « seulement pour l'effet »[37]. Cradle of Filth, autre groupe ayant fait usage de l'imagerie sataniste, a sorti une chanson intitulée Dinner at Deviant's Palace, presque entièrement composée de sons d'ambiance et d'une lecture à l'envers du Notre Père[38], censée être un élément essentiel d'une messe noire[17],[39].

Usage artistique

Le backmasking est souvent utilisé dans un but esthétique, afin d'améliorer le sens ou le son d'une chanson[a 2]. Durant le procès des messages subliminaux de Judas Priest, le chanteur Rob Halford admit avoir enregistré la phrase « In the dead of the night, love bites » (« Au cœur de la nuit, l'amour mord ») à l'envers sur le titre Love Bites de l'album Defenders of the Faith (1984). Lorsqu'on lui demanda pourquoi il avait enregistré ce message, Halford déclara que « lorsque vous composez des chansons, vous êtes sans cesse à la recherche de nouvelles idées, de nouveaux sons »[40].

Un exemple célèbre de message caché se trouve dans la chanson de Pink Floyd Empty Spaces, sur l'album The Wall : « Congratulations. You've just discovered the secret message. Please send your answer to Old Pink, care of the funny farm, Chalfont. » (voix dans le fond :) « Roger! Carolyn's on the phone! »[b 2] (« Félicitations. Vous venez de découvrir le message caché. Merci d'envoyer votre réponse au vieux Pink, aux bons soins de la drôle de ferme, Chalfont. / Roger ! Carolyn au téléphone ! »). Ce message fait peut-être référence à l'ancien leader du groupe, Syd Barrett, frappé de folie quelques années plus tôt, ce qui ferait de la « funny farm » un hôpital psychiatrique[b 2].

Une technique courante consiste à inverser une autre partie de la chanson : elle a par exemple utilisée par Missy Elliott[41] (Work It), Jay Chou[42] (You Can Hear), At the Drive-In[43] (300 MHz) ou Lacuna Coil[44] (Self Deception). Une technique proche est d'inverser la totalité d'une piste instrumentale, ce que John Lennon voulait faire à l'origine avec Rain, mais George Martin et Paul McCartney s'y opposèrent, si bien que la section inversée ne dure que 30 secondes[7]. Les Stone Roses ont fait un usage extensif de cette technique dans leurs chansons, notamment Don't Stop[45], Guernica et Simone[46], qui sont toutes des versions inversées d'autres chansons des Stone Roses, parfois avec un nouveau chant superposé.

Les artistes utilisent souvent le backmasking dans l'espoir de produire des effets sonores intéressants[31],[47], comme l'écho inversé. Ces effets sont parfois directement enregistrés sur une bande qui tourne à l'envers (on parle de reverse tape effect), comme c'est le cas sur l'album de Matthew Sweet In Reverse (1999), sur lequel la guitare fut enregistrée selon ce procédé[48]. En concert, ces parties de guitare étaient jouées sur scène avec l'aide d'un émulateur[49].

Le groupe canadien Klaatu utilisa la piste de chant inversée de leur chanson Anus from Uranus comme piste de chant d'une autre chanson, Silly Boys, allant jusqu'à inclure une tentative de retranscription des paroles inversées dans le livret, donnant un résultat incompréhensible et dénué de sens[50].

Messages humoristiques et parodiques

Le manuel du logiciel de conversion de son SoX indique en plaisantant que la fonction « reverse » a été « incluse pour découvrir des messages subliminaux sataniques ».
Le groupe Styx, accusé d'avoir produit des chansons contenant des messages sataniques, inclut un véritable message caché dans son album Kilroy Was Here : « Annuit Coeptis, Novus Ordo Seclorum ».

Le backmasking est régulièrement utilisé pour dissimuler un message comique ou parodique dans une chanson. La face B du single de Napoleon XIV They're Coming to Take Me Away Ha-Haaa! (1966) se composait d'une version inversée de la chanson tout entière, intitulée !aaaH-aH ,yawA eM ekaT oT gnimoC er'yehT. Le single se classa troisième aux États-Unis et quatrième au Royaume-Uni[51]. Dans sa chanson Nature Trail to Hell (1984), Weird Al Yankovic déclare à l'envers « Satan eats Cheez Whiz » (« Satan mange du Cheez Whiz », un condiment à base de fromage)[21]. On peut encore trouver un exemple de message humoristique dans la chanson No Anchovies, Please du J. Geils Band (1980), dans laquelle une voix affirme que « It doesn't take a genius to tell the difference between chicken shit and chicken salad » (« Pas besoin d'être un génie pour faire la différence entre une merde de poulet et une salade de poulet »)[16].

Suite à leur implication dans la controverse satanique des années 1980, Electric Light Orchestra et Styx produisirent des chansons qui moquaient les attaques qu'ils avaient subies. Accusés d'avoir inclus des messages sataniques sur leur album Eldorado (1974), ELO inséra deux véritables messages cachés dans leur album suivant, Face the Music (1975)[52] : Down Home Town commence avec une voix répétant deux fois (à l'envers) « Pass the mighty waterfall » (« Franchissez la majestueuse cascade »)[53], et l'instrumental Fire On High contient un message caché disant « The music is reversible, but time is not. Turn back! Turn back! Turn back! » (« La musique peut être inversée, mais pas le cours du temps. Demi-tour ! Demi-tour ! Demi-tour ! »[b 3]. En 1983, ELO sortit un album entier, Secret Messages, en réponse à la controverse, contenant d'innombrables messages cachés, parmi lesquels « Welcome to the big show »[16] (« Bienvenue au grand spectacle » ; deux fois), « Thank you for listening » (« Merci d'écouter »), « Look out, there's danger ahead » (« Attention, danger en vue »), « Hup two three four » (« Hop deux trois quatre »), « Time after time » (« De temps à autres ») ou « You're playing me backwards »[53] (« Vous êtes en train de m'écouter à l'envers »).

La même année, Styx sortit l'album Kilroy Was Here, qui évoque un groupe appelé « Majorité pour la Morale Musicale » qui rend le rock illégal[15]. Un autocollant sur la pochette de l'album indique que « sur ordre de la Majorité pour la Morale Musicale, cet album contient des messages cachés », et la chanson Heavy Metal Poisoning contient effectivement, à l'envers, les mots « Annuit Coeptis, Novus Ordo Seclorum » (« Dieu a favorisé nos entreprises ; un nouvel ordre pour des âges »), des expressions présentes au revers du Grand sceau des États-Unis d'Amérique que l'on retrouve sur le billet américain de un dollar[25].

Toujours en 1983, l'album d'Iron Maiden Piece of Mind inclut également un message caché en réponse aux accusations de satanisme portées à l'encontre du groupe[54]. Entre les chansons The Trooper et Still Life, le batteur Nicko McBrain imite Idi Amin Dada, puis rote[55].

Certains messages s'adressent directement à l'auditeur qui écoute la chanson à l'envers, en se moquant de lui. Dans sa chanson I Remember Larry, « Weird Al » Yankovic déclare : « Wow, you must have an awful lot of free time on your hands » (« Ouah, tu dois terriblement t'ennuyer »)[56]. De la même façon, la chanson Detour Through Your Mind des B-52's contient le message « I buried my parakeet in the backyard. Oh no, you're playing the record backwards. Watch out, you might ruin your needle. »[b 4] (« J'ai enterré ma perruche dans l'arrière-cour. Oh non, vous jouez le disque à l'envers. Faites attention, vous pourriez abîmer votre tête de lecture »). Le groupe de rock chrétien Petra inclut dans sa chanson Judas Kiss le message « What are you looking for the devil for, when you ought to be looking for the Lord? »[16] (« Pourquoi cherchez-vous le diable alors que vous devriez chercher le Seigneur ? »). Le groupe Mindless Self Indulgence sortit une chanson intitulée "Backmask" contenant les paroles (à l'endroit) : "Play that record backwards / Here's a message yo for the suckas / Play that record backwards / And go fuck yourself" ("Jouez cette chanson à l'envers / Voici un message pour les branleurs / Jouez cette chanson à l'envers / Et allez vous faire foutre"). Les messages à l'envers dans la chanson contiennent notamment "clean your room", "do your homework", "don't stay out too late", and "eat your vegetables" ("range ta chambre", "fais tes devoirs", "ne sors pas trop tard", "mange tes légumes")[43],[57].

La technique du backmasking a également été parodiée en 2001 dans un épisode de la série Les Simpson intitulé "Bart et son boys band". Bart Simpson rejoint un Boys band, appelé Party Posse, dont la chanson "Drop da Bomb" ("Lâche la bombe") contient à plusieurs reprises les paroles "Yvan eht nioj" ("Suov-zegagne"). Lisa Simpson se doute de quelque chose, joue la chanson à l'envers et découvre le message "Join the Navy" ("Engagez-vous" dans la version française), ce qui l'amène à réaliser que le boys band a été recruté pour former un outil de recrutement subliminal pour la marine américaine.

Messages critiques ou explicites

Frank Zappa utilisa la technique du backmasking pour éviter la censure.

La technique du backmasking a aussi été utilisée pour enregistrer des phrases trop critiques ou explicites pour être incluses dans la version jouée à l'endroit. Frank Zappa utilisa cette technique pour éviter la censure de sa chanson "Hot Poop" de l'album We're Only in It for the Money (1968). La chanson contient à la fin de sa face "A" le message à l'envers "Better look around before you say you don't care. / Shut your fucking mouth 'bout the length of my hair. / How would you survive / If you were alive / shitty little person?" ("Jette un coup d’œil avant de dire que tu t’en fous, ferme ta putain de gueule à propos de la longueur de mes cheveux, comment survivrais-tu, si tu étais vivante, petite personne merdique"). La vulgarité de ces vers, écrits à l'origine pour la chanson "Mother People", a été censurée par Verve Records dans cette dernière. Zappa a donc réécrit ces vers, les a inversés, et les a réintroduits ailleurs dans l'album, à la chanson "Hot Poop" (bien que même dans la version à l'envers, le mot "fucking" soit censuré)[58]. On peut trouver un autre exemple dans l'album Amused to Death (1991) de Roger Waters, où Waters enregistra un message à l'envers, probablement critique contre le réalisateur Stanley Kubrick qui lui avait refusé d'enregistrer un échantillon de bruit de respiration dans son film 2001 : l'odyssée de l'espace.[59] Le message se trouve dans la chanson "Perfect Sense Part 1", où la voix de Waters chante à l'envers "Julia, however, in light and visions of the issues of Stanley, we have changed our minds. We have decided to include a backward message, Stanley, for you and all the other book burners" ("Julia, cependant, à la lumière et à la vue des problèmes avec Stanley, nous avons changé d'avis. Nous avons décidé d'inclure un message à l'envers, Stanley, pour toi et tous les autres brûleurs de livres").[60]

Censure

La technique du backmasking est également utilisée pour censurer des mots ou des phrases jugées inappropriées pour les versions radio edit et les albums plus "courtois".[61] Par exemple, la version épurée de l'album The Score des Fugees contient plusieurs grossièretés dans la version à l'envers[61]. Ainsi, lorsque l'album est joué à l'envers, les mots censurés peuvent être clairement entendus au milieu du charabia.[62] Par exemple, appliquée au mot "shit" ("merde"), ce type de backmasking donne un son proche de "ish". En conséquence, "ish" est devenu un euphémisme pour "shit".[63]

En 2011, dans la chanson de Britney Spears "Till the World Ends", Spears chante "if you want this good shit" ("si vous voulez cette bonne merde"), mais sur la version officielle "shit" est inversé pour obtenir le son "ish", et on entend donc "if you want this good ish" ("si vous le voulez assez bien").

La technique du backmasking est également utilisée pour censurer le mot "joint" dans le clip de la chanson "You Don't Know How It Feels" de Tom Petty, ce qui donne le vers "Let's roll another tnioj" ("Roulons-nous un autre tnioj").[64]

Exemples

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Merci d'ajouter en note des références vérifiables ou le modèle {{Référence souhaitée}}.

Volontaires

Take a look around before you say you don't care, shut your fucking mouth about the length of my hair, how would you survive, if you were alive, shitty little person.
« Jette un coup d’œil avant de dire que tu t’en fous, ferme ta putain de gueule à propos de la longueur de mes cheveux, comment survivrais-tu, si tu étais vivante, petite personne merdique. »

Les paroles de cette chanson ont été créées à partir d’une autre chanson du groupe "Waterfall" jouée à l’envers.

L'ensemble des paroles de cette chanson est extrait du titre Sex and Religion (du précédent album éponyme), chanté par Devin Townsend, et passé à l'envers. Le morceau débute par le son d'un bris de verre, également passé à l'envers.

Congratulations ! You've just discovered the secret message. Please, send your answer to Old Pink, care of the Funny Farm, Chalfont. Roger, Caroline's on the phone!
« Félicitations ! Vous venez de découvrir le message secret. Merci d'envoyer votre réponse au vieux Pink, aux bons soins de la Funny Farm, Chalfont. Roger, Caroline au téléphone ! »
I hope you take this the wrong way, and misinterpret what I say, rewind and let me reverse it, backwards like Judas Priest first did.
« J’espère que tu as compris ça dans le mauvais sens et mal interprété ce que je dis, rembobine et laisse-moi l’inverser, à l’envers comme Judas Priest l’avait fait avant. »
In the name of God, let the churches burn.
« Au nom de Dieu, que les églises brûlent. »
  • Petra, More Power to Ya (Judas Kiss)
What are you looking for the devil for, when you ought to be looking for the Lord?
« Pourquoi cherches-tu le démon, alors que tu devrais chercher le Seigneur ? »

Involontaires

A l'endroit: « And I was thinking to myself, this could be heaven or this could be hell. Then she lit up a candle, and she showed me the way. There were voices down the corridor, I thought I heard them say... »
A l'envers: « Yeah Satan, oh he organized his own religion. Yeah, we know he should. Oh, it was delicious. He cooks them in a vat he fixes for his son which he gives away. »
A l'endroit: « Life is a mystery. »
A l'envers: « O hear our savior Satan. »
  • Queen : Another one bites the dust
A l'endroit: « Another one bites the dust. »
A l'envers: « It's fun to smoke marijuana. »
A l'endroit: « If there's a bustle in your hedgerow, don't be alarmed now, it's just a spring clean for the May queen. Yes, there are two paths you can go by, but in the long run there's still time to change the road you're on »
A l'envers: « Here's to my sweet Satan. The one whose little path would make me sad, whose power is Satan. He'll give you 666, there was a little toolshed where he made us suffer, sad Satan. »

Notes et références

  1. a, b et c (en) Mark Sullivan, « 'More Popular Than Jesus': The Beatles and the Religious Far Right », dans Popular Music, vol. 6, no 3, octobre 1987, p. 313-326 
  2. Friedrick Kittler, « The Gramaphone », Australian Centre for the Moving Image
  3. (en) Aleister Crowley, Magick (Book 4), Weiser, 1913 (réimpr. 1997) (ISBN 0877289190), p. 648 
  4. Ray White, « Musique Concrète », whitefiles.org
  5. Michael Peters, « The Birth of Loop: A Short History of Looping Music », loopers-delight.com
  6. (en) Chris Mugan, « Subliminal advertising: The voice within », dans The Independent, 13/10/2006 [texte intégral] 
  7. a et b (en) John Stevens, The Songs of John Lennon: The Beatles Years, Berklee Press, 2002 (ISBN 0634017950), p. 149, 155-6 , p. 149, 155-6
  8. (en) Alan Aldridge, The Beatles Illustrated Lyrics, Houghton Mifflin, 1991 (ISBN 039559426X), p. 135  : « À la fin de Rain, on peut m'entendre chanter à l'envers. On avait fait le principal à EMI, et on avait pour habitude de ramener la chanson chez nous et de voir ce que donnerait un petit truc en plus ou ce que donnerait la guitare. Donc, je suis rentré chez moi vers cinq heures du matin, totalement camé, j'ai titubé jusqu'à mon magnétophone et je l'ai mise dedans, mais elle est sortie à l'envers, et j'étais en transe avec mes écouteurs : c'est quoi, ça, c'est quoi, ça. C'est trop, vous savez, et je voulais vraiment que toute la chanson soit presque à l'envers, et ce fut ça. Alors on l'a collé à la fin.
  9. Evan Olcott, « Audio Reversal In Popular Culture », Triplo Press
  10. Geoffrey Giuliano, Vrnda Devi, Glass Onion: The Beatles in their own words, Da Capo Press, 1999 (ISBN 0306808951), p. 265  : « J'ai fait découvrir à John la musique à l'envers sur Rain, quand j'ai pris sa voix et que je l'ai retournée pendant qu'il faisait une pause café. Quand je l'ai jouée pour lui, il flippait. »
  11. Craig Cross, The Beatles: Day-by-Day, Song-by-Song, Record-by-Record, iUniverrse, 2005 (ISBN 0595346634), p. 425 
  12. a et b Andru J. Reeve, Turn Me On, Dead Man: The Beatles And The "Paul-Is-Dead" Hoax, AuthorHouse, p. 11–13 
  13. (en) Jim Yoakum, « The Man Who Killed Paul McCartney », dans The Gadfly, mai/juin 2000 [texte intégral] 
  14. Yanick Desrosiers, « Le subliminal et les Beatles », dans M.Y.D., décembre 2000 [texte intégral] 
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Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Peter Blecha, Taboo Tunes: A History of Banned Bands and Censored Songs, Backbeat Books, 2004 (ISBN 0-87930-792-7) 
  • (en) R. Serge Denisoff, Inside MTV, Transaction, 1988 (ISBN 0-88738-864-7) 
  • (en) R. Gary Patterson, Take a Walk on the Dark Side: Rock and Roll Myths, Legends, and Curses, Fireside, 2004 (ISBN 0-7432-4423-0) 
  • (en) William Poundstone, Big Secrets, New York, William Morrow and Company, 1983 (ISBN 0-688-04830-7) [lire en ligne]  Document également disponible commenté par Malinda McCall, lire en ligne
  • (en) William Poundstone, Bigger Secrets, Houghton Mifflin, 1986 (ISBN 0-395-45397-6), « Backward Messages on Records » 
  • (en) John R. Vokey, Psychological Sketches, Psyence Ink, 2002, PDF, 223–246 p. [lire en ligne] 
  • (en) Leonard Zusne, Anomalistic Psychology: A Study of Magical Thinking, Lawrence Erlbaum Associates, 1989 (ISBN 0-8058-0508-7) 

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