Victor Fanneau de Lahorie

Victor Claude Alexandre Fanneau de Lahorie

Victor Claude Alexandre Fanneau de la Horie
Victor Claude Alexandre Fanneau de la Horie
Naissance 5 janvier 1766
Javron
Décès 29 octobre 1812 Paris
Origine France France
Grade général d'Empire

Victor Claude Alexandre Fanneau de la Horie[1], né le 5 janvier 1766 à Javron et fusillé le 29 octobre 1812 à Paris, est un général français.

Sommaire

Origine

Victor Claude Alexandre Fanneau de la Horie appartient à une famille de juges de paix à Couptrain, tirant son titre de noblesse d’une terre de La Ferté-Macé. Il est le huitième d’une famille de seize enfants de Charles-Julien Fanneau de la Horie et de Marie Jeanne Renée Le Meunier du Bignon.

L’un de ses frères, Charles-Julien Fanneau de la Horie fut gouverneur de Cayenne après avoir fait la guerre d'indépendance des États-Unis. Louis-Michel Fanneau de la Horie, colonel de cavalerie, fit une vingtaine de campagnes militaires sous la République et l’Empire, y compris la campagne de Russie.

Parcours militaire

Il fait ses études au lycée Louis-le-Grand, y retrouve Jean-Baptiste Desmarets, le futur directeur de la police. On sait peu de choses sur sa jeunesse. Raymond Escholier le signale aux environs de Châteaubriant. Quoique noble, il a apparemment la fibre républicaine. Il s’enrôle dans le bataillon de la Mayenne pour repousser l’étranger, comme son frère Louis-Michel, en mars 1793. Le 1er juillet 1793, il est sous-lieutenant à l'armée de Rhin et Moselle, remplissant les fonctions d'adjoint à l'état-major général. Dans l’armée du Rhin et Moselle, il ne tarde pas à gravir les échelons. Il est rapidement sous-lieutenant, puis chef de bataillon le 9 août 1797. Colonel en 1799, il est attaché au ministère de la Guerre et, le 17 février 1799, il est nommé adjudant-général. Il rejoint Moreau en Italie et s’attache à sa carrière. Le 11 décembre 1799, Moreau est nommé Commandant en chef de l’Armée du Rhin, et la Horie est son chef d’état-major. Il se retrouve d’ailleurs au camp avec Sigisbert Hugo qui l’a rejoint à Bâle et qu’on retrouve souvent dans son sillage. En 1800, d'après une note de Chétard, Les Armées françaises jugées par les habitants de l'Autriche (p. 180), on le dit commandant à Strasbourg et très dur.

Il est nommé général de brigade le 15 mai 1800. En 1800, il est en Souabe et en Bavière où les troupes de Moreau ont exécuté un « rétablissement militaire » que couronne l’armistice de Parsdorf qu’il négocie.

La retraite

Fanneau de la Horie est malchanceux : nommé général de division par Moreau sur le champ de bataille de Hohenlinden, il se voit refuser pour d’obscures raisons la ratification de son grade par Napoléon Bonaparte, alors Premier consul (il se serait montré, semble-t-il, trop ferme avec le général Charles Victor Emmanuel Leclerc, beau-frère de Bonaparte). Le 25 décembre 1800, il signe pour la France le traité de Steyer, dont les clauses furent confirmées par celui du traité de Lunéville le 9 février 1801.

Conspiration

Il est impliqué à tort dans la conspiration de Pichegru et du général Moreau. Quand Moreau est arrêté et jugé, la carrière de son chef d’état-major est brisée. Il est mis d’office à la retraite à l’âge de 37 ans, le 26 août 1803, il réside dans sa propriété de Saint-Just à Vernon. Il est condamné à mort et poursuivi en 1804, ses biens étant séquestrés. Le 4 septembre 1804, Napoléon Ier écrit à son ministre de la police Fouché[2]. Et comme Lahorie, fort imprudent, demandait une audience à l'empereur pour s'expliquer, celui-ci annotait ainsi la pétition : Renvoyé au ministère de la police. Ce citoyen ne doit pas rester en France.

Cette surveillance se relâcha un peu par intervalles : le 6 septembre 1805, il signe tranquillement à son domicile l’acte de vente de sa propriété de Saint-Just, 28, rue Gaillon. Le 17 août 1805, du camp de Boulogne, l'empereur écrit encore à Fouché qui avait trouvé un intermédiaire pour s'aboucher avec la Horie[3].

En 1809, Lahorie devient « M. de Courlandais ». Traqué, il s’est un moment caché en Normandie vers 1807, puis chez la femme du général Hugo, mère de l’écrivain Victor Hugo, Sophie Hugo, venue de Clichy au faubourg Saint-Jacques où elle a loué les Feuillantines.

Précepteur de Victor Hugo aux Feuillantines

Il doit se cacher pendant sept ans. Le proscrit trouva son dernier refuge dans l’ancien couvent des Feuillantines qu’habitèrent un temps Sophie Hugo et ses trois enfants. À partir du milieu de l’année 1809, il se cache au fond du jardin dans la sacristie d’une chapelle en ruine où on lui a apporté un lit, une table, une toilette et deux chaises. Présenté aux enfants comme un parent, Fanneau de la Horie partage leurs jeux. Il semble avoir une affection particulière pour Victor Hugo, qu’il s’amuse à jeter en l’air très haut et à recevoir dans ses bras à la grande terreur de sa mère mais à la grande joie de l’enfant. Il donna son prénom à l’enfant dont il fut le parrain. Plusieurs thèses affirment que le vrai père de Victor Hugo serait Fanneau de la Horie (voir Le Barbier & Dormann). Le général se fait précepteur et initie Victor et ses deux frères au latin avec Tacite, Virgile... [4]

Conspiration

Lahorie écrit au mois de juin 1810 une lettre de 8 pages pour exposer à l'Empereur la netteté de sa conduite, qu'il n'avait pas participé à la conspiration de Pichegru, etc. la Horie s’est engagé vis-à-vis de Fouché à passer en Amérique quand certaines sommes seraient réalisées. Il gagne ainsi du temps et se cache aux Feuillantines. C’est le moment où sa mère demande la levée du séquestre. « Où est la Horie, dit l’Empereur, pourquoi ne se présente-t-il pas ? ».

Filé par la police impériale, le fugitif tombe dans le piège tendu par le ministre de la police Savary et est arrêté aux Feuillantines « chez une dame nommée Hugot » à la suite d’une trahison. Incarcéré le 30 octobre 1810, il est jeté dans le donjon de Vincennes puis emprisonné en juillet 1812 à la prison de la Force. Là, on lui propose le bannissement à perpétuité en Amérique.

Fanneau de la Horie se trouve impliqué dans un nouveau complot : la conspiration du général Malet. Il est libéré par le général Malet en octobre 1812 pour prendre les fonctions de ministre de la Police après l’annonce inventée par Malet du décès de l’Empereur en Russie. Lahorie devait remplacer Savary, son ex-camarade, au ministère de la Police. Chargé de l’arrêter, il le traite avec générosité mais est lui-même arrêté par l’adjudant général Laborde le 22 octobre à 10 h lorsque la situation se retourne.

La fin

La conspiration est éventée le 22 octobre, et les conspirateurs dont il fait partie, après une instruction et un procès bâclés, sont condamnés le 29 octobre et fusillés dans la plaine de Grenelle le jour même à quatre heures de l’après-midi [5].

Notes et références

  1. Il fut parfois appelé Le Courlandais, peut être du nom d’une propriété qu’il possédait.
  2. « Le général de la Horie ne doit pas rester en France. S’il peut être arrêté, c’est un homme bon à s’en assurer en le retenant plusieurs années dans un château fort »
  3. « Que M. Réat fasse causer la Horie, Lenormand, Rapatel, non pour bâtir sur cela une conspiration, mais pour s'assurer s'il y a quelque autre chose que du bavardage. Le frère de la Horie, qui est à Paris, n'est pas sans doute celui qui est mon conservateur à Liège. Il me semble qu'il devait vous être facile de vous défaire des Frémin, Rapatel, la Horie et qu'ils ne trouvassent pas l'impunité qu'ils trouvent »
  4. Victor Hugo garda jusqu’à sa mort un petit ouvrage de Tacite remis par son parrain la veille de son arrestation.
  5. Devant l’affiche blanche annonçant l’exécution, Sophie Hugo demanda à ses enfants : « N’oubliez jamais ». Les convictions royalistes du jeune Hugo furent en partie liées à cet évènement.

Bibliographie

  • Louis Le Barbier. Le général de La Horie. Dujarric Éditeurs, 1904.
  • Louis Guimbaud. La mère de Victor Hugo. Plon, 1930.
  • Geneviève Dormann. Le roman de Sophie Trébuchet. Albin Michel, 1982.

Source partielle

« Victor Claude Alexandre Fanneau de Lahorie », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [détail de l’édition]

Voir aussi

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