Art martial chinois

Arts martiaux chinois

Page d'aide sur l'homonymie Pour les termes similaires, voir Kung fu (homonymie) et Wushu (terme).
Démonstration d'une forme externe de Shaolinquan, au monastère de Daxiangguo à Kaifeng, Henan.

Les arts martiaux chinois, popularisés sous le nom de kung-fu ou boxes chinoises, également désignés en français par wushu, sont constitués des centaines de styles différents de combat à main nue ou armé, qui ont été développés en Chine au fil des siècles.

Sommaire

Différentes terminologies

Kung-fu

Sinogrammes gōngfu

Kung-fu est en Occident le nom généralement donné aux arts martiaux chinois externes comme internes, bien que l'on utilise rarement ce terme pour désigner le taiji.

Ce terme a été introduit en Europe dans les années 1970 pour désigner les films chinois d'arts martiaux. Ce mot sonnait mieux d'un point de vue phonétique et mnémotechnique à l'oreille des Occidentaux. Les termes « gong » et « fu » traduits littéralement et séparément ont une toute autre signification que "arts martiaux" chinois. « gong » désigne la « maîtrise », le « perfectionnement » ou la « possession d'un métier ». Le terme est à rapprocher d'un point de vue sémantique de la notion d'artisan tel qu'il était usité en Europe au XIXe siècle : ce terme désignait l'homme de métier qui par un apprentissage auprès d'un maître acquérait cultures, techniques et savoir-faire. « Fu » désigne les techniques en tant que contenu. On peut ainsi dire de quelqu'un qu'il possède le « gong fu » en gastronomie, le « gong fu » en peinture, ou le « gong fu » en musique, etc. On appelle également « gongfu cha » (功夫茶, gōngfuchá) pour désigner l'art du thé.

Boxes chinoises

Les arts martiaux chinois sont parfois désignés en Occident par « boxes chinoises ». En raison d'une analogie des styles externes avec les boxes pratiquées en Occident. Ce terme a ainsi été repris pour désigner les initiateurs de la Révolte des Boxers (1899-1901).

En Chine, les termes 拳法 (pinyin: Quánfǎ, « boxe ») ou 拳 (Quán, « poing, style de boxe ») sont utilisés pour désigner de nombreux styles des arts martiaux chinois.

Wushu

Sinogrammes Wǔshù
Article principal : Wushu (terme).

Dans la langue française ou anglaise, le terme wushu peut désigner les arts martiaux chinois. Mais en Chine, le terme wushu (trad.: 武術, simpl.: 武术, pinyin: wǔshù) correspond à l'expression française « art martial » (incluant donc des arts venant d'autres pays). L'examen des caractères qui le composent montre que ce terme a ce sens plus général :

  • () : ce sinogramme ancien (pictogramme) représente le radical "stopper" sous une « hallebarde ». L'idée est celle de l'arme du gardien, le pictogramme a le sens d'un talisman protecteur à l'entrée de la « maison ». Il empêche voleur et démon de pénétrer et de porter atteinte aux biens ou à l'intégrité physique des habitants (agression, maladie). L'idéogramme a pris un sens plus général, il désigne ce qui a trait à la guerre, au combat. L'adjectif français "martial" est une traduction tout à fait appropriée.
  • ou 术 (shù) : les moyens nécessaires relèvent de l'idéogramme Shu, les savoirs-faire, les connaissances multiples (médecine, art du combat, art de la guerre, techniques des armes, diplomatie, etc.). Ici, le terme « art » est à comprendre dans son sens ancien : celui (l'artisan) qui par un apprentissage long et rigoureux possède un métier.

Dans les langues chinoises, plusieurs termes différents de wushu désignent les arts martiaux de Chine. Notamment 中国功夫 (pinyin: zhōngguó gōngfū pour désigner les arts martiaux nationaux.

Mais dans la langue française ou les langues chinoises, wushu désigne aussi un sport de combat contemporain, règlementé à partir de 1949 en République Populaire de Chine, aussi désigné par « wushu moderne ».

Histoire et légendes

Dynastie Zhou (XIe siècle – 256 BC) : une sorte de lutte appelée « jiaoli » était considérée comme un sport militaire au même titre que le tire à l’arc et les courses de chariots.

La période des Royaumes Combattants (475 – 221 BC) : elle a été la source de nombreuses stratégies révélant l’importance du wushu pour construire une armée forte. En référence à l'œuvre de Sun Zi, le premier ouvrage chinois sur l’art de la guerre : « la lutte et les exercices de combat renforcent les capacités physiques des soldats ». Parmi les maîtres en épée à l’époque, les femmes n’étaient pas rares. L’une d’elles, Yuenü, fut invitée par l’empereur Goujian pour démontrer ses techniques d’épée, reconnues de très haut niveau pendant de nombreuses générations.

Dynastie Qin (221 - 206 BC et Han (206 BC – 220 AD) : elles ont vu croître des arts martiaux tels que le shoubo, le jiaoli (lutte), et le jiaodi dont les participants s’affrontaient avec des cornes sur la tête. Par ailleurs, il existait une danse théâtrale qui mettaient en scène des mouvements préarrangés avec des armes de toutes sortes, comme les sabres et les lances, à l’image des figures de wushu actuelles.

Dynastie Jin (265-439) et les dynasties du Nord et du Sud (420-581) : le wushu se chargea d’une influence Bouddhiste et Taoïste. Ge Hong (284-364), un célèbre médecin et philosophe taoïste, ajouta au wushu le qigong (exercices respiratoires), une branche essentielle de la médecine traditionnelle chinoise. Ses théories de « travail externe et interne » du wushu sont encore universellement reconnues de nos jours.

Dynastie Tang (618 - 907) : leur système d’examen a largement contribué au développement du wushu. En effet, les officiers et soldats devaient passer des tests d’arts martiaux pour être promus. Des titres d’honneur tels que « guerrier du courage » ou encore « guerrier de l'agilité » étaient attribués aux maîtres en wushu.

Dynastie Song (960 – 1279) : elle a vu apparaître une multitude d’écoles de wushu. Pendant cette période, des athlètes effectuaient des acrobaties dans les rues, avec un répertoire allant de « l’épée contre le bouclier » à la « lance contre le bouclier », et des démonstrations avec d’autres armes. À en croire une chronique de la ville de Kaifeng, ces spectacles de rue « attiraient des foules immenses tous les jours, en été ou en hiver, qu’il pleuve ou qu’il vente ».

Dynastie Ming (1368 – 1644) : le wushu prospéra comme jamais auparavant. Qi Jiguang, un général très connu, retranscrit dans un livre seize styles différents d’exercices à mains nues et quarante autres styles de lance et de bâton, chacun accompagné d’explications et d’illustrations détaillées. Il développa également une série de théories et de méthodes d’entraînement, apportant ainsi une large contribution au wushu.

Pendant la dynastie Qing (1644 – 1911), malgré les ordres impériaux interdisant la pratique populaire du wushu, des écoles et des groupes secrets apparurent les uns après les autres pour répandre ce sport. C’est pendant cette période que les écoles de TaiJi, Pigua et « des huit-diagrammes » naquirent.


Distinctions des styles

Styles du Nord et styles du Sud

Style externes et styles internes

Cette distinction a été construite en Chine à la fin du XIXe siècle et s'inscrit d'une manière générale dans la confrontation entre les conceptions occidentales du corps (médical, anthropologique, biomécanique, etc.) et les conceptions énergétiques (taoïste et bouddhiste) de la médecine chinoise traditionnelle.

En Europe, cette distinction interne/externe consiste à considérer que les styles externes utilisent la force physique et la vitesse comme principes d'entraînement et les styles internes la maîtrise de la respiration, la décontraction et la lenteur pour guider l'énergie (Qi). Cette conception repose sur une connaissance des styles internes qui s'arrête au Taiji style yang popularisé en Chine après 1956 (Taiji à fonction thérapeutique), à l'ignorance des autres styles internes tels que Shunshi quan, xingyi quan, Bagua zhang, liuhebafa quan, et aux dimensions martiales de ces styles. Cette conception erronée repose aussi sur la méconnaissance des Qi gong propres à chaque style Externe. La popularité de cette distinction est sans doute à rapprocher du désir d'intellectualiser une pratique corporelle par des notions n'appartenant pas aux domaines scientifiques mais aux domaines médico-religieux.

L'examen des applications martiales des styles internes et des styles externes montrent que les principes de base sont identiques et que seules les pratiques diffèrent. Nous avons par commodité conservé cette distinction même si, pour les enseignants chinois des styles traditionnels, elle n'a aucun sens.

Distinctions religieuses

Les arts martiaux chinois ont également été influencés par les diverses religions de Chine. De nombreux styles ont été fondés par des groupes de pratiquants influencés par une des trois principales religions de Chine : bouddhisme, taoïsme et islam.

  • styles bouddhistes
  • styles shaolin
  • styles taoïstes
  • styles musulmans (Hui)

Styles traditionnels et pratiques sportives

Les styles

Pour consulter la liste des styles, voir Liste des arts martiaux chinois.

Il existe d'innombrables styles d'arts martiaux chinois (beaucoup ne sont pas encore répertoriés). Par commodité, depuis la fin du XIXe siècle, on les classe en « voie Externe » (waijia), et « voie Interne » (neijia).

La conception la plus simpliste en Europe consiste à considérer que les styles externes utilisent la force physique et la vitesse comme principes d'entraînement et les styles internes la maîtrise de la respiration (dont le principe est inversé par rapport aux styles externes), la décontraction pour guider l'énergie (Ki), la lenteur pour la justesse de l'apprentissage (comme cela se pratique en apprentissage musical). Cette conception repose d'une part sur une connaissance des styles internes qui s'arrête au Taijiquan, style Yang ou Chen popularisé en Chine après 1956 (Taijiquan à fonction thérapeutique), d'autre part à l'ignorance des autres styles internes Shunshi quan, xingyi quan, Bagua zhang ou liuhebafa quan. Cette conception erronée repose aussi sur la méconnaissance des qi gong propres à chaque style externe [réf. nécessaire]. La popularité de cette distinction est sans doute à rapprocher du désir d'intellectualiser une pratique corporelle par des notions n'appartenant pas aux domaines scientifiques mais aux domaines médico-religieux[réf. nécessaire].

La distinction entre interne et externe n'est pas reconnue en Chine par certains maîtres et écoles des styles traditionnels[réf. nécessaire].

Les styles se sont construits sur des centaines d'années, certains ont disparu (pao quan, fan quan, etc.) et se retrouvent comme systèmes incorporés dans des styles plus récents. Des styles anciens se sont modifiés pour s'adapter à la confrontation avec les autres styles, d'autres se sont créés récemment tout au long du XXe siècle sous l'impulsion des instituts et académies des sports. La majorité des styles actuels sont des styles de synthèse. C'est pourquoi dans la désignation des styles nous indiquons le terme générique qui désigne l'ensemble des styles apparentés (par exemple tang lang quan) ; et ensuite le nom singulier du style (taiji tanglang quan, meiha tanglang quan, etc.)

Plusieurs composantes sont à l'œuvre dans la construction et l'élaboration des styles :

  1. Le pragmatisme : les styles sont confrontés à leur efficacité en combat singulier (rencontre, compétition) et sur les champs de bataille. Autres paramètres : l'âge du pratiquant (qu'est-ce que l'efficacité d'un style que l'on ne peut plus pratiquer après 30 ans ?), les capacités physiques, le climat, la santé, etc,
  2. Les cosmologies diverses, qui construisent une entité abstraite et réductrice : la « Pensée Chinoise ». Taoïsme, Bouddhisme, Chamanisme Totemisme et Confucianisme ont mêlé leurs cosmologies et leurs pratiques à celles des arts martiaux. En ce sens, de nombreux styles se positionnent au moins autant comme des arts de perfectionnement de soi, que comme des arts visant l'efficacité martiale.
  3. Les pratiques : d'art de combat élaborées sur les champs de batailles qui de techniques d'armes, de procédés à main nue ou de techniques de corps à corps (lutte) se sont agglutinées aux styles.

La pratique du wu shu gong fu est très diversifiée, un style contient des enchainements à mains nues et avec armes (tao lu), des exercices de Qi gong, des exercices d'assouplissements, des éducatifs variés, des textes ou chants utilisés comme moyens mnémotechniques, des qi na (techniques de saisies, de clés et de projections), des enchainements à deux (à mains nues ou avec armes), des techniques de combat (sanda) et surtout une conception de sa spécificité (gestion de la force, de l'intention, etc.) qui le différencie des autres styles.

Techniques communes aux différents styles

Postures de base

Note : Les postures décrites ci-dessous sont pratiquées dans plusieurs styles enseignés en Europe. Il est cependant possible qu'il existe des variantes d'une école à l'autre, tant dans le nom de la posture, que dans la posture elle-même. Aussi les noms et descriptions des positions suivantes ne sont-ils présentés qu'à titre indicatif.

  • Le Cavalier (Ma Bu - position associée à l'élément de la Terre) : jambes écartées de part et d'autre du corps, pieds parallèles, genoux pliés, buste vers l'avant. 50 % du poids repose sur chaque pied. Le bassin ne doit pas basculer vers l'arrière. C'est la position la plus stable.
  • Le Pas en arc, ou Arc et Flèche (Gong Bu - position associée à l'élément du Bois) : jambe avant pliée, jambe arrière tendue, buste vers l'avant. Suivant les styles, l'angle des pieds par rapport aux jambes peut changer. 70 % du poids repose sur la jambe avant. Position offensive, qui permet de frapper du pied et du poing rapidement.
  • Tim Bu (position associée à l'élément du Feu) : posture sur une jambe, pointe du pied avant tendue, légèrement au dessus du sol buste central. 100 % du poids repose sur la jambe arrière. Cette position permet de frapper du pied avant très rapidement.
  • Le Héron (Ti Xi) : posture sur une jambe, genou relevé haut, pointe du pied tendue, buste vers l'avant ou de trois quarts. 100 % du poids repose sur la jambe arrière. Cette position permet de frapper du pied très rapidement.
  • La Chèvre (Jorma Bu ou le Yi jee ki yum ma - position associée à l'élément Métal) : position typique du Wing Chun et des autres styles métal. Les pieds sont écartés de la largeur des épaules), les genoux et les pieds légèrement rentrés vers l'intérieur. Position stable, permettant de mobiliser rapidement bras et jambes en corps à corps et offrant une protection du corps grâce à une attitude en « fermeture ». Cette posture est appelée ainsi parce que le pratiquant est supposé pouvoir retenir une chèvre entre ses cuisses.
  • Le Tao Bu (associé à l'élément de l'Eau) pas d'esquive sur le côté, la jambe du côté de l'esquive passe au dessus de l'autre jambe et « l'œil du pied » (l'intérieur du pied) se dirige à 45° vers l'extérieur. Le poids repose entièrement sur la jambe qui se pose. C'est une position fréquente dans le style traditionnel du Cobra par exemple.
  • Le Pas rasant (Pu Bu) : la jambe avant est tendue, la jambe arrière pliée. Le buste est tourné de 90° par rapport à la position Gong Bu. 70 % du poids repose sur la jambe arrière. Position défensive et d'esquive.
  • Le Pas vide (Xu Bu) : la jambe arrière est pliée (le pied, le nombril et la tête forment une ligne), la jambe avant est légèrement posée sur la pointe. Le buste est tourné vers l'avant. 80 % du poids sur la jambe arrière. Position permettant de frapper rapidement du pied, d'esquiver ou de se replier.
  • Le Dragon (Sie Bu) ou Pas Assis : jambe avant légèrement pliée, pied tourné à 90°, jambe arrière légèrement pliée, pied sur la pointe. Le buste est effacé de trois-quart. Le genou arrière doit être exactement au-dessus du talon avant. 80 % du poids repose sur la jambe avant. Position d'attaque, permettant d'armer un coup de pied, ou de changer d'axe.
  • Le Tigre (Kwai Bu) : position de renforcement des jambes et des abdominaux, jambe avant pliée comme gong bu, genou de la jambe arrière rasant le sol au droit du pied de la jambe avant, sans toucher le sol, appui avec la pointe du pied ou tranchant du pied sur le sol.

Un entraînement couramment pratiqué consiste à marcher en passant d'une posture à l'autre, les jambes d'appui fléchies au maximum.

Il existe d'autres postures, mais elles sont soit utilisées comme exercice de musculation, soit spécifiques à certains styles.

  • L’intérêt de la posture est multiple :
    • Renforcer les muscles, os et articulations des jambes (et même le reste du corps) afin de frapper et d’être frappé sans blessure.
    • Permettre des déplacements rapides dans toutes les directions, en exposant le moins possible ses points vitaux.
    • Mettre le corps dans des positions optimales pour enchaîner les techniques offensives et défensives.
    • Forger la volonté en tenant longtemps la même posture.

Respiration

Comme dans tous les arts martiaux, la respiration est primordiale dans le wushu. Suivant les écoles ou philosophies (bouddhiste ou taoïste par exemple), les façons de respirer peuvent être différentes, mais toutes s'accordent cependant sur l'importance de la respiration ventrale et sur l'importance de souffler en frappant et en bloquant (pouvant différer des théories de certains arts internes). Certaines écoles insistent sur l'importance, en combat, d'écouter la respiration de l'adversaire, afin de le frapper lorsqu'il inspire. Ces mêmes styles recommandent aux combattants de masquer leur propre respiration. D'autres styles au contraire insistent sur l'importance de libérer son Qi avec le plus de violence et donc de bruit possible, à l'instar du karate.

Certains exercices de respiration permettent en outre aux pratiquants de renforcer leurs organes internes (poumons, cœur, etc.).

Théorie du coup

Comme nous l'avons vu plus haut, le wushu est un art martial externe qui considère le corps comme un solide. Le but principal du coup est donc de briser ce solide. Pour se faire, le pratiquant devra durcir les zones de frappe de son corps, mais aussi durcir ses points faibles en prévision des coups qu'il recevra. Pour cela, la plupart des styles dispose de techniques de renforcement prenant des noms divers dans leur application, comme la « chemise de fer ». Ces méthodes de renforcement et de revitalisation interne sont appelées Qi Gong, c'est-à-dire travail sur le souffle, l'énergie vitale.

Les frappes de la main

Le coup est majoritairement porté de la main (ouverte ou fermée) ou du pied. Un coup de poing pour être efficace doit être lancé par un mouvement de rotation de jambes. Le pied, puis la hanche tournent, donnant de la vitesse et donc de la puissance au bras qui terminera le mouvement. Le coup de poing « de base » des boxes chinoises est appelé le Ming chuen, c'est-à-dire le « poing clarté ». Le caractère Ming est constitué des idéogrammes « lune » et « soleil » ; en effet le Ming chuen est un direct lancé poing fermé, paume vers le haut et finit poing fermé paume vers le bas. On l'appelle aussi «coup de poing vrillé ». Ainsi le poing passe à travers toutes les positions de mains depuis la frappe basse au bas-ventre jusqu'à la frappe haute au visage en passant par la frappe courte (Jik chuen : coup de poing talon, beaucoup utilisé en Wing Chun) modifiable en uppercut avec l'avancée du poing. Ce simple basique contient presque toute la complexité des arts du poing de Chine. On distingue plusieurs type de frappes de mains :

  • le poing simple (associé au Feu)
  • l'« œil du phœnix » (wa lin quan), poing fermé, frappe avec la deuxième phalange de l'index en avant soutenue par le pouce. Pour les frappes précises, demande une certaine maîtrise.
  • la « patte de léopard » (shang zao), paume ouverte, pouce fermé et les deux premières phalanges de la main fermées. Utile pour les piques, les paumes et les saisies (associées au Bois).
  • la griffe du Tigre ( hu zao), paumes en avant, doigts crispés pour saisir et griffer (élément Bois).
  • la paume (tui zhang - associé a la Terre).
  • le tranchant (xie tui zhang - associé au Métal).
  • la pique (associé a l'Eau).
  • le poignet (liao yin shao), avec la main repliée (boxe de l'homme ivre, singe, mante, etc.)
  • et d'autres plus spécialisés encore…

Les frappes du pied

Le wushu est réputé pour ses coups de pieds complexes et spectaculaires, bien que tous les styles n'exploitent pas toutes ces techniques. Contrairement au karaté, qui se pratique exclusivement pieds nus, le pratiquant de kung fu peut porter des chaussures. Les coups se portent donc plus avec la plante du pied, la tranche ou le talon qu'avec le bol du pied.

Les frappes des autres parties du corps

En wushu on peut aussi frapper avec les coudes, genoux, doigts, tête, postérieur, toutes articulations et même mordre. Ces techniques s’apprennent mais ne doivent servir qu’en cas de stricte nécessité. C’est le principe originel de l’art martial.

Les armes du wushu

Démonstration à la lance

La Chine est un pays où les guerres ne se sont arrêtées que pour laisser la place aux rébellions. Il est donc logique que les armes les plus diverses soient apparues dans ce pays, et ce bien avant l'invention du wushu. On peut distinguer deux grandes catégories d'armes : les armes qui ont été conçues comme moyen de tuer (épée, pieu ou lance, etc.) et les armes qui sont un détournement d'un usage de travail (outils agricoles, outils de chasse, outils d'artisans, etc.). On distingue aussi les armes courtes adaptées au combat rapproché ou combat de mêlée (épée, sabre, poignard, etc.), les armes longues adaptées au combat à distance (fantassin contre cavalier par exemple : lance, hallebarde, etc.) et les armes de jet.

Certaines écoles de wushu utilisent une nomenclature dans laquelle serait recensée dix-huit armes classiques, d'autres affirment qu'il y aurait 108 armes traditionnelles. Des chiffres qui ne se référent qu'à leur dimension symbolique mais pris au sérieux par des pratiquants peu au fait des constructions imagées de la « pensée chinoise ».

  • Mao : lance, avec ou sans crocs ;
  • Chui : masse d'armes qu'il était possible de lancer ;
  • Gong : arc ;
  • Nu : arbalète (très ancienne en Chine) ;
  • Chong : vouge ou fauchard (lance équipée d'une longue lame) ;
  • Bian : épée à lame très souple et ondulée, utilisable comme un fouet d'acier. Éventuellement équipée de sections ;
  • Jian : épée, utilisée plus principalement pour les coups d'estoc, par opposition au sabre (dao) qui se concentre sur les coups de taille ;
  • Dao : sabre à une main ;
  • Gun : bâton, souvent plus fin à une extrémité qu'à l'autre ;
  • Lian : chaîne lestée ;
  • Yue : guisarme. Hache garnie d'une pointe ;
  • Ge : lance courte ;
  • Ji : hallebarde ;
  • Pai : bouclier ;
  • Bang : bâton d'arme, ferré ;
  • Qiang : fourche de guerre ;
  • Pa : râteau équipé de lames acérées ;

Remarque linguistique : il existe beaucoup de noms différents pour une même arme, en raison de la richesse linguistique de la Chine.

Il existe bien sûr toute une foule d'armes plus ou moins exotiques, plus ou moins improvisées par un peuple cherchant à se défendre avec les outils ou objets du quotidien. En voici une liste non exhaustive :

  • la lance ;
  • la hallebarde (lance permettant de piquer et de trancher) ;
  • la masse ;
  • le sabre chaîné (sabre manié par une chaîne fixée à sa poignée) ;
  • les sabres jumeaux (deux dans le même fourreau) ;
  • les couteaux papillons (deux courts sabres, utilisés pour le Wing Chun, à ne pas confondre avec les couteaux papillons philippins) ;
  • le bourdon (gros bâton lesté, très apprécié par les moines d'autrefois) ;
  • le tabouret ou le banc ;
  • l'épée des taoïstes dont la pointe seule était aiguisée afin de fatiguer l'adversaire par perte de sang, sans avoir à le tuer ;
  • la chaîne (à maillons, à section, lestée ou non) ;
  • l'éventail (généralement en fer ou en bambou) ;
  • le bâton à trois manches ou tribaton ;
  • les crochets du tigre ;
  • les aiguilles de lancé ;
  • les armes de jet très variées.

L'apprentissage et le choix des armes dépendaient du style enseigné et de l'école (crochet du Tang lang quan, bâton du Shaolin quan, demi-lunes du Bagua quan, etc.) mais aussi du statut social du pratiquant : épée pour l'aristocratie, sabre pour le juge et le militaire, lance pour le fantassin, bâton pour le moine. Certaines armes étaient spécifiques à une corporation : marteau long du forgeron, rame du batelier.

Certains styles ont des armes spécifiques qui sont leurs spécialités : crochets courts du tang lang quan, éventail du taiji quan, demi-lunes du Bagua quan, couteaux papillons du Wing chun, bâton du Shaolin quan, épée du Chang quan, etc.

Quels que soient les styles enseignés, certaines armes sont communes à tous et considérées comme bases permettant de maîtriser l'ensemble des armes :

  • le bâton long ;
  • l'épée ;
  • le sabre.

Les techniques d'armes (bâton, épée, sabre, hallebarde, etc.) sont communes avec leurs spécificités aux boxes externes comme internes.

Utilisation du Qi

Article détaillé : Qi gong.

Le concept de Qi ou Chi (trad.氣, simpl.气, ), l'énergie interne ou force vitale prétendue animer tous les êtres vivants, est abordé dans la plupart des arts martiaux chinois. Les styles internes sont réputés pour l'utiliser de manière différente des styles externes. Le Qi d'une personne peut être amélioré et renforcé à travers la pratique régulière de divers exercices mentaux et physiques, connus comme Qi gong. Bien que le Qi gong ne soit pas un art martial, il est souvent intégré aux arts martiaux chinois traditionnels, et vise à l'entrainement et l'amélioration des capacités internes du pratiquant.

L'usage de l'énergie Qi est envisagée de nombreuses manières : elle peut servir par exemple à soigner d'autres personnes ou soi-même, d'après les enseignements du Qi gong médical. Certains styles enseignent que le Qi peut être concentré à certains point de son propre corps pour améliorer une attaque, ou bien que les attaques doivent viser certaines parties du corps adverse liées à la circulation du Qi (points vitaux). De telles techniques sont connues comme Dim Mak, et partagent les conceptions de la médecine chinoise.

Pratiquants célèbres

Quelques pratiquants célèbres des arts martiaux chinois :

  • Yue Fei (1103–1142), général chinois de la Dynastie Song. Des styles tels que le Ying Zhua Pai et Xing Yi Quan attribueNT leur création à Yue, bien qu'il n'existe pas de preuve historique.
  • Ng Mui (fin du XVIIe), fondatrice légendaire de plusieurs styles du Sud, tels que le Wing Chun, le style du Dragon, ou la Grue Blanche du Fujan. Elle est souvent considérée comme l'un des "Cinq Moines" légendaires qui auraient survécu à la destruction du Temple Shaolin, durant la Dynastie Qing.
  • Yang Luchan (1799–1872), important maitre d'un art interne dénommé Tai Chi Chuan au XIXème siècle. Yang est ainsi connu comme le fondateur du style Yang (Tai Chi), et comme un enseignant des styles Wu/Hao, Wu et Sun.
  • Les Dix Tigres de Canton (fin du XIXe), un groupe de dix maitres d'arts martiaux du Guangdong, à la fin de Dynastie Qing.
  • Wong Fei Hung (1847–1924), héroS chinois de la période républicaine. Plus de cent films ont été réalisés à Hong Kong sur sa vie.
  • Huo Yuanjia (1867–1910), fondateur de la Chin Woo Athletic Association, célèbre pour ses combats contre des étrangers.
  • Yip Man (1893–1972), pratiquant du Wing Chun et premier maitre à enseigner son style à un large public. Il a été le maitre de Bruce Lee. Une majorité des branches actuelles du Wing Chun s'en réclame.
  • Bruce Lee (1940–1973), pratiquant sino-américain et acteur. Généralement considéré comme une icône du XXème siècle. Pratiquant du Wing Chun et d'autres styles, il développa plus tard sa propre philosophie qui évolua en Jeet Kune Do.
  • Jackie Chan (1954), pratiquant et acteur de Hong Kong, connu pour ses comédies physiques dans les performances martiales et représentant la boxe de l'homme ivre.
  • Jet Li (1963), champion chinois du sport Wushu et acteur.


Voir la catégorie : Pratiquant d'un art martial chinois.

L'organisation du wushu en Chine au XXe siècle

Article principal : Wushu (sport).

Après la proclamation de la République de Chine en 1912 par Sun Yat-sen (Sun Zhongshan en mandarin), le pays s'ouvre à l'influence occidentale dans des domaines diverses : scientifiques, techniques mais aussi sportifs.

Il y a une tentative de repenser les arts martiaux chinois traditionnels dans une perspective plus « moderne » : préparations physiques, spécificités des échauffements, hygiène du sportif, conceptions gymniques des mouvements, etc. C’est-à-dire mettre en place les bases d'une « éducation physique » des arts martiaux.

  • 1909 : création de l'« Association Athlétique de la Connaissance Martiale » (Jingwu Tiyu Hui) à Shanghai.
  • 1911 : le Jingwu Tiyu Hui ouvre des écoles dans toute la Chine mais aussi à Saigon (Vietnam), à Singapour, en Malaisie, …
  • 1927 : fondation de l'« Institut Central de l'Art National » (Zhong Yang Guo Shu Guan 中央國術館) à Nanjing (Nankin)
  • 1928 : à Nanjing, organisation de la première compétition nationale d'arts martiaux chinois par l'Institut Central de l'Art National. Officialisation du terme Shuaijiao pour nommer la lutte dérivée du jiaoli.
  • 1950 : premières volontés politiques d'unification du wushu dans le but de contribuer à la santé de la population, lors d'une grande réunion de toutes les provinces de la Chine sous l'égide du Parti Communiste Chinois.
  • 1953 : création du premier festival officiel de Gong fu Wushu de la République Populaire de Chine.
  • 1954 : premiers cours de wushu à l'Université des Sports de Nankin.
  • 1956 : la « Commission Nationale d'Education Physique » (Guojia Ti Wei) réalise une synthése de plusieurs boxes du nord de la Chine afin de créer une boxe plus « sportive ». Cette boxe fut appelée Chang quan (long poing ou boxe longue). Ce Chang quan moderne se voulait une synthèse officielle de plusieurs boxes musulmanes : Cha quan, Hua quan, Pao quan et Hong quan, toutes choisies pour leurs qualités gymniques (tonicité, étirement) et chorégraphiques.

Création officielle de la section wushu au Centre National des Sports de Pékin (équivalent de notre Fédération) et de douze ligues dans les provinces. Politique de développement du wushu par la mise en place de démonstrations avec classement selon le niveau de pratique.

  • 1957 : mise en place de compétitions avec des règles établies, d'où émergent les premiers champions reconnus. À cette occasion, est édité le premier règlement : « Jing Saï Tao Lu » sur le Chang quan, le Nan quan et le Taiji quan.

Parallèlement, un deuxième livre est publié afin de promouvoir ces disciplines, pour encourager la jeunesse à développer « un esprit sain dans un corps sain ». Ce livre décrit les pratiques de compétition à mains nues et avec armes, en fonction des niveaux.

  • 1968 : pendant « la révolution culturelle » les écoles de wushu sont fermées, les professeurs sont accusés de propager un art féodal et envoyés en rééducation, de nombreuses archives sont détruites.
  • 1972 : après les excès et destructions de la révolution culturelle, est décidé un grand recensement national des styles, écoles et professeurs de wushu par les Instituts des Sports de Province. Environ 200 styles sont recensés et de nombreux autres inclassables ou incomplets ne sont pas répertoriés. Des documents cinématographiques, écrits, photos sont recueillis et donnent lieu à des expositions itinérantes. Ces archives « dorment » dans les bibliothèques des Instituts des Sports et demanderaient à être utilisées.

À l'instauration des compétitions, le Centre National des Sports a dû trouver des règles communes à la multitude des styles pratiqués en Chine. Tous les styles traditionnels du nord ont été regroupés sous le terme de « Chang quan » et tous ceux du sud, sous le terme de « Nan quan ». Chacune de ces deux disciplines a repris les critères communs et les particularités pertinentes des styles anciens concernés, pour en montrer la quintessence.

  • 1990 : pour des raisons idéologiques ou démonstratives (?) les styles modernes Chang quan et Nan quan perdent leurs caractères martiaux et dérivent vers des pratiques gymniques et acrobatiques. Le même changement apparaît dans les styles d'imitations animalières, les styles de Shaolin ou les styles internes de compétition. La fracture entre styles traditionnels et styles modernes semble aujourd'hui complètement institutionnalisée par la création en Chine d'une Fédération Chinoise des Arts Martiaux Traditionnels.

Le wushu est aujourd'hui une discipline sportive avec une fédération internationale (IWUF), des fédérations continentales et des fédérations nationales (FFW.aemc : Fédération Française de Wushu et Arts Énergétiques et Martiaux Chinois) toutes reconnues par le comité international olympique (CIO). Les championnats du monde ont lieu tous les deux ans. Trois compétitions ont lieu durant les championnats internationaux : compétition de San Da, compétition de taolu (enchaînements) et compétition de taiji quan. Le premier championnat du monde de wushu a eu lieu à Pékin en 1991.

Notes et références

Bibliographie

  • Dictionnaire des Arts Martiaux Chinois ; par T. Dufresne et J. Nguyén ; aux édition BUDOSTORE ; 1994
  • De Shaolin à Wudang ; par José Carmona ; aux éditions Guy Trédaniel ; 1999
  • Le grand livre du Kung fu Wushu ; par Roger Itier ; aux éditions De Vecchi ; 2006

Voir aussi

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