Aristodème (sibylle)

Aristodemos Malakos

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Aristodémos Malakos - parfois francisé en Aristodème le Malaque ou le Mou - (probablement né vers 550 av. J.-C.) était un tyran de la cité de Cumes au VIe siècle avant notre ère qui joua un rôle politique important en Italie au moment où Rome devint une république. Aristodemos (en grec le meilleur du peuple) et Malakos signifie globalement doux, efféminé. Selon Denys d'Halicarnasse il fut plus connu sous ce surnom que sous son nom, même si les causes de ce surnom étaient discutées, certains avançaient qu'étant enfant il était efféminé, d'autres qu'il était un enfant très doux.

Lorsqu'Aristodème était tyran de Cumes la ville entretenait déjà des relations étroites avec Rome, relations désormais éclairées par l'archéologie mais qui transparaissent aussi dans les traditions anciennes, en particulier dans celle qui place durant le règne de Tarquin le superbe l'acquisition des livres sibyllins par Rome[1].

Stratège de la cité, allié à Tarquin et aux Latins, il décida de la victoire en tuant le chef des armées étrusques en -524[2] et repousse le siège de Cumes. En -506 il vient en aide aux armées des Latins attaqués par les troupes étrusques de Porsenna et défait ces dernières lors de la bataille d'Aricie. Cela contribua à changer l'attitude de Porsenna envers la jeune république romaine[3].

C’est par un coup d’État qu’Aristodème prend ensuite le pouvoir à Cumes en -505--504. Son programme politique s’oppose à l’aristocratie et propose le partage des terres et la remise des dettes[4]. Selon les sources antiques, tendancieuses[5] et opposées à Aristodemos (Denys d’Halicarnasse s’inspire peut-être de Timée de Tauroménias ou d’Hypérochos de Cumes) l’aristocratie aurait été massacrée et ses enfants exilés.

Cumes et son tyran accueillirent alors la famille des Tarquins. Aristodemos devint leur héritier et revendiqua par la suite leur succession, essayant en -492 de faire pression sur Rome qui cherchait alors du blé en Campanie[6],[7] : il traitait désormais la Rome républicaine en ennemi, mais cela ne perturba pas réellement les liens entre Rome et les Grecs de Campanie. Il fut tué vers -490[8] par une conjuration d'aristocrates qui furent aidés, selon Plutarque, par une jeune femme nommée Xénocrite. Les récits sur Aristodème montre bien comment dans la pensée politique antique la tyrannie est présentée et délégitimée comme gynécocratie et licence donnée aux esclaves[9]

Sommaire

Références

Sources antiques

Notes

  1. François Hinard dir., Histoire romaine, Fayard, Paris, 2000, p. 129
  2. F. Hinard dir., Histoire romaine, Fayard, Paris, 2000, p. 140
  3. F. Hinard dir., Histoire romaine, Fayard, Paris, 2000, p. 135
  4. D. Asheri, « Tyrannie et mariage forcé. Essai d’histoire sociale grecque », Annales, 1977, 32-1, p. 22
  5. Idem
  6. Tite Live, II, 34
  7. F. Hinard dir., Histoire romaine, Fayard, Paris, 2000, p. 136
  8. B. Combet Farnoux, « Cumes, L’Étrurie et Rome à la fin du VI siècle et au début du Vème siècle. Un aspect des premiers contacts de Rome avec l’hellénisme », MEFR, 1957, 69, p. 31
  9. D. Asheri, « Tyrannie et mariage forcé. Essai d’histoire sociale grecque », Annales, 1977, 32-1, pp. 43

Bibliographie

  • B. Combet Farnoux, « Cumes, L’Étrurie et Rome à la fin du VI siècle et au début du Vème siècle. Un aspect des premiers contacts de Rome avec l’hellénisme », MEFR, 1957, 69, pp. 7-44 lire en ligne
  • D. Asheri, « Tyrannie et mariage forcé. Essai d’histoire sociale grecque », Annales, 1977, 32-1, pp. 21-48lire en ligne
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