L'Ile Au Trésor


L'Ile Au Trésor

L'Île au trésor

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L'Île au trésor

Illustration de L'Île au trésor

Treasure Island, couverture d'une édition de 1911


Auteur Robert Louis Stevenson
Genre Roman d'aventure
Titre original Treasure Island
Éditeur original Young Folks
Pays d'origine Écosse Écosse
Lieu de parution original 1881-1882

L'Île au trésor (Treasure Island) est un roman d'aventures écrit par Robert Louis Stevenson qui parut d'abord dans le magazine Young Folks du 1er octobre 1881 au 28 janvier 1882 sous forme d'épisodes signés « Captain George North ». La parution en volume intervint en 1883, après que Stevenson eut apporté de nombreuses modifications à son texte[1].

Sommaire

Résumé

Jim, caché dans le baril de pommes, espionne les pirates
Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.

Le récit est celui de Jim Hawkins, fils d’un tenancier de l'auberge « L'Amiral Benbow » dans un port anglais au XVIIIe siècle. Un jour, un vieux loup de mer nommé Billy Bones débarque à l'auberge et s'y installe. Jim est fasciné par le marin colérique, violent et ivrogne; d'autant qu'il semble peser sur ce dernier une obscure menace.

Celle-ci se précise lorsque Pew, un mystérieux aveugle, remet à Billy Bones « la tache noire », annonciatrice de mort dans le monde des pirates. Alors que les heures de Billy Bones sont comptées, il meurt, foudroyé par une crise d'apoplexie, tandis qu'au même moment, le père de Jim meurt d'une grave maladie.

En ouvrant le coffre du pirate, Jim et sa mère découvrent une carte indiquant la cachette d’un fabuleux trésor que la bande du fameux capitaine Flint a enfoui dans une île déserte.

Avec l’aide du docteur Livesey et du chevalier Trelawney, le châtelain du village, un navire baptisé l'Hispaniola est affrété pour partir à sa recherche.

Au cours de la traversée, Jim surprend une conversation entre le cuisinier, un personnage pittoresque à jambe de bois appelé Long John Silver, et des hommes d'équipage : il apprend ainsi que la plupart des marins à bord de l'Hispaniola font partie de la bande de Flint et qu'une mutinerie se prépare pour s'emparer du trésor.

Jim avertit ses amis du danger qui décident de ne pas agir avant d'être à terre tout en restant sur leurs gardes.

Lorsque l’île est atteinte, la lutte s’engage entre les deux groupes. Divers épisodes plus indécis les uns que les autres se déroulent (dans lesquels apparaît Ben Gunn, un pirate abandonné sur l'île par Flint), et pour finir le trésor tombe entre les mains des gentilshommes de naissance. L'Hispaniola reprend la mer avec sa précieuse cargaison et finit par regagner l'Angleterre, non sans que Long John Silver ait réussi à s'enfuir avec un sac de pièces d'or extraites du trésor lors d'une escale!

La genèse de son « premier livre »

Stevenson à 29 ans

En 1879, Stevenson est considéré comme une étoile montante au sein du milieu littéraire. Ses œuvres se limitent à l'époque à deux récits de voyage — An Inland Voyage (1878) et Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879) — ainsi qu'à une poignée de nouvelles et ne lui ont pas encore valu de s'attirer la faveur du grand public. Des succès d'estime donc, pour ce passionné d'écriture et de littérature, mais qui ne lui permettent pas encore de vivre de sa passion. Issu d'un milieu plutôt aisé, il ne doit son relatif confort financier qu'à la situation de son père, Thomas Stevenson, célèbre ingénieur bâtisseur de phares dans toute l'Écosse. Mais cette dépendance financière envers son père[2] se dresse bien souvent comme un obstacle à sa liberté, Thomas n'hésitant pas à recourir à ce levier pour faire plier son fils à ses exigences.

Sur le plan sentimental, Stevenson vit une relation avec une artiste-peintre américaine, Fanny Osbourne, rencontrée en 1876 lors d'un séjour en France à Grez. Relation pour le moins compliquée à l'époque, puisque la belle, âgée de dix ans de plus que lui, est mariée, mère de deux enfants, Isobel et Lloyd, et vit séparée de son mari demeuré aux États-Unis.

Lorsqu'en août 1878 Fanny repart avec ses enfants en Californie auprès de son mari, Stevenson reste seul et le monde semble s'écrouler autour de lui. Une année passe, durant laquelle il s'efforce de surmonter sa peine et vivre loin de l'être aimé, mais rien n'y fait : le 7 août 1879, n'y tenant plus, il embarque presque sur un coup de tête à bord d'un bateau d'émigrants pour l'Amérique afin de rejoindre Fanny.

Stevenson en Californie

Au terme de plus de trois semaines de voyage[3], Stevenson retrouve Fanny à Monterey, dans un état de santé déplorable : toux, fièvre et eczéma[4]. Mais côté finances, il ne peut compter que sur lui, même ses amis — W. E. Henley, Sidney Colvin (en) et Edmund Gosse — font la sourde oreille à ses appels au secours. Persuadés que Stevenson se fourvoyait dans cette relation avec Fanny, qu'il gâchait son talent, ils s'appliquèrent, sur la suggestion d'Henley, à décourager Stevenson à rester en Californie. Pour ce faire, il fut décidé qu'un minimum d'effort serait fait pour placer ses textes auprès des éditeurs et que l'on répondrait par la négative à ses demandes d'argent sous un prétexte quelconque. C'est donc tant bien que mal que Stevenson survit, économisant autant que possible et gagnant à peine de quoi vivre en rédigeant des articles pour le Monterey Californian, une gazette locale[5].

Il tombe gravement malade en mars 1880 et échappe de peu à la mort grâce au dévouement de Fanny à son chevet, laquelle a également pris sur elle d'écrire au parents de Stevenson pour tenter de les ramener à la raison. Voyant que leur obstination a failli coûter la vie de leur fils, ils cèdent : Thomas l'assure d'une rente et donne sa bénédiction au mariage. Stevenson et Fanny se marient en mai 1880, puis, après deux mois de voyage de noces passés dans une mine d'argent abandonnée[6], s'en retournent en Europe au mois d'août.

Une vision littéraire

De retour en Écosse, Stevenson est désormais un homme nouveau : les choses se sont clarifiées dans sa vie. Enfin marié avec Fanny, il s'est réconcilié avec son père, ce qui, sans pour autant lui fournir son indépendance financière, le met à l'abri du besoin. Mais surtout, le voilà détenteur d'une vision littéraire aboutie, longuement mûrie pendant son exil, qu'il détaille dans un premier essai On the Art of Literature[7]. Et ce n'est là que la première brique d'une véritable théorie sur la fiction et le roman, qu'il ne cessera par la suite de développer et d'affiner, notamment dans ses essais majeurs qui suivirent A Gossip on Romance[8](1882), A note on realism[9](1883), A Humble Remonstrance[10],[11](1884) et On some technical elements of style in literature[12](1885).

Selon Michel Le Bris, cette année passée en Californie se révèle capitale dans la vie de Stevenson car c'est à partir de cette expérience qu'il est accepté en tant qu'écrivain[réf. nécessaire]. En témoigne d'ailleurs sa nouvelle Le Pavillon sur la lande (The Pavilion on the Links, 1880), en grande partie développée et achevée en Californie, dont le ton résolument nouveau, bien différent de ses textes précédents, a immédiatement séduit la critique[13]

Adaptations

Cinéma

Les thèmes abordés par le roman (chasse au trésor, pirates, héroïsme) ainsi que son caractère tout public ne pouvaient laisser le 7e art indifférent. Il n'est donc pas surprenant que l'œuvre ait subi maintes adaptations cinématographiques dont on ne retiendra que les plus marquantes :

Série

  • 1978 ) est une série animée réalisée par Dezaki Osamu au studio Tôei (Japon), assez fidèlement adaptée du roman. Diffusée en France en 1987. (source : jaquette et génériques du coffret DVD)

Jeux vidéo

Roman

  • 2008 L'Île au trésor, par Pierre Pelot (Paris : éditions Calmann-Lévy, 2008).

Bandes dessinées et Livres Illustrés

Livres illustrés
  • L'Île au trésor, livre illustré par Claudy Bordet.[Quand ?]
  • L'Île au trésor, livre illustré par Pierre Joubert.[Quand ?]
Adaptations en bande dessinée
  • L'Île au trésor, adaptation en bande dessinée réalisée par Chiqui De la Fuente.[Quand ?]
  • L'Île au trésor, adaptation en bande dessinée réalisée par Ramon De la Fuente.[Quand ?]
  • L'Île au trésor, adaptation en bande dessinée réalisée par François Corteggiani et Michel Faure.[Quand ?]
  • L'Île au trésor, adaptation en bande dessinée réalisée par Hugo Pratt en 1980.
  • L'Île au trésor, adaptation en bande dessinée réalisée par le studio Walt Disney.[Quand ?]
  • L'Île au trésor, adaptation en bande dessinée réalisée par David Chauvel, Fred Simon et Jean-Luc Simon à partir de 2007.
Autres bandes dessinées

Extrait

– Un esprit ? Enfin, soit, dit-il. Mais il y a là-dedans quelque chose de pas clair pour moi. Il y avait un écho. Or, personne n’a jamais vu un esprit avec une ombre ! Eh bien donc, quel besoin aurait-elle d’un écho ? Je voudrais bien le savoir. Ce n’est certes pas naturel.

Je trouvai l’argument assez faible. Mais on ne peut jamais savoir d’avance ce qui touchera les gens superstitieux, et, à ma grande surprise, George Merry en fut beaucoup soulagé.

– Au fait, c’est juste, approuva-t-il. Tu as une tête sur tes épaules, John, il n’y a pas d’erreur. À Dieu vat, les gars ! Ce matelot-là se trompe de bordée, que je crois. Et en y réfléchissant, la voix ressemblait un peu à celle de Flint, je vous l’accorde, mais elle avait moins de largue, tout compte fait. On dirait plutôt la voix de quelqu’un d’autre… on dirait celle…

– De Ben Gunn ! par tous les diables ! rugit Silver.

Influences

L'Île au trésor de Stevenson a influencé l'imaginaire collectif, notamment en ce qui concerne l'image du pirate dont Long John Silver est devenu l'archétype. On retrouve par exemple nombreux de ses traits caractéristiques dans le personnage du Capitaine Red interprété par Walter Matthau dans le film Pirates de Roman Polanski (1986).

On retrouve également le concept de la marque noire dans Pirates des Caraïbes : Le secret du coffre maudit de Gore Verbinski (2006).

Bibliographie

  • R. L. Stevenson, Essais sur l'art de la fiction, Payot, 1992 (ISBN 2-228-88542-8) 
  • R. L. Stevenson, La Route de Silverado, Phébus, coll. « Libretto », Paris, 2000 (ISBN 2-85940-689-1) 

Notes et références

  1. Treasure Island, édition de Emma Letley, The World's Classics, Oxford University Press, 1985, introduction, p. VII-XXIII
  2. dont il ne s'affranchira d'ailleurs qu'à la mort de ce dernier en 1887.
  3. cf ses deux récits de voyage : L'Émigrant amateur et À travers les grandes plaines.
  4. Lloyd Osbourne racontera plus tard : « même à mes yeux d'enfant il paraissait malade », « son regard fiévreux accentuait encore la maigreur de ses traits et l'on devinait en lui une sorte de torpeur, difficile à d'écrire, un effondrement de sa vitalité » in La Route de Silverado, op. cit., p. 225
  5. La Route de Silverado, op. cit., p. 229
  6. Ce séjour est relaté dans Les Squatters de Silverado
  7. Texte inédit, écrit probablement en février 1880 à San Francisco, cf Essais sur l'art de la fiction, op. cit., « De la littérature considérée comme un art »
  8. Essais sur l'art de la fiction, op. cit., « À bâtons rompus sur le roman »
  9. Essais sur l'art de la fiction, op. cit., « Une note sur le réalisme »
  10. Essais sur l'art de la fiction, op. cit., « Une humble remontrance »
  11. Ce texte, en réponse à celui de Henry James, L'Art de la fiction, est d'ailleurs à l'origine d'une vaste correspondance et d'une grande amitié entre les deux auteurs
  12. Essais sur l'art de la fiction, op. cit., « De quelques considérations techniques sur le style en littérature »
  13. R. L. Stevenson, Intégrale des nouvelles, vol. 1, p. 32 

Voir aussi

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