L'Histoire


L'Histoire
L'Histoire
Pays Drapeau de France France
Langue Français
Périodicité Mensuelle
Genre histoire
Diffusion 78 000 ex. (2004-2010)
Date de fondation Mai 1978
Éditeur Paris

Propriétaire Société d'éditions scientifiques
ISSN 0182-2411
Site web http://www.histoire.presse.fr/

L'Histoire est une revue mensuelle de vulgarisation consacrée à l'histoire. Créée en 1978[1] par Michel Chodkiewicz[2] et Michel Winock[3], elle est éditée par la Société d'éditions scientifiques, filiale de la Financière Tallandier Pinault, la holding du milliardaire François Pinault, qui possède également l’hebdomadaire Le Point. Sa rédactrice en chef actuelle est Valérie Hannin.

La revue publie des articles et des dossiers auxquels participent des historiens.

Le comité de rédaction est composé de : Pierre Assouline, Jacques Berlioz, Patrick Boucheron, Bruno Cabanes, Pierre Chuvin, Joël Cornette, Jean-Noël Jeanneney, Philippe Joutard, Emmanuel Laurentin, François Lebrun, Pap Ndiaye, Olivier Postel-Vinay, Didier Pourquery, Yves Saint-Geours, Maurice Sartre, Laurent Theis, Annette Wieviorkia, Olivier Wieviorka, Michel Winock.

Michel Winock et Jean-Noël Jeanneney sont également conseillers de la direction.

Anciens membres du comité de rédaction : Robert Delort (1978-1995), François Dufay (2000-2009), Jean-Michel Gaillard (1997-2005), Jean Lacouture (1978-1989), Catherine Perlès (1978-1984), Jean-Maurice de Montremy (1989-2000), Jean-Pierre Rioux (1978-1998), Olivier Rolin, Éric Vigne (1983-1993).

Sommaire

L’Histoire depuis 1978

La revue a pour objectif de publier :

  • des synthèses historiques ;
  • des analyses sur le monde actuel à la lumière de l’histoire ;
  • ainsi que les travaux et débats au sein de la communauté des historiens.

L’Histoire a notamment publié entre 1987 et 1998 une quinzaine de numéros spéciaux couvrant un grand nombre de thèmes de l’histoire contemporaine de la Révolution à De Gaulle. Les analyses publiées couvrent toutes les époques. Citons des articles de synthèse sur les élites sous l’Ancien Régime : « Qu’est ce que la noblesse ? » (décembre 1995) ou « Les mandarins de la Chine impériale » (février 1992). Le magazine s’intéresse entre autres sujets aux finances royales, point faible de la monarchie qui fut la cause directe de la Révolution : « La chute de la maison Jacques Cœur » (octobre 1988), « Sully : un baroudeur aux finances » (février 1990), ou encore « l’affaire Fouquet ».

En phase avec l’actualité politique, L’Histoire a publié des dossiers sur l’immigration (novembre 1995) et sur les nationalités de l’Europe de l’Est (avril 1990), « La laïcité a gagné mais elle a changé de sens » (juillet-août 2004).

La publication accorde une grande attention à la société et aux mœurs, y compris dans l’Europe préchrétienne, en diffusant dans ses analyses des idées neuves. Mentionnons par exemple « Les amours [masculines] grecques : le rite et le plaisir » (mai 1998), « Pères et fils adoptifs à Rome » (février 1996), « La Grande Peste noire : Tout a changé en Occident » (juin 2006) ou encore « Les villes fortifiées de la guerre de Cent Ans » (mai 1996).

Un supplément a été créé en 1998, « Les collections de L’Histoire », qui offre des synthèses sur un grande variété de sujets. Il est constitué majoritairement de rééditions d'articles de « L'Histoire » revus et mis à jour ainsi que de quelques articles inédits. 3 numéros ont paru annuellement de 1998 à 2000, puis 4 à partir de 2001. En 2010, ce supplément a été réintitulé « L'Histoire : les collections ».

L’Histoire aujourd’hui

Le magazine a publié pour ses 30 ans en mai 2008 un numéro spécial qui fait une rétrospective des évènements survenus dans le monde et des avancées de la discipline au cours de cette période. Y sont également abordés les défis à venir pour l’histoire et les historiens.

Jean-Noël Jeanneney aborde le bouleversement provoqué par Internet en mentionnant les différentes problématiques de ce média : Le vrac de l’information, la vitesse de navigation qui ne doit pas nuire à la réflexion, la variété qui ne doit pas être mise en danger par la concentration des opérateurs ni par le classement des supports en fonction de leur fréquentation. Il doute de la possibilité d’établir la vérité sur le seul principe de la correction collective des erreurs par les utilisateurs. Il réaffirme le rôle indispensable de validation exercé par les comités de rédaction et de sélection dans les publications scientifiques.

Pierre Assouline parle de dépasser le cadre de l’histoire de France tant au niveau du choix des sujets d’étude qu’au niveau de l’amplitude du champ couvert par les analyses. Le magazine consacre ainsi des numéros spéciaux au Japon (2008), à la Russie (2009), à Al Andalus et le Brésil (2011).

Critiques

Pour l'historien Gérard Noiriel, L'Histoire a perdu son statut de « revue de vulgarisation de haut niveau » et souligne que « la dimension savante de sa démarche initiale a quasiment disparu ». Remarquant qu'« on ne trouve plus dans L’Histoire la liste des cours du Collège de France, mais les programmes de la télévision », il ajoute : « la plupart des numéros sont en rapport direct avec l’actualité, et la posture normative du journalisme intellectuel s’est imposée au détriment de la compréhension scientifique[4] ».

L'association Acrimed a critiqué le numéro spécial daté de mai 2008 : « D’abord, tout le champ des études historiques tourne autour du magazine lui-même, de ses collaborateurs et des initiatives qu’il soutient. Ensuite, les débats historiques se résument aux positions des membres de la rédaction ou de ceux qui en sont proches, la critique de ces positions étant à peine évoquée ou d’emblée disqualifiée[5] ». Selon cet article, L'Histoire a une nette préférence pour des historiens tels que François Furet et Stéphane Courtois, connus pour leurs positions anticommunistes voire antimarxistes. Les thèses des historiens marxisants, tels Michel Vovelle ou Albert Soboul, y sont peu représentées. Cette discrimination se traduit par un refus du débat : lors de la présentation de la controverse qui a été lancée par la publication en 1997 du Livre noir du communisme, l'historien censé critiquer une thèse est juge et partie, ce qui pose problème du point de vue de la recherche scientifique[5].

De plus, Acrimed considère qu'à l'instar d'autres journaux du groupe auquel il appartient, le magazine produit un discours libéral[6].

Diffusion

La diffusion payée de L'Histoire (source : OJD, 2010, site Office de justification de la diffusion 2010) :


Titre 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
L'Histoire 78 672 79 779 78 198 78 252 73 997 74 006 71 180 63 932 63 155

Notes et références

  1. François Lebrun, Naissance de "l'Histoire", L'histoire n° 220, p. 7, avril 1998.
  2. à l'époque directeur de La Recherche
  3. Historien et qui est en 1978 directeur littéraire aux éditions du Seuil.
  4. Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République, Paris, Fayard, 2005, p. 156.
  5. a et b Matthieu Vincent, « Le magazine L’Histoire a trente ans : auto-célébration, pensée dominante et lois du marché », 21 juillet 2008.
  6. David Noël, « Quand L’Histoire célèbre les réformes libérales et le Traité constitutionnel européen », 16 novembre 2005.

Bibliographie

  • Laurène Pain Prado, La question de l'histoire grand public : étude comparée de deux magazines d'histoire : 'Historia' et 'L'Histoire', 2004-2008, Université Pierre Mendès France, Grenoble II, UFR Sciences humaines, 2010 (Mémoire de Master 2 "Sciences humaines et sociales")

Liens externes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article L'Histoire de Wikipédia en français (auteurs)

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