Geopolitique


Geopolitique

Géopolitique

Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Géographie politique ou Géostratégie.

La géopolitique est une science humaine qui étudie les conséquences politiques de la géographie. Elle s'analyse à travers d'autres facteurs : économique, militaire, idéologique ou religieux. La géopolitique est une science récente, mais dans la pratique, elle a toujours régné pour de nombreux stratagèmes.

Sommaire

Définition

Ce qu'on appelle "géopolitique" répond aujourd'hui à ces deux définitions et de plus en plus à la deuxième.

  • L'étude de la fabrication des espaces par la puissance : économique, militaire, religieuse... Elle est la stratégie selon laquelle les États font usage de la violence sur les autres États dans le cadre de leur impérialisme ou de toute autre forme de domination inter-étatique.
  • L'étude de la fabrication des espaces par le dépassement de la puissance : normes, lois, harmonisation... Ce principe a été systématisé par l'Union Européenne qui fabrique de l'espace par la norme.

Genèse de la géopolitique contemporaine

Depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle, la géopolitique contemporaine a subi des évolutions, qu'il est possible d'étudier sous un angle épistémologique.

Fondateurs

Le terme apparaît sous la plume du professeur de science politique/géographie suédois Rudolf Kjellén d'abord dans un cours dans les années 1905 intitulé Les grandes puissances du présent, puis dans un ouvrage, Stormakterna[1]. Pour son auteur, la géopolitique est « la science de l'État comme organisme géographique ou comme entité dans l'espace : c'est-à-dire l'État comme pays, territoire, domaine ou, plus caractéristique, comme règne. Comme science politique, elle observe fermement l'unité étatique et veut contribuer à la compréhension de la nature de l'État » [2].

Il reprend en réalité les éléments de géographie politique énoncés par le géographe allemand Friedrich Ratzel, que l'on considère comme le père de la Geopolitik allemande. Ratzel analyse l'État en rapport avec sa géographie, son espace, son milieu, les deux sont en interactions. Dans son ouvrage Politische Geographie oder die Geographie der Staaten, des Verkehrs und des Krieges[3], Ratzel perçoit l'État comme un être vivant.

Écoles de pensée

Friedrich Ratzel.

À la suite des analyses de Friedrich Ratzel, puis de Kjellén, nombre d'universitaires et de membres des États-majors tentent de mettre au point des analyses géopolitiques au service de leur pays. On peut ainsi distinguer quatre grandes écoles :

L'École allemande : die Geopolitik

La géopolitique allemande – ou Geopolitik – repose sur les approches théoriques de Ratzel (1844-1904), qui donnera naissance à l'École de Berlin. Cette Geopolitik émerge avec la naissance du IIe Reich, dans la deuxième partie du XIXe siècle, qui cherche à se donner une légitimité territoriale et renforcer sa puissance. Elle est fortement influencée par des approches naturalistes ou environnementales comme celle du géographe Carl Ritter, de la pensée hégélienne notamment diffusée par son disciple Ernst Gapp, ou encore le darwinisme social passé entre les mains du biologiste philosophe Ernst Haeckel, le père du terme « écologie ».

L'approche géographique de Ratzel, interprétée comme géopolitique, s'applique à démontrer que l'État, thème principal des travaux géopolitiques, est « comme un être vivant qui naît, grandit, atteint son plein développement, puis se dégrade et meurt »[4]. L'État, pour vivre (ou survivre), doit s'étendre et fortifier son territoire. À travers ce prisme, Ratzel défend l'idée que l'Allemagne pour vivre doit devenir un véritable empire et donc posséder un territoire à sa mesure. Pour cela, il faut que le politique mette en place une politique volontariste afin d'accroître la puissance de l'État. Ce dernier a donc besoin pour se développer de territoires, d'un espace, l'espace nourricier, le Lebensraum (terme inventé par Ratzel), l'espace de vie (souvent traduit par espace vital).

Les successeurs de Ratzel mettent cette nouvelle discipline au service du Prince et elle sera appliquée sous le IIIe Reich. Ils proposent au régime nazi une approche cartographique du monde où les « Grands Peuples » (grandes puissances) se partagent la planète en fonction d'alliances et d'une hiérarchie raciale des peuples. Cette Geopolitik active s'inscrit contre l'idée du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes émise par la SDN. Parmi les disciples de Ratzel, il faut citer le général bavarois Karl Haushofer (1869-1946) qui affine la notion d'espace de vie et la perception de l'espace dans un but hégémonique. Après la défaite de 1918, il devient l'un des chantres de la puissance allemande. Haushofer prévoit un partage du monde en quatre zones :

  1. une zone paneuropéenne recouvrant l'Afrique et dominant le Moyen-Orient ; dominée par l'Allemagne,
  2. une zone panaméricaine dominée par les États-Unis,
  3. une zone panrusse incluant l'Asie centrale et l'Asie du Sud dominée par la Russie,
  4. une zone panasiatique dominée par le Japon, alliée de l'Allemagne, recouvrant l'Extrême-Orient (Chine), l'Asie du Sud-Est et le Pacifique Nord. Cette partition du monde permet de contrer l'encerclement anglo-saxon.

Cette application par le politique d'une discipline percevant l'État comme un organisme et à but hégémonique est appliquée au cours de la Seconde Guerre mondiale.

À la suite de ses dérives, au sortir de la guerre, la géopolitique tant en Allemagne qu'ailleurs dans le monde est bannie des milieux universitaires et des États-majors, au profit d'autres approches du monde. D'ailleurs, les disciplines géographiques ont renoncé à réutiliser ces approches jusqu'aux années 1970-1980.

L'École américaine

Les géopoliticiens américains - l'amiral Alfred Mahan (1840-1914) ou le journaliste et professeur de science politique Nicholas Spykman (1893-1943) - se sont intéressés aux relations entre le développement technologique des civilisations et la domination de l'espace par les États. Fortement influencés par l'école anglaise, Mahan et Spykman articulent leurs travaux sur la puissance maritime (en anglais sea power) et la politique d'« endiguement » (en anglais containment) de l'Allemagne puis de la Russie, choisissant l'alliance avec l'Empire britannique.

L'École américaine a aussi expliqué comment les grands empires d'Asie avaient réussi à se stabiliser dans le temps en se basant seulement sur l'administration très hiérarchisée de l'irrigation dans les territoires ou l'Asie des moussons. C'est la théorie des despotismes orientaux, grande thèse de géopolitique. L'École américaine – ou École de Berkeley - s'est toujours intéressée à la dimension culturelle qui marque l'espace terrestre.

Le retour de la géopolitique américaine se poursuit au XXe siècle avec les thèses de Samuel Huntington dans Le Choc des civilisations.

L'École anglaise : la sea power

Cette École définit la puissance anglaise par la domination des mers/océans (théorie de l'empire maritime). Principal contributeur, l'amiral britannique Halford Mackinder (1861-1947) conçoit la planète comme un ensemble composé par un océan mondial (9/12e), une île mondiale (2/12e - Afrique, Asie, Europe) et de grandes îles périphériques ou Outlyings Islands (1/12e - Amérique, Australie). Afin de dominer le monde, il faut dominer l'île mondiale et principalement le cœur de cette île, le heartland, véritable pivot géographique du monde (allant de la plaine de l'Europe centrale à la Sibérie occidentale et en direction de la Méditerranée, du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud). Ainsi, l'Empire britannique, qui s'est construit sur la domination des océans, doit désormais, pour rester une grande puissance mondiale, s'attacher à se positionner sur terre en maîtrisant les moyens de transport par voie de chemin de fer. L'approche géopoliticienne anglaise renvoie à cette volonté de domination du monde via le commerce, en contrôlant les mers, puis désormais les terres, se faisant l'héritière directe, non seulement de la géopolitique allemande, mais aussi des premiers navigateurs anglais, comme Walter Raleigh : « Qui tient la mer tient le commerce du monde ; qui tient le commerce tient la richesse ; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même ».

La géopolitique de Mackinder est à replacer dans une perspective de concurrence entre la puissance maritime britannique et la puissance allemande qui, à travers son contrôle de la Mitteleuropa, tend vers le contrôle du heartland.

L'École française

Il semble qu'il n'existe pas de géopolitique « à la française ». Toutefois, d'après Yves Lacoste, l'un des ouvrages de Paul Vidal de la Blache (1845-1918), père de l'École française de géographie, La France de l'Est (1917) doit être analysé comme un ouvrage géopolitique dans la mesure où Vidal de la Blache explique les raisons de l'appartenance de l'Alsace et la Lorraine à la France.

Citons aussi le géographe Jacques Ancel (1882-1943), auteur d'ouvrages sur la question des nationalités dans l'Empire Austro-hongrois, qui s'intéresse aux questions des frontières définies comme des « isobare(s) politique(s), qui fixe(nt), pour un temps, l'équilibre entre deux pressions ; équilibre de masses, équilibre de force »[5], reprenant les travaux d'André Chéradame[6].

S'il existe une géopolitique française, c'est surtout dans la contestation de l'approche géopolitique allemande et de ses légitimations déterministes. Chéradame, dès 1916, condamne les dérives de la Geopolitik allemande dans son ouvrage Le plan pangermaniste démasqué. Le redoutable piège berlinois de la partie nulle. Dans l'entre-deux guerre, l'amiral Raoul Castex (1878-1968) synthétise la stratégie navale dans son ouvrage à portée géopolitique Théories stratégiques(1929).

Il semble toutefois que ces trois directions ne soient pas aussi éloignées les unes des autres. En effet, toutes trois proposent une géopolitique dynamique, active, percevant l'État comme un organisme qui doit vivre ou survivre face à la concurrence d'autres États.

Depuis la fin des années soixante, cette école de pensée a été réactualisée à travers les différents ouvrages de Lacoste (cf. bibliographie) et l'Institut français de géopolitique (IFG) de Saint-Denis (Université Paris 8), dirigé par Béatrice Giblin-Delvallet. Disciple de Lacoste, Pascal Lorot travaille sur les relations entre géopolitique et économie et fonde la géoéconomie.

Fin de la géopolitique avec la Seconde Guerre mondiale ?

Après la Seconde Guerre mondiale, la notion de géopolitique, traduisant mal une répartition de plus en plus complexe des pouvoirs institutionnels dans le monde, recule au profit de quatre disciplines de sciences humaines :

  • les relations internationales, appuyées sur la théorie du droit international ;
  • la sociologie politique, sociologie des relations internationales[7]. Sur ce point, l'évolution reste limitée, puisque la notion d'international reflète la division du monde en nations souveraines, ce qui se traduit en pratique par l'intergouvernemental plutôt que par une mondialisation institutionnelle ;
  • la géographie politique qui étudie :
    • l'organisation du pouvoir et des territoires à la surface de la Terre,
    • le découpage social de l'espace dans les relations de pouvoir,
    • la cartographie électorale ;
  • La géostratégie, étude des intérêts des États et des acteurs politiques dans l'espace surtout international.
    C'est un espace du droit international, des alliances, des conflits, des positions parce que la stratégie consiste à projeter les intérêts d'un État dans le monde (et par extension pour les entreprises).
    Le géostratège envisage les conséquences d'un conflit localisé.

Quelques grands mouvements géopolitiques dans l'Histoire

Avec le recul de l'Histoire, on perçoit plus facilement les grandes tendances, et les motivations qui ont conduit les États à adopter une stratégie :

  • la politique de glacis (Cyrénaïque, Chypre, Palestine) développée par l'Égypte ptolémaïque.
  • le contrôle des cols alpins, qui fut un enjeu majeur de l'époque pré-romaine (péages celtes) et de l'époque romaine (péages imposés par Rome),
  • l'effondrement de l'empire carolingien au IXesiècle, sous l'effet des invasions des Vikings (remontée des fleuves par les drakkars), des Sarrasins et des Hongrois,
  • le développement de l'empire chinois sous la dynastie des Song du Xe au XIIe siècle ;
  • le développement de la civilisation islamique du VIIIe au XVe siècle ;
  • le développement des Républiques de Venise et de Gênes, qui s'est effectué par le commerce dans la Méditerranée, consécutif aux croisades ;
  • le développement du commerce maritime au XVe siècle entre Londres, Bruges, les Villes hanséatiques du nord, Gênes et Venise, qui a ruiné les voies de commerce continentales qui passaient par les foires de Champagne (Provins, Troyes...) ;
  • le contournement de l'Afrique par les grands navires marchands européens, faisant suite à la chute de Constantinople, dont la conséquence fut que le commerce caravanier s'en ressentit : déclin inexorable de villes commerciales puissantes comme Tombouctou, Gao ou Samarcande, et celui des empires associés à leur prospérité ;
  • la consolidation politique de la France sous Louis XIII et Louis XIV, contre la puissance espagnole ;
  • la fin du Premier Empire en 1814/1815, sous l'effet des différentes coalitions entre l'Angleterre et des puissances continentales ;
  • la victoire de l'alliance France/Angleterre/États-Unis… contre l'alliance continentale autour de l'Allemagne pendant la Première Guerre mondiale ;
  • l'écroulement du IIIe Reich sous l'effet du débarquement des forces américaines, anglaises, françaises (débarquement en Provence, libération de Paris), canadiennes ;
  • le contrôle des lieux de passage maritimes ou terrestres, et les conflits autour du Bosphore ou de Gibraltar ;
  • la construction de tunnels ferroviaires et routiers, de péages, à travers les Alpes, etc.

L'analyse géopolitique aujourd'hui

Retour de la géopolitique

La géopolitique, après avoir été bannie comme savoir scientifique, a retrouvé une nouvelle légitimité d'approche à la suite des différents conflits qui ont émergé dans les années 1970. Dans son essai, le géographe Yves Lacoste dénonce la main mise des différents États-majors (politique, militaire, financier, économique) sur les savoirs cartographiques et géographiques limités à des perspectives stratégiques. Il souhaite une vulgarisation de l'approche géographique. À la même période, autour d'un cénacle d'enseignants de divers horizons, il lance la Revue Hérodote qui se veut une revue de stratégie et de géopolitique. Lacoste définit la nouvelle géopolitique comme « l'étude des interactions entre le politique et le territoire, les rivalités ou les tensions qui trouvent leur origine ou leur développement sur le territoire ».

La géopolitique, afin d'éviter de retomber dans les travers du passé, se doit d'utiliser l'ensemble des connaissances liées à la géographie (géographie physique, mais aussi la géographie humaine dans toutes ses composantes (sociales, économiques, culturelles, sanitaires), les matières premières et les flux de ressources), mais aussi utiliser l'histoire, la science politique, etc.

La mondialisation pourra peut-être conforter la légitimité de nouvelles approches géopolitiques.

Les axes d'analyses

Dès le début des années 1980 étaient entrevus des risques de marginalisation géopolitique de l'Europe, qui pourraient s'accentuer aujourd'hui si la réaction n'est pas adaptée :

  • liaisons sur l'océan Pacifique prenant le pas sur celles de l'océan Atlantique;
  • impact de la fonte de la banquise dans l'Arctique sous l'effet du changement climatique, et évolutions structurelles du transport maritime et aérien.
Le détroit d'Ormuz : point de tension géostratégique entre l'Iran, Oman (péninsule de Musandam) et les Émirats arabes unis.
Article détaillé : Géopolitique du pétrole.
  • Retour du charbon (propre) : Australie, Chine, Canada, etc.

Par sa recherche des interactions entre les grandes zones du monde (énergie et matières premières, flux de ressources, passages à risques), la géopolitique s'intéresse naturellement à la politique internationale et à ses aspects diplomatiques.

Le terme de géopolitique revêt une connotation stratégique, voire militaire, tandis que le terme de géographie politique fait plutôt référence à l'organisation des États, des régions, des entités administratives, des frontières, et des habitants. On constate que de nos jours la mondialisation et l'effondrement d'un monde bipolaire ont multiplié et complexifié les liens entre toutes les populations de la planète. Depuis une dizaine d'années, les centres universitaires multiplient les sections géopolitiques afin de répondre à une demande croissante d'analyse dite géopolitique.

Les enjeux ne manquent pas :

  • enjeux démographiques liés à la surpopulation mondiale ;
  • enjeux humains liés aux flux désordonnés de populations, aux migrations non contrôlées, etc. ;
  • dans ce contexte, la pérennité des langues dans le monde est un enjeu très important ;
  • enjeux culturels associés à l'utilisation d'une langue ;
  • recrudescence des menaces terroristes ;
  • risques de prolifération nucléaire (Iran, Corée du Nord) ;
  • recherche de la maîtrise du cycle fermé de l'uranium, et partenariats mondiaux ;
  • accès à l'eau potable et à l'assainissement (Turquie, Syrie, Israël, Asie, Afrique, etc.) ;
  • ressources halieutiques et zones de pêche ;
  • agroressources au Brésil, usines biochimiques ;
  • accès aux ressources naturelles en Afrique, au Moyen-Orient, etc. ;
  • polarisation et maillages mondiaux: villes à stature mondiale, pôles de compétence économique et technologiques, imbrications économiques, fracture numérique ;
  • gisements éoliens ou hydroliens ;
  • risques sur les tunnels transfrontaliers ;
  • remises en cause internes de l'État (régionalisme, autonomie, séparatisme, indépendantisme) : au Canada (Québécois) ; Europe (Bretons, Catalans, Flamands, Ligue du Nord, Savoie, Wallons) ; Afrique... ;
  • horogenèse, néologisme créé par Michel Foucher. Discipline s'intéressant à la genèse des frontières.

Les facteurs décisifs dans les alliances

La géopolitique s'attache à étudier les différents facteurs qui aboutissent à la constitution des alliances.

La géopolitique s'intéresse aux différents facteurs qui influencent les stratégies :

  • maîtrise globale des mers et/ou de la terre (peuples de la mer, peuples de la terre) : on assiste souvent à des différences de stratégie entre une puissance ou une alliance entre puissances maritimes et une puissance ou une alliance entre puissances continentales, ce facteur influence les autres ;
  • contrôle des points de passage et des moyens de transport : détroits, cols, tunnels, aéroports, ports, gares ;
  • facteurs financiers (impôts, taxes...) ;
  • accès aux ressources naturelles et aux matières premières ;
  • maîtrise des techniques (navigation, aéronautique et espace…) ;
  • types de régimes politiques (démocratie, etc.) ;
  • facteurs culturels, sociologiques et philosophiques ;

Aspects militaires et énergétiques

Les États-Unis ont mis en place depuis la fin des années 1980 une stratégie globale visant à assurer la suprématie de l'armée américaine et des entreprises américaines sur le monde [8]. Elle est structurée autour d'un consortium de grandes entreprises des secteurs de l'informatique et de l'aéronautique, qui a permis de projeter les forces américaines en Irak, lors des deux guerres du Golfe en 1991 et en 2003. Cette stratégie globale concerne maintenant presque tous les secteurs d'activité, et s'appuie sur une utilisation très structurée des technologies de l'information (Internet, réseaux).

L'accès aux ressources pétrolières conduit à définir des stratégies spécifiques (voir géopolitique du pétrole).

On constate ses effets également dans l'alliance que les États-Unis ont réalisée, en réponse au protocole de Kyoto, avec la Chine, l'Inde, le Japon, et l'Australie, visant à développer le charbon propre, et les nouvelles générations de réacteurs nucléaires (réacteurs de génération IV, en:Integral Fast Reactor).

Aspects linguistiques

La langue est un facteur essentiel de la communication entre les peuples. Ainsi, la précision du langage peut-elle jouer un rôle décisif dans des négociations internationales.

C'est sans doute l'un des facteurs qui a fait que la langue française était la langue parlée dans les cours européennes au siècle des Lumières (XVIIIe siècle). En effet, le français a été normalisé et « défendu » dès 1635 par l'Académie française.

Il en a résulté des règles strictes de droit international public, reconnues dans le statut des langues officielles retenues par l'Organisation des Nations unies. Le français est ainsi l'une des six langues officielles reconnues par l'ONU pour les négociations internationales. Le français joue donc un rôle important dans la diplomatie.

Les gentilés (noms d'habitants d'un continent, d'un pays, d'une région, par exemple) sont un aspect relativement invariable de la géographie linguistique.

Exemples :

  • un Français (avec une majuscule = le gentilé) ;
  • un Européen.

Le français, glottonyme qui désigne la langue française. Dans un contexte de mondialisation, où l'utilisation de l'Internet se répand de plus en plus de par le monde, on peut s'interroger sur la pérennité des langues. L'attribution d'un nom à une langue est un « enjeu géopolitique » essentiel.

Article connexe : glottonymie.

Voir aussi

Bibliographie générale

Dictionnaires

  • Antoine Bailly, FERRAS (R), Denise Pumain, dir., 1995, Encyclopédie de Géographie, Economica
  • Philippe Moreau Defarges, 1994, Introduction à la géopolitique, Paris, Éditions du Seuil. 2002, Dictionnaire de Géographie, Colin
  • Yves Lacoste, dir., 1995, Dictionnaire de géopolitique, Paris, Flammarion. 2003, De la Géopolitique aux Paysages. Dictionnaire de la Géographie, Paris, Colin
  • Aymeric Chauprade, François Thual, 1998, Dictionnaire de Géopolitique. États, Concepts, Auteurs, Paris, Ellipses
  • Jacques Lévy, Michel Lussault, dir., (2003) Dictionnaire de la géographie, Paris, Belin
  • Pascal Lorot (dir.), 2003, "Dictionnaire de la mondialisation", Paris, Ellipses

Ouvrages généraux

  • Ouvrages anciens :
    • Jacques Ancel, 1936, Géopolitique, Delagrave. 1938, Géographie des frontières, Paris, Gallimard
    • Karl Haushofer, 1932, Wehr-Geopolitik, Berlin, Junker und Dünnhaupt. Ses textes fondamentaux ont été publiés dans la revue Zeitschrift für Geopolitik
    • Rudolf Kjellén, 1905, Stormakterna (les Grandes puissances). 1916, Staten som lifsform (l'État comme forme). 1920, Världspolitiken 1911-1919 (la politique mondiale 1911-1919).
    • Alfred Mahan, 1890, The influence of sea power upon history, 1660-1783, Boston (trad. 1899, Influence de la puissance maritime dans l'histoire, 1660-1783, Paris).
    • Friedrich Ratzel, 1897, Politische Geographie, München, Oldenbourg, (trad. 1988, Géographie politique, Paris, Economica)
    • Nicholas Spykman, 1942, America's strategy in world politics, the United States and the balance of power.
  • Ouvrages récents : C.Bardot (direct.), Histoire, géographie et géopolitique du monde contemporain, colelct. Cap Prépas, Pearson Education France, juin 2008
    • Jacques Soppelsa, Lexique de Géopolitique, Dalloz, 1997.
    • Guy Ankerl,Coexisting contemporary civilizations. Arabo-muslim, bharati, chinese, and western. Genève, INUPRESS, 2000, ISBN 2-88155-004-5
    • Bertrand Badie, 1995, La fin des territoires. Essai sur le désordre international et sur l'utilité sociale du respect, coll. L'espace du politique, Paris, Fayard
    • Aymeric Chauprade, Constantes et changements dans l'histoire, Ellipses, 2007
    • Paul Claval, 1978, Espace et pouvoir, PUF. 1994, Géopolitique et géostratégie : la pensée politique, l'espace et le territoire au XXe siècle, Paris, Nathan
    • A Defay, 2005, La Géopolitique, PUF, coll. « Que sais-je ? », Paris.
    • Marie-Françoise Durand, Jacques Lévy, Denis Retaillé, 1992, Le monde : espaces et systèmes, Paris, Presses FNSP
    • Michel Foucher, 1988, Fronts et frontières : un tour du monde géopolitique, Paris, Fayard
    • Samuel P. Huntington, 1993, “The Clash of the Civilization?”, Foreign Affairs. 1996, The Clash of Civilizations and the remaking of world order, New York : Simon and Schuster (trad. 1997, Le choc des civilisations, Paris, Odile Jacob).
    • Yves Lacoste, 1976, La géographie, ça sert d'abord à faire la guerre, Paris, Éditions la Découverte.
    • Yves Lacoste, 2006, Géopolitique. La longue histoire d'aujourd'hui, Larousse ISBN 2035054214
    • Pascal Lorot, 1995, Histoire de la géopolitique. Paris, Economica. & François Thual, 2002, La géopolitique, Montchrestien
    • Claude Raffestin, D Lopreno, Y Pasteur, 1995, Géopolitique et histoire, Éditions Payot
    • Stéphane Rosière, 2003, Géographie politique et géopolitique, Paris, Ellipses.
    • Criekemans, David, Geopolitiek, 'geografisch geweten' van de buitenlandse politiek?, Garant, Antwerpen/Apeldoorn, 2007.- 848 p.: ill..- ISBN 90-441-1969-9

Quelques centres d'analyses et leurs revues

Article détaillé : Revues de géopolitique.
Article détaillé : Institut d'études stratégiques.

Articles connexes


Liens externes

Notes et références

  1. 1re édition 1905, trad. fra. par Les grandes puissances.
  2. Stormakterna. Konturer kring samtidens storpolitik, första delen, 1905, Stockholm, Hugo Gebers förlag.
  3. 1897, trad. fra. 1988.
  4. Politische Geographie, Munich : Oldenbourg, 1897, Osnabrück : Zeller.
  5. Géographie des frontières, 1938
  6. L'Allemagne, la France et la question d'Autriche, 1902
  7. cf. Guerre et Paix entre les nations (Raymond Aron)
  8. L'autre guerre des États-Unis, Éric Denécé et Claude Revel, 2005
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