Catherine Howard


Catherine Howard
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Catherine Howard
La reine Catherine Howard.
La reine Catherine Howard.

Pays Angleterre
Titre Reine d'Angleterre
Prédécesseur Anne de Clèves
Successeur Catherine Parr
Biographie
Naissance v.1520
Flag of England.svg Londres (Angleterre)
Décès 13 février 1542
Flag of England.svg Tour de Londres (Angleterre)
Père Edmund Howard
Mère Joyce Culpeper
Conjoint Henri VIII d'Angleterre

Coat of Arms of Catherine Howard.svg

Catherine Howard (aussi orthographié Katherine ou Katheryn), née entre 1518 et 1524[1] et morte le 13 février 1542 à Londres, est la cinquième épouse d'Henri VIII d'Angleterre, qui la surnommait « la rose sans épine ». À ce titre, elle fut reine consort d'Angleterre de 1540 à 1542. Catherine épousa Henri VIII le 28 juillet 1540 au château d'Oatlands dans le Surrey, juste après l'annulation du mariage du roi et d'Anne de Clèves. Le 13 février 1542, reconnue coupable d'adultère et de trahison, elle fut décapitée à la tour de Londres après moins de deux ans de mariage.

Sommaire

Biographie

Jeunesse

Famille

Catherine Howard est la fille de lord Edmund Howard (v. 1479-1539), un fils cadet de Thomas Howard, 2e duc de Norfolk, et de Joyce Culpeper (v. 1484 – peu après 1527), veuve de Ralph Legh de Stockwell[1]. On ignore la date et le lieu de sa naissance, mais les sources contemporaines ainsi que les documents familiaux laissent à penser qu'elle se situe entre 1518 et 1524, et probablement plus près de cette dernière date[1]. Sa mère décède alors qu'elle est encore jeune, et elle est élevée par sa belle-grand-mère, Agnès Tilney, duchesse douairière de Norfolk[1].

Elle était la nièce de Thomas Howard, troisième duc de Norfolk, fervent catholique et adversaire de Thomas Cromwell. Cette parenté faisait d'elle une cousine de la deuxième épouse du roi, la reine Anne Boleyn, et de la sœur de celle-ci Mary Boleyn, qui avait aussi été la maîtresse d'Henri.

La famille de Catherine appartenait à l'aristocratie anglaise. Cependant, la loi de primogéniture avait privé son père de l'héritage familial. Il était donc relativement pauvre et demandait fréquemment de l'aide à des parents mieux lotis. En 1531, sa cousine Anne Boleyn lui obtint un emploi gouvernemental au service du roi à Calais. À cette époque, la jeune Catherine fut envoyée vivre chez sa belle-grand-mère, Agnès Tilney.

Vie chez la duchesse de Norfolk

Au palais de Lambeth, la duchesse était à la tête d'une grande maisonnée qui comprenait entre autres ses nombreuses pupilles, principalement des parents pauvres dont la famille ne pouvait assumer la charge. Faire élever ses jeunes enfants dans une maison noble autre que la sienne fut pendant des siècles une pratique commune chez les nobles européens. Cependant, la surveillance à Lambeth était très lâche. La duchesse douairière passait la plupart de son temps à la Cour et n'accordait que peu d'intérêt à l'éducation de ses pupilles. Catherine fut donc la moins instruite des épouses de Henry, bien qu'elle sut apparemment lire et écrire, à la différence des autres Anglaises de son époque moins bien nées. Elle est décrite comme enjouée, mais jamais comme érudite ou dévote. L'atmosphère licencieuse qui régnait au palais de la duchesse mène à Henry Manox, le professeur de musique de Catherine. Il entama une relation avec elle aux alentours de 1536, alors qu'elle avait entre 11 et 16 ans. Quand elle devint reine, Manox fut nommé musicien dans sa maison. C'est lui qui apportera plus tard des preuves dans l'enquête dirigée contre elle.

Manox et Catherine avouèrent tous deux pendant le procès avoir eu des contacts sexuels, mais jamais de rapports complets.

Cette relation prit fin en 1538, quand Catherine fut séduite par un secrétaire de la maison de la duchesse, Francis Dereham. Ils tombèrent amoureux, s'adressant même l'un à l'autre comme « mari » et « femme ». Dereham confia également à Catherine de nombreuses responsabilités qui incombaient d'ordinaire à une épouse, comme garder son argent quand il voyageait pour affaires. La plupart des compagnes de Catherine, dames d'honneur ou pupilles de la duchesse étaient au courant de cette relation, qui s'acheva apparemment en 1539, quand cette dernière eut vent de l'affaire. En dépit de cette désapprobation, Catherine et Dereham auraient eu l'intention de se marier, se mettant d'accord sur un « pré-contrat ». S'ils avaient effectivement fait une promesse de se marier avant d'avoir eu des rapports sexuels, ils auraient été considérés comme mariés par l'Église.

Vie à la cour d'Henri VIII

Arrivée à la Cour

L'oncle de Catherine lui trouva une place à la cour d'Henri VIII, en tant que demoiselle d'honneur de la nouvelle épouse du roi, l'Allemande Anne de Clèves. La jeune et séduisante Catherine attira rapidement l'attention du roi, qui dès le début de son mariage avait accordé peu d'intérêt à Anne[2]. Les proches de Catherine ne pensaient pas que la jeune femme fût assez mature et intelligente pour assumer les responsabilités d'une favorite, car elle était très peu instruite à son arrivée à la Cour, mais d'autres facteurs entraient en jeu. L'exécution d'Anne Boleyn pour adultère avait entaché la réputation des Norfolk, et cette prestigieuse famille catholique voyait en Catherine une figure de proue de leur détermination à restaurer la foi catholique en Angleterre. Leur influence grandissait en même temps que l'intérêt du roi pour leur parente. Quelques mois après son arrivée à la Cour, Henri accordait des terres et de somptueuses parures à Catherine.

Mariage avec Henri VIII

Henri obtint le 9 juillet 1540 l'annulation de son mariage avec Anne de Clèves, donnant du poids aux rumeurs affirmant que Catherine était enceinte. Son rapide mariage, moins de trois semaines après son divorce, reflétait l'impatience d'Henri d'assurer la succession des Tudors en ayant de vigoureux fils légitimes, puisqu'il n'en avait qu'un seul, le futur Édouard VI. Henri, proche de la cinquantaine, inondait sa jeune épouse de biens, bijoux et autres cadeaux ruineux. La guerre contre la France et la Réforme anglicane avaient coûté à Henri sa popularité, et il souffrait de plus de nombreux soucis de santé. La présence à ses côtés d'une jeune et charmante épouse lui apporta beaucoup de joie. La devise de celle-ci, « Non autre volonté que la sienne » reflétait son désir de satisfaire Henri, un homme de trente ans son aîné.

Reine d'Angleterre

Elle prit sur son époux un ascendant important et le poussa alors qu'il était chef de l'Église anglicane à se rapprocher des catholiques. Elle s'attira ainsi l'inimitié du parti de la Réforme.

Malgré sa richesse et son pouvoir récents, Catherine trouvait pourtant peu d'attraits à sa relation conjugale. Elle n'était toujours pas enceinte. L'obésité de son époux la dégoûtait (il pesait dans les 136 kilos, et un ulcère sur sa cuisse dégageait une odeur nauséabonde).

« Henri n'avait jamais été un homme raffiné et galant ; comme en toutes choses, ses manières amoureuses étaient brutales et directes, les préambules fort courts, les développements restreints et la conclusion abrupte ; l'amour physique fut toujours pour lui réduit à l'essentiel, un rite biologique sans fantaisie, dans un but de procréation. La galante Catherine avait connu mieux avant d'épouser le roi, dont l'apparence n'avait par ailleurs plus rien d'attirant. »

— Georges Minois, Henri VIII, p. 461

En 1541, elle s'engagea dans une relation avec un des favoris d'Henri, Thomas Culpeper, qu'elle trouvait déjà séduisant à son arrivée à la Cour, deux ans plus tôt. Les rendez-vous galants étaient organisés par une des plus vieilles[3] dames d'honneur de Catherine, Lady Rochford, la veuve de George Boleyn, frère d'Anne Boleyn.

Henri et Catherine parcoururent l'Angleterre ensemble à l'été 1541, et les préparatifs d'un couronnement, qui aurait suivi toute annonce de grossesse, suivaient leur cours, ce qui indique que le couple était encore sexuellement actif. Cependant, à mesure que la liaison extraconjugale de Catherine se développait, les témoins de sa conduite légère au palais de Lambeth commencèrent à la contacter pour obtenir des faveurs. Afin d'acheter leur silence, elle donna des places dans sa suite à la plupart d'entre eux. En particulier, elle nomma Henry Manox musicien dans sa maison et fit de Francis Dereham son secrétaire personnel. Ce calcul désastreux la conduisit à être accusée de trahison et d'adultère deux ans après son mariage.

La chute

Découverte de l'adultère

À la fin de l'année 1541, la conduite licencieuse de Catherine fut dévoilée au grand jour par John Lascelles, un réformateur protestant dont la sœur, Mary Hall, était femme de chambre de la duchesse douairière, et avait été témoin des liaisons adultérines de Catherine. Lascelles en informa Thomas Cranmer, alors archevêque de Cantorbéry, antipapiste virulent et l'un des plus proches conseillers du roi. Cranmer, conscient qu'un pré-contrat conclu avec Dereham invaliderait le mariage de Catherine et d'Henri, lui donna une lettre contenant les accusations portées contre son épouse, alors qu'ils assistaient à la messe le 2 novembre 1541. Henri refusa d'abord de croire ces allégations, pensant que la lettre était un faux, et demanda que Cranmer enquête plus profondément. Quelques jours plus tard, des preuves furent fournies, notamment les aveux de Dereham et Culpeper après qu'ils eurent été torturés à la tour de Londres, et une lettre d'amour de Catherine adressée à Culpeper.

Catherine fut accusée de trahison, mais jusqu'au bout, même auprès de son confesseur quelques heures avant sa mort, elle nia avoir trompé le roi avec Culpeper. En revanche, elle admit que sa conduite avant son mariage avait été indigne d'une dame de son rang, qui plus est une reine d'Angleterre.

Emprisonnement

Catherine fut arrêtée le 12 novembre 1541. Selon la légende, elle échappa brièvement à ses gardes pour courir à la chapelle où Henri communiait. Elle tambourina aux portes et cria son nom. Elle fut néanmoins reconduite à ses appartements de Hampton Court, où elle resta confinée, accompagnée seulement de Lady Rochford. Ses supplications pour voir le roi furent ignorées. L'austère Cranmer trouva l'état hagard, éperdu de Catherine pitoyable : « Je l'ai trouvée dans le plus grand désespoir et la plus grande faiblesse que j'ai jamais vue chez une créature, et cela aurait attendri le cœur de n'importe quel homme de la voir ». Il ordonna aux gardes d'ôter de ses appartements tous les objets qu'elle aurait pu utiliser pour se suicider.

L'existence d'un pré-contrat entre Catherine et Dereham aurait permis l'annulation du mariage et le bannissement de la Cour. Catherine aurait certes été disgraciée et exilée, mais aurait échappé au tragique destin d'Anne Boleyn. Cependant, elle nia obstinément l'existence d'un tel pré-contrat.

Déposition

Catherine fut déchue de son titre de reine le 22 novembre 1541, et emprisonnée à Syon House, dans le Middlesex, pendant l'hiver 1541. Culpeper et Dereham furent exécutés à Tyburn le 10 décembre 1541, le premier décapité, le second pendu, éviscéré et démembré pour trahison. Comme c'était l'habitude, leurs têtes furent exposées sur le pont de Londres. Les parents de Catherine furent également emprisonnés dans la Tour, à l'exception de son oncle Thomas, le duc de Norfolk, qui avait suffisamment pris ses distances du scandale. Tous les Howard furent jugés, reconnus coupables de dissimulation de trahison, et condamnés à la prison à vie et à la confiscation des biens[4]. Finalement, ils furent néanmoins libérés et leurs biens leur furent restitués.

Le sort de Catherine demeura également en suspens, jusqu'à ce que le parlement anglais promulgue un décret de mort civile le 21 janvier 1542, qui déclarait la trahison punissable de mort.

Condamnation à mort et exécution

Cela résolvait le problème du pré-contrat supposément signé par Catherine et la rendait indiscutablement coupable, car un adultère commis par la reine était considéré comme une trahison. Catherine fut transférée à la tour de Londres le 10 février 1542. Le 11 février, Henry signa le décret de mort civile, et l'exécution de Catherine fut fixée à 7 heures le 13 février.

La nuit précédant son exécution, Catherine aurait passé de nombreuses heures à s'entraîner à poser sa tête sur le billot. Elle mourut en gardant relativement son calme, mais elle était pâle et semblait terrifiée. Elle demanda de l'aide pour monter sur l'estrade de Tower Green. Elle fit un discours où elle qualifia son châtiment de « noble et juste ». Elle demanda grâce pour sa famille et des prières pour son âme. Elle fut décapitée en un coup. Le corps de Catherine fut enterré dans une tombe anonyme dans la proche chapelle de St Peter ad Vincula, où reposait déjà le corps de sa cousine, Anne Boleyn. Henri n'assista pas à la cérémonie.

C'est à cette occasion que la peine de mort fut édictée contre toute femme, qui n'étant pas vierge au moment où il serait question de la marier au roi, ne dévoilerait pas son état, et contre toute femme de prince ou reine convaincue d'adultère.

En 1543, Henri VIII se remaria avec Catherine Parr, qui lui survécut un an. Le corps de Catherine Howard fut identifié pendant les restaurations de la chapelle sous le règne de la reine Victoria, et elle est commémorée sur une plaque du mur ouest dédiée à ceux qui moururent dans la Tour.

Catherine Howard dans la fiction

Au cinéma

A la télévision

Annexes

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Notes

  1. a, b, c et d Retha M. Warnicke, « Katherine [Katherine Howard] (1518x24–1542) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, édition en ligne, janvier 2008.
  2. Les historiens estiment que le mariage n'a même pas été consommé.
  3. Jane Boleyn n'avait pourtant qu'une trentaine d'années à l'époque.
  4. (en) John Guy, Tudor England,p 189, Oxford University Press, 1990

Sources

Lien externe

Voir aussi

Précédée par Catherine Howard Suivie par
Anne de Clèves
Arms of Catherine Howard.svg
Reine consort d'Angleterre
1540-1542
Catherine Parr


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Catherine Howard de Wikipédia en français (auteurs)

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