Thebes (Egypte)


Thebes (Egypte)

Thèbes (Égypte)

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Cartouche lieux.jpg
Article de la série Lieux égyptiens
Lieux
Nomes / Villes
Monuments / Temples
Région
Basse-Égypte / Moyenne-Égypte
Haute-Égypte / Nubie
Localisation
Egypt Karnak test.png
Thèbes
Ancienne Ouaset
Latitude
Longitude
25° 43′ 0″ Nord
       32° 39′ 0″ Est
/ 25.71667, 32.65
Thèbes
R19 X1
O49
Wȝst

Thèbes est le nom grec (Thebai) de la ville d'Égypte antique Ouaset (« Le sceptre » ou « La Puissante »), appartenant au quatrième nome de Haute-Égypte.

D'abord obscure capitale de province, elle prend une importance nationale à partir de la XIe dynastie. Elle est en effet la ville d'origine des dynastes de la famille des Antef, qui fondent la XIe dynastie, des Montouhotep I - II, liquidateurs de la première période intermédiaire et rassembleurs des Deux Terres[1], c'est-à-dire de la Haute et de la Basse-Égypte.

Thèbes est également la patrie de Séqénenrê Taâ II dit « le Brave », dont les fils, Kamosé et Ahmôsis, vont libérer l'Égypte des Hyksôs et clore la deuxième période intermédiaire.

Sommaire

Thèbes l'égyptienne

On y adorait principalement trois dieux, Amon « Le caché », Mout « La mère » et Khonsou « Le voyageur », regroupés dans la triade thébaine. Un autre dieu y avait son temple : Montou, divinité guerrière également adorée non loin de Thèbes.

Il est probable que Montou était à l'origine la divinité principale de la région thébaine, car outre son sanctuaire de Karnak, on lui dédia des temples à Hermonthis, à Tôd, et à Médamoud, cités à la périphérie de Thèbes, qui formaient le Palladium de Thèbes décrit par les auteurs gréco-romains qui visiteront la région : une enceinte divine et magique dont les temples du dieu guerrier hiéracocéphale sont autant de forteresses qui protègent la cité d'Amon contre toute agression du mal.

Vue aérienne du palais d'Amenhotep III à Malqata sur la rive ouest de Thèbes

Les noms mêmes des Montouhotep, pharaons de la XIe dynastie, inaugurant le Moyen Empire, semblent confirmer cette hypothèse. Avec les Sésostris et les Amenemhat de la dynastie suivante, le culte d'Amon éclipse peu à peu celui de Montou. Le culte de cette antique divinité retrouvera un second développement lors de la Basse époque et de la domination grecque puis romaine : les temples sont alors reconstruits et le culte de l'hypostase divine du dieu sous la forme du taureau Boukhis devint, tout comme celui d'Apis, l'élément central de la liturgie thébaine.

Thèbes prend un essor extraordinaire au Nouvel Empire, en tant que résidence du dieu dynastique Amon-Rê. La ville devient alors l'« Héliopolis du Sud », toute consacrée au culte du dieu dynastique, étroitement associé à l'idéologie royale. Son territoire devient également le siège de la nécropole royale, avec le creusement dans la montagne thébaine de dizaines d'hypogées royaux.

Sur la rive est se dressaient les maisons des vivants, de part et d’autre des voies processionnelles qui reliaient les enceintes de Karnak et le temple de Louxor, voies qu'empruntaient les barques sacrées d'Amon, de Mout et de Khonsou lors de la fête d'Opet. Sur la rive ouest, la rive des morts, sont établis les tombeaux royaux, « demeures d'éternité » des pharaons, et les temples funéraires, leurs « Châteaux des Millions d'années », que le dieu Amon venait visiter chaque année, lors de la « Belle Fête de la Vallée ». Si, au cours de la XVIIIe dynastie, l'idéologie royale et le culte d'Amon-Rê semblent concorder, l'une alimentant l'autre[2], on sent à partir de la XIXe dynastie un déséquilibre entre le pouvoir royal et les ambitions du clergé d'Amon-Rê. Ce déséquilibre va s'accentuer à la dynastie suivante pour s’achever à la fin du Nouvel Empire par une partition de fait du pays entre Ramsès XI, qui ne réussit à maintenir son autorité que sur le nord du pays, et le grand prêtre d’Amon Hérihor, qui gouverne le sud depuis Thèbes.

Déclin de la capitale

Avec la XXIe dynastie et la scission du pays, Thèbes perd son statut de capitale au profit des cités du delta telles que Tanis, Boubastis ou Saïs, où des dynastes locaux réclament le trône et l'héritage des Ramsès. La nécropole thébaine est alors délaissée et plus jamais un pharaon ne se fait ensevelir à Thèbes.

À la XXVe dynastie, celle des pharaons nubiens, la cité reprend de l'importance, le culte d'Amon-Rê est jumelé avec celui d'Amon de Napata, le dieu dynastique des « pharaons noirs ». Taharka met en chantier un programme architectural ambitieux, digne d'une capitale, développant l'axe des sanctuaires avec d'imposants kiosques et affermissant le rôle de la Divine Adoratrice d'Amon dans le contrôle de la région. Mais la ville est saccagée à la fin de cette période par les Assyriens, qui emportent à Ninive les trésors accumulés depuis tant de siècles par les pharaons et dépouillent les sanctuaires des statues divines, les dépossédant ainsi de leur élément vital.

La cité ne s'en relève jamais réellement, quoiqu'elle soit restaurée par les pharaons des dernières dynasties. Alexandre le Grand participe également à l'œuvre réparatrice, puis à sa suite les Ptolémées. Pendant les règnes de Ptolémée IV et V, Thèbes est à nouveau le centre de séditions qui coupent la Thébaïde de l'empire lagide.

Enfin, à l'époque romaine, les temples sont peu à peu abandonnés. Une garnison s'établit à Louxor dont le temple est finalement transformé en forteresse, pendant la Tétrarchie. Plusieurs églises s'y installent après la conversion de l'Empire romain au christianisme et, avec l'arrivée des musulmans, une mosquée y est construite, tant et si bien que le temple de Louxor reste l'un des lieux de culte et de prière les plus anciens au monde.

Sites archéologiques de la ville de Thèbes et de ses environs

Notes

  1. F36 G1 Y1
    N16
    , le smȝ-tȝ, « Unifier le pays », de l'idéologie royale
  2. citons par exemple les scènes de théogamie dans le temple d'Hatchepsout à Deir el-Bahari ou dans celui d'Amenhotep III à Louxor

Bibliographie

  • J. Baines et Jaromir Málek, Atlas of Ancient Egypt, Oxford University Press, 1980, p. 84 - 105  ;
  • H. Kees, Ägypten - Eine kleine Landeskunde, Akademie Verlag Berlin, 1977, p. 142 - 163  ;
  • Pascal Vernus et Jean Yoyotte, Dictionnaire des pharaons .


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