Lignages de Bruxelles


Lignages de Bruxelles
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Les blasons des Sept Lignages de Bruxelles, gravés par Jacques Harrewyn, 1697.

Les Lignages de Bruxelles qui avaient nom Sleeus, Sweerts, Serhuyghs, Steenweeghs, Coudenbergh, Serroelofs et Roodenbeke ont formé depuis le Moyen Âge jusqu’à la fin de l’Ancien Régime une classe d’hommes particulière destinée « à diriger la cité avec sagesse, à la défendre avec force et à la rendre plus belle et plus prospère »[1].

À cette triple mission, correspondaient les trois fonctions dont les Lignages de Bruxelles ont eu le monopole jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

  • À leur première fonction correspondait leur rôle d'échevins c'est-à-dire de juges et d'administrateurs de la ville, avec comme modèle le légendaire juge et échevin intègre Herkenbald dit "le Justicier".
  • À leur seconde fonction correspondait leur rôle de chefs des milices et de la cavalerie urbaines puis de capitaines des gardes bourgeoises, avec comme modèle le héros Everard t'Serclaes.
  • À leur troisième fonction correspondait leur rôle dans le développement économique et leur service pour le bien-être de la population en tant que dirigeants de la Suprême Charité, fondateurs et gestionnaires d'hôpitaux, d'hospices et d'institutions de bienfaisance ainsi qu'en tant que Doyens et Octovirs de la Chambre de Commerce appelée Gilde Drapière, Surintendants du canal de Bruxelles ou responsables des travaux et de l'embellissement public, avec comme modèle un Jean de Locquenghien créateur du Canal de Bruxelles. C'est cette mission d'embellir la ville qui les incita à construire de splendides bâtiments publics comme l'hôtel de ville ou la Grand-Place.

Sommaire


Première partie : histoire et institution

L'élection annuelle ou Keuse, pour le renouvellement du Magistrat à la Saint-Jean d'été

Herkenbald égorgeant son neveu qui a commis une forfaiture. Il symbolise l'échevin des Lignages dirigeant la cité avec sagesse et justice. Le membre des Lignages qui trahissait son serment avait la gorge tranchée et son nom été réputé infâme à jamais. Hôtel de ville de Bruxelles. Cul de lampe, XVe siècle.
Le héros bruxellois Everard t'Serclaes traîtreusement poignardé par le seigneur Sweder d'Abcoude. Il symbolise l'échevin des Lignages défendant la cité avec force contre les ennemis d'au-delà des remparts. Hôtel de ville de Bruxelles. Cul de lampe, XVe siècle.

Tous les ans le magistrat de Bruxelles était renouvelé à la Saint-Jean d'été.

Onze jours avant la Saint-Jean, aux Ides de juin[2], soit le 13 juin, les membres des Lignages se réunissaient pour procéder au vote et pour participer à un banquet solennel.

L'on procédait ainsi d'après un règlement de 1375:

  • Dans chaque lignage il est distribué autant de boules de cire que de membres présents.
  • Quatre d'entre elles sont marquées intérieurement d'un trait blanc, une d'un trait noir.
  • Les quatre lignagers qui se trouvent en possession d'une boule à trait blanc sont directement électeurs au deuxième degré. Ils se réunissent à part et choisissent à la majorité un candidat échevin.
  • À défaut de majorité, le détenteur de la boule à trait noir intervient et tranche.
  • Ces cinq électeurs ne peuvent toutefois désigner l'un d'entre eux.
  • Le façonnage et la distribution des boules sont répétés trois fois pour préparer l'élection de chacune des trois personnes à présenter au choix du duc, le 19 juin, c'est-à-dire un pour chacun des sept lignages, en vue de leur nomination solennelle le 24 juin à la Saint-Jean d'été.

Ce système de vote fut modifié au cours des siècles mais les votants devaient toujours jurer en conscience de choisir "le meilleur (pour défendre la cité), le plus sage (pour la diriger) et le plus utile (pour la rendre prospère).

Les nouveaux élus entraient alors en charge le jour de la Saint-Jean d'été (24 juin).

Conditions d'admission

Pour pouvoir être admis en cette oligarchie des Lignages, il fallait prouver au moyen de preuves généalogiques que l’on était issu de ces familles privilégiées.

Mais cette condition ne suffisait pas, il fallait en outre avoir la qualité de Bourgeois de Bruxelles, n'exercer aucun métier et vivre uniquement de ses rentes. C'est ainsi que de nombreuses familles membres des Nations descendaient des Lignages mais ne pouvaient pas y entrer si leurs membres exerçaient des "métiers bourgeois" et avaient une activité économique. Les familles bruxelloises issues des lignages conservaient soigneusement (et même jusqu'à nos jours) leur généalogie afin qu'un des leurs n'exerçant pas de métiers (avocats, seigneur de village, etc.) puisse le cas échéant y être admis.

On estimait en effet dans l'Ancien Régime qu'il était incompatible d'avoir une activité au service de l'État et d'avoir des intérêts commerciaux.

Il en était de même pour la noblesse, classe dédiée au service de l'État, car dès qu'un de ses membres exerçait une activité commerciale il y avait dérogeance et il était exclu de la noblesse. Cette prescription visait à ce qu'il n'y ait pas confusion entre intérêts privés et publics.

Historique

Rosace des Sept Lignages, gravée dans Puteanus, Bruxella Septenaria, 1656

Une charte de 1306 scellée par le duc de Brabant, Jean II renouvelait leurs privilèges tels qu’ils étaient d’application du temps de leurs ancêtres.

Durant tout l’Ancien Régime, les Premier-Bourgmestre, les sept échevins, le premier doyen de la Gilde Drapière, les Capitaines de la Garde bourgeoise, les Trésoriers de la ville et les Superintendants des Serments étaient exclusivement issus des sept Lignages.

Depuis les sanglants troubles civils de 1421 entre les gens des Lignages et les riches bourgeois chefs des Métiers, formés en corporations, ceux-ci purent se grouper en neuf « Nations », regroupant 49 corporations. Il est inexact d'appeler cette révolte de 1421 « révolution démocratique » car ce fut une lutte pour le pouvoir entre les lignagers détenteurs du sol et de riches membres des corporations détenteurs du nouveau pouvoir économique.

Ces "Nations", appelées ainsi car composées de bourgeois natifs, étaient également des organismes de droit public qui élisaient en leur sein, notamment, le Second-Bourgmestre, le Second-Doyen de la Gilde Drapière, les six Conseillers ayant, comme les échevins des Lignages, pouvoir exécutif (à ne pas confondre avec les actuels conseillers-communaux, faisant partie du pouvoir législatif communal).

Toutefois, le nombre des fonctions lignagères resta toujours supérieur à celui des fonctions des Nations de telle sorte que les décisions des Lignages aient toujours la majorité des votes.

Après la fin de l’Ancien Régime le pouvoir des lignages ne disparut pas d’un seul coup, et longtemps encore les descendants des Lignages de Bruxelles ont exercé des fonctions civiles ou politiques importantes dans la cité.

Les Lignages de Bruxelles et la célébration de l'Ommegang

Notre Dame des Victoires du Sablon, puissante protectrice de la ville de Bruxelles, debout sur sa barque. C'est sous son égide et en son honneur que se déroule chaque année l'Ommegang de Bruxelles auquel participent toujours les Lignages de Bruxelles.

Un des moments importants de la vie des Lignages de Bruxelles jusqu'à nos jours[3] est la participation annuelle à l'Ommegang qui était à l'origine la plus importante procession lustrale de Bruxelles faite en l'honneur de Notre-Dame des Victoires du Sablon, la puissante protectrice de la ville de Bruxelles.

Elle se déroulait le dimanche précédent la Pentecôte, qui était également le jour de la fête de la ville de Bruxelles.

Les magistrats et membres des Lignages, vêtus de la robe rouge écarlate -le fameux écarlate[4] bruxellois teinté dans le sang de taureau - précédant immédiatement avec le magistrat la statue de la Vierge, participaient, comme toujours actuellement, à ce cortège sacré.

La bourse d'étude van Bronchorst

Au XVIIe siècle Henri van Bronchorst fonda une bourse d'étude en faveur des membres des lignages de Bruxelles afin de faire des études à l'université de Douai, cette bourse est toujours existante et chaque année un membre des Lignages de Bruxelles peut l'obtenir auprès de l'administration des bourses d'études. Le montant de cette bourse est augmenté par l'Association royale des descendants des lignages de Bruxelles.

L'activité caritative des Lignages de Bruxelles

Outre leurs fonctions judiciaires et administratives ainsi que militaires, les Lignages de Bruxelles se préoccupaient également du développement économique et du bien-être de la population.

C'est ainsi que l'administration urbaine a créé un service administratif de secours aux indigents, appelé la "Suprême Charité", dont les maîtres généraux étaient choisis uniquement parmi les membres des Lignages à la sortie de leurs charges dans la magistrature urbaine.

Entre le XIIe et le XVIIIe siècle le magistrat lignager de la ville de Bruxelles a fondé en tant qu'institutions officielles de nombreux hospices pour vieillards, établissements pour enfants, hôtelleries pour pèlerins, infirmeries et maisons pour pauvres.

À côté de cela, les membres des Lignages ont eu également au cours des siècles à titre personnel une importance activité de bienfaisance privée[5] et créé de nombreuses fondations et hôpitaux destinés à soulager la misère de la population ou des membres des lignages tombés dans l'indigence. Ces fondations privées ont continué à exister jusqu'à la fin de l'Ancien Régime et furent après la Révolution françaises regroupées au sein des Hospices Réunis, toujours existants.

Parmi ces fondations de bienfaisance fondées à titre personnel par des membres des Lignages, l'on peut citer:

  • 1128: Hospice Saint-Nicolas, cité dès 1128, à côté de l'église du même nom, destiné aux lignagers tombés dans la misère ou devenus infirmes.
  • 1263: Hospice Ter Arken, rue Salazar 17, fondé avant 1263 par un membre de la famille Clutinc et destiné aux membres du lignage Serhuyghs.
  • 1356: Hospice de la Sainte-Trinité, fondé avant 1356 par la fameuse mystique Heylwige Bloemardine et destiné aux membres du lignage Serroelofs.
  • 1388: Fondation Sainte-Élisabeth de Hongrie ou de Landuyt, fondée en 1388 par l'évêque Jean t'Serclaes.
  • 1522: Hospice Sainte-Croix, rue Haute, fondé en 1522 par Charles t'Seraerts.
  • 1622: Hospice t'Serclaes ou de Sainte-Anne, rue de la Fiancée, fondé en 1622 par Anne t'Serclaes.
  • 1656-1658: Hospice dit des Neuf Chœurs des Anges, rue des Chevaux fondé en 1656-1658 par demoiselle Louise van der Noot.

Quelques institutions semblables

Même si l'institution des lignages de Bruxelles, dont la base juridique était définie dans la loi municipale, avait un caractère de survivance unique, on peut la comparer à d'autres structures urbaines ou sociales similaires tels que les phratries antiques, les curies de Rome, les clans écossais et polonais, ou dans une moindre mesure japonais, qui constituent également un type d'organisation familiale de la société regroupant par voie féminine diverses familles ou gentes, sans bien sûr prétendre qu'il y aurait entre elles d'autres rapports qu'une ressemblance sous certains aspects[6] .

En Irlande il y avait les Tribes de Galway (Treibheanna na Gaillimhe).

Dans les villes allemandes, il y avait également des sociétés de patriciens dont certaines existent encore de nos jours, comme les Lignages d'Alten Limpurg de Francfort.

En France l'on peut citer les Paraiges de Metz et les Estendes de Verdun.

Ce même système de lignages (Caballeros villanos) existait également dans la ville espagnole de Soria.

Remarquons que Thomas More[7] donne un type de gouvernement semblable aux Lignages de Bruxelles à la ville d'Amaurote, capitale d'Utopie: "Trente familles élisent chaque année un magistrat que l'on appelait syphogrante dans l'ancienne langue du pays et phylarque à présent".

L'héraldique lignagère

Les armes de la ville de Bruxelles sont de gueules plain. La plupart des lignages et des anciennes familles lignagères anciennes portent ce blason brisé de divers meubles.

En ce qui concerne l'indication des armoiries par famille le choix a été fait dans la liste qui suit, d'indiquer les armes les plus couramment admises. Mais en fait, il faudrait presque faire un armorial par personne, car très souvent les membres des lignages brisaient et personalisaient leurs armes (jusqu'au XVIIIe siècle) soit en y ajoutant des meubles, soit en changeant un émail, soit en écartelant avec les armes de leurs ascendance lignagère, soit avec un franc-quartier etc... Cet usage des brisures[8] était rendu nécessaire car du fait même du système lignager, il y avait de nombreux membres du magistrat qui portaient le même nom de famille et leur usage était donc nécessaire pour identifier les décisions de chacun sans le confondre avec un autre membre de sa famille. L'étude des sceaux des échevins ou des jetons des receveurs du canal en donnent jusqu'à une époque récente de nombreux exemples.

Bibliographie

Ouvrages généraux

  • 1646: Erycius Puteanus, Bruxella septennaria, Bruxelles, 1646.
  • 1650: Curiositeyten raekende de geslachten van Brussel, Bruxelles, vers 1650.
  • 1855: N. J. Stevens, Recueil généalogique de la famille de Cock, Bruxelles, 1855.
  • 1859: J. van der Maelen, Les sept lignages de Bruxelles, dans "Collection des Précis Historiques", 1859, pp. 329-333 et 348-355.
  • 1862: Alphonse Wauters, Le duc Jean Ier et le Brabant sous le règne de ce prince (1267-1294), mémoire couronné de l'Académie Royale de Belgique, Bruxelles, 1862, p. 283 (concernes les différents lignages à Metz, Toul, Verdun etc...)
  • 1869: Désiré van der Meulen, Liste des personnes et des familles admises aux Lignages de Bruxelles, depuis le XIVe siècle jusqu’en 1792, Anvers, Sermon, 1869, in-f°.
  • 1923: Ch. Dens, Le dossier d'un candidat au Lignage de Caudenberg en 1752, dans "Annales de la société d'archéologie de Bruxelles", XXXI, 1923, pp. 23-27.
  • 1949: Vicomte Terlinden, Coup d'oeil sur l'histoire des lignages de Bruxelles, dans, "Présence du passé", tome II, 1949.
  • 1958: Henry-Charles van Parys, Schéma d'une étude juridique sur les lignages de Bruxelles, dans "Recueil du IVe Congrès International des Sciences Généalogiques et Héraldiques", 1958, pp. 429-437.
  • 1959-1960: Philippe Godding, Seigneurs fonciers bruxellois (ca. 1250-1450), dans Cahiers bruxellois, 1959, pp. 194 à 223 et 1960, pp. 1 à 17 et 85 à 113.
  • 1971: Baudouin Walckiers, Généalogies des familles inscrites aux Lignages de Bruxelles en 1376, d’après les travaux de J. B. Houwaert et d’après les sources originales, Bruxelles, 1971, trois volumes, publiées sous la direction de Henry-C. van Parys et François de Cacamp.
  • 1981-1982: Joseph de Roovere, Le manuscrit de Roovere conservé au Fonds Général du Cabinet des Manuscrits de la Bibliothèque Royale de Belgique. Filiations reconnues sous l'Ancien Régime pour l'admission aux Lignages de Bruxelles, éd. par M. Paternostre de La Mairieu, avec une introduction d'Henri-Charles van Parys, Grandmetz, 2 vol., 1981-1982 (Tablettes du Brabant, Recueils X et XI).
  • 1999: Baudouin Walckiers, Filiations lignagères contemporaines, Bruxelles, 1999.
  • 2009: Christopher Gérard, Aux Armes de Bruxelles, Lausanne, éditions L’Âge d’Homme, 2009, pp. 49-50 et 94.

Pour l'héraldique lignagère

  • 1898: J. B. De Raadt, Sceaux armoriés des Pays-Bas Méridionaux et des pays avoisinants, Bruxelles, 1898, 4 vol.
  • 1921: Vicomte de Varennes, Armorial des Bourgmestres de Bruxelles, Bruxelles, 1921.
  • 1945: Georges Dansaert, L'armorial des roys-d'armes A. F. Jaerens et Ch. J. Beydaels, Liège, Dessain et Bruxelles, Librairie De Nobele, 1945.
  • 1964: Dr. Georges Spelkens, "Armorial du lignage Serhuyghs", dans, Les lignages de Bruxelles, Bruxelles, n° 13-14, année 1964.
  • 1979: Fortuné Koller, Armorial ancien et moderne de Belgique, Dison, Imprimerie G. Lelotte, 1979.
  • 2007-2008: Comte (Wenceslas) de T'Serclaes, "Florilège de jetons armoriés bruxellois", dans Les Lignages de Bruxelles, Bruxelles, n° 159, année 2007, pp. 193-218; n° 160, année 2007, pp. 225-249; n°161, année 2008, pp. 257-270.
  • 2009: Baudouin Walckiers, Les Marselaer à travers cinq siècles, Bruxelles, 2009 (contient de nombreuses descriptions et dessins en couleurs d'armoiries).
  • 2009: Damien Breuls de Tiecken, Armorial bruxellois, Bruxelles, 2009.

Notes à l'introduction et à la première partie

  1. Pour résumer ainsi les paroles des trois serments que les candidats devaient jurer lors de leur entrée dans l'exercice des fonctions, civile, militaire ou économique. En ce qui concerne le serment pour les fonctions "civiles" d'échevin, lors de la Keuse annuelle du nouveau Magistrat urbain qui a lieu aux Ides de juin, dix jours avant la Saint-Jean, tous les membres des lignages "s'engagent, si le sort les désigne parmi les quatre électeurs, à choisir en âme et conscience, le meilleur, le plus sage et le plus utile à la Sainte-Église, au Duc, à la ville et au lignage". Lire: H. C. van Parys, "La Keuse ou vote des lignages pour l'échevinage, dans, Les Lignages de Bruxelles, Bruxelles, 1968, p. 21 à 28.
  2. Les Ides de Juin (13 juin) correspondaient dans le calendrier antique à la fête de Jupiter Invaincu (Festum Iovis Invicti). Jupiter ou Zeus était le protecteur des phratries. Hildegard Doerr, Walter Bednar et Rudolf Spann, Calendarium romanum, éd. E. Bozorghmehri, Herrsching, 1993, (ISBN 3-929280-05-1)
  3. Les membres de l"Association royale des descendants des lignages de Bruxelles" participent à l'Ommegang actuel reconstitué en 1930
  4. Claire Dickstein-Bernard, "Une ville en expansion", dans: Histoire de Bruxelles, publiée sous la direction de Mina Martens, Toulouse, Privat, 1976, p. 111: « Le drap qui fait la fortune de Bruxelles, celui que le drapier met sur son banc devant lui à la Halle, c'est l'"écarlate" ("scaerlaken"), drap tondu et retondu ("scaeren") mais que fréquemment l'on teint en rouge de graine (d'où le sens actuel du mot écarlate). Long de 48 aunes (33,360 mètres), il est fabriqué avec de la laine anglaise par les seuls "frères" de la Gilde qui en ont le monopole. Les autres drapiers ne peuvent fabriquer que les unicolores "marbrés" ou "mêlés" de 42 aunes, et les draps plus courts. »
  5. Lire principalement: Stéphane Demeter et David Guilardian, "Implantation des hospices et hôpitaux à Bruxelles (XIIe-XVIIIe siècles)", dans Hôpitaux du Moyen Âge et des temps Modernes. Actes, Archaeologia Mediaevalis, n° 25, Bruxelles-Gand-Namur, 2002 (publié en 2007), pp. 53-60; ainsi que Claire Dickstein-Bernard, "Sens de l'hospitalité à Bruxelles au Moyen Âge", ibidem, pp. 69-80.
  6. Dans les cités grecques, les "phratries", tout comme les "curies" dans les cités romaines regroupaient les descendants d'un ancêtre commun, elles étaient dirigées par un "phratriarque", les membres étaient appelé "phrateres". De même à Bruxelles, les membres de la Gilde Drapière, représentant le pouvoir économique des Lignages étaient appelés "s'Gildens Broeders" "Frères de la Gilde". L'on peut également comparer cette structure avec les "clans" en Écosse. Lire: M. Guarducci, L'istituzione della fratria nella Grecia antica, 1937.
  7. Thomas More, Utopie, traduction de Marie Delcourt, livre II, Paris, Flammarion, 2009, p. 339.
  8. En ce qui concerne l'usage longtemps maintenu des brisures dans l'héraldique brabançonne, lire: Paul Adam et Frédéric Collon, « Armoiries brabançonnes médiévales d’après des sources inédites », « Caractéristique de l’héraldique brabançonne, La brisure en Brabant », dans Brabantica, volume IV, Bruxelles, 1959, p. 146: « Au point de vue de l'application des règles héraldiques, on doit semble-t-il distinguer, d'une part les pays où celles-ci sont rigoureusement suivies, comme la France, l’Angleterre, l’Ecosse, que l'on peut qualifier de pays d'héraldique classique ou de stricte observance, et d'autre part les pays où partie seulement des règles sont observées, comme l’Espagne, l'Allemagne, l’Italie.Sous cet aspect, et bien que hors du royaume, les pays "de par deçà le Rhin" suivaient les usages de France. "Ils formaient l'ancienne Marche d'Armes des Ruyers, comprenant les Brabançons, les Haynuiers, les Lyégeois, les Ardenois, les Hasebains et aultres de l’Empire deçà le Rhin." Cette grande marche d'armes avait eu primitivement son roi d'armes, « armorum rex de Ruyris», à la nomination du marquis de l’Empire, autrement dit le duc de Brabant; royauté dont le titulaire le plus connu est le héraut Gelre, auteur du célèbre armorial qui porte son nom. Les plus anciens monuments, soit français soit anglais, confirment que le Brabant observait rigoureusement les usages armoriaux de l'héraldique classique, spécialement en matière de brisure. Les oeuvres d'Adenet le Roi (1240-1297), élevé et nourri à la cour du bon duc Henri III, montrent l'application des règles d'alternance des émaux, l'emploi strict de la brisure (soit par changement d'émail, soit par addition d'une pièce) et des surbrisures ou desconnaissances (endenté ou besanté). On doit, en passant, relever l'erreur de De Raadt lorsqu’il affirme que "le moyen-âge évite la double brisure". Jusqu’au XVIe siècle, la brisure était d'usage courant et l'édit des Archiducs du 11 décembre 1616, article 5, vint rappeler que les cadets étaient tenus de mettre en leurs armoiries quelque brisure. à l’exception des gentilshommes du Luxembourg et de Gueldre, pays où l’usage de briser n’existait plus. Le Brabant a connu les modes de briser les plus variés; le plus ancien, conservé plus longtemps qu'ailleurs, est la brisure par modification des émaux. Ainsi, tandis que les ducs de Brabant placent sur champ de sable leur lion d'or, les sires de Gaesbeek, issus de Henri Ier, portent le lion d'argent. » Bibliographie donnée: P. Roland, OEuvres inédites du héraut Sicile, 1867, p. 184. - Ant. de la Sale,Des anciens tournois, éd. Prost, p. 194-195. - Beelaerts van Blockland, Beyeren quondam Gelre, 1933. (4) de Raadt, Sceaux armoriés des Pays-Bas, 1, p. 68.

Deuxième partie : Liste et armorial des personnes admises aux Lignages de Bruxelles et de leurs seigneuries

Survivance des Lignages de Bruxelles: l'Association royale des descendants des lignages de Bruxelles

Les actuels descendants des lignages de Bruxelles se sont regroupé au sein de l'Association royale des descendants des lignages de Bruxelles ou ADLB, placée sous le haut patronage du roi des Belges[6] qui est lui même issu de chacun des sept lignages et dont les ascendances lignagères ont été publiées dans la revue Les Lignages de Bruxelles.

Les Lignages s’occupent actuellement principalement de la défense du patrimoine culturel et historique de Bruxelles.

"L'Association royale des descendants des lignages de Bruxelles" dont l'histoire plonge dans l'origine même de la cité, conserve toujours un grand prestige auprès de ceux qui restent attachés au passé de cette ville devenue cosmopolite.

Liens internes

Liens concernant des sociétés urbaines comparables

Liens vers des articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Sources: Leo Lindemans : « Aanvullingen bij de genealogie Evenpoel », in Eigen Schoon en De Brabander n°10/11/12 Oct.Nov.Déc 1989 ; Th. De Raedt « Sceaux armoriés des Pays-Bas et des pays avoisinants », Bruxelles 1897, Tome Ii, p.194 ; « Les registres du lignage Sweerts – Admissions et résolutions », par Nicole Decostre & autres, Ed Genealigicum belgicum (« G.B. 5 »), Bxl 1964, pages 48-58 ; « Les juridictions scabinales dans le Duché de Brabant (des origines à la fin du XVe siècle) » par Raymond Byl (université Libre de Bruxelles), Puf, 1965), page 89.
  2. Concernant ces trois variantes, voir: Baron de Ryckman de Betz et Vicomte Fernand de Jonghe d'Ardoye, Armorial et biographie des chanceliers et conseillers de Brabant, t. IV, Hombeek, Château d'Egleghem, 1957 (Tablettes du Brabant, Recueil 4), pp. 994, 1068, 1069, 1174. (roue d'or); Brabantica, IX, 1144: roue d'argent à six rayons.; Dr. Georges Spelkens, "Armorial du lignage Serhuyghs", dans, Les lignages de Bruxelles, Bruxelles, n° 13-14, année 1964 (armes de Maître Guillaume van Langendonck, 1657: roue d'argent, cinq rayons). Georges Dansaert, Armorial: roue d'or; Henne et Wauters, édition illustrée, dessin des armes: roue d'argent à six rayons. Références reprises dans Damien Breuls de Tiecken, Armorial bruxellois, Bruxelles, 2009, sub verbo, qui reprend chacune des variantes.
  3. Baron de Ryckman de Betz et Vicomte Fernand de Jonghe d'Ardoye, Armorial et biographie des chanceliers et conseillers de Brabant, t. IV, Hombeek, Château d'Egleghem, 1957 (Tablettes du Brabant, Recueil 4), p. 1069.
  4. Sources: « Les registres du lignage Sweerts – Admissions et résolutions », par Nicole Decostre & autres, Ed Genealigicum belgicum (« G.B. 5 »), Bxl 1964, page 78: texte et note n°100 ; Jean-Baptiste Houwaert, Liber familiarum, Bibliothèque royale de Belgique, Ms.Ii6601 folio 291
  5. La famille de ou van Stalle (de gueules à la face d'hermine) constitue un ramage naturel de la Maison de Brabant comme étant issue de Henri de Stalle, bâtard de Guillaume de Louvain, seigneur de Perwez et de Ruysbroek, lui-même fils de Godefroid III de Louvain.
  6. voir http://www.gdml.be/lignages-roi.htm.

Voir aussi

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