Amalaire
Le codex Dacheriana (805) de la cathédrale de Cologne témoigne de la réforme liturgique carolingienne dont Amalaire est un acteur.

Amalaire de Metz ou Amalarius (775 dans la région de Metz – † 850 probablement à Metz) est une figure de la Renaissance carolingienne, connu pour sa participation à l’évolution de la liturgique.

Sommaire

Historique

Il fait ses études à l’abbaye de Saint-Martin-de-Tours, entre 796 et 804, au moment de l’abbatiat d’Alcuin, l’un des principaux amis et conseillers de Charlemagne[1].

Il est écolâtre à la cour d’Aix-la-Chapelle, et devient évêque de Trèves entre 809 à 813. En 813, avec l’abbé Petrus de Nonamtula, il est ambassadeur de Charlemagne auprès du roi Michel Ier Rhangabé à Constantinople[1]. Il écrit une relation amusée de ce voyage dans les Versus marini. Il fait un nouveau voyage en 814, passant par Rome et Constantinople.

Amalaire est connu pour ses écrits liturgiques et surtout pour son Liber officialis ou De ecclesiasticis officiis en trois livres rédigés vers 820 ou 823. Il y propose une interprétation allégorique de la liturgie. Il poursuivra cet ouvrage tout au long de sa vie, lui ajoutant quatre compléments.

En 831 il se rend à Rome, auprès du pape Grégoire IV, puis à l’abbaye de Corbie où il compile un antiphonaire romain[1], le Liber de ordine antiphonarii, rédigé vers 832. Il joue un rôle important dans la réforme religieuse entamée sous Pépin le Bref, utilisant notamment son antiphonaire pour l’église de Metz.

Il est nommé à l’archevêché de Lyon en 834 ou 835, après la destitution d’Agobard de Lyon par le Concile de Thionville[2]. Il participe au synode de Quierzy (septembre 838), où il s’oppose à Florus et à Agobard de Lyon ; le synode condamne certains de ses avis liturgiques et restitue le titre de primat des Gaules à Agobard.

La liste historique des cardinaux mentionne que le pape Serge II, vers 844, élève Fortunatus Amalarius[3] au rang de cardinal.

Apport à la musique liturgique

Amalaire expose dans ses ouvrages les différences entre le chant gallican et le chant romain, ceci, alors que le gallican régresse au profit du chant messin (futur chant grégorien)[1]. Il est ainsi un des rares auteurs nous donnant des informations sur ce premier. Il donne beaucoup d’informations sur la liturgie de l’époque, notamment sur la place du chant au sein de celle-ci, sur le rôle du chantreetc.

Ces écrits étudient le répertoire, le rituel de la musique, mais ils ne fournissent pas d’exemples, et manquent souvent de rigueur dans la terminologie musicale.

Écrits recensés

  • Ernst Dümmler, « Lettres », dans Monumenta Germanicae historica inde A. C. 500 usque ad 1500, Epistolae selectae, vol. 5, Hanovre, 1826, p. 242, 679.
  • Ernst Dümmler, « Versus marini », dans Monumenta Germanicae historica inde A. C. 500 usque ad 1500, Poeta Latina, vol. 5, Hanovre, 1826, p. 426, 694.
  • Johann M. Hanssens, Amalarii episcopi opera liturgica omnia (3 volumes), Studi e Testi (nos 138–140), Vatican, 1948–1950.
  • Jacques Paul Migne, Patrologiae cursus completus. Serie latina (221 volumes), Petit Montrouge, 1844–1855 (réédition Turnhout, 1966), vol. 105, p. 815.

La Patrologie Latine de Jacques-Paul Migne recense de lui (sous le nom de Symphosius Amalarius) :

  • De ecclesiasticis officiis (« des offices religieux »)
  • Eclogae de officio missae (« églogues sur l'office divin »)
  • Epistolae (« lettres »)
  • Forma institutionis canonicorum (« forme des institutions canoniques »)
  • Liber de ordine antiphonarii (« livre de l'ordre des antiphonaires »)
  • Amalarius Fortunatus Trevirensis des Eglogae (« églogues »)
  • Epistola de caeremoniis baptismi (« lettre sur la cérémonie du baptême »)
  • Versus marini.

Ouvrages généraux

  • Françoise Ferrand (dir.), Guide de la musique du Moyen Âge, Paris, Fayard, 1999, 850 p. (ISBN 2-213-03063-4) .

Notes et références

  1. a, b, c et d Ferrand 1999, p. 60.
  2. Concile qui avalise en fait le désir de Louis le Pieux contre Agobard, qui avait pris position contre lui et en faveur de Lothaire Ier
  3. Le catholic forum considère Amalarius, Amalarius Fortunatus et Amalarius Symphosius comme une seule et même personne même si la Patrologie Latine recense séparément les œuvres des deux derniers.

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