Auguste Le Breton
Auguste Le Breton
Autres noms Auguste Montfort
Activités romancier
Naissance 18 février 1913
Décès 31 mai 1999 (à 86 ans)
Genres roman policier

Auguste Montfort, dit Le Breton, est un écrivain né le 18 février 1913 à Lesneven et mort le 31 mai 1999 à Saint-Germain-en-Laye. Après une jeunesse qui faillit mal tourner, il se ressaisit et entame avec succès une carrière d'écrivain. Auguste Le Breton est célèbre pour avoir inventé en littérature le mot « rififi ». Auteur prolifique de romans policiers, il a par ailleurs, écrit des romans très profonds. Plusieurs de ses livres ont fait l'objet d'une adaptation cinématographique.

Sommaire

Biographie

Jeunesse et premiers boulots

Son père Eugène Monfort (sans t)[1], qui est un acrobate et un clown[2], un auguste (d'où le prénom de son fils)[réf. nécessaire], meurt à la Première Guerre mondiale en septembre 1914[1]. Sa mère « l'oublie » sur son parcours. Il sera adopté par les Pupilles de la Nation, et de la ferme bretonne où il garde les vaches, on le conduit, à huit ans, dans un orphelinat de guerre. Épris de liberté et d'aventures, il s'en évade à onze ans, puis à douze pour aller en Amérique combattre les Indiens. Rêve d'enfant… À quatorze ans, ces évasions lui valent d'être transféré dans un Centre d'Éducation surveillée, à l'époque endroits implacables. Cette enfance et cette adolescence particulières, il les racontera dans Les Hauts Murs et La loi des rues.

Ensuite, les choses ne s'arrangent pas : il est couvreur, terrassier, il fréquente la pègre. Là, il noue de solides amitiés avec les voyous de Saint-Ouen qui, logiquement le baptisent « Le Breton ». C'est le témoin d'un époque aujourd'hui révolue, il racontera plus tard : « Maurice la Gouine, il avait même fait mettre un diam' dans la canine de son chien. Du folklore, oh la la, c'est pas aujourd'hui qu'on trouverait ça à Paris ! »[3]. Lorsque la guerre survient, puis l'Occupation, il fait le bookmaker, possède des parts dans des tripots et des restaurants, affronte parfois les gangsters de la Gestapo française. À la Libération, on lui attribue la Croix de Guerre, mais non ce qu'il recherche : pouvoir pénétrer dans les orphelinats et maisons de correction pour s'informer et voir. Il reprend ses activités de bookmaker clandestin. Il raconte cette biographie sous l'Occupation dans 2 sous d'amour.

Débuts de l'écriture

Puis, en 1947, il a 34 ans, lui naît sa fille Maryvonne. Il décide alors de tenir le serment qu'il s'était fait lorsqu'il dormait contre les grilles de métro pour bénéficier de sa chaleur fétide : « Si un jour j'ai un enfant, j'écrirai la mienne d'enfance, pour qu'il comprenne, pour qu'il reste humble et propre toute sa vie et devienne un homme ». Ce sera une fille, mais qu'importe, Auguste a toujours été un homme de parole. Il prend la plume pour raconter les années de maison de correction de sa jeunesse dans Les Hauts Murs, qu'il dédie à sa fille, Maryvonne.

Il écrit par la suite La Loi des rues, mais c'est Du rififi chez les hommes édité à la Série noire qui fait de lui une vedette du polar à la française. Son avocat d'alors lui suggère de déposer le mot « Rififi ». Le mot reste la propriété exclusive de son auteur. Le livre deviendra un film de Jules Dassin. Le manuscrit sera refusé par plusieurs éditeurs avant finalement d'être accepté par les Presses de la Cité. Dans Razzia sur la chnouf il fera même une apparition en tant que dirigeant de tripot, lorsque Jean Gabin vient chercher un transporteur de chnouf indélicat, calibre en main. Par la suite, le cinéma puisera énormément dans l'œuvre d'Auguste Le Breton (associé à des noms comme Michel Audiard, Albert Simonin, Frédéric Dard, etc.).

Il a introduit l'argot moderne en 1954 avec le Rififi chez les Hommes, ainsi que le verlan en littérature ; verlan qu'il a créé en 1942 au Café de la Poste, à Paris, comme il a créé le mot « Rififi » sur le quai de la Fosse, à Nantes toujours en 1942. Mot qui va entrer dans les dictionnaires et faire le tour du monde. L'argot, lui, vivra toujours, puisqu'il est le langage des rues : « L'heure étant venue de dédier ce livre, je l'offre à mes involontaires professeurs d'argot, à tous ceux avec qui j'ai vécu : Aux élèves de l'Orphelinat de Guerre où j'ai poussé, aux Pupilles du Centre de Redressement où j'ai grandi, aux arsouilles des rues avec qui mes dix-huit ans ont souffert, ri, haï, aimé, volé… Puis aux ouvriers couvreurs, plombiers, briqueteurs, dépanneurs d'ascenseurs qui, tout en m'instruisant à leur façon, ont tendu vers mon adolescence sans espoir leurs amicales mains rudes. »

Écrivain confirmé

S'enchaînent alors plus de 80 livres dont certains seront portés à l'écran : les mythiques Razzia sur la chnouf, Du Rififi chez les hommes, et le célèbre Clan des Siciliens'. Ces films lui ont permis de côtoyer des monstres du cinéma français : des acteurs tels Gabin, Ventura, Delon, Hossein et des metteurs en scène comme Gilles Grangier, Henri Decoin et Henri Verneuil. Auguste Le Breton était moins à l’aise dans la fiction pure et dure. Il était surtout un excellent autobiographe et biographe, un excellent témoin de son époque et de son milieu. Il fait le tour du monde, ce qui lui permet de situer l'action de ces « Rififis » au Brésil, Mexique, Argentine, Canada, à New York, à Hong Kong. Il dira : « Je ne crois pas qu'on puisse situer un roman dans un pays où l'on n'a pas vécu. Un écrivain ne doit pas vivre sans quitter sa chaise ou alors il ne sert à rien. »

Amoureux de sa Bretagne natale, il partage son temps entre la région parisienne et Brignogan. Il n'était pas rare de croiser ce « petit bonhomme », toujours coiffé d'un béret ou d'une casquette, emmitouflée dans une écharpe, à Lesneven pour ses achats « littéraires » ou à Ploudaniel, où il avait ses habitudes dans un restaurant. Le 3 juillet 1996, il inaugure la bibliothèque de Ploudaniel. Et trois ans plus tard, jour pour jour, le 3 juillet 1999, Maryvonne, sa fille, inaugure le bâtiment où se situe la bibliothèque, bâtiment qui devient l'espace Auguste le Breton. À 85 ans, en 1998, il a publié Du vent.. Et autres poèmes révélant au public un autre aspect de son talent. Il avait écrit Monsieur Crabe, un hommage à ceux et celles qui l'avaient épaulé dans sa lutte farouche contre un cancer de la gorge, dont il s'était sorti. Mais le « crabe » n'avait pas dit son dernier mot.

Auguste Le Breton a passé les dernières années de sa vie au Vésinet, rue Pasteur. Livrant son ultime combat contre « Monsieur Crabe », il est mort d'un cancer du poumon à l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye le 31 mai 1999 à l'âge de 86 ans. Il est enterré au cimetière du Vésinet.

Son livre, Les Hauts Murs, est adapté à l'écran en 2008.


« Les clilles se farcissaient du champ' comme s'il en pleuvait. Y avait de tout parmi eux : des truands, des industriels, même une tablée de pedzouilles. Ces derniers n'étaient pas à la bourre pour la valse des bouchons. Y s'appuyaient leur piquette d'un seul trait, à croire qu'y s'croyaient dans leur cambrousse, au cul de leurs tonneaux de cidre. Leurs frimes étaient rougeaudes, leurs carreaux luisants. Leurs fringues reniflaient bien un brin l'étable, mais les entraîneuses ne s'arrêtaient pas à ces concetées. Plus souvent. Ces bouzeux vous possédaient de ces porte-biftons saucissonnés de caoutchouc ! Au comptoir, perchées sur des tabourets, deux nanas se laissaient pincer les noix par des corniauds en goguette. L'une d'elles jeta un coup de saveur sur une équipe de mirontons qui venaient de soulever la tenture bleue de l'entrée et murmura à sa pote :
« Te détranche pas, Lily, La Mondaine ... »
Pour que les caves qui les serraient de trop près n'entravent pas, elle ajouta en verlen :
«Qu'est-ce qu'ils viennent tréfou les draupers à cette heure-ci ? Pourvu qu'ils fassent pas une flera. Ça serait le quetbou ; j'ai pas encore gnéga une nethu »

— Auguste Le Breton, Du rififi chez les hommes, Gallimard, 1953, p. 36

Œuvres

Séries
  • Brigade antigangs
  • Du rififi à Hambourg (Les racketters)
  • Du rififi au Canada (Le Bouncer)
  • Du rififi en Argentine (Où souffle le Pampero)
  • Du rififi à New York (Pour 20 milliards de diamants)
  • Du rififi au Cambodge (Opium sur Angkor Vat)
  • Du rififi à Hong-Kong (Sociétés secrètes criminelles)
  • Du rififi à Paname (Face au syndicat du crime)
  • Du rififi à Barcelone (Toreros et truands)
  • Du rififi au Brésil (Escadron de la mort)
  • Du rififi au Mexique ( Chez Cuanthemoc)
  • Du rififi au Proche Orient (Le pain, le sang et le sel)
  • Du rififi derrière le Rideau de Fer
Autres
  • Les Hauts Murs (1954)
  • Du rififi chez les hommes (1953) Éditions Gallimard. Rééditions dont Folio, Gallimard, 1992.
  • Le rouge est mis (1954)
  • Razzia sur la chnouf (1954)
  • La loi des rues (1955)
  • Du rififi chez les femmes (1957)
  • Rafles sur la ville (1957)
  • Langue verte et noirs desseins (1960 — illustré par Piem)
  • Priez pour nous (1961)
  • Les jeunes voyous (1967)
  • Les tricards (1967)
  • Le clan des siciliens (1967)
  • Les racketters (1968)
  • Les maq's (1968)
  • Le tueur à la lune (1971)
  • Le rouge est mis (1971)
  • Les bourlingueurs (1972)
  • Les pégriots (1973)
  • La môme Piaf (1980)
  • Monsieur Crabe (1980)
  • Ils ont dansé le rififfi (1991)
  • Le bedeau (1995)
  • Du vent.. et autres poèmes (1998)
  • Du Rebecca chez les aristos (2002)

Notes et références

  1. a et b Goulven Péron, Le clan des Monfort, Revue du Centre Généalogique du Finistère, 114, Juin 2010, p.49-56
  2. Olivier de Lagarde, Les Noms de famille en Normandie: histoires et anecdotes, Archives & Culture, 1998, 215 pages, p. 123 (ISBN 2911665171).
  3. Auguste Le Breton par Emmanuelle Papazian / La République des Lettres, 30 avril 2008

Liens externes



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