Antoine Laroche-Dubouscat
Antoine Laroche-Dubouscat
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Origine Drapeau de France France
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile (7e colonne)

Antoine Laroche-Dubouscat, fils d'un propriétaire de Condom (Gers), naquit dans cette ville le 16 décembre 1757, militaire français.

Destiné par son éducation à suivre la carrière du barreau, ses inclinations le décidèrent, le 1er juillet 1774, à s'engager comme simple dragon dans le régiment de Monsieur.

Ayant quitté ce corps le 3 novembre 1778, il entra comme volontaire dans la légion de Nassau le 1er avril 1779, et il y servit en qualité d'aide-de-camp du prince de Nassau Siégen, qui la commandait jusqu'au 22 mai.

Passé dans la gendarmerie et rayé des contrôles de cette arme le 3 octobre, il prit alors du service dans la légion de Luxembourg, avec laquelle il concourut, en 1780, à l'expédition contre Jersey et Guernesey, et il la suivit en Hollande en qualité de capitaine aide-major en 1782, époque à laquelle elle cessa d'appartenir à l'armée française.

Embarqué sur une escadre conduisant des troupes au cap de Bonne-Espérance, il se trouvait à bord de la frégate l'Apollon, qui avait obtenu de voyager isolée, à cause de la vitesse de sa marche et de l'épidémie dont elle était frappée, lorsque ce bâtiment fut attaqué, en avant de la ligne, par deux corsaires anglais. Laroche et quelques grenadiers étaient seuls en état de combattre. Ils soutinrent pendant sept heures une lutte des plus vives, désemparèrent les navires ennemis, et la frégate, ainsi délivrée, atteignit le cap vingt-deux jours avant le reste de l'escadre.

La légion de Luxembourg étant réunie, Laroche s'occupa de son organisation, mérita par son zèle et son activité les éloges du gouverneur, le maréchal de camp Camvrai, qui lui conféra le grade de major.

Dix mois plus tard, la légion partie de Ceylan, et de là dirigée sur divers postes en Afrique et dans l'Inde, les défendit avec succès contre les agressions des Anglais; sauva Ceylan d'une invasion, et força les rois de Candi et de Travancour à respecter désormais les possessions hollandaises.

Malgré d'aussi grands avantages procurés par la légion de Luxembourg, le gouverneur de Ceylan, au mépris de la capitulation qui la plaçait dans les mêmes conditions que les Suisses en France, voulut, pour le régime et la paie, l'assimiler aux autres troupes. Il s'irrita de la résistance que Laroche et les autres officiers apportèrent à cette mesure, et, pour s'en venger, les ayant accusés de rébellion, il les fit arrêter et conduire à Batavia, où leur innocence ne fut reconnue qu'après une captivité de vingt-six mois.

Révoltés des traitements qu'ils avaient subis, ils demandèrent à retourner en Europe. Laroche, à son arrivée à Paris, réclama du gouvernement hollandais le paiement de ce qui lui restait dû de ses appointements et la valeur de ses propriétés confisquées lors de son arrestation; il fit même un voyage en Hollande, mais fatigué des difficultés qu'on lui opposait sans cesse, il revint à Paris, il prit part aux événements du 14 juillet 1789, se rendit à Condom pour y accélérer le mouvement révolutionnaire, y exerça diverses fonctions administratives, et fut élu, en septembre 1792, chef du 4e bataillon des volontaires des Landes.

Nommé, le 8 juillet 1793, adjudant-général chef de brigade, il commanda en cette qualité la place de Bayonne, depuis le 12 septembre suivant jusqu'au 11 vendémiaire an II.

Promu, le même jour, général de brigade, et choisi par le général Millier pour remplir les fonctions de chef d'état-major à l'armée des Pyrénées-Occidentales, il pourvut rapidement à l'organisation de cette armée et resserra les liens de la discipline. Aussi, Robespierre, naturellement peu louangeur, eut-il bientôt l'occasion de dire que « l'armée des Pyrénées-Occidentales était le bijou des armées de la République.»

Laroche ne négligea aucune occasion de signaler son courage. Une attaque ayant été dirigée, le 17 pluviôse, sur Urruge et Saint-Jean-de-Luz, il concourut puissamment à mettre en déroute 13 000 Espagnols qui défendaient ces deux villes. Toutefois, ni la valeur qu'il déploya dans cette circonstance, ni le zèle avec lequel il remplissait ses devoirs de chef d'état-major, n'empêchèrent le ministre de la guerre, Bouchotte, de prononcer, le 21 prairial, sa suspension, et de l'envoyer en surveillance dans ses foyers, comme suspect d'incivisme. Le 9 thermidor mit fin à cette situation pénible, dans laquelle, néanmoins, il devait se retrouver plusieurs fois encore dans le cours de sa carrière.

Rappelé à l'armée des Pyrénées le 21 du même mois, il venait de se distinguer, le 8 frimaire an III, au combat de Bergara, lorsqu'un arrêté des représentants du peuple, Meilan et Chaudron-Rousseau, lui enleva de nouveau son emploi. Cette mesure, qui frappait également les généraux Marbot, Frégeville, Boucher et Pinet, fut, quant à Laroche, rapportée par le Directoire qui, le 14 ventôse an IV, l'envoya servir à l'armée de Rhin-et-Moselle, commandée par Moreau.

Le 15 messidor, ce général confia à Laroche la 21e demi-brigade d'infanterie légère, ainsi qu'une partie du 2e chasseurs à cheval, et lui ordonna d'occuper la vallée de Renchen, dont les gorges étaient défendues par des tirailleurs et des paysans armés qu'il dispersa; mais le but de l'expédition consistait à chasser du Kniebis, la plus haute des montagnes Noires, le prince de Wurtemberg qui s'y était retranché derrière une redoute très-forte avec un réduit casemate. Laroche, quoique dépourvu d'artillerie, n'hésita pas à attaquer cette position redoutable. Il l'enleva de nuit et malgré la plus opiniâtre résistance : 400 prisonniers, deux pièces de canon, tels furent les résultats de cette brillante affaire. Le lendemain, après un combat pendant lequel il reçut une blessure grave à la main, il s'empara de Freudenstadt et battit, le 3 thermidor, les Autrichiens à Esslingen, concurremment avec le général Taponier. Il eut une part glorieuse à la bataille de Neresheim, le 26 du même mois.

Le général Laroche, épuisé de fatigue, souffrant des suites de sa blessure, fut obligé de rester éloigné du théâtre de la guerre pendant toute la durée de l'an V.

Le siège de Mannheim, 1794/1795.

Nommé général de division le 12 thermidor an VII, il prit, en pluviôse an VIII, le commandement de la 26e division militaire (Blocus de Mayence). Il fut chargé, au mois de thermidor suivant, du siège et du bombardement de Philippsburg, et, le 2e jour complémentaire, il fut forcé d'abandonner Mannheim qu'il avait défendu contre 30 000 Autrichiens.

Accusé de malversations commises dé complicité avec plusieurs administrateurs de la 26e division militaire, et, pour ce motif, réformé le 7 vendémiaire an IX, il adressa de vives réclamations au premier Consul, qui, faisant justice de cette inculpation calomnieuse, le réintégra dans son grade, le 12 nivôse suivant.

Membre et commandant de la Légion d'honneur, les 19 frimaire et 25 prairial an XII, il reçut, le 18 janvier 1807, le commandement du camp de Saint-Lô, et le 2 août celui du corps d'observation de la Gironde.

Admis à la retraite le 18 janvier 1808, il est mort le 21 juin 1831.

Source

« Antoine Laroche-Dubouscat », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]


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