Mediation interculturelle

Médiation interculturelle

La médiation sociale est une approche relationnelle visant à privilégier l'entretien, le maintien et ou le rétablissement de lien de sociabilité entre des personnes demeurant dans un même environnement. Elle fait partie de l'application de la médiation. La médiation sociale est citée dans le rapport de la commission pour la libération de la croissance française présidée par Jacques Attali (décision 161)[1].

La médiation interculturelle est le fait d'établir des liens de sociabilité entre des gens issus de cultures différentes et qui résident sur le même territoire frontalier.

La médiation transnationale revient à la même démarche, à la différence qu'il s'agit d'une approche prenant en compte le fait que les personnes ne résident pas sur le même territoire.

La compétence interculturelle est définie par l’aptitude à pouvoir communiquer avec succès avec des gens d’autres cultures. Cette faculté peut être présente dès le plus jeune âge ou (selon la disposition et la volonté) être développée de manière méthodique. La base d’une communication interculturelle réussie est la compétence émotionnelle et la sensibilité interculturelle. Ce concept est utilisé principalement dans le monde de l'industrie et des finances.


Sommaire

Médiation interculturelle et sociologie

La médiation n'est pas un thème de la recherche sociologique qui se lie à des questions autour de l'exclusion sociale, de la ségrégation urbaine. Elle est appréhendée comme une technique de démocratisation dans le domaine de l'aménagement du territoire et une ressource pédagogique dans l'apprentissage des règles dans les interactions sociales. Dans le domaine de la gestion des différences, elle accède à un registre normatif censé permettre de "mieux" vivre ensemble.[2]

Médiation interculturelle et psychologie

Parmi les multiples acceptions de la notion de médiation interculturelle, il en est une utilisée depuis de nombreuses années dans les champs de la psychologie clinique interculturelle, de l'ethnopsychiatrie ou de l'ethnopsychanalyse. D'une manière générale, le médiateur interculturel se définit comme un interprète explicitant le sens de sa traduction en la resituant dans le contexte culturel. Il intervient ainsi pour médiatiser les relations entre soignants et soignés. La linguiste Sybille de Pury, dans son livre, Traité du malentendu. Théorie et pratique de la médiation interculturelle en situation clinique analyse avec finesse les enjeux liés à ces pratiques. Un travail conséquent sur la fonction de médiateur interculturel a aussi été réalisé au sein de l'Association Géza Roheim.

Bases

La compétence interculturelle est une aptitude sociale, donc se situe surtout autour de la sociologie, mais doit être abordée de façon interdisciplinaire, incluant notamment la psychologie.

Ces aptitudes signifient qu’une personne perçoit et comprend des différences culturelles qui touchent à la pensée, au resenti émotionnel, aux actes. Ces expériences sont considérées comme libres de préjugés, c'est-à-dire avec une ouverture d’esprit et une volonté d’apprendre.

Au vu des développements actuels dans la politique, les réligions, l'économie (fusions, etc.), la compétence interculturelle est devenue un terme émergeant de plus en plus important, enseigné dans divers milieux y compris universitaires et faisant partie du processus de sélection des cadres (surtout : compagnies internationales, processus de négociations internationaux...).

Une culture peut se définir à de nombreux niveaux (région, nation, groupe etc.). Chaque être humain a sa propre histoire, sa propre vie et par conséquent sa propre “culture“ ou son appartenance culturelle (y inclus la culture géographique, ethnique, morale, éthique, religieuse, politique, historique). Cela concerne des gens provenant de différents continents ou pays, mais aussi de différentes entreprises, de l’autre sexe ou de minorités quelconques – même au sein d’une famille peuvent cohabiter des valeurs culturelles différentes.

Exemples typiques de différences culturelles

Une perception différente, souvent sélective :

  • Perception des objets et couleurs : les Inuits connaissent 16 expressions différentes pour « neige », et les Zoulous connaissent 39 expressions différentes pour « vert ». Dans les pays arabes, les odeurs des condiments sont souvent perçues de manière plus différenciée qu’aux États-Unis.
  • La perception du temps en Chine et Japon est plutôt orienté vers le passé (ancêtres, valeurs), dans les pays méditerranéens et l’Amérique du sud l’orientation est plutôt vers le présent, et les États-Unis comme l’Europe sont orientés plutôt vers le futur (le degré d’industrialisation, et ainsi le rapprochement culturel des différentes sociétés, détermine souvent l’orientation vers le futur).

Les mêmes comportements peuvent avoir des significations très différentes :

  • Le pouce en haut signifie en Amérique du sud « tout est en ordre », en Europe centrale il a en plus la signification de « un ». En Iran, le pouce en haut est un geste déplacé, équivalent au doigt d'honneur avec le majeur dans la plupart des autres cultures.
  • Un autre geste pour « tout est en ordre » est, pour certaines professions comme les pilotes et plongeurs, le pouce et l’index en forme d’un « O ». Ce même geste signifie pour les Japonais « maintenant nous pouvons parler d’argent », dans le sud de la France au contraire : « pas un sou ». En Espagne, ainsi que dans plusieurs pays sud-américains, en Europe de l’est et en Russie, il s’agit d’une expression vulgaire.
  • Au Japon, le sourire/rire peut aussi être un signe d’embarras et de confusion. Dans les réunions, on aime avoir des pauses sans parler même de plusieurs minutes. En Europe et en Amérique, ces comportements provoquent plutôt de l’incertitude.
  • Le mot « compromis » a en Angleterre une connotation positive (agréement, quelque chose de bien qui vient à la rencontre des deux parties). Au contraire, on y voit aux États-Unis une solution où les deux perdent.
  • Lorsque l’on est invité et que l’on part immédiatement après le dîner, cela signifie en Chine que l’on a bien aimé ce dernier (attendre encore mènerait les hôtes à penser que l’on n’a pas assez mangé). Cependant, au Canada, aux États-Unis et dans divers pays européens, on s’attend à ce que l’invité reste encore pour discuter, et l’on penserait, s’il partait tout de suite, qu’il n’était venu que pour manger.

Préconditions

Les conditions de base à la compétence interculturelle sont sensibilité, confiance en soi, compréhension d’autres comportements et manières de penser, de même qu’une capacité à pouvoir communiquer son propre point de vue, être compris et respecté, se montrer flexible quand cela est possible mais être clair quand cela est nécessaire.

Il s’agit d’un équilibre, via une adaptation à la situation vécue, entre :

  1. les connaissances (au sujet des autres cultures, personnes, nations, comportements,…),
  2. l’empathie (perception des sentiments et besoins d’autrui), et
  3. la confiance en soi (savoir ce que l’on veut, être sûr de la connaissance de soi).

Différences culturelles

Dans l’analyse des attributs culturels se distinguent différentes dimensions, parmi lesquels :

  • individualisme vs. collectivisme
  • fémininité (chacun a la même valeur, qualité de vie) vs. masculinité (orientation vers la compétition)
  • sécurité (besoin plus ou moins grand de règles, structure)
  • distance au pouvoir (différence effective ou sentie entre des niveaux hiérarchiques)
  • penser et agir de façon monochrone (tâches fixées dans le temps, choses les unes après les autres - planification) vs. polychrone (plusieurs choses à la fois, en parallèle)
  • attributs structurels : orientation des valeurs, compréhension du temps (orientation vers le passé ou le futur) et de l’espace (ex : meubles au centre ou contre les murs, pauses ou non dans un discours), perception selective (voir seulement ce que l’on veut ou bien l’ensemble), communication non-verbale, comportement face à telle ou telle situation.

Selon ces et d’autres critères il est possible d’analyser des pays, régions, compagnies, groupes sociaux, mais aussi des individus, et de déterminer des degrés de compatibilité.

Évaluation des compétences

Pour une évaluation de la compétence interculturelle en tant qu’habilité existante et / ou potentiel à développer (en estimant les besoins et délais mis en jeu), les caractéristiques suivantes sont testées et observées : gestion de situations complexes, ouverture, attitude flexible, stabilité émotionnelle, engagement et motivation, empathie, aptitudes metacommunicatives, polycentrisme.

Notes et références

  1. voir le rapport de la commission Attali sur le site de la documentation française
  2. La médiation, une comparaison européenne, sous la direction de Michel Wieviorka, les éditions de la DIV, études et recherches, 2002, page 59.

Voir aussi

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