André Galerne
André Galerne à son bureau en 1956

André Galerne, né le 1er octobre 1926 à Paris et mort le 6 mai 2008 à Scottsdale (Arizona), est un plongeur français, pionnier dans les travaux sous-marins.

Sommaire

Les années de guerre

Il poursuit des études à l'École technique d'aéronautique et de construction automobile, mais ne peut les terminer pour cause de Seconde Guerre mondiale. En 1943, il découvre la plongée sous-marine grâce à un essai du scaphandre Le Prieur dans la piscine des Tourelles.

Il rejoint la Croix-Rouge comme chef de secteur (République - Voltaire) et porte secours notamment aux 27 victimes de l'explosion d'une batterie de DCA allemande.

Sous cette couverture, il rejoint la résistance pour faire du renseignement (surveillance du QG des Miliciens, repérage des régiments allemands de passage à Paris…).

Repéré, il quitte Paris pour l'Oise, et, avec d'anciens copains, se spécialise notamment dans l'explosion des batteries de DCA installées en forêt de Montmorency.

Un jour d'août 1944, à la suite de l'attaque d'un convoi allemand, André Galerne est arrêté avec quatre de ses camarades. Ils sont alors amenés dans un bois, le parc Barachin, pour y être fusillés.

Pendant le trajet, André Galerne dit à ses camarades qu'il allait tenter de se « tirer », tout en n'y croyant pas tellement lui-même, mais plutôt pour s'occuper l'esprit.

On les aligne sur une petite butte, les Allemands face à eux, on leur ordonne de se déchausser.

Il se baisse docilement, et tout d'un coup, fonce vers les bois, plus ou moins suivi par les autres.

Deux tombent sur place, mais André Galerne et deux de ses amis réussissent à échapper à la fusillade. Pendant la fuite, un Allemand surgissant de la haie d'un pavillon le met en joue. André Galerne lève les bras, titube, trébuche… et se jette sur l'Allemand, le mettant hors de combat (il est ceinture marron de judo). Puis il réussit à se cacher dans le grenier d'une école où il reste toute la journée. Il a tout de même eu des ongles arrachés, le crâne fêlé et une balle dans la fesse. Son oncle lui dira plus tard en plaisantant : « Oui, tu as été blessé aux fesses en faisant face à l'ennemi ».

Revenu à Paris, il participe aux derniers combats de la Libération, et en particulier à la chasse aux miliciens embusqués dans le cimetière du Père Lachaise.

Il retrouve alors son ancien voisin, policier, celui qui l'avait prévenu alors qu'il avait été repéré à Paris, qui l'embauche dans la police où il poursuit pendant quelque temps les malfrats qui s'en prennent aux détenteurs de « lessiveuses », endroits où était stocké l'argent du marché noir.

Puis il s'engage dans l'armée « pour la durée de la guerre », et du fait de ses études, se retrouve dans l'aviation. Ne pouvant devenir pilote, il choisit de redevenir civil en 1945.

Les années « scoutisme »

Il découvre alors le scoutisme avec les Éclaireurs de France (mouvement non confessionnel) au clan de La Pérouse, dont la spécialité est le kayak et qui regroupe les jeunes à partir de 16 ans.

Il avoue que cette opportunité a modifié le cours de sa vie au moment où il était sur le point de « faire de grosses bétises ».

En 1946, il crée son propre clan, auquel il donne le nom de Claude Sommer, un jeune copain résistant exécuté par les allemands. Il choisit comme spécialité la spéléologie. Toujours à la recherche d'argent.

La fabrication de matériels divers est la principale source de revenus du clan : échelles, mâts d'escalade, treuils, lampes frontales, qui sont vendus à d'autres groupes spéléos. Ces fabrications servent à financer les activités du clan, ainsi que les cotisations de ceux qui ne peuvent pas payer, les étudiants.

Mais au cours des explorations, le clan est souvent arrêté par des plans d'eau, ce qui les amène à se procurer du matériel de plongée pour pouvoir éventuellement franchir des siphons.

Pour s'entraîner, ils commencent à plonger en mer, et petit à petit, glissent de la spéléologie vers la plongée sous-marine de façon presque exclusive.

Toujours à la recherche d'argent, le clan effectue quelques travaux rémunérés, quand arrive un « vrai » travail à l'automne 1951 : à la demande d'EDF, le clan Sommer est sollicité pour effectuer une intervention sur le chantier d'un barrage hydroélectrique, au lac d'Issarlès.

Quatre éclaireurs réalisent le travail, à la satisfaction d'EDF.

André Galerne est bien sûr de ceux-là.

Années SOGETRAM

L'idée de fonder une société couvait depuis un moment, mais après cette intervention, il devenait évident qu'il fallait sauter le pas.

Les premiers de la SOGETRAM, en 1953

André Galerne, après avoir étudié différentes possibilités, rencontra M. Riby (ancien résistant et déporté), secrétaire général de l'Entente communautaire (Fédération des Communautés de travail), qui le convainquit que ce type de statuts correspondait à l'esprit recherché.

C'est ainsi que fut créée le 27 juin 1952 la Société Générale des Travaux Maritimes et Fluviaux, au capital de 21.000 Francs de l'époque, soit environ 32€.

Très vite, la société se fit appeler SOGETRAM, pour des raisons évidentes de facilité.

Cet esprit communautaire a été la force de Galerne, véritablement habité par cette idée, qu'il a fait partager par l'ensemble du personnel grâce à son charisme extraordinaire.

Lors de l'embauche d'un nouveau salarié, Galerne se chargeait lui-même de « baptiser » et de le « catéchiser », en lui expliquant la Communauté, ses droits et devoirs vis-à-vis d'elle.

Et de 1958 à 1961, ont paru 17 numéros de L'Amarre aux Grenouilles, journal interne qui permettait à Galerne de revenir, presque tous les mois, sur l'esprit communautaire et les responsabilités de chacun.

Dès 1951, André Galerne avait pris contact avec le commandant Cousteau, alors totalement inconnu du grand public, en tant que journaliste du Routier (le journal des Éclaireurs de France).

Très vite, des liens d'amitié se nouent, et au début de 1952, il embarque sur la Calypso pour l'exploration de l'épave du Grand Congloué.

Mais quand Cousteau lui demande de participer au tournage du Monde du Silence, Galerne est en pleine création de la SOGETRAM…

Galerne, plongeur avant tout‎

Galerne, l'homme

Durant toute sa carrière, André n'a cessé de chercher à améliorer la sécurité des scaphandriers. Aux États-Unis, il fut à l'origine et Président d'un puissant syndicat patronal, l'ADC (Association of Diving Contractors), grâce auquel les premières règles de sécurité pour les scaphandriers furent créées.

Il était Chevalier de la Légion d’Honneur et avait reçu de multiples récompenses dans de nombreux pays et notamment aux États-Unis.

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