Jordanès

Jordanès
Istamboul, l’antique Constantinople, capitale de l’Empire romain d'Orient, où Jordanès composa ses Gétiques.

Jordanès ou Jornandès est un historien de langue latine du VIe siècle, connu principalement comme l'auteur d'une Histoire des Goths (Getica) composée en 551[1], résumé d'une œuvre perdue de Cassiodore, lui-même historien des Goths au début du VIe siècle.

Il s’agit non seulement du seul ouvrage ethnographique contemporain de l'épopée des Goths, mais aussi de la source historique la plus ancienne sur l’histoire et les mœurs des premiers Slaves.

Sommaire

Biographie

D’origine ostrogothique mais converti au catholicisme, on ne sait de Jordanès que ce qu’il dit de lui-même dans ses livres. Il fut un temps notaire du général Gunthigis (dit « Baza ») en Italie, puis, plus tard, devint évêque de Crotone en Calabre. Il séjourna à Constantinople en 551, accompagna le pape Vigile à Ravenne, capitale de l’Italie ostrogothique puis capitale de l’Exarchat de Ravenne à l’époque byzantine.

Témoin des « guerres gothiques » qui se soldèrent par la défaite décisive des Ostrogoths, ses compatriotes, et leur extermination dans les années 550, Jordanès retraça l’histoire des Goths, leurs tentatives de sédentarisation dans les divers territoires traversés depuis leur migration de la Baltique (terres de Gothie en Europe orientale) ; ses écrits permettent de connaître mieux la période de l’empire hunnique et les guerres de succession qui s’ensuivirent.

Œuvre

On connaît deux ouvrages de Jordanès :

  • Les Gétiques ou Histoire des Goths ;
  • Une Histoire romaine, qui va jusque l’an 552 et qui reprend d’anciens auteurs (dont Jérôme de Stridon).

C'est un auteur sur lequel il n'existe en français que peu d'études ; ainsi, Jean Bayet ne l’évoque pas une fois dans sa Littérature latine[2].

L'« Histoire des Goths »

Titres de l'ouvrage

Le titre latin de l'Histoire des Goths est De origine actibusque Getarum[3], littéralement L’origine et les hauts faits des Goths) ; il existe d'autres titres en latin, Getica (Les Gétiques[4]), De Rebus Geticis ("Les affaires gétiques")[5]

Economie générale de l’ouvrage

L’Histoire des Goths s’ouvre sur une présentation géographique et ethnographique des pays d’Europe du Nord, particulièrement d’une île que Jordanès, se référant au géographe Ptolémée[6], appelle « Scandza »[7]. L'auteur commence son récit de l'expansion des Goths avec l’émigration du chef Berig qui, avec trois navires de colons, serait parti il y a très longtemps de Scandza pour fonder sur les rivages de Poméranie le village de Gothiscandza (25, 94). Sous la plume de Jordanès (ou peut-être même celle de Cassiodore), le demi-dieu des Gètes cité par Hérodote[8], Zalmoxis, devient un ancien roi des Goths (39). Jordanès raconte comment les Goths combattirent un pharaon du nom de Vesosis[9], puis comment, après s'être relevés d'un conflit avec Agamemnon, ils auraient « pillé Troie et Ilion[10] ». La partie proprement historique (non mythique) du récit de Jordanès commence avec les premiers combats entre les Goths et l'armée romaine au IIIe siècle, et s’achève avec la défaite des Goths devant les troupes du général byzantin Bélisaire. Jordanès conclut son Histoire en la dédiant aux vainqueurs des Goths, plus de 2000 ans après les débuts de la migration de ce peuple du Nord.

Portée historique du livre

La version originale de l’Histoire de Cassiodore n'ayant pas survécu, le petit livre de Jordanès reste l’une des sources essentielles pour l’étude des Grandes invasions, surtout en ce qui concerne l’expansion des Ostrogoths et des Wisigoths à partir du IIIe av. J.-C. Jordanès nous apprend que l’étude de Cassiodore s'appuyait surtout sur des chants traditionnels (carmina prisca en latin) des Goths ; mais les recherches actuelles mettent en doute cette assertion[11] : il semble que l’Histoire de Cassiodore ait surtout visé à doter l'aristocratie gothique d’un passé glorieux, d’une histoire comparable à celle des grandes familles d'ordre sénatorial de l’Empire romain.

Un passage controversé du livre de Jordanès, qui identifie l’antique peuple des Vénèdes (mentionné par Tacite, Pline l'Ancien et Ptolémée) avec les Slaves du VIe siècle, fut cité dès 1844[12] par plusieurs érudits d'Europe danubienne pour prouver l'existence d'une ethnie slave bien avant la dernière phase du Bas Empire romain. Aujourd'hui, les chercheurs[13], s'appuyant sur l'absence de vestiges archéologiques et de données historiographiques claires, rejettent cette argumentation.

Cela dit, le De origine de Jordanès est aussi apprécié des médiévistes pour le récit qu'il donne de la campagne des Gaules d’un certain Riothamus, « roi des Brettones », l'une des source possible d’inspiration des premières légendes arthuriennes.

Une question essentielle pour décider de la valeur historique de cette œuvre est l’exactitude de la chronologie des personnages qui y sont cités. Le contenu du livre laisse prise à des points de vue très différents : les critiques les plus sceptiques arguent que le De Origine est principalement mythologique ; ceux qui admettent que Jordanès a pu en être l'auteur, estiment qu'il n'a décrit réellement que ses contemporains, des barbares du VIe siècle, et que pour diverses raisons, sa principale source d'information, Cassiodore, n'est pas fiable : d'abord parce qu'elle est peu originale. De nombreux passages sont puisés des auteurs classiques grecs et latins, en prenant pour la description des Goths celle de Germains qui n'étaient pas forcément de cette ethnie[14]. De plus, il semble bien que Jordanès a déformé le récit de Cassiodore en le résumant, et en y introduisant subrepticement des noms contemporains (du VIe siècle)[15].

S’il est vrai qu'on ne peut prendre pour argent comptant tout ce que dit Jordanès, un rejet total de ses propos serait exagéré : par exemple, lorsque Jordanès affirme que les Goths ont quitté la Scandinavie en 1490 av. J. Chr., il est dans une certaine mesure en accord avec les conclusions de certains chercheurs, comme l'historien autrichien Herwig Wolfram, qui estime qu'un clan de la tribu des Gutæ a dû quitter la Scandinavie bien avant le règne de la dynastie gothe des Amales. Ce clan peut avoir contribué à l’ethnogenèse des Gutones de Poméranie orientale (cf. culture de Wielbark)[16]. Autre exemple : l'historien de la littérature David S. Potter estime que le nom du roi Cniva, donné par Jordanès, est authentique, puisque ce nom, qui est absent de la généalogie mythique des rois goths, n'a pu être relevé par l'écrivain latin que dans une source du IIIe siècle[17].

Sources de l’« Histoire des Goths »

Dans la lettre à son frère, qui sert de préface au De origine, Jordanès écrit qu'il se propose

« ...de resserrer en un seul et court volume les douze livres du sénateur [Cassiodore], sur l’origine et l'histoire des Goths, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours[18]. ». L'ouvrage de Cassiodore est couramment intitulé Libri XII De Rebus Gestis Gothorum[19], écrit à la demande du roi ostrogoth Théodoric le Grand.

Jordanès reconnaît qu'il n'a pu vérifier lui-même les passages du livre de Cassiodore, ne l'ayant plus en mains, et qu'il a pu s'écarter des mots exacts, mais il pense se souvenir de tout le contenu de l'ouvrage[20]. Il poursuit en indiquant qu'il a complété cette source par des extraits pertinents d'auteurs latins et grecs, ajouté une introduction et une conclusion, ainsi que quelques renseignements dont il avait une connaissance personnelle. Le texte, étant donné son contenu composite, est considéré comme une tentative de trier les sources documentaires en regroupant leurs enseignements par thèmes.

Ancien secrétaire d’un magister militum goth du nom de Gunthigis, Jordanès devait être bien placé pour connaître les traditions des Goths sans devoir s'en remettre à d'autres auteurs ; cependant, cela ne transparaît nulle part dans son livre, et même certains passages où l'auteur dit s'appuyer sur des carmina prisca se retrouvent en fait chez les auteurs classiques[11].

Jordanès et Cassiodore
Article détaillé : Cassiodore.

Cassiodore, haut fonctionnaire de l'empire originaire d'Italie (natif de Squillace, en Calabre), connut l'apogée de sa carrière sous le règne de Théodoric, empereur dont la politique visait à rapprocher Romains et Goths. C’est sans doute à la demande de Théodoric que Cassiodore écrivit un livre sur les Goths qui devait, au fond, faire la preuve de l’antiquité, de la noblesse et de l’aptitude au gouvernement de ces barbares.

Lorsqu'en 526 Théodoric mourut, Cassiodore conserva ses charges administratives sans perdre de vue l’objectif que l’ancien souverain lui avait assigné. Une lettre du roi Athalaric au sénat romain, datée de 533 et probablement rédigée par Cassiodore, évoque l’Histoire des Goths où Cassiodore « a reconstitué [la succession] des Amales et le lustre de leur dynastie. » Ce De Rebus Gestis Gothorum a donc dû être composé entre 526 et 533 dans la capitale impériale, Ravenne, alors le siège du gouvernement. On ignore ce qu'est ensuite devenu l'ouvrage en 12 livres de Cassiodore. Jordanès nous apprend qu'il n'a pu consulter l'ouvrage qu'en demandant la permission au secrétaire de Cassiodore.

L'autonomie des royaumes goths prit fin en 539 avec la reconquête de l’Italie par le général byzantin Bélisaire, sous le règne de Justinien. Les derniers actes officiels préparés par Cassiodore furent rédigés alors qu'il était à la cour du roi goth Witiges, qui fut chassé de Constantinople en 540. Dans les années qui suivirent, plusieurs souverains fantôches administrèrent la ville tandis que Bélisaire empêchait les Goths de reprendre pied en Italie (mais la péninsule devait tomber aux mains des Lombards après la mort de Justinien).

Avec la chute de ses employeurs, Cassiodore se retira en 540 dans sa ville natale de Squillace, où il employa ses richesses à fonder un monastère avec des écoles et une bibliothèque, le Vivarium.

Auteurs cités dans l’« Histoire des Goths »

Les événements, les personnages et les peuples cités dans l’« Histoire des Goths » sont présentés comme antérieurs de plusieurs siècles à l'époque où vivait Jordanès. Si on prend ce propos pour argent comptant, ils sont antérieurs à l'histoire de la Scandinavie.

Jordanès cite plusieurs auteurs anciens dont il a pu consulter les livres : certaines des œuvres en question sont aujourd'hui perdues, d'autres ont survécu. Mierow a donné la liste suivante de ces auteurs, tout en signalant que Jordanes a pu s'appuyer sur d'autres auteurs sans les mentionner explicitement :

  • Ablabius. Cet historien, inconnu par ailleurs, serait l’auteur d'un essai Gothorum gentis (« Le peuple goth »), aujourd'hui perdu.
  • Dexippe sur les Vandales et les Hérules.
  • Dion, qui peut faire référence soit à Dion Cassius, soit à Dion Chrysostome, auteur lui aussi de Gétiques. Jordanès y a puisé pour sa description de la Grande-Bretagne.
  • Fabius. Cet auteur, inconnu par ailleurs, aurait décrit le siège de Ravenne dans un ouvrage aujourd'hui perdu.
  • Flavius Josèphe mentionne brièvement les Goths (en qui il voit des Scythes) au chap. IV.29 de son Histoire des Juifs.
  • Tite-Live, mentionne brièvement les Goths en II.10 de son Histoire romaine.
  • Lucain cite les Amales en V.43 de son poème, la Pharsale.
  • Trogue Pompée, dont les Historiæ Philippicæ ne nous sont connues que par l’epitome de Justin.
  • Pomponius Mela, dont la Chorographia décrit le monde connu, et notamment les pays nordiques et d'extrême-occident.
  • Priscus pour certaines anecdotes relatives à Attila.
  • Ptolémée pour la description de la Scandinavie dans la Partie III des Gétiques .
  • Strabon, référence la plus ancienne pour ce qui concerne la Grande-Bretagne.
  • Symmaque : ses citations de l’Histoire Auguste sont mises à contribution à propos de Maximin II Daïa.
  • Tacite, référence obligée pour ce qui concerne la Grande-Bretagne, sujet du De Agricola.
  • Virgile, cité pour ses évocations des frontières du monde connu, notamment la légendaire Thyle[21].

Tradition et établissement du texte

Un manuscrit de l’« Histoire des Goths » est redécouvert à Vienne en 1442 par l’humaniste italien Enea Silvio Piccolomini[22]. L’editio princeps paraît en 1515 sur les presses de Konrad Peutinger, et est suivie de plusieurs rééditions[23].

L’édition de référence reste encore aujourd’hui celle de l’érudit allemand Theodor Mommsen[24]. Le meilleur manuscrit ayant servi aux éditions modernes était un codex du VIIIe siècle écrit à Heidelberg, mais qui disparut dans l'incendie de la propre maison de Mommsen, le 7 juillet 1880. Par la suite, on découvrit un autre manuscrit du VIIIe siècle contenant les chapitres I à XLV, le Codex Basile, conservé aux Archives d’État de Palerme[25]. On dispose enfin de deux autres manuscrits de moindre valeur, le Vaticanus Palatinus (Xe siècle), et le manuscrit de Valenciennes (IXe siècle).

Le livre de Jordanès était déjà connu bien avant l'édition qu'en donna Mommsen en 1882 : Edward Gibbon le cite dans la somme en 6 volumes intitulée Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain (1776) ; et avant lui Degoreus Whear (1623) citait déjà deux livres de Jordanès : De regnorum ac temporum successione et De rebus Geticis[26].

L'Histoire romaine

Le latin de Jordanès

La structure du latin de Jordanès manifeste une certaine instabilité, dans laquelle les érudits ont vu une preuve que l'auteur ne disposait plus d'un référentiel grammatical clair[27]. Si l'on retient le milieu du VIe siècle pour la date de composition du De origine, il est alors trop tôt pour y déceler des symptômes d'évolution vers une langue romane spécifique.

Jordanès se qualifie lui-même d’agrammaticus (« homme sans lettres ») avant sa conversion. Cet obscur qualificatif est quelquefois interprété comme une allusion à sa connaissance du latin. Cela dit, l'instabilité morphologique est commune à tous les auteurs écrivant dans le latin vulgaire, et d'autre part Jordanès ne s'est pas mis à écrire juste après sa conversion, mais seulement après avoir fréquenté des locuteurs latins pendant des années, et après avoir lu plusieurs livres. Son style reflète sans doute l'état du latin écrit à l'époque de l'expansion des Goths.

Le latiniste américain Mierow (1908) résume ainsi les approximations du latin de Jordanès :

  • Orthographe. — L'écriture de plusieurs mots s'est éloignée de leur forme classique, que Jordanès connaissait pourtant presque certainement : ainsi,
    • « Grecia » se substitue à « Græcia » ;
    • « Eoropam » ← « Europam »;
    • « Atriatici » ← « Adriatici ».
  • Système des flexions. — les noms hésitent entre différentes déclinaisons, les verbes entre différentes conjugaisons. Parmi les altérations les plus fréquentes, on trouve des passages de la 4e à la 2e déclinaison (« lacu » devient « laco »), des adjectifs de la 2e déclinaison passent à la 3e déclinaison (« magnanimus » devient « magnanimis »), les ablatifs en -i disparaissent (« mari » devient « mare »). Le genre des noms, la voix des verbes changent parfois. Une évolution vers les formes modernes des langues latines est la disparition des déclinaisons de certains noms, comme « corpus » (indéclinable). De même, le -m final de l'accusatif disparaît, la voyelle précédente demeurant soit inchangée, soit muée en -o (comme cela s'est fait en italien et en roumain) : « Danubio » remplace « Danubium ».
  • Syntaxe. — La confusion des cas et leur emploi incorrect après une préposition (inter Danubium Margumque fluminibus), les changements de temps à l'intérieur d'une même proposition (egressi .. et transeuntes), l'effacement du subjonctif devant l'indicatif, la confusion entre proposition principale et subordonnée, l'emploi inadéquat des conjonctions de subordination.
  • Sémantique. — Jordanès écrit germanus pour frater, proprius pour suus, civitas pour urbs, pelagus pour mare, etc.

Bibliographie

Editions et traductions de l’Histoire des Goths

  • (fr) Histoire des Goths, traduction d'Auguste Savagner, édition de Nathalie Desgrugilliers-Billard, Editions Paleo, Clermont-Ferrand, 2010, 159 p. [ISBN 978-2-84909-571-3][28]
  • (fr) Histoire des Goths, traduction en français d'Olivier Devillers, Les Belles Lettres, Paris, 1995 (ISBN 2-251339-27-2).
  • (fr) Charles Nisard, Jordanis de origine actibusque Getarum, Paris, Firmin-Didot, 1869 [lire en ligne]
    Texte latin et traduction française
     
  • (en) Herwig Wolfram, History of the Goths, traduction en anglais de Thomas J. Dunlap, University of California Press, 1988, [ISBN 0-520-06983-8]

Travaux contemporains concernant Jordanès

XXe siècle et début XXe
  • (en) Oskar Seyffert, Dictionary of Classical Antiquities, Henry Nettleship and J. E. Sandys, 1894
  • (en) Thomas, William and Gamble, Miller. The Monumenta Germaniae Historica: Its Inheritance in Source-valuation and Criticism, Washington: Catholic University of America, 1927
Travaux récents
  • Walter Goffart, Barbarian Tides, The Migration Age and the Later roman Empire, University of Pennsylvania Press, 2006, [ISBN 0-8122-3939-3]
  • (en) David StonePotter, The Roman Empire at Bay AD 180–395, Routledge, 2004, ISBN 0-415-10058-5
  • (en) Arne Søby Christensen, Cassiodorus, Jordanes, and the History of the Goths. Studies in a Migration Myth, 2002, ISBN 978-87-7289-710-3
  • (en) Patric Geary, The Myth of Nations, the Medieval Origins of Europe, Princeton University Press, 2002, [ISBN 0-691-11481-1]
  • (en) Florin Curta, The Making of the Slavs. History and Archaeology of the Lower Danube Region c.500-700, Cambridge University Press, 2001, [ISBN 0-521-03615-1]
  • (en) James J. O'Donnell, « The Aims of Jordanes », dans Historia, 1982, volume 31, p. 223-240.


    • (it) Costa, Gustavo. Le antichità germaniche nella cultura italiana da Machiavelli a Vico, 1977. ISBN 88-7088-001-X

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • (la) De Origine Actibusque Getarum sur The Latin Library
  • (fr) Jordanès, Histoire générale des Goths, Vve de Cl. Barbin, 1704, 287 p. [lire en ligne] 
  • (en) Jordanes (trad. Charles C. Mierow intr. et comm. de J. Vanderspoel), The Origin and Deeds of the Goths, University of Calgary, 1915 (réimpr. 2006) [lire en ligne] 

Notes et références

  1. Jordanès nous dit dans la préface des Gétiques qu'il vient d'interrompre la rédaction de ses Romana pour composer ce nouveau livre. Puis dans les Romana, il précise qu'il a écrit ce dernier livre au cours de la 24e année du règne de l'empereur Justinien, qui a commencé le 1er avril 551. Enfin dans les Gétiques, il évoque une épidémie qui s'est produite neuf ans plus tôt : il doit s'agir de l'épidémie qui a dévasté l'Égypte en 541, a atteint Constantinople en 542 avant de gagner l'Italie en 543.
  2. Réf. Littérature latine, Armand Colin, coll. « U », 1965 
  3. Titre retenu dans l'édition Firmin-Didot dirigée par Nisard(Paris, 1869), reprenant l'édition de Theodor Mommsen, De origine actibusque Getarum in Monumenta Germaniae Historica, auctores antiqussimi, V.I, Jordanis Romana et Getica (1882; repr. 1982).
  4. Les auteurs latins confondent couramment les Gètes, Getae, peuple de l'embouchure du Danube à l'époque d'Ovide, et les Goths, Gothi.
  5. De Rebus Geticis : O. Seyffert, 329 ; De Getarum (Gothorum) Origine et Rebus Gestis. Cf. William Smith, « Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology », p. 607.
  6. Ptolémée, Géographie, II.
  7. « Quoi qu'il en soit, cette mer <l'Océan> a au sein de ses flots ... du côté de l'Ourse, c’est-à-dire au septentrion, une grande île qui se nomme Scanzia, dont il nous faudra parler » (De origine actibusque Getarum, 7-9) ; et plus loin : Revenons-en à l'île de Scanzia, que nous avions laissée... (ibid., 17).
  8. Hérodote, « L’Enquête », livre IV, 95 et suiv.
  9. « Les Goths demeuraient donc en Scythie, quand Vésosis, roi des Égyptiens, vint leur faire la guerre. » (De Origine..., 55).
  10. « Chargés de butin, les Goths repassèrent l'Hellespont avec le même bonheur qu'ils l'avaient passé pour entrer en Asie, et ravagèrent sur leur route Troie et Ilion, qui commençaient à respirer un peu depuis la guerre d'Agamemnon, et. qui furent de nouveau détruites par le glaive ennemi. » (De Origine..., 90).
  11. a et b Cf. l'essai de Arne S. Christensen, Cassiodorus, Jordanes, and the History of the Goths. Studies in a Migration Myth, Copenhague, Museum Tusculanum Press, 2002 .
  12. D'après Pavel Josef Schafarik, Slawiche Alterthümmer, vol. 1, chap. 40, Leipzig, 1844 .
  13. Notamment l'archéologue roumain Curta, Florin, The Making of the Slavs. History and Archaeology of the Lower Danube Region c.500-700, Cambridge University Press, 2001 (ISBN 0-521-03615-1), p. 7 . Cf. également pp. 11-13 l'analyse du même auteur sur le contexte dans lequel les idées de Schafarik prirent naissance, et sur leur réhabilitation par l'historiographie soviétique plus tardive.
  14. Cf. Patrick Geary, The Myth of Nations, the Medieval Origins of Europe, Princeton University Press, 2002 (ISBN 0-691-11481-1), p. 60-61 .
  15. F. Curta, op. cit., p. 40, et Walter Goffart (Barbarian Tides, The Migration Age and the Later roman Empire, pp.59-61, 2006).
  16. W. Herwig (Geschichte der Goten. Entwurf einer historischen Ethnographie, p. 40, 2001). Mais Walter Goffart (op. cit., pp. 59-61), est très critique à cet égard.
  17. D. S. Potter, The Roman Empire at Bay AD 180–395, Routledge, (2004), p. 245
  18. Texte original : nostris verbis duodecim Senatoris volumina (01) De origine actusque Getarum, ab olim et usque nunc, in unum et hoc parvo libello choartem, De origine..., 1-2.
  19. Cf. William Smith, « Cassiodorus », Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology
  20. Jordanès écrit : « Et, pour aggraver encore la difficulté de l'entreprise, on ne nous laisse la faculté d'user de ces livres qu'à la condition de n'en point suivre littéralement le sens. A ne point mentir toutefois, j'ai préalablement passé jusqu'à trois jours à relire ces livres, grâce à l'obligeance de l'intendant de l'auteur; et, bien que je n'en aie pas retenu les mots, je me flatte du moins d'en posséder parfaitement les pensées et le sujet. » (trad. M. Nisard, éd. Firmin-Didot, 1869).
  21. Cf. Géorgiques, lib. I, v. 30 ; Cf. également Orose, livre I, chap. 2.
  22. W. Thomas, M. Gamble, Pp vi, 202, 59
  23. Cf. William Smith, « Jornandes », Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology.
  24. De origine actibusque Getarum in Monumenta Germaniae Historica, auctores antiqui, v. ii.
  25. Selon E. A. Lowe, Codices latini antiquiores, vol. XII, « saec. VIII, 2nd half », p. 1741 .
  26. Degoreus Whear, De Ratione et Methodo Legendi Historias, 1623 [lire en ligne] 
  27. D'après Brian Croke, « Cassiodorus and the Getica of Jordanes », dans Classical Philology, vol. 82, no 2, avril 1987, p. 117-134 
  28. Fiche SUDOC : [1].

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