Henry Miller


Henry Miller
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Henry Miller
Activités Romancier
Naissance 26 décembre 1891
à Manhattan (New York)
Décès 7 juin 1980
à Pacific Palisades (Californie)
Langue d'écriture Anglais
Genres Roman, essai
Œuvres principales

Henry Miller est un romancier américain né le 26 décembre 1891 à New York où se déroule son enfance, et décédé le 7 juin 1980 à Pacific Palisades (Californie).

Son œuvre est marquée par des romans largement autobiographiques, dont le ton cru et sensuel a suscité une série de controverses dans une Amérique puritaine dont Miller a voulu stigmatiser l'hypocrisie morale. Son écriture virulente et scandaleuse a profondément marqué les écrivains de la Beat Generation.

Sommaire

Biographie

Henry Miller est né d'Heinrich Miller, un modeste tailleur et de Louise Marie Neiting, à Manhattan, New York où il grandit dans un environnement allemand catholique. La jeunesse de Miller est marquée par l'errance : il enchaîne les petits boulots, entame de brèves études au City College of New York. Il devient directeur du personnel d'une importante société télégraphique, la Western Union Telegraph. En 1924, il abandonne tout et décide de se consacrer totalement à la littérature.

En 1928, délaissant femme et enfant, Henry Miller se rend en Europe et en 1930 s'installe en France où il vit jusqu'à ce qu'éclate la Seconde Guerre mondiale. Ses premières années de bohème à Paris sont misérables, Miller devant lutter contre le froid et la faim alors qu'il vit à la cloche. Dormant chaque soir sous un porche différent, courant après les repas offerts, la chance se présentera en la personne de Richard Osborn, un avocat américain, qui lui offre une chambre de son propre appartement. Chaque matin, Osborn laissait un billet de 10 francs à son intention sur la table de la cuisine.

À l'automne 1931, Miller obtient un premier emploi de correcteur d'épreuves au journal La Tribune grâce à son ami Alfred Perlès. Il en profite pour soumettre des articles signés sous le nom de Perlès (puisque seuls les membres de l'équipe éditoriale pouvaient proposer un papier). Il écrit la même année son Tropique du Cancer à la Villa Seurat située à proximité du Parc Montsouris dans le 14e arrondissement, qui sera publié en 1934. C'est ce roman qui entraîna aux États-Unis des procès pour obscénité, selon les lois contre la pornographie en vigueur à l'époque.

Portrait de Henry Miller par Carl Van Vechten, 1940

Ce choix de Miller de lutter contre le puritanisme fit beaucoup pour libérer les tabous sexuels dans la littérature américaine, à la fois d'un point de vue moral, social, et légal. Il continue à écrire des romans, tous censurés aux États-Unis pour obscénité. Il publie Printemps noir (1936), puis Tropique du capricorne (1939) qui parviennent à se diffuser aux États-Unis, vendus sous le manteau, contribuant à forger sa réputation d'écrivain underground.

Il retourne à New York en 1940, puis s'installe à Big Sur (Californie) en 1944 où il continue à produire une littérature puissante, colorée et socialement critique.

La publication de son livre Tropique du Cancer en 1961 lui coûte toute une série de procès pour obscénité, tant son livre mettait à l'épreuve les lois et la morale américaines sur la pornographie. En 1964, la Cour Suprême casse le jugement de la Cour d'État en affirmant la valeur littéraire de l'œuvre de Miller. Ce jugement représenta une avancée majeure dans la naissance de ce qui serait plus tard connu sous le nom de révolution sexuelle. Elmer Gertz, l'avocat qui avait brillamment défendu le cas Miller lors de la parution du livre en Illinois, est par la suite devenu un des plus proches amis d'Henry Miller. Des volumes entiers de leurs correspondances ont été publiés.

Henry Miller est décédé le 7 juin 1980 à Pacific Palisades en Californie. À sa mort, il fut incinéré et ses cendres dispersées à Big Sur.

À la périphérie de son œuvre littéraire

Sur la fin de sa vie, Miller s'adonnait également à la peinture. Une activité créatrice et artistique qu'il considérait comme le direct prolongement de son œuvre littéraire. Il était notamment très proche du peintre français Grégoire Michonze. Sa passion tardive pour la peinture trouve de nombreux échos dans ses écrits, notamment dans son essai Peindre, c'est aimer à nouveau. À propos de la peinture, Miller disait : « Ma définition de la peinture, c’est qu’elle est une recherche, comme n’importe quel travail créateur. En musique, on frappe une note qui en entraîne une autre. Une chose détermine la suivante. D’un point de vue philosophique, l’idée est que l’on vit d’instant en instant. Ce faisant chaque instant décide du suivant. On ne doit pas être cinq pas en avant, rien qu’un seul, le suivant. Et si l’on s’en tient à cela, on est toujours dans la bonne voie. »

Miller était également un honorable pianiste amateur.

En dehors de l'écriture romanesque proprement dite, Miller entretint d'abondantes correspondances avec nombre d'écrivains, artistes et autres personnalités de son temps. De multiples recueils de ces lettres ont été publiés après sa mort et proposent autant de « clés » permettant de comprendre les multiples facettes de la personnalité d'Henry Miller.

La correspondance la plus connue, la plus caractéristique mais aussi la plus évocatrice, est celle échangée avec Anaïs Nin. Une correspondance nourrie qui débute dans les années 1930 et durera plus d'une vingtaine d'années ; ces échanges épistolaires ont fait notamment l'objet d'une publication sous le titre Correspondance passionnée.

Musées

Entrée du musée The Henry Miller Art Museum à Big Sur

Il existe deux musées où sont exposées plusieurs de ses peintures :

Une galerie d'art présente en permanence une collection importante de ses œuvres graphiques : la Dorothy's gallery à Paris

Œuvres

L'œuvre d'Henry Miller est proprement inclassable. Ni roman, ni « nouveau roman », ni autobiographie proprement dite, ni journal personnel, elle est l'expression d'une impossibilité d'un écrivain à exister dans une société hyperpositiviste et fonctionnaliste. Elle peut se définir comme un « roman de formation » qui ne trouvera sa réalisation et sa reconnaissance sociale qu'à partir de la publication de Miller à Paris. Ses écrits retracent l'itinéraire d'un homme en marge du système, cherchant une réalisation de soi par un idéal de culture autodidacte et qui doit sans cesse lutter pour obtenir les moyens de poursuivre l'écriture de son œuvre. En ce sens, sa trilogie majeure (La Crucifixion en rose : Sexus, Nexus, Plexus) est l'expression d'une littérature postmoderne, de l'écrivain maudit ayant pour compagnon de route des femmes en quête d'un même idéal antimatérialiste, et des hommes qui acceptent de le soutenir dans sa recherche solipsiste. C'est la raison aussi pour laquelle il est devenu tant aux États-Unis qu'en France dans les années 1950-70, une sorte d'écrivain générationnel, surtout de la Beat Generation, comme Jack Kerouac et William S. Burroughs, qui refusaient de « reproduire le système » par conformisme social. De cette errance et cette odyssée, on ne retient souvent que l'apologie d'une sexualité à la Wilhelm Reich, qui s'est heurté à l'establishment judiciaire américain qui a longtemps empêché la publication de ses livres pour « pornographie » (bien légère au regard des standards de notre temps). En ce sens, son œuvre et sa personnalité ont été les précurseurs de la révolution sexuelle des années 1960. Dans la seconde partie de sa vie, il mène une vie d'ermite californien, dans une maison au large de la côte pacifique, à Big Sur, devenant une sorte d'antimodèle de la société américaine poursuivant ses rêves effrénés de consommation et de domination.

  • Ailes coupées (1922) (Clipped Wings) (inédit)
  • Tropique du Cancer (1934) (Tropic of Cancer). Souvent considéré comme le chef d'œuvre de Miller mais plus sûrement le roman par lequel « un écrivain américain nous est né » (Blaise Cendrars - revue Orbes - 1935). Une chronique de son quotidien et de ses errances parisiennes, rythmés par des repas gargantuesques et des rencontres féminines bien entendu torrides, le tout appuyé par une langue poétique et directe du plus bel effet. Une révolution dans le monde de la littérature, qui lie immédiatement Miller avec les grandes œuvres impies de Cendrars, Céline ou Rabelais. Un livre unique, incandescent et frontal.
  • Aller-Retour New York (1935). Une relation tragi-comique d'un voyage rocambolesque, encore une fois portée par une écriture en toute liberté. Miller peaufine son style (l'adoucit, pour certains), mais garde cette indépendance de ton qui fait sa marque. Un livre éminemment drôle et acerbe.
  • Printemps noir (1936) (Black Spring)
  • Max et les Phagocytes (1938) (Max and the White Phagocytes), traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947. Recueil de six nouvelles : Max, Via Dieppe-Newhaven, L'ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, Mademoiselle Claude, Réunion à Brooklyn, Crucifixion en rose (en 3 parties)
  • L'Argent, son évolution (1938) (The Money and how it get's that Way)
  • Tropique du Capricorne (1939) (Tropic of Capricorn)
  • L'Œil du cosmos (1939) (The Cosmological Eye)
  • Le Colosse de Maroussi (1941) (The Colossus of Maroussi). Relation d'un voyage en Grèce, qui dévie peu à peu vers une ode au cosmos et à la vie, à travers le portrait de quelques personnages hauts en couleurs. Le lyrisme millerien dans toute sa grandeur, poignant et immense.
  • La Sagesse du cœur (1941) (The Wisdom of the Heart)
  • Dimanche après la guerre (1944) (Sunday after the War)
  • Varda, le Constructeur (1944) (Varda, the Master Builder)
  • La Grande misère de l'artiste aux États-Unis (1944) (The Plight of the Creative Artist in USA)
  • Qu'allez-vous faire pour Alf (1944) (What are you going to do about Alf ?). Court texte destiné à soutenir un ami dans la dèche.
  • Reflets d'un passé fervent (1944) (Semblance of a Devoted Past)
  • Le Cauchemar climatisé (1945) (The Air Conditionned Nightmare). Portrait de l'Amérique sous cellophane, énorme pamphlet contre le confort et la bourgeoisie, le meilleur exemple de ce qu'est la vie pour Miller.
  • L'Obscénité et la Loi de la réflexion (1945) (Obscenity and the Law of Reflection) (également dans Souvenirs souvenirs)
  • Maurizius pour toujours (1946) (Maurizius for Ever)
  • Souvenirs, souvenirs (1947) (Remember to Remember)
  • Le Sourire au pied de l'échelle (1948) (The Smile at the Foot of the Ladder). Assez à part dans son œuvre, un « quasi roman » autour d'un personnage cher à Miller : le clown. Texte presque classique et très attachant.
  • Courtes histoires américaines (HM et alii – 1948)
  • Sexus (1949) (1er volet de La Crucifixion en rose / The Rosy Crucifixion I). La démesure faite livre, l'acte définitif de Miller. Un énorme flot de mots pour dire la vie, à travers les rencontre, les beuveries, les excès, la littérature... Un livre douloureux et paillard.
  • Plexus (1952) (2e volet de La Crucifixion en rose / The Rosy Crucifixion II)
  • Amours sans importance (1955) (Night of Love and Laughter)
  • Jours tranquilles à Clichy (1956)
  • Un diable au paradis (1956) (A Devil in Paradise, the Story of Conrad Moricand)
  • Hamlet (1956) (Hamlet, a philosophical Correspondence with Michael Fraenkel). Miller s'essaye à l'essai et tombe dans l'abscons à travers ces lettres qui parlent de beaucoup de sujets... sauf d'Hamlet !
  • Lire au cabinet (1957)
  • Big Sur et les Oranges de Jérôme Bosch (1957) (Big Sur and the Oranges of Hieronymus Bosch)
  • Le Carnet rouge (1959) (The Red Notebook)
  • Nexus (1960) (3e volet de La Crucifixion en rose / The Rosy Crucifixion III)
  • Peindre c'est aimer à nouveau (1960)
  • Water Color, Drawings and his Essay, the Angel is my Watermark ! (1962)
  • Reste immobile comme un colibri (1962)
  • Ma vie et moi (1971). Un condensé succinct et rapide des mémoires de Miller, par lui-même.
  • Virage à 80° (1973)
  • Le livre des amis (1976)
  • J'suis pas plus con qu'un autre (Éditions Alain Stanké, 1977). Le seul livre de Miller écrit directement en français et publié sous forme de manuscrit. Maladroit mais intrigant.
  • Transit (1977)
  • Jours tranquilles à Brooklyn (1978)
  • The Theatre & Other Pieces (1979). Tirage confidentiel (500 exemplaires seulement) et jamais traduit en français, cet ouvrage traite du théatre (plusieurs essais et une nouvelle).
  • Moloch 10/18 (1998)
  • Nexus 2 (140p.) Suite du premier Nexus et dernier volet inachevé de La Crucifixion en rose (coll. Autrement dit, 2004)
  • Au fil du temps (1989)
  • Crazy Cock (Belfond, 1991)
  • Opus Pistorum (1941) Ouvrage pornographique écrit suite à une commande d'un admirateur anonyme de l'époque.
  • L'œil qui voyage (2005)
  • Aquarelles (1999). Le bonheur facile de Miller avec l'aquarelle narré à son ami Emil Schnellock.

Essais

  • Le Monde du Sexe (1940)
  • Blaise Cendrars (1951)
  • Rimbaud (1952)
  • Les Livres de ma vie (1952)
  • Le Temps des assassins (1956) (The Time of the Assassins : A Study of Rimbaud)
  • Art et Outrage : Essais Tome 1 (1959)
  • L'Oiseau mouche : Essais Tome 2 (1997)
  • Entretiens de Paris avec Georges Belmont (1970). Entretiens radiophoniques.
  • Correspondance privée avec Lawrence Durrell (1963)
  • Le Monde de D.H. Lawrence. Une appréciation passionnée, traduit par A. Catineau (1986)
  • Correspondance privée avec Wallace Fowlie (1975)
  • Correspondance avec Blaise Cendrars. Denoël (1995) (.
  • Réunion à Barcelone (1959) (Reunion in Barcelona, a Letter to Alfred Perles)
  • Correspondance avec Lawrence Durrell 1935-1980 (2004)
  • Correspondance privée avec John Cowper Powys (1994)
  • Flash-back, entretiens de Pacific Palisades (1976)
  • Lettres à Anaïs Nin (1967)
  • Lettres d'amour à Brenda Vénus (1991)
  • Lettres à Emil (1991). Les débuts laborieux de Miller avec l'écriture entre 1922 et 1934 racontés à son ami Emil Schnellock.

Autour de son œuvre écrite

Ouvrages

  • Irène Blanc, Sage Miller et folle L.A, Buchet-Chastel (2001).
  • Erica Jong, Henry Miller ou le diable en liberté (1997).
  • Brassaï, Henry Miller, grandeur nature (Grandeur nature Tome I)
  • Brassaï, Henry Miller, rocher heureux (Grandeur nature Tome II)
  • Frédéric Jacques Temple, Henry Miller (1965).
  • Robert Ferguson, Henry Miller, Plon - Coll. biographies (1994).
  • Mary Dearborn, Henry Miller (1991).
  • Henry Miller, L’homme et son message, Planète n°16 (1970).
  • Walter Schmiele, Henry Miller (1970).
  • Dominique Lacout, Henry Miller : désir et vie (1973)
  • Robert Snyder, Henry Miller par lui-même (1977).
  • Fraenkel, Défense de Tropique du Cancer (1947).
  • Alfred Perlès, Mon ami, Henry Miller (1956).
  • G. Robitaille, Le père Miller (1971).
  • Philippe Sollers, Libertés d'Henry Miller dans La guerre du goût, Gallimard (1994).
  • Pascal Vrebos, Une Folle Semaine avec Henry Miller, Editions Le Cri (1983).
  • Béatrice Commengé, Henry Miller - Ange, Clown, Voyou, Plon (1991).

Films

Théâtre

  • Jean Lespert & Alain Bauguil, Le Sourire au pied de l’échelle, Paris (2005) avec Danielle Marty
  • Pascale Roger, Henry Miller et Anaïs Nin, artistes de la vie, Paris (2005) avec Florence Boog et Jacques Lallié.
  • Michael Zugowski, Le Sourire au pied de l’échelle, Aix-en-Provence (2007) avec Michael Zugowski
  • Delphine de Malherbe, Une passion, Paris (2009/2010) avec Evelyne Bouix et Laurent Grevill.

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