Gang Des Postiches


Gang Des Postiches

Gang des postiches

Le gang des postiches est une célèbre équipe de braqueurs qui opéra à Paris entre 1981 et 1986[1]. Ils s'attaquèrent à 27 banques donc du casse de 1300 coffres-forts de particuliers pillés avec une rare audace[2]. Ils entraient tout simplement dans l'agence, habillés en bourgeois et portant des perruques et de fausses moustaches ou barbes, d'où leur nom. Une fois entrés ils se séparaient en deux groupes, pendant que le premier surveillait les otages, le second descendait à la salle des coffres et les forçait pour s'emparer de ce qu'il contenait, en prenant tout leur temps. Leur carriére commence le 29 septembre 1981 à la BNP du 37, rue du Docteur-Blanche à Paris, dans le 16 éme arrondissement. Bilan: 2 morts[3].

Sommaire

La presse

Au fil de leurs braquages et en l'absence de pistes pour les enquêteurs, les journalistes firent de ces braqueurs, qui se montraient respectueux avec les otages et qui ne faisaient pas de victimes, des sortes de héros. Ils s'attaquaient aux salles des coffres des banques et bénéficiaient d'une forte sympathie chez les gens ordinaires, qui souriaient plus qu'ils ne s'inquiétaient en entendant que le gang des postiches avait encore frappé. On évoqua même un moment qu'ils avaient une idéologie de guérilleros gauchistes, ce qui était clairement erroné.

Organisation

On sait que le groupe se composait d'un noyau dur de 5 ou 6 membres, originaires de l'Est parisien, mais qu'il y avait en plus quelques membres occasionnels. Ils se réunissaient pour commettre une série de braquages, allant même jusqu'à en faire plusieurs dans la même journée, puis se séparaient un temps, en allant parfois à l'étranger, avant de recommencer. Cette équipe de braqueurs était considérée comme l'une des plus radicales de France avec un total de 111 banques.

La fin du gang des postiches

La police et le gouvernement supportant de moins en moins la facilité avec laquelle ils opéraient et leur mythification par les médias, tous les moyens furent déployés pour les contrer. Ainsi fut mis au point un dispositif anti-postiche dans les agences bancaires parisiennes. Ce système était loin d'être efficace, mais les postiches sentirent que l'étau se resserrait autour d'eux. Ils devinrent plus méfiants, plus nerveux et moins courtois avec les otages.

Le 14 janvier 1986, le dispositif se déclencha, impliquant la BRB et la BRI autour de l'agence du Crédit lyonnais du 39 rue du Docteur-Blanche, dans le 16e arrondissement de Paris et, cette fois, il fut efficace. Les policiers encerclèrent discrètement la banque en sachant que le gang était à l'intérieur, pour les arrêter après leur sortie. Cependant, quand ils sortirent la situation dérapa, du fait de l'action inconsidérée[réf. nécessaire] du chef de la BRB, Raymond Mertz. En effet, comme à l'habitude dans ce genre de situation, et comme la hiérarchie en avait elle-même donné l'ordre, il était convenu de ne pas interpeller les malfaiteurs à leur sortie de la banque, mais de les filer pour procéder à l'arrestation dans un environnement plus propice. Mais le policier décida d'interpeller, seul, les malfaiteurs au moment où ils s'apprêtaient à quitter les lieux en voiture. Il y eut une fusillade, un des gangsters, Bruno Berliner, et le policier Jean Vrindts furent tués. De plus, il y eut 3 policiers blessés. Certains braqueurs réussirent à s'enfuir. Ce fiasco révèlera de graves dérives au 36 quai des Orfèvres[réf. nécessaire]. Bruno Berliner, pendant quelques années au vert dans la campagne ornaise, ne finira pas sa maison du Champ-de-la-Pierre.

Jean-Claude Myszka, André Bellaïche et Patrick Geay furent arrêtés en décembre 1986 dans une villa à Yerres après presque un an de cavale.

La mise en cause du responsable de la BRB par les policiers du 36 quai des Orfèvres déboucha sur une grève et une fronde des policiers. En représailles, la hiérarchie policière utilisa les services de l'IGS pour casser le mouvement.

De plus l'un des leurs, Dominique Loiseau, présent le 14 janvier 1986 fut accusé d'être un policier ripoux. Il fut jugé et condamné pour cela. Mais il existe des doutes sur la réalité des faits[réf. nécessaire]. Après presque 7 ans de prison, ce dernier fut gracié par François Mitterrand en 1993.

Son histoire a inspiré le film 36 Quai des Orfèvres d'Olivier Marchal, et le gang des postiches, le film Le Dernier Gang de Ariel Zeitoun

Le destin des anciens membres du gang des postiches :

  • Jean-Claude Myszka s'est suicidé en 2003
  • André Bellaïche s'est réinséré et tient un magasin de disques rue Mouffetard, à Paris.
  • Patrick Geay est toujours incarcéré. Il nie son affiliation au gang. Il a été condamné le mardi 31 octobre 2006 à 17 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises d'appel de l'Essonne, qui a retenu sa culpabilité dans 5 braquages et sa complicité dans la tentative de meurtre sur un policier.
  • Robert Marguery vit en Thaïlande.
  • Hayckel vit en Tunisie.

Le butin du gang des postiches

Selon Patricia Tourancheau de Libération, le total du butin avoisinerait les 187 millions de francs en lingots, piéces d'or et billets, sans compter 20 millions de francs en espèces dans les réserves des banques[4].

En 2004, l'affaire du gang des postiches rebondit. Le tueur en série Michel Fourniret avoue que sa fortune est celle du gang des postiches dont il s'est emparé à sa sortie de prison. En effet, après s'être lié d'amitié avec l'un des membres du gang, Jean-Pierre Hellegouarch, durant un séjour en prison, M.Fourniret a assassiné la femme de celui-ci, Farrida, pour voler le butin. Les lingots d'or volés durant les années 1980 par le gang étaient dissimulés dans des cimetières[5].

Il l'aurait alors utilisé pour financer ses meurtres. Ajoutons aussi qu'il s'est acheté un château où il place un fusil sous chacune des fenêtres.

Notes et références

Références

Bibliographie

  • Les Postiches, un gang des années 80, par Patricia Tourancheau, Fayard.
  • Un flic innocent en prison, l'histoire vraie qui a inspiré le film 36, quai des orfèvres par Dominique Loiseau et Michel Naudy, Bernard Pascuito éditeur.
  • Ma vie sans postiche par André Bellaïche, Editions First.
  • Les grandes affaires criminelles de l'Orne, par Jean-François Miniac, de Borée.

Voir aussi

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