Fee Morgane


Fee Morgane

Fée Morgane

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La Fée Morgane par Anthony Frederick Sandys (1829 - 1904), 1864 (Birmingham Art Gallery)

La fée Morgane est un personnage du cycle arthurien, dans lequel elle est la demi-sœur - occasionnellement la sœur – magicienne du roi Arthur. Elle y est généralement présentée comme une adversaire du roi, de sa femme Guenièvre et des chevaliers de la Table ronde.

Chez Geoffroy de Monmouth c’est la principale des neuf enchanteresses qui accueillent Arthur à Avalon après la bataille de Camlann ; chez Chrétien de Troyes, elle est présentée comme une sœur d’Arthur magicienne et guérisseuse coopérant avec son frère. C’est à partir du Lancelot-Graal que son personnage se précise : elle devient l’adversaire d’Arthur, fille d’Ygraine et de Gorlois, sœur d’Elaine et de Morgause, demi-sœur – par sa mère – d’Arthur et femme – souvent infidèle - du roi Urien de Gorre avec qui elle ne s’entend pas et dont elle a un fils, Yvain. Merlin est son maître de magie.

Dans les adaptations modernes de la légende arthurienne, elle remplace quelquefois Morgause, beaucoup moins connue qu’elle, comme mère de Mordred, fils incestueux d’Arthur. Elle y est présentée comme une séductrice maléfique, mais aussi parfois comme un personnage positif incarnant un pouvoir féminin désapprouvé par la société médiévale.

Sommaire

Morgane dans la littérature

Littérature galloise

Le personnage de Morgane pourrait avoir une de ses sources dans la déesse Modron, inspirée de la Dea Matrona gauloise, telle qu'elle apparait dans la littérature galloise médiévale. Fille d’Avallach ou du roi d’Avallach (Avalon?), dans les Triades galloises elle est, comme dans le cycle arthurien, liée au roi Urien. Elle en a deux fils, Owain et Morvydd [1].

Morgane apparait pour la première fois dans la Vie de Merlin (1150) de Geoffroy de Monmouth comme une magicienne savante occupant une position importante à Avalon où elle accueille Arthur mortellement blessé.

Cycle arthurien

Dans les premiers textes où apparaît la fée Morgane, tout comme chez Geoffroy de Monmouth son rôle est positif : chez Chrétien de Troyes (Erec et Enide, Yvain ou le Chevalier au lion), elle guérit son frère ainsi qu'Yvain et Lancelot ; chez Wace (le Roman de Brut), elle emmène Arthur sur l'île d'Avalon pour le soigner de ses blessures. Thomas Malory reprendra cet épisode dans Le Morte d'Arthur.

Ce n'est qu'à partir du XIIIe siècle que la légende fait d’elle une méchante fée, haineuse envers Arthur et Guenièvre, hostile et séductrice vis-à-vis de Lancelot, en contrepoint de la Dame du Lac[2].

À partir du Lancelot-Graal, elle apparait comme la fille d' Ygraine et de Gorlois, duc de Cornouailles, sœur d'Elaine et de Morgause et demi-sœur d'Arthur. Envoyée dans un couvent lorsqu’Uther Pendragon tue son père et épouse sa mère, elle y entame l’étude de la magie, qu’elle poursuivra plus tard avec Merlin. Uther lui fait épouser Urien qu’elle n’aime pas. Différents récits du cycle lui donneront plusieurs amants et la font bannir de la cour par Guenièvre pour cette raison. Néanmoins, cette dernière n’étant pas elle-même un modèle de fidélité, on voit dans certains contes Morgane chercher à se venger en la prenant en défaut, par exemple en portant à la cour une coupe magique qui révèle l’infidélité (Tristan en prose). Son hostilité s’étend à d’autres membres de l’entourage du roi, en particulier Lancelot. Dans Sire Gauvain et le chevalier vert[3] Morgane est la complice de la belle dame de Haut-Désert, toutes deux recherchant la mort de Gauvain par des actes fourbes et traîtres.Dans Le Morte d'Arthur elle s’empare d’Excalibur et pousse son amant Accolon à tuer Arthur, mais le plan échoue. Dans certains récits, elle s’empare du fourreau - dans lequel réside, selon certains, le pouvoir protecteur de l’épée - et le jette dans un lac.

Autres

Elle apparait aussi dans la Matière de France où elle a pour amant et complice Ogier de Danemarche. Dans Huon de Bordeaux, elle a un fils de Jules César, Obéron.

Elle est mentionnée dans les Chroniques de Gargantua comme la marraine de ce dernier sous le nom de Morgan-le-Fay, alors que dans Pantagruel elle est appelée Morgue, fée de l’Île d’Avalon.

Dans Le Cycle d'Avalon de Marion Zimmer Bradley, habitante d’un Avalon identifié à l’Atlantide, elle joue le rôle de protectrice des traditions religieuses et magiques bretonnes contre l’avancée du christianisme oppresseur et patriarcal. Elle est disciple de la grande prêtresse Viviane et mère de Mordred.

Certaines sources lui attribuent effectivement la maternité de Mordred, conçu de façon "fortuite" : Morgane lors d'une fête païenne représente la jeune vierge offerte au dieu cornu qui n'est autre qu'Arthur, sans qu'aucun des deux ne le sachent. Ce n'est qu'une fois le rite accompli que les deux amants découvrent l'identité de l'autre.

Morgane dans le folklore

Le nom de Morgane la lie peut-être aux morgan/morgen, fées des eaux séductrices et dangereuses du folklore britannique[4].

Morgane a perduré en France sous le nom de fée Margot et l’on trouve un peu partout en France des « Caves à Margot », des « chambres de la fée Margot », des « fuseaux de Margot » ou des « Roche Margot »[5]

Sainte Marguerite, représentée « issourt » du dragon comme à Luceram, ou avec à ses pieds le dragon-vouivre symbolisant les forces telluriques, pourrait avoir emprunté certaines de ses caractéristiques.

Morgane est la femme de Gargantua dans certains contes populaires, et sa marraine chez Rabelais ; elle porte comme lui un devantiau (sorte de tablier) dans lequel elle transporte des pierres. Selon le folkloriste Henri Dontenville, les sonorités MeReGue de Morgane et GueReGue de Gargantua se répondent. Tout comme il y a de nombreux Monts « Gargan », il y a des monts (Morgon, Margantin, Mercantour...), des rivières (Morgon, Mourgon, Morge, Mourgues...), des fontaines de la Mourgue qui pourraient lui devoir leur nom [5].

Le Morgant Maggiore de Pucci (fin du XVe siècle) conte les exploits d’un géant Morgante, ou Morgant, Morgan.

La transcription de son nom en Morgue la lie parfois à la Mort.

Morgane a une place dans les mouvements contemporains de renaissance celtique. Le Manuscrit des Paroles du Druide sans nom et sans visage, la dit « Mère Grand, Morgan, Celle-qui-sait-la-vuipre, Bel-Terre, la Noire, la Dame de Sous-Terre, et tant d’autres noms… »

Autre

Références

  1. Bromwich, Trioedd Ynys Prydein, p. 195. pp. 449–451.
  2. M. Brasseur Les femmes dans la légende du roi Arthur
  3. traduit par Alma L. Gaucher aux éditions Le Point d’eau
  4. Sykes, Egerton, Kendall, Alan Who's Who in Non-Classical Mythology Routledge, New York (2002), p. 132
  5. a  et b Henri Dontenville Histoire et Géographie Mythique de la France

En jeu

Voir aussi

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