Fee Carabosse


Fee Carabosse

Fée Carabosse

À l'opposé des belles et bonnes fées, marraines des princesses de contes merveilleux, la fée Carabosse est très vieille, très laide et très méchante. Son nom vient du fait qu'elle est bossue « à trente-six carats », c'est-à-dire vraiment très bossue[1]. Si son apparition dans les contes est rare, elle n'en demeure pas moins célèbre pour être à l'origine de la malédiction qui frappe la princesse héroïne de La Belle au bois dormant.

Sommaire

Origines

La version la plus ancienne du conte qui nous soit parvenue est celle de Le Soleil, la lune et Thalie, extraite du Pentamerone de Giambattista Basile. Il n'y est cependant pas question d'une méchante marraine. Si le destin de Thalie est bien prophétisé, il ne résulte pas d'un sort qui lui est jeté.

Dans les deux versions postérieures du conte, qui restent les plus connues, la fée Carabosse n'apparaît pas en tant que telle :

  • dans sa version, Charles Perrault ajoute le personnage de la méchante marraine, mais elle est présentée comme une « vieille fée », sans précision sur son nom.
  • dans l'adaptation des frères Grimm, elle devient la « treizième fée », par opposition aux onze premières qui offrent à la princesse des dons merveilleux et à la douzième qui intervient en dernier ressors pour atténuer la malédiction.

Le personnage de la méchante marraine est antérieur aux écrits de Charles Perrault. Sa première apparition remonte au XIIIe siècle, dans la chanson de geste «  Les Prouesses et faitz du noble Huon de Bordeaux » : Obéron, le roi des Elfes, explique à Huon qu'il doit son aspect à une fée en colère qui lui jeta un sort le jour de son baptême.

Madame d'Aulnoy reprend ce personnage dans ses contes La Biche au bois et La Princesse Printanière. Bien que son rôle soit relativement différent de celui qu'elle tiendra dans La Belle au bois dormant, la méchante marraine reçoit dans La Princesse Printanière le nom de Carabosse. On a coutume depuis d'attacher ce nom à La Belle au bois dormant. La fée Carabosse devient d'ailleurs un personnage à part entière dans le ballet de Tchaïkovski.

Dans la version de Disney, elle change d'aspect et prend le nom de « Maléfique ».

Rôle

La Belle au bois dormant sur le point de se piquer le doigt, illustration de Gustave Doré

La princesse naît sous de bons auspices : elle est choyée par ses parents qui sont roi et reine, ses marraines les fées, au nombre de sept dans la version de Perrault et de douze dans celle des frères Grimm, la comblent de dons. La fée Carabosse, fâchée de n'avoir pas été invitée, se présente à la surprise de tous et gâche la fête en lui lançant un mauvais sort. Celui-ci ne peut malheureusement être entièrement annulé par l'une des marraines mais il sera néanmoins atténué : la princesse se piquera bien le doigt à un fuseau à l'âge de quinze ans comme annoncé, mais la mort consécutive promise par la méchante fée se commuera en un sommeil de cent ans qui prendra fin le jour où le prince (qui n'est pas qualifié de « Charmant » dans les versions de Perrault et Grimm) arrivera jusqu'à elle dans la version de Perrault et lui donnera un baiser dans la version de Grimm.

Malgré ses efforts, le roi reste impuissant à empêcher la réalisation de la malédiction. Il tente de faire interdire l'usage des fuseaux mais une vieille sourde, n’ayant pas entendu l’édit, garde le sien, responsable de l'accomplissement de la malédiction. Dans les versions les plus anciennes, la vieille sourde est de bonne foi et agit par pure ignorance. Dans le ballet de Tchaikovsky, il s'agit de Carabosse elle-même, s'assurant ainsi que s'accompliront malédiction et vengeance.

Extraits

Intervention de la vieille fée dans la version de Perrault :

« On vit entrer une vieille Fée qu'on n'avait point priée parce qu'il y avait plus de cinquante ans qu'elle n'était sortie d'une Tour et qu'on la croyait morte, ou enchantée. Le Roi lui fit donner un couvert, mais il n'y eut pas moyen de lui donner un étui d'or massif, comme aux autres, parce que l'on n'en avait fait faire que sept pour les sept Fées. La vieille crut qu'on la méprisait, et grommela quelques menaces entre ses dents. »
(...)
« Le rang de la vieille Fée étant venu, elle dit en branlant la tête, encore plus de dépit que de vieillesse, que la princesse se percerait la main d'un fuseau, et qu'elle en mourrait. »

Mythologie

On peut rapprocher Carabosse d'Éris qui, dans la mythologie grecque, est la déesse de la Discorde. Cette dernière non plus n'a pas été invitée aux noces de Thétis et Pélée. Pour s'en venger, elle jette une pomme d'or portant l'inscription « pour la plus belle ». Ce geste est à l'origine du déclenchement de la Guerre de Troie et du décès d'Achille, survenant malgré la précaution de sa mère pour le rendre invincible en le plongeant dans les eaux du Styx.

Interprétation

Dans le ballet de Tchaïkovski, le rôle de la Fée Carabosse est tenu par :

et dans L'Odyssée d'Alice Tremblay, par :

Interprétation psychanalytique

En faisant peser sa malédiction sur la petite fille au berceau, la fée symbolise la transmission continue et ancestrale des changements physiologiques qui interviennent à l'adolescence.

Références

  1. Trésors des expressions françaises, éditions Belin 1981

Voir aussi

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