Domination féminine


Domination féminine

Dominatrice

Illustration d'une scène de domination

Une dominatrice ou maîtresse est une femme qui accepte le rôle dominant dans le cadre de la pratique dominant/dominé. Pour Gilles Deleuze, le masochiste est essentiellement éducateur[1]. Ce qui fait de la dominatrice, toujours selon Gilles Deleuze, « une masochisante[1] », dominatrice en apparence uniquement.

La dominatrice joue, dans le cadre d'une pratique dominante, un rôle très différent de celui qu'elle incarne en tant que femme à la ville ou au foyer. Elle apprend, dans la situation du contrat, à tirer parti de la puissance érotique que constitue ce rapport particulier à l'autre.

L'équivalent homme (mâle) est un « dominant » ou « maître ».

Deleuze sépare le sadisme du masochisme. Il parle de « contrat » dans le masochisme et dit que « Sado-masochisme est un de ces noms mal fabriqués, monstre sémiologique[2] ».

La dominatrice a pour partenaire un masochiste. Un masochiste est, pour René Girard, « un maître blasé[3] ».

Emmanuel Dazin dit que chez Masoch, la dominatrice affublée selon les désirs de l’esclave, les caractères qu’il lui attribue, est très vite stéréotypée[4]. Et il ajoute : « Elle peut aller jusqu’à ressembler à une poupée, entre les mains de sa "victime" manipulatrice. »

Daniel Leuwers a préfacé une Vénus à la Fourrure en livre de poche : « Le masochiste cherche à conditionner l'attitude de la femme en vue de la faire participer à un jeu dont il entend assumer seul la direction. Il s'agit de donner à la femme l'illusion du pouvoir alors qu'elle est sous le joug insidieux de l'homme qui la force à le battre[5]. »

Sommaire

Position de la Dominatrice

Dans l’univers BDSM, les pratiquants considèrent couramment que :

  • Serait soumis celui qui n'est pas attiré par la douleur physique mais qui est excité dans l’obéissance, les services imposés par des moyens psychologiques. Il cherche l’adoration de la maîtresse. Ou encore l’écoute d'invectives déclamées par la dominatrice. Insultes qu’il ne supporterait pas dans la vie sociale. Perverties dans l’univers du rêve, ces humiliations deviennent jouissives.
  • Serait masochiste l’homme qui recherche le plaisir dans la douleur.

À la lecture de Gilles Deleuze et de Theodor Reik, ces définitions populaires sont contredites. Selon Deleuze et Reik, un seul et unique masochisme guide la démarche, qu'il soit soft ou hard.

Le masochiste a un programme[6]. Il est l’éducateur. En parlant de Wanda et de Sacher Masoch, Gilles Deleuze écrit : « elle sera sa compagne à la fois docile, exigeante et dépassée[7]. »

Le programme, le sujet l’a rêvé, fantasmé. Il cherche l’actrice qui joue le rôle dominant et il lui propose un contrat ou pacte. « Il n’y a pas de masochisme sans contrat ou sans quasi contrat dans l’esprit masochiste[8]. » La dominatrice va être l’actrice dans une mise en scène échafaudée par le masochiste lui-même. Le contrat ou pacte signifie qu'il y a consentement mutuel.

Jeux de rôles et pratiques

Voici une liste non exhaustive de jeux pouvant être pratiqués au cours d'une séance de domination féminine :

  • Jouer à être un enfant : la dominatrice, souvent dans le rôle d'une tante sévère ou d'une maîtresse d'école, invente une histoire concernant une bêtise qu'aurait fait le sujet redevenu enfant. Elle prend le prétexte de cette bêtise pour l'humilier le fesser, le punir comme l'on punit un enfant.
  • Féminisation : les hétérosexuels peuvent exprimer le désir d'être femme, c'est sûrement le fantasme masochiste le plus commun. Dans son livre Françoise Maîtresse[9], l'auteure relate plusieurs jeux de rôles comme « Élodie en sous-sol », dans lequel un maçon provincial passe une journée à Paris dans les salons de beauté pour se faire « belle », afin de se prostituer le soir au bois sous les ordres impérieux de sa Maîtresse, ou encore l'histoire de Human bomb.
  • Humiliations : toutes les insultes faites aux femmes dans la vie sociale, le dominé peut être excité à les entendre lorsqu'il est femme l'espace d'une séance. Ainsi que toute autre mise en scène de l'humiliation par les mots, les tenues vestimentaires et les positions.
  • Mise en scène du mari cocu, chère à Masoch. On trouve ce genre de site sur internet.
  • Jeux de service : valet - femme de ménage - bonniche très ordinaire - soubrette chic et prude - soubrette putain - etc.
  • Chantage[10] : Le sujet est obligé de prendre du plaisir, il n'est plus responsable de la faute car la dominatrice le fait chanter : « tout le monde va savoir ».
  • Cannibalisme retourné[11] : (résumé) l'homme est mis en position de dinde à cuire et ficelé. On introduit dans ses orifices naturels, des oignons, des herbes, de l'ail, du persil dans les narines. On l'enferme dans un faux four géant en plexiglas. On ouvre le four, on pique avec la pointe du couteau pour vérifier la cuisson. Enfin, on sert la dinde. La Maîtresse mime le découpage.
  • Mise en scène de fantasme d'être proie pour une chasseresse. Masoch avait ce fantasme et il l'exprime dans son roman : « Dans Loup et Louve l'héroïne demande à son prétendant de se laisser coudre dans une peau de loup, de vivre et de hurler comme un loup, et d'être chassé[12]. » Et Gilles Deleuze parle de son fantasme de se faire travestir en ours et de se faire chasser : « Les goûts amoureux de Masoch sont célèbres ; jouer à l'ours, ou au bandit ; se faire chasser, attacher, se faire infliger des châtiments, des humiliations et même de vives douleurs physiques par une femme opulente en fourrure et au fouet ; se travestir en domestique, accumuler les fétiches et les travestis etc[13].. »
  • Bondage : le bondage La traduction la plus reconnue par les dictionnaires en ligne ainsi que le Collins est esclavage [1] [bondage] est le fait d'immobiliser d'enfermer, de kidnapper etc. son partenaire par des moyens divers : cordes, sacs de bondage en cuir, inflatable de latex (sorte de ballon gonflable à double paroi). On va gonfler entre les deux parois.
  • Enfermement : Bondage encore, enfermé, l'impression d'angoisse d'être seul, qu'il sera abandonné, la tension monte, le désir aussi.
  • Latex - Rubber : Tous ce qui tourne au travestissement caoutchouc, y compris les masques et cagoules, suivant la pression des cagoules on considère qu'il s'agit de bondage.
  • Camisoles - Bondage encore : Jeux de kidnapping : idem enfermement avec des camisoles psychiatriques.
  • Contrôle de la respiration à l'aide de masques : la maîtresse va ralentir la respiration tout en surveillant son partenaire. Ceux qui ne fréquentent pas les Maîtresses le font seuls avec tous les risques que cela représente. Il y a une dizaine d'années on a retrouvé un homme politique anglais en porte-jarretelles. Il était mort étouffé, un sac plastique sur la tête.
  • Cuir bondage : idem bondage avec des sacs de cuir appelés encore sleepingbags par les Anglais.
  • Fessées : châtiments corporels - fouet - cravache mise en scène ou non du châtiment. Attucé la plupart du temps.
  • Urolagnie : se dit de la pratique où la dominatrice urine sur son soumis.
  • Scatophilie : le dominé est excité à l'idée de recevoir des excréments sur le corps ou le visage, certains veulent avaler, mâcher les excréments (pratique qui n'est pas acceptée par toutes les dominatrices).
  • Médical : lavements et autres jeux médicaux.
  • Rubber doll, enfermement total : dans le latex, même le visage est recouvert d'un masque de femme en latex. Distance avec le réel, apparence de la transformation sauvée. L'homme est sorti de son état phallique patriarcal. Sans culpabilité ni complexe, car ce n'est plus lui mais un autre, une autre, la caricature d'une femme.
  • Facesitting : la dominatrice étouffe le sujet avec son derrière.
  • Déni d’orgasme.
  • Ballbusting : le fait de prendre les testicules du dominé pour un ballon de foot.
  • Électricité : Par exemple : pénétration par un plug branché sur pile, colliers pour encercler les testicules, le sexe. Ces colliers sont munis d'électrodes. Les distributeurs de matériels recommandent d'utiliser l'électricité uniquement sous la ceinture
  • Torture, bondage, élongation des testicules avec des poids
  • Torture des seins.
  • Devenir animal, cheval, chien, porc, ver de terre etc.
  • Pose de ceinture de chasteté.
  • Fétichisme du pied - des bottes - des escarpins : adoration du pied qui devient l'idole. idem bottes et escarpins.
  • Piétinement du corps du sujet pratique appelée Trampling par les américains
  • Fétichisme des blouses de nylon : rare d'autant que ces blouses de nylon ne se fabriquent plus.
  • Adoration de la Maîtresse, type cérémonie à l'idole païenne[14].
  • Ponyboy - Ponygirl : le ou la dominée, arnaché(e) comme un cheval de course, va tirer un sulky.
  • Corset.
  • Suspensions : par les pieds, sur une croix qui tourne, dans un harnais, dans une cage en cuir. S'apparente au bondage
  • Exhibition (« exhibe ») : le goût du risque et de l'humiliation. Mise en scène du risque.
  • Port du plug.
  • Bougie.
  • Appartenance par marquage, tatouage ou branding (marquage au fer, encore appelé « baiser de feu » par les américains).

Qualités requises de la part de la dominatrice

"Il n'est pas nécessaire que cette femme soit despotique ou autoritaire. Il est bien préférable qu'elle le devienne à l'instigation de Séverin appelé ainsi à être un pernicieux éducateur avant que de choir dans le rôle de la victime consentante."[15] C'est pourquoi la dominatrice est sur une scène de théâtre, elle va accompagner son sujet dans la fantaisie ou le programme. Elle doit donc être psychologue, elle doit comprendre les sentiments du sujet sans qu'il ne l’énonce clairement. Elle doit s’attacher tout autant au non-dit qu’à ce qui est formulé par son sujet. Elle doit être une excellente comédienne. La Dominatrice doit prendre son rôle très au sérieux. Elle doit faire des reproches, annoncer clairement la sentence méritée et pourquoi elle est méritée. Appuyer sur le ridicule de telle ou telle situation, lorsque le sujet cherche l’humiliation érotique. La Maîtresse doit adapter le monologue aux situations vécues ou à celle qui est en train de se vivre. Par exemple si elle travestit son sujet, commenter l'état féminin du sujet. Belle pute, ridicule, femme du monde etc. De ce fait la dominatrice devra jouer le rôle et déclamer les propos qu’elle aura inventés pour entrer dans la scène ludique. Elle devra posséder une imagination débordante, un rien extra-lucide. Enfin au cours de la séance, elle doit conserver un rythme, ritualiser son rôle, elle doit se placer dans la comédie ou dans la tragédie suivant son sujet. Elle doit figer son image, prendre des poses.

Elle doit suspendre le temps, parler, s'arrêter, disparaître pour faire attendre le sujet. Elle doit le scruter avec un regard sévère. Elle peut très bien avoir lors de la rencontre un dialogue convivial et en un mot, un tour de clef, elle devient déesse autoritaire et donne des ordres. Elle doit être capable d'être cinglante dans ses ordres.

À l’écoute, la moindre erreur et le sujet « dé-phantasme. » Concernant l’écoute toujours, le dominé a besoin d’exhiber sa douleur et la dominatrice l’écoute. Elle s’en moque ou plutôt joue un rôle de moqueuse. Elle peut le plaindre et/ou le consoler.

Il peut arriver que le masochiste n'ayant pas eu sa « dose » devienne agressif voire humiliant pour la maîtresse, jusqu'à ce qu'elle se déchaîne. Là, elle a le choix de lui répondre ou ne pas prendre en compte la provocation. La dominatrice a le choix de punir, de gifler, selon ce que le sujet attend.

Catégories de dominatrices

Dominatrice au sein du couple

Lorsque ce type de relation existe les séances interviennent plus ou moins fréquemment, mais sont des parenthèses dans la vie de couple. Il arrive que certaines femmes mariées jouent ce rôle pour retenir l’époux qui exprime ce fantasme. Ou tout simplement par amour, pour lui faire plaisir.

Quelques pratiquants affirment que la relation peut aussi se vivre en permanence, au quotidien. Cette relation permanente ne peut pas se vivre ainsi sans certaines dérives. De la volonté d'un maître ou d'une maîtresse qui chercherait à gouverner entièrement son partenaire. Il arriverait également à un paradoxe, celui d'abêtir sa compagne, son compagnon. On a longtemps refusé aux femmes, aux esclaves le droit d'apprendre. Pendant des millénaires on a cherché à ce que la femme soit un robot, à la maison pour les tâches ménagères. Aujourd'hui encore, il existe des hommes qui ne supportent pas les femmes carriéristes, libres, cultivées. Dans les relations SM, certains cherchent à posséder pleinement leur esclave. Ils voudraient les voir enfants. Certains maîtres, maîtresses sont sûrement amoureu(x) (ses), sincères et ne cherchent finalement qu'à posséder totalement l'être aimé. En oubliant la régression dans laquelle ils ou elles l'installent. Dans son livre " L'Éxil intérieur " Roland Jaccard [16], à l'aide de citations de Georges Devereux, parle justement de cette regression au stade enfantin, d'une surprotection ainsi que le rôle joué par les media, les club de vacances, l'utilisation sadique anale de la voiture etc. Tout ce qui rend l'individu dans "la passivité béate de sa position assise". (...)"l'infantilisme est lui aussi, profondément enraciné dans notre modèle socio-culturel. (...) car rien n'est plus difficile à gouverner que des adultes intelligents conclu Georges Devereux".

Dans le cas où l'homme est dominateur, la situation peut être plus facilement mise en scène, car le dominateur ne perd pas sa casquette d'homme fort et viril tel que notre civilisation l'a éduqué. Et nombre de femmes fortes dans la vie sociale s'abandonnent au plaisir de se sentir prises en charge et déresponsabilisées. Bien évidemment, il faut exclure le cas où la femme ou l'homme serait sadique et martyriserait moralement ou physiquement son épouse ou époux sans consentement.

Et c’est pour cela que l’on n’hésitera pas à dire que le « vrai » SM, dans sa pureté radicale et subversive, est, comme on l’écrit dans les petites annonces des journaux ou des forums spécialisés, plus « f/h » (comprenez « femme qui domine homme »), que « h/f » (homme qui domine femme). Car l’homme dominateur et la femme maso constituent des réalités sociales déjà existantes et, ajoutons-le, suffisamment décevantes pour qu’on les retrouve encore sur une scène qui a précisément promis d’inverser les tendances, les ordres, les sexes et leurs rapports de force.[17],

Dominatrices professionnelles

Elles sont fréquentées par des hommes qui ne veulent pas partager leurs fantaisies avec leur femme ou leur petite amie. Ils prétendent que leur compagne ne supporterait pas de rentrer dans leur fantasme et les quitterait sûrement. Où, pour la paix de leur famille, ils craignent de ternir l’image du Père. Ils vont voir une professionnelle aussi parce que c'est plus pratique que d'attendre sur un chat qu'une non professionnelle les convoque. Ils veulent en finir avec la pulsion et retourner à la vie civile. Où, généralement, le maître c'est eux.

Elles se divisent elles-mêmes en différentes catégories :

  • Celle qui renonce à son propre masochisme en devenant « masochisante[1] ». Elle n’est pas sadique et l’erreur serait de croire qu’elle l’est[18]. Cette dominatrice joint l’utile à l’agréable. Souvent d’excellentes techniciennes, lorsqu’elles sont appliquées. Lorsqu’elles ont assimilé leur rôle et sont attentives au moindre signe du sujet pour comprendre ce qu’elles doivent ordonner.
  • D'autres ne s'intéressent qu'à l'argent qu'elles vont gagner et dépenser.

Il existe également de par le monde des « Maisons de domination » : autorisées en Allemagne, aux Pays-Bas, aux États-Unis, etc., elles sont interdites en France et sont passibles de condamnations pour proxénétisme. Certains donjons internationaux sont organisés par des dominatrices expérimentées qui savent choisir leur personnel. D’autres ne sont que de vulgaires maisons de passe appartenant à la mafia. Avec des dominatrices plus ou moins bien formées, dont certaines ne sont ni bien psychologues, ni bien attentionnées.

Dominatrices amatrices

Il en existe de toutes sortes, certaines ont bien évidemment envie de s’amuser, d'avoir l'impression d'être la reine d'un jour. Elles peuvent pratiquer avec dextérité. D’autres ont envie de notoriété. D’autres encore ont raté leur vie sentimentale. Elles croient à cette appartenance offerte par l'homme qu'elles dominent. Elles pensent tenir enfin un homme en acceptant de l’obliger à subir leur autorité.

Dominatrice rêvée

La « Dominatrice rêvée » est une icône de cruauté arbitraire, telle que la décrivent ceux qui se cantonnent au seul champ du désir. Ils sont toujours en quête : « le propre de Masoch est d’être déçu », dit Deleuze[19]. Cela semble être le propre de nombre de masochistes. Ils seront toujours en manque, « toujours affamés[20] ». Car même si la dominatrice fantasmée mène à une relation vécue avec une dominatrice réelle, elle ne pourra jamais remplacer exactement celle du rêve.

Deleuze commence par cette citation de Dostoïevsky : « C’est trop idéaliste et donc cruel[21] ». Deleuze frappe ainsi au cœur du manque masochiste.

Les hommes en quête rêvent souvent de celle qui les feraient lever aux aurores tous les matins pour couper le bois, qui les feraient travailler sans relâche. Qui les fouetteraient pour travail non fait. Celle qui les emprisonneraient. Celle qui les livreraient à la prostitution vêtus(es) en femme. Les utiliseraient au quotidien comme un chien, des latrines, un tapis vivant. La despote qui leur cracherait au visage et les giflerait publiquement dans la vie sociale, etc. Ceux qui en rêvent restent persuadés et tentent de persuader par leur discours que tout leur est possible.

Or, si cette femme existait, la question serait : s’agit-il d’une véritable sadique ? Si la dominatrice est fantasmée comme sadique, elle est convoquée dans le réel en tant que « masochisante », seule apte à accéder au désir du masochiste et à pénétrer son univers fantasmatique. La relation présentée comme appartenance totale au quotidien, ne peut exister sans tomber dans le masochisme destructeur. Sorte d’enfermement schizophrène : perte de repères, dépersonnalisation, aliénation réelle du sujet, spoliations et abus divers.

L'approche philosophique et psychanalytique

Sado-masochisme, monstre sémiologique ?

C'est en tous cas ce qu'exprime Deleuze : « Sado-masochisme est un de ces noms mal fabriqués, monstre sémiologique »[22]. Il considère que Sadisme et masochisme sont deux univers différents. Qu'ils ne peuvent être de parfaits contraires, ni une parfaite complémentarité. Le sadisme étant un univers de crimes, de ce fait hors consentement. Et, le masochisme l'univers du contrat où tout est accepté par le sujet qui éduque son bourreau. Un peu comme si on pouvait nommer les deux couples différemment l'un Maître sadique et sa victime non consentante, et l'autre Maître ou Maîtresse pour le masochiste sujet consentant. D'où la notion de contrat dans le masochisme. Ce qui n'empêche pas les acteurs de changer, quelques fois, de rôles[23]

« Chez Sacher-Masoch, l’esclave éduque le maître. Le contrat est d’abord un contrat d’apprentissage. La violence permet la rédemption et le vice y est, comme dirait Cioran, "une envolée de la chair hors de sa fatalité[24]". »

Theodor Reik nomme le sujet masochiste « le rêveur[25]. »

Les différents caractères du masochiste selon Deleuze et Reik

  • 1er Caractère, de T. Reik : « la signification spéciale de la fantaisie [25]. » Fantasme vécu pour lui-même ou la scène rêvée, dramatisée, ritualisée, indispensable au masochisme[26].
  • 2e caractère, parle du « facteur suspensif » La dominatrice doit mesurer le temps, « l’attente, le retard exprimant la manière dont l’angoisse agit sur la tension sexuelle, » nous dit Deleuze[27]. « Le masochiste attend quelque chose qui est essentiellement en retard[28]. »
  • 3e caractère, selon Reik « Le trait démonstratif[25]. » Ou, pour Deleuze, « le masochiste exhibe sa douleur[29].  »
  • 4e Caractère, le « facteur provocateur du masochiste », Reik dit que le masochiste « envoie le sadique en éclaireur. »
  • Deleuze estime que Reik néglige un 5e facteur, le pacte qui unit le masochiste à son bourreau. Le rôle de "l'esclave éducateur."

L’erreur serait de penser que la dominatrice dirige réellement le jeu : elle n’est dominatrice qu’en apparence. La séance repose sur un pacte : « Le masochiste n’est qu’en apparence tenu par les fers et les liens. Il n’est tenu que par sa parole. Le contrat masochiste n’exprime pas seulement le consentement de la victime, mais le don de persuasion, l’effort pédagogique et juridique par lequel la victime dresse son bourreau[30]. »

Rapports prostitutionnels

Contrairement à Don Juan qui cherche la femme idéale en multipliant ses conquêtes, Masoch et les masochistes cherchent toutes les femmes en une seule femme idéale représentant les trois mères. L'hétaïre, (prostituée), la mère nourricière et la mère œdipienne. « Wanda raconte que Masoch la persuadait de chercher des amants, de répondre aux petites annonces et de se prostituer pour de l’argent[31]. »

Deleuze cite Masoch en disant : « Mais ce désir il le justifiait ainsi : "C’est une merveilleuse chose de trouver chez sa propre, honnête et brave femme, des voluptés qu’il faut généralement aller chercher chez le libertines[32]". »

Plaisir sans responsabilité

T. Reik cite W.Stekel et W.Reich. L’exemple fourni par Theodor Reik[25] est : « son patron rentre dans la chambre où il se trouve et, revolver en main, donne au rêveur l’ordre de copuler avec sa femme (celle du patron). Cela semble être un exemple parfait de la catégorie : plaisir sans responsabilité (...). »

La dominatrice est celle qui prend le rôle du patron. Armée d’un fouet, usant de paroles dures, de menaces, de chantage, humiliant son sujet. Elle oblige son sujet à prendre le plaisir défendu et endosse la faute.

Rapports aux pratiques et aux jeux de rôle

À propos des jeux d’enfants pour adultes, Anne Larue évoque la différence entre le masochisme social et le masochisme festif : « être ludique, ce n’est justement pas être un enfant geignard ou dépendant ; c’est être un enfant adulte capable de jouer à l’enfant, et d’apprécier la distance que vaut le jeu. (…) Les grands enfants heureux qui sans l’ombre d’une « pulsion de destruction » véritable jouent au masochisme justement parce qu’ils sont heureux et qu’ils ne sont plus des enfants[33]. » Du besoin de régression vers la toute petite enfance W.Reich dit que le masochiste a un intense besoin d'être aimé. A cela Théodor Reik réplique "Le bébé est sûr d'être aimé. Il a une confiance naturelle dans l'amour du père et de la mère et du monde entier."[34] ». Reik cite aussi le lied de Brahms "Ah si je connaissais encore le chemin du retour, le chemin bien aimé à la chère période de l'enfance..."

Bondage : On retrouve chez plusieurs philosophes ou psychanalystes, dont Otto Rank, l'idée que la vie intra-utérine serait une situation voluptueuse, sorte de Paradis perdu et que l'être humain chercherait un retour inconscient à la vie intra-utérine[35]. Rank ajoute : « c'est ainsi qu'en se faisant ligoter, le masochiste essaie de rétablir, en partie tout au moins, la situation voluptueuse de l'immobilité intra-utérine. » Thanatos règne dans ces jeux, particulièrement avec le latex. Et c'est pour mieux le combattre que l'esclave latex ou le fétichiste latex s'enferme. « Car c'est en maîtrisant ce qui normalement nous détruit que nous pouvons vaincre la mort et atteindre l'éternité[36]. » Dans son livre, Françoise Maîtresse s'en amuse. « La mort chez nous est comédie, comme la peur est factice fabriquée pour jouir. » Anne Larue cite également ce passage[37]. Et aussi, dans le bondage, l'immobilisation de la femme, l'homme règle aussi ses peurs. La peur du sexe de la femme est traitée dans : Le sexe et l'effroi [38]. Quignard explique la fascination dans le sens attirance/répulsion, parce-que "Nous transportons avec nous le trouble de notre conception"(...) "Il n'est point d'image qui nous choque qu'elle ne nous rappelle les gestes qui nous firent"(...) "Or cette "chose regardée en même temps" nous ne pouvons en aucun cas la voir. Nous sommes venus d'une scène où nous n'étions pas." pour Quignard le sexe de la femme représente, dans l'inconscient, le non être, la mort. En bondageant la femme l'homme la rend disponible (attirance) et immobile donc non dangereuse (répulsion).

Cannibalisme retourné : « L’ours est l’animal d’Artémis, l’ourse à la fourrure est la Mère, la fourrure est le trophée maternel. Aussi bien, dans ce recueillement, la loi de la Nature devient-elle terrible : la fourrure est la fourrure de la mère despote et dévorante instaurant l’ordre gynécocratique. Masoch rêve que la femme aimée se transforme en ours, l’étouffe et le déchire. » Gilles Deleuze[39].

Urolagnie - scatophilie : Otto Rank [40] précise que, lorsqu'un enfant prend du retard sur l'âge de la propreté, c'est justement pour faire perdurer la situation intra-utérine voluptueuse.

Lavement érotique - Otto Rank [41] toujours : le psychanalyste parle du « désir inconscient du garçon de pouvoir donner naissance à des enfants par la voie anale ». Or dans le lavement érotique, il y a aussi la perte des eaux. Considération des psychanalystes qui ramènent tout à l'enfance post-natale, il s'agirait du souvenir d'enfant érotisé.

Rubber doll - enfermement total dans des vêtements de latex : le visage même est recouvert d'un masque de femme en latex. C'est une façon de prendre ses distances avec le réel, d'entretenir l'apparence de la transformation sauvée. C'est un « abandon du jugement de dieu » selon Antonin Artaud et Deleuze, à l'image du visage du Christ vecteur de culpabilité. L'homme quitte ainsi son visage phallique patriarcal. La « Visageité » selon Deleuze Guattari parle d'un déni de visage, référence à la peinture de Francis Bacon. Deleuze a en outre écrit sur Francis Bacon[42].

Le sujet cherche « à s’attacher des ailes (…) pour fuir ce monde dans le rêve[43]. » Le masochisme est l’une des lignes de fuite deleuzienne. On retrouve les lignes de fuite de Deleuze dans « Les devenirs » [44] et dans Les dialogues avec Claire Parnet[45].

La dominatrice a ainsi une approche de psychologue ou psychanalyste mais en aucun cas ne peut les remplacer.

Anne Larue[46] évoque et démontre ce qu’une dominatrice ne doit pas faire : se prendre pour une vraie psychologue ou psychanalyste : «« théâtreuse » dans l’âme, elle monte tous les jours sur les planches »: « quelles que soient mes misères de clown, le spectacle doit continuer. » À un amant qui retrouve trop facilement à son goût la maman sous la dominatrice, elle rétorque : « ne comptez pas sur moi pour vous aider à ranger vos petits soldats de plomb. Restons ludique. Fouet ? Jeux théâtralisés[9] ? »

Le cas de Nietzsche

Nietzsche et Lou Salomé photographiés avec l'amant de celle-ci, Paul Rée. On aperçoit un fouet entre les mains de la cochère.

Lou Andreas-Salomé, l'amie de Nietzsche puis l'amante de Rilke. Image troublante. C'est Nietzsche qui disait : « si tu vas chez la femme, n’oublie pas ton fouet ». Là c'est Lou qui le tient.

Toutes proportions gardées, Nietzsche reproduit avec Lou et son amant de l'époque, Paul Rée, un schéma similaire à celui qu'il forma plus tôt avec Wagner et son épouse Cosima. Dans les deux cas, Nietzsche fait l'expérience un amour platonique en direction la composante féminine du trio, tandis qu'il est uni par une amitié intellectuelle et/ou artistique avec l'amant de celle-ci. Chacun de ces trios se terminera par une rupture douloureuse pour le philosophe, dont le fracas retentira dans son œuvre ultérieure.

La Dominatrice (approche) dans l'histoire de l'humanité

Dominatrice au XXIe siècle, elle fut :

  • Femme fatale au début du XXe ;
  • Déesse dans la mythologie ;
  • Amazone ;
  • Prostituée Sacrée en Inde - Toujours présentes dans les temples ;
  • Matriarche - Le matriarcat existe encore dans quelques sociétés en Inde ;
  • Sorcière au moyen âge - (elles endossaient la culpabilité tant des laïcs que des religieux). De plus, la sorcière est et était représentée à califourchon sur son balai, qui la rendait phallique. À l'époque on disait que les sorcières « chevauchaient des animaux la nuit en compagnie de Diane[47], la déesse des païens ».

Pour plus de précisions sur la gynécocratie à travers l'histoire, on peut en outre consulter Le droit maternel ; le livre est de Johann Bachofen[48] (recherche sur la gynécocratie de l'antiquité) ; livre très contesté par les philosophes et chercheurs et notamment par Simone de Beauvoir. Bachofen était accusé d'être un rêveur « fertile et amoureux du songe[49] ».

Dominatrices célèbres

Domination et masochisme au cinéma

Cinéma underground

Il existe très peu de films underground traitant de la dominatrice dans le masochisme festif. On en note quatre principaux :

  • Preaching to the perverted[50]
  • Maîtresse, de Barbet Schroeder[51]
  • Sick: The Life & Death of Bob Flanagan. Sick est un documentaire. Se sachant atteint d’une maladie douloureuse et incurable, Bob Flanagan va soulager le mal par le mal. Ce documentaire met en scène des pratiques extrêmes dans lesquelles le sujet atténue la douleur de la maladie en se livrant à la douleur orgiaque.
  • La Femme flambée, de Robert Van Ackeren [52]

Cinéma grand public

Parmi les films grand public, on peut mettre en évidence deux œuvres importantes :

  • La secrétaire : États-Unis, 2002, de Steven Shainberg avec James Spader, Maggie Gyllenhaal, Jeremy Davies, Amy Locane, Lesley Ann Warren.

Celui-ci concerne la relation dominateur à femme masochiste. La jeune femme est une masochiste sociale et totalement déséquilibrée. Lorsqu'elle sort de l’hôpital psychiatrique, elle est embauchée par un avocat dominateur. On a l’impression qu’il la sent, la respire. Évidemment, elle provoque, fait des fautes d'orthographe, des gribouillis. Il commence à la dominer, l’humilier, l’obliger à certaines pratiques d’obéissance. Il la fesse, elle devient accro. Elle se soumet. Le dominateur culpabilise. Il a peur d'aller trop loin. Il rompt. Il n'est pas un vrai sadique. Il est tout simplement la prise mâle de la femelle masochiste, en quelque sorte, « le masochisant » selon Deleuze. C'est compter sans le caractère dominant du (de la) masochiste qui plie mais ne rompt pas. Elle s'installe au bureau du Maître. Elle ne mange plus. Elle ne dort plus. Il semble même qu'elle urine sur place. Elle domine la situation, devient psychologiquement l'élément « mâle » dominant, en plus clair, la force. Il cède car il l'aime. Le masochisme mortifère a été soigné par ce que la société bien pensante nomme le mal et les pratiquants nomment plaisir. Elle va renoncer à se mutiler. C’est le maître qui l’avait exigé. Il la construit. Le masochisme mortifère se transcende en masochisme orgiaque. La masochiste et le dominateur fondent dans une relation follement amoureuse. Véritable petit conte de fées SM.

- Un autre film grand public où c’est la femme masochiste qui forme son bourreau, il s’agit de la pianiste, interprétation prodigieuse d’Isabelle Huppert. Un professeur de piano de quarante ans, froide et autoritaire, vit une relation trouble avec une mère très possessive. Elle tombe amoureuse de son élève Benoît Magimel. Habituée à l’automutilation, elle aussi. Elle provoque celui qu’elle choisit pour Maître, lui présente des objets de torture. Elle veut le former. Elle se détruit, mais tente également de le dérouter par tous les moyens. Ce film est d’une grande ambiguïté, il démontre aussi que la frontière entre le masochisme moral et le masochisme ludique est ténue. Cela finit mal. Les différentes fiches lues sur internet ne font qu’une petite approche et ne détaillent pas vraiment le masochisme dans le film[53].

Scènes de domination dans des films grand public

Dans le film Lunes de fiel, la scène où Oscar est cagoulé en cochon et celle où Mimi coupe les vêtements d'Oscar à coups de rasoir, la tenue reluisante en vinyle noir de Mimi font penser au monde du BDSM. Mais ce n'est qu'illusion. Nous sommes dans un tout autre univers. Le film Lunes de fiel montre des relations d'une extréme cruauté. Il n'y a pas de consensus entre les protagonistes. Le handicap n'a pas été choisi. La dépendance qui s'ensuit n'est pas jouée. On est aux antipodes de l'univers BDSM. Le film met en scène une relation passionnelle. Les personnages sont dans un sadisme déterminé, ascensionnel et qui finit en tuerie. C'est très différent de ce que vivent les partenaires dans une relation masochiste festive dominant/dominé. Depuis une certaine évolution des mœurs, dont Barbet Schroeder, avec Maîtresse, fut l'un des pionniers, on voit des scènes réellement masochistes au cinéma, mais ce sont juste de courts passages. Une scène de domination dans un donjon par exemple. Bien avant, le sadisme et le masochisme étaient mis en scène de façon plus discrète : tortures de pirates, scènes de fouet, fessées administrées par John Wayne, etc.

Ressources bibliographiques

  • (fr) Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, le froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, éditions de Minuit, collection arguments - 1967.
  • (fr) Annick Foucault, Françoise maîtresse, Gallimard 1994, (ISBN 2-07-073834-5)
  • (de) Tomi Ungerer, Schutzengel der Hölle, Diogenes 1986, (ISBN 3-257-02016-3)
  • (en) Gloria Brame, William Brame, The World of Sexual Dominance and Submission ISBN 0679769560 (ISBN 978-0679769569 )
  • (en) Shawna Kenney, I Was a Teenage Dominatrix: A Memoir, Last Gasp 2002, (ISBN 0-86719-530-4)
  • (fr) Jeanne de Berg, L'image, éditions de Minuit
  • (fr) Jeanne de Berg, Cérémonies de femmes, Grasset 2005
  • (fr) Jeanne de Berg, Le petit carnet perdu, Fayard 2007
  • (en) Lorelei : The Mistress Manual: The Good Girl's Guide to Female Dominance, Greenery Press, 2000. (ISBN 1-890159-19-0).
  • (en) Elise Sutton, Female Domination, Lulu.com, 2003. (ISBN 1-4116-0325-7).
  • (fr) Pascal Bruckner, Mon petit mari, Grasset, 2007. (ISBN 978-2-246-73141-2).
  • (fr) Leopold von Sacher-Masoch, La Venus à la fourrure, éditions de Minuit.
  • (fr) Pierre Cormary - L'homme qui criait au loup - Les carnets de la philosophie no 7- Le plaisir et rien d'autre [2]

Documentaire radio

France Culture rend hommage à Maîtresse Cindy dans le documentaire Le donjon de Maîtresse Cindy[54], réalisé par Irène Omelianenko et François Teste sur France Culture, récompensé au New-York Festival 2007[55], en remportant la médaille de bronze dans la catégorie « radio community portrait ».

Voir aussi

Notes et sources

  1. a , b  et c Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, le froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, éditions de Minuit, collection « arguments », 1967.
  2. G. Deleuze, op. cit. p. 114
  3. René Girard, Mensonge et vérité romanesque, éd. Pluriel.
  4. Emmanuel Dazin, Préface de Fouets et Fourrures, éditions Le Castor Astral, collection « Les Inattendus », 1995.
  5. Daniel Leuwers, préface à Leopold Von Sacher Masoch, La Vénus à la Fourrure, Presses pocket.
  6. Gilles Deleuze et Félix Guattari, Mille plateaux, éditions de Minuit, collection « critique », op. cit.
  7. G. Deleuze, op. cit. p. 8
  8. G. Deleuze, op. cit. p. 67
  9. a  et b Annick Foucault, Françoise Maîtresse, éd Gallimard, « collection digraphe », 1994.
  10. Françoise Maîtresse op. cit., « Strip-Poker »
  11. Françoise Maîtresse, op. cit. « La Dinde »
  12. G. Deleuze, op. cit. p. 82
  13. G. Deleuze, op. cit., avant-propos, p. 8
  14. Revue littéraire Digraphe N°79 - Hiver 1997
  15. Préface Daniel Leuwers, La Vénus à la Fourrure Leopold Von Sacher Masoch, op. cit.p.13
  16. Roland Jaccard, L'Exil intérieur, éd Puf
  17. Pierre Cormary, L'enfant qui criait au loup, Carnets de la philosophie N°7 - Le plaisir et rien d'autre
  18. G. Deleuze, op. cit. p. 38
  19. G. Deleuze, op. cit. p. 8
  20. Françoise Maîtresse, op. cit. chap Satis
  21. G. Deleuze, op. cit. p. 15
  22. G. Deleuze, op. cit. p. 114
  23. Dans sa présentation de Sacher Masoch, Gilles Deleuze a fait apparaître ce qui distingue le masochisme du sadisme.
  24. Roland Jaccard, Le Monde, 13 décembre 1991.
  25. a , b , c  et d Theodor Reik – Le masochisme, éd. Payot, - 1971 à noter que les références des pages citées sont prises sur l’édition de 1971.
  26. G. Deleuze, op. cit. p. 66
  27. G. Deleuze, op. cit. p. 66
  28. G. Deleuze, op. cit. p. 63
  29. G. Deleuze, op. cit. p. 66
  30. G. Deleuze, op. cit. p. 67
  31. G. Deleuze, op. cit. p. 55
  32. G. Deleuze, op. cit. p. 55
  33. Anne Larue, Le Masochisme ou comment ne pas devenir un suicidé de la société, éditions Talus d'approche ISBN 2-87246-091-8, p. 131
  34. T. Reik, op. cit. p. 223
  35. Otto Rank, Le traumastisme de la naissance, éd Payot, petite bibliothèque - 2002 (dernière éd.).
  36. Alain Danièlou, Shiva et Dionysos, éd. Fayard - 1991.
  37. Anne Larue, op. cit. p. 131
  38. Pascal Quignard, Le sexe et l'effroi.", éditions Gallimard
  39. Article de Gilles Deleuze, consultable en ligne.
  40. Otto Rank, op. cit.
  41. Otto Rank, op. cit. p. 57
  42. Gilles Deleuze – Logique de la sensation, Paris, essai sur Françis Bacon - La Différence, 1981.
  43. G. Deleuze, op. cit. p. 30
  44. Gilles Deleuze et Félix Guattari - Mille plateaux - éd. de Minuit col. critique op. cit. « Les devenirs ».
  45. Gilles Deleuze, Claire Parnet - Dialogue avec Claire Parnet, col. Champs Flammarion - 1996.
  46. Anne Larue, op. cit. p. 131
  47. La grande chasse aux sorcières, éd. Champ Vallon col. Époque.
  48. Johann Jakob Bachofen, Le droit maternel - Recherche sur la gynécocratie de l'antiquité dans la nature religieuse et juridique, éditions L'Age d'homme.
  49. Le droit maternel, 4e de couverture.
  50. Fiche du film sur le site du distributeur.
  51. Fiche du film sur cinemovies.fr.
  52. fiche du film sur le site toutlecine.fr.
  53. Fiche du film sur cadrage.net.
  54. Article sur le site de Radio France.
  55. (en) Palmarès sur le site officiel du festival.

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