Congres de Laybach


Congres de Laybach

Congrès de Laybach


Le Congrès de Laybach fut une conférence de souverains alliés ou de leurs représentants. Il se tint à Ljubljana, Autriche (maintenant Slovénie) du 26 janvier au 12 mai 1821. Avant la dissolution du congrès de Troppau, il avait été décidé de l'ajourner au mois de janvier suivant, et d'inviter le roi de Naples. Castlereagh, au nom du Royaume-Uni, avait cordialement accepté l'invitation, considérant qu'elle impliquait une re-négociation et donc un potentiel retrait de la position du Protocole de Troppau. Avant de quitter Troppau, en effet, la Russie, l'Autriche et la Prusse, avaient publié, le 8 décembre 1820, un texte où ils affirmaient le droit et devoir des puissances responsables pour la paix de l'Europe d'intervenir pour supprimer tout mouvement révolutionnaire qu'ils pourraient suspecter de menacer cette paix (Hertslet, No. 105). Opposé à cette vue, Castlereagh protesta une fois de plus dans une missive du 19 janvier 1821, dans laquelle il fit une différence claire entre les principes généraux contestables avancés par les trois puissances, et le cas particulier du malaise en Italie, qui était non pas un problème pour l'Europe en général, mais pour l'Autriche et d'autres pouvoirs italiens qui pourraient se considérer en danger (Hertslet, No. 107).

La conférence s'ouvrit le 26 janvier 1821, et sa constitution souligna les divergences révélées dans ces missives. Les empereurs de Russie et d'Autriche étaient présents en personne, accompagnés par les comtes Nesselrode et Capo D'Istria, Metternich et le Baron Vincent ; la Prusse et la France étaient représentées par des plénipotentiaires. Mais le Royaume-Uni, justifiant qu'il n'était pas directement concerné par la question italienne, était représenté seulement par Lord Stewart (Castlereagh), l'ambassadeur à Vienne, qui ne disposait pas des pleins pouvoirs, sa mission étant seulement d'observer et de vérifier que rien ne soit fait au-delà ou en violation des traités existants.

Des princes italiens, Ferdinand de Naples et le duc de Modéne vinrent en personne ; le reste étaient représentés par des plénipotentiaires, comme par exemple Antoine Marie Philippe Asinari de Saint-Marsan pour le royaume de Sardaigne.
Il fut rapidement clair qu'une discorde entre le Royaume-Uni et les autres puissances était inévitable. Metternich voulait obtenir une unanimité apparente des puissances pour soutenir l'intervention autrichienne à Naples, et de nombreux procédés furent utilisés pour tenter de piéger le représentant britannique et lui faire accepter une formule qui donnerait l'impression que le Royaume-Uni soutenait les principes des autres alliés. Dès lors que ces procédés échouèrent, il fut tenté d'exclure Lord Stewart de la conférence puisqu'il n'était qu'ambassadeur à Vienne et donc pas assez représentatif. Mais ces tentatives échouèrent.

Lord Stewart fut finalement forcé de protester ouvertement, et il exigea que ses protestations figurent au procès-verbal des délibérations. Cependant Capo D'Istria lut une déclaration aux ministres italiens, qui n'étaient pas du tout solidaires des grandes valeurs impliquées par l'intervention autrichienne, dans laquelle comme résultat de l'union établie par des actes solennels entre les pouvoirs européens, l'empereur russe offrait aux alliés l'aide de ses armes, si de nouvelles révolutions devaient menacer de nouveaux dangers ; cette offre était une tentative de raviver l'idée d'une union universelle basée sur la Sainte Alliance contre laquelle le Royaume-Uni avait constamment protesté.

Le Royaume-Uni, cependant, ne s'opposait pas tant à l'intervention autrichienne à Naples qu'à l'envergure des principes qu'ils voulaient utiliser pour la justifier. Le Roi Ferdinand fut invité à Laybach, d'après la circulaire du 8 décembre, afin de lui permettre d'agir comme médiateur entre ses populations errantes et les États dont ces gens menaçaient la tranquillité. L'usage cynique qu'il fit de sa liberté afin de répudier des obligations solennellement contractées est décrit ailleurs (voir Naples, Histoire). Le résultat de cette action fut la déclaration de guerre de Naples et l'occupation de Naples par l'Autriche, avec la bénediction du congrès. Ceci fut précédé, le 10 mars, par la révolte de la garnison d'Alessandria et la révolution militaire au Piémont, qui fut à son tour supprimée, à la suite de négociations à Laybach, par les troupes autrichiennes. Ce fut aussi à Laybach que le 19 mars, l'empereur Alexandre reçut la nouvelle de l'invasion par Alexandre Ypsilántis des principautés du Danube, ce qui annonça le début de la Guerre d'indépendance grecque. Depuis Laybach, Capo d'Istria critiqua dans une lettre à Ypsilántis le moment et la façon dont la guerre d'indépendance avait commencé : c'était reconnaître implicitement qu'elle était justifiée.

La conférence se termina le 12 mai 1821, date à laquelle la Russie, Autriche et Prusse publièrent une déclaration (Hertslet, No. 108) annonçant au monde les principes qui leur permettraient de venir en aide aux gens soumis. Cette déclaration affirmait une nouvelle fois les principes du Protocole de Troppau. Dans ceci repose la signification européenne de la conférence de Laybach, ayant eu essentiellement des discussions en relation avec l'Italie. La publication de la déclaration sans les signatures des représentants du Royaume-Uni et de la France proclama la désunion de l'alliance ; dans laquelle pour utiliser les mots de Lord Stewart il existait un triple accord qui liait les parties à avancer leurs vues propres malgré les différences d'opinions entre elles et les deux grands gouvernements constitutionnels.

Bibliographie

Il n'y a pas de rapport séparé du congrès, mais d'innombrables références peuvent être trouvées dans les livres, mémoires et correspondances de l'époque. Voir :

  • Sir E. Hertslet, Carte de l'Europe (Map of Europe) (Londres, l875) ; Castlereagh, Correspondance ;
  • Metternich, Mémoires ;
  • N. Bianchi, Storia documentata della diplomazia Europea in Italia (8 vols, Turin, 1865-1872) ;
  • Gentzs correspondance ;
  • Des correspondances non publiées de valeur sont préservées au Record Office aux volumes marqués F.0.0, Autriche, Lord Stewart, janvier à février 1821, et mars à septembre 1821. (W.A.P.)

La version originale anglaise (encore ici mal traduite) de cet article incorpore du texte de l'encyclopédie 1911 Encyclopædia Britannica, qui est dans le domaine public.


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