Conflit israélo-palestinien

Conflit israélo-palestinien
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Conflit israélo-palestinien
West Bank & Gaza Map 2007 (Settlements).png
Centrale d'Israël à côté de la Cisjordanie et la bande de Gaza, 2007
Informations générales
Date Au début du XXe siècle à aujourd'hui
Lieu Israël, territoires palestiniens
Issue En cours
Belligérants

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Palestiniens
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Israéliens
Notes
Processus de paix
Négociation concerne primaire

Le conflit israélo-palestinien désigne le conflit qui oppose, au Proche-Orient, les Palestiniens et l'État d'Israël. Débutant officiellement le 14 mai 1948, jour de la création de l'État d'Israël, il prolonge le conflit qui opposait depuis les événements de Nabi Moussa de 1920 les communautés arabe et juive de la région de Palestine. Ce conflit, non résolu à ce jour, est à caractère principalement nationaliste, mais il inclut également une certaine dimension religieuse (entre les Israéliens, principalement de religion juive, et les Palestiniens, à majorité musulmane).

Initialement géré par les Britanniques depuis le début de leur mandat sur la région en 1920, le dossier du conflit opposant Juifs et Arabes en Palestine mandataire est transmis à l'Organisation des Nations unies à la fin du mandat, en 1947. Celle-ci vote un plan de partage de la Palestine conférant un État distinct à chaque communauté et plaçant Jérusalem sous contrôle international. Contesté par les communautés arabes palestinienne et internationale et par les sionistes révisionnistes, ce plan mène à une guerre civile qui sera suivie par la Première Guerre israélo-arabe dès le dernier jour du mandat.

La région voit l'exode de 700 000 Arabes palestiniens pendant la guerre de 1948, l'arrivée de 800 000 Juifs en Israël entre 1948 et 1952, puis un nouvel exode de 300 000 Palestiniens pendant la guerre des Six Jours, en 1967 et l'arrivée en Israël de près de 600 000 Juifs en provenance des pays arabes. Les mouvements de populations ont débouché sur la problématique des réfugiés palestiniens, qui sont près de 4 000 000 aujourd'hui. Depuis l'échec de la tentative de créer deux États en 1947, les Nations unies ont à ce jour émis près d'une centaine de résolutions par le Conseil de Sécurité et l'Assemblée générale, afin de résoudre le conflit. Plusieurs négociations et conférences de paix ont également eu lieu.

Les principaux points litigieux sont : l'objectif d'une reconnaissance mutuelle des deux peuples, laquelle n'est à ce jour pas absolue ; l'objectif de création d'un État palestinien aux côtés d'Israël et les problèmes posés par la contiguïté de leurs territoires (sécurité) et le tracé ultime des frontières (question du devenir des colonies israéliennes présentes dans les territoires palestiniens occupés) ; le statut de Jérusalem et le contrôle de ses lieux saints. A ces enjeux centraux s'ajoutent des problématiques parallèles telles que le partage de l'eau et le statut des réfugiés déplacés par le conflit (dont le statut problématique des Arabes israéliens vis-à-vis de l'autodéfinition d'Israël comme État “juif”).

Sommaire

Histoire

Le conflit s'est développé au cours de plusieurs périodes distinctes:

  • Avant 1920, la région de la Palestine est sous l'autorité de l'empire ottoman. Les populations juive, chrétienne et musulmane qui y vivent ne se définissent qu'en termes de communautés religieuses et ne manifestent pas de sentiment national.
  • De 1920 à 1948, le Royaume-Uni exerce son mandat sur la Palestine. Des oppositions se manifestent entre Juifs et Arabes de ce territoire, mais aussi entre ces populations et les autorités britanniques.
  • De 1948 à 1967, le territoire de la Palestine mandataire est désormais administré en 3 entités distinctes : l'État d'Israël né en 1948, la bande de Gaza sous le contrôle de la République arabe d'Égypte, et la Cisjordanie annexée en 1950 par le Royaume hachémite de Transjordanie indépendant depuis 1946.
  • De 1967 à 1993, l'issue de la guerre des six jours met les populations arabes de Cisjordanie et de Gaza sous administration israélienne. Le sentiment national palestinien s'exprime par la voix de l'OLP.
  • De 1993 à 2000, le Processus d'Oslo conduit à la reconnaissance mutuelle entre l'OLP et l'État d'Israël, et établit une Autorité intérimaire palestinienne.
  • Depuis 2000, la Seconde Intifada marque le blocage du processus de paix israélo-palestinien. La bande de Gaza, d'où Israël s'est retiré en 2005, est sous controle du mouvement Hamas, qui en a pris le contrôle par la force, après avoir remporté une élection démocratique sous surveillance d'observateurs internationaux.

Fin du XIXe siècle-1920 : origines du conflit

Les racines du conflit se trouvent, dans le contexte mondial d'exacerbation des nationalismes européens et d'affaiblissement de l'empire ottoman, dans l'opposition progressive des objectifs du sionisme en Europe et du nationalisme arabe au Proche-Orient.

Le sionisme naît comme une réponse au sentiment antisémite qui s'est développé au cours du XIXe siècle, en Europe et en Russie. Theodor Herzl, journaliste dans l'empire austro-hongrois, publie en 1896 Der Judenstaat (l'État des Juifs), manifeste fondateur du sionisme politique. Pour lui, l'antisémitisme étant inéluctable, il est nécessaire pour sa survie que le peuple juif se penche politiquement sur son avenir national en disposant de sa propre terre sous la forme d'un foyer juif.

La population juive n'est pas unanime sur cette position, jusqu'à la Shoah. Les critiques des milieux laïcs, assimilés, portent sur la localisation de ce foyer national juif en Palestine ottomane, mais aussi sur Jérusalem qu'ils conçoivent davantage comme un centre culturel que comme un centre politique. Enfin, le sionisme risquerait de banaliser le peuple juif, en mettant l'accent sur le politique plutôt que sur le côté religieux.

L'Organisation sioniste mondiale est créée en 1897 à Bâle, où le mouvement sioniste tient son premier congrès et élit Herzl à sa tête. Sa mission définie est de préparer, pour le peuple juif, un foyer en Palestine, région historique de la Terre d'Israël. Pour cela, l'OSM rachète des terres en Palestine et promeut l'immigration et le sentiment national afin de renforcer la présence juive sur le territoire. Elle met en place un ensemble d'institutions qui viseront à constituer un État de fait, un précédent favorable pour la réalisation d'objectifs nationaux juifs.

Herzl et le mouvement sioniste s'engagent dans un travail diplomatique. Herzl engage des négociations avec le sultan, mais c'est un échec. Il se tourne alors vers le Royaume-Uni pour une colonie juive dans le Sinaï ou en Ouganda ; c'est aussi un échec tout en marquant un pas en avant, car la démarche du mouvement sioniste semble être reconnue par ses interlocuteurs malgré les hésitations des grandes puissances et une hostilité de l'Église catholique. Dans le même temps, les premières grandes vagues d'immigration juive commencent en Palestine, et s'accélèrent avec les nouveaux pogroms à Kichinev, en 1903 et 1905, qui amènent quelques dizaines de milliers d'immigrants d'Europe orientale sur la Terre d'Israël.

Parallèlement à ce succès relatif de l'immigration juive en Palestine, des centaines de milliers de Juifs émigrent vers les États-Unis. Les sionistes restent minoritaires au sein du peuple juif, où les orthodoxes, coalisés dans l'Agoudat Israel, s'opposent très vivement à eux[1]. C'est aussi durant cette période qu'apparaissent les premiers signes d'opposition arabe au mouvement sioniste : en 1891, des notables hiérosolymitains protestent contre la vente de terre aux Juifs ; en 1908, sont fondés les premiers journaux nationalistes arabes Al-Karmel et Falistin[2].

À la fin de la période ottomane, la population juive est estimée entre 56 000 personnes[3] et 82 000 personnes[4] et la population arabe à plus de 600 000 personnes[5]. En 1914, alors que commence la Première Guerre mondiale qui mettra fin à l'empire ottoman, la Palestine compte 690 000 habitants, dont 94 000 sont juifs.

En 1914, l'empire ottoman est allié aux empires centraux. Les Français et les Anglais cherchent à profiter d'une défaite turque pour se partager la région. L'influence britannique s'affirme de plus en plus au Moyen-Orient : le Royaume-Uni a une présence militaire en Irak dès 1914 et occupe Bagdad en 1917. Il appuie la révolte arabe et leur fait la promesse d'un grand État musulman en échange de leur participation dans les batailles aux côtés des Alliés. En mai 1916, le Royaume-Uni passe l'accord secret « Sykes-Picot » en parallèle avec la France, qui est en contradiction avec cette promesse car il projette de diviser la région en 2 zones d'influence entre les 2 puissances coloniales européennes. Les accords Sykes-Picot attribuent la Palestine à la zone d'influence britannique.

Ces accords n'empêchent pas les Anglais de promettre non seulement un royaume indépendant aux Arabes, mais aussi la construction d'un « foyer national » en Palestine aux Juifs. Malgré la neutralité proclamée des sionistes dans le conflit, Chaïm Weizmann et Zeev Jabotinsky sont les seuls à deviner que la guerre va radicalement changer les choses[6]. Weizmann, chimiste et dirigeant du mouvement sioniste, se consacre à la diplomatie et convainc les Anglais de créer un régiment juif (la légion juive), le 23 août 1917, qui regroupera 800 hommes et qui sera envoyé en Palestine en février 1918[7]. Le 2 novembre 1917, le gouvernement britannique, inspiré par Weizmann, apporte un soutien considérable au mouvement sioniste en proclamant la déclaration Balfour, selon laquelle il envisage favorablement l'établissement d'un foyer national juif en Palestine, tout en affirmant qu'il ne doit pas porter préjudice aux droits civils et religieux des populations non juives existantes. Cette déclaration a une portée internationale et attire la bienveillance des populations juives des pays alliés. Chaim Weizmann participe aussi à la préparation de la conférence de la paix à Paris et il y signe, en 1919, un accord avec Fayçal, futur roi d'Irak[8]. Les Arabes s'opposent à ces prises de position britanniques.

La Première Guerre mondiale bouleverse la géographie du Moyen-Orient. Le Royaume-Uni prend pied dans le Moyen-Orient et étend son influence. La Société des Nations entérine en 1922 la déclaration Balfour en donnant l'établissement du foyer national juif pour mission du mandat britannique (sorte de tutelle du Royaume-Uni sur ces territoires) mis en place sur la Palestine, terme englobant à l'époque les territoires transjordaniens de l'autre côté du Jourdain. Le Royaume-Uni contente la famille hachémite avec la création rapide d'un royaume en Transjordanie, sur la partie orientale de la Palestine, ce qui réduit le territoire destiné au foyer national juif.

1920-1948: Mandat britannique sur la Palestine

Les tensions entre communautés juive et arabe s'accroissent à partir de 1920, à la suite de l'augmentation de l'immigration juive. À partir de 1921, cette opposition arabe est incarnée par le Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini. Les premières émeutes anti-juives se produisent aux mois de mars et avril 1920 à Jérusalem, puis en mai 1921 à Jaffa et contre des établissements agricoles. Ces émeutes font plus de 50 morts et sont attribuées par la commission Haycraft nommée par les Britanniques à la colère arabe contre l'immigration juive[2]. Cela débouche sur la publication du premier Livre blanc, dit le livre blanc Churchill, visant à rassurer les Arabes, en limitant l'immigration juive. Mais ces émeutes débouchent aussi sur la création des unités de défense juive, la Haganah, à partir des unités de l'organisation Hashomer.

Des motivations religieuses sont à l'origine d'affrontements autour du Kotel à Jérusalem en 1929 et amène à l'aggravation brutale de la situation avec de violentes émeutes antijuives à Hébron, Jérusalem et Safed, qui font près de 150 victimes juives et une centaine de victimes arabes. Pour la première fois depuis l'époque des Croisés, les Juifs sont obligés de quitter Hébron, leur seconde ville sainte. Le quartier juif de Hébron est détruit.

De nouveau, les Anglais nomment une commission d'enquête qui tend à dédouaner le grand mufti de Jérusalem de ses responsabilités[2] et qui aboutit à un second livre blanc restreignant les acquisitions foncières et l'immigration juive[9]. Chaïm Weizmann obtient dès 1931 la quasi-annulation de ce livre blanc, ce qui va entraîner la confrontation directe des Arabes et des Anglais[9].

Pendant ce temps, les populations arabes s'organisent. En 1928, institutionnalisation de revendications par des comités de grève. Ils revendiquent l'arabité de la Palestine, et les habitants font valoir leurs droits. Après une période de violents affrontements anglo-arabes, de 1933 à 1936, les Arabes constituent le 25 octobre 1936 le Haut Comité arabe, sous la direction du grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini pour faire face à l'agence juive. En 1936, c'est la grande révolte arabe en Palestine, finalement écrasée en 1939. Le développement du peuplement juif en est une des causes importantes. Alors qu'au début du XIXe, il y avait 1 Juif pour 40 Arabes, en 1947, il y en aura 1 pour 2.

Les Anglais répondent militairement en augmentant le nombre de policiers juifs et politiquement par une nouvelle commission d'enquête, sous la direction de Lord William Peel, qui propose un premier partage de la Palestine : une région juive (la Galilée et partie de la plaine côtière), une région arabe (Judée-Samarie et Néguev) et une région sous contrôle britannique (Jérusalem)[9]. Les Juifs refusent le plan en espérant l'améliorer. Le Haut Comité arabe le rejette totalement, mais l'émir Abdallah de Transjordanie l'accepte[9]. Après l'assassinat du commissaire régional britannique en Galilée, la répression anti-arabe par les Anglais est très dure (plus de 5 000 morts), le Haut Comité arabe dissous et Amin al-Husseini exilé[10].

En 1939, devant les menaces de guerre avec l'Allemagne, les Anglais veulent éviter l'instabilité et que les Arabes ne rejoignent les forces de l'Axe. Ils ont également besoin de s'assurer le soutien du monde arabe (et de son pétrole), qui risque autrement de s'allier avec Hitler. Ils publient en mai 1939 un troisième Livre blanc qui réduit drastiquement l'immigration juive en Palestine (10 000 visas par an pendant 5 ans et 25 000 visas de réfugiés et, de fait, seuls 15 000 immigrants arrivent en Palestine de 1939 à 1945[10]), qui interdit la vente de terre aux Juifs sur 80% du territoire et qui promet la création d'un État palestinien indépendant unitaire (donc à majorité arabe) dans les 10 ans[10]. Ce livre blanc est refusé par les institutions sionistes et il y a une politique d'immigration illégale à partir de 1939. Cependant, la majorité des sionistes de Palestine se range loyalement aux côtés des Britanniques contre le IIIe Reich au cours de la guerre. Aussi, à la déclaration de guerre, Ben Gourion peut-il déclarer : « Nous ferons la guerre comme s'il n'y avait pas de Livre Blanc, et nous combattrons le Livre Blanc comme si la guerre n'existait pas »[11]. De leur côté, les Arabes acceptent les termes de ce livre blanc, même si le Grand Mufti de Jérusalem demande l'indépendance immédiate de la Palestine. En mai 1942, le congrès sioniste de Biltmore adopte un programme qui revendique en vain la formation d'un État juif sur toute la Palestine, avec une immigration illimitée et la création d'une armée juive.

Malgré les souhaits d'une commission d'enquête anglo-américaine d'accorder 100 000 visas pour la Palestine pour résoudre le problème des réfugiés, les Anglais interdisent toute immigration légale et la Haganah se consacre à favoriser l'immigration clandestine et 70 000 illégaux peuvent rejoindre, depuis l'Europe, la Palestine[12].

En 1944, les premières actions armées contre les Britanniques sont menées par des organisations militaires sionistes clandestines que sont l'Irgoun et le Lehi. En 1945, la pression sioniste s'accentue, pour permettre l'accueil en Palestine des rescapés des camps de concentration nazi. Le Royaume-Uni s'y oppose. La Haganah lance à son tour des actions armées contre le Royaume-Uni. La découverte de l'Holocauste (ou Shoah) provoque un courant de sympathie pour la cause sioniste. L'affaire de l'Exodus 1947, où 4500 réfugiés se voient contraints de retourner en Allemagne, bouleverse aussi l'opinion mondiale.

Le plan de partage de l'ONU

En mai 1946, le Royaume-Uni abandonne sa tentative de trouver une solution, ne voulant pas imposer une solution aux 2 parties.

La Grande-Bretagne confie alors le dossier à l'Organisation des Nations unies qui, avec le soutien conjoint des États-Unis et de l'Union soviétique (aux États-Unis, le Président Truman considère que le réservoir des votes juifs peut lui être important; l'Union Soviétique considère le sionisme comme un moyen de chasser le Royaume-Uni du Moyen-Orient) et malgré l'opposition de tous les pays arabes, votent le plan de partage de la Palestine, le 30 novembre 1947, ce qui provoque des manifestations de joie de la part des Juifs et de colère de la part des Arabes de Palestine. Ce plan de partage divise la Palestine en trois secteurs, l'un arabe, l'autre juif et le troisième, la ville de Jérusalem, international.

Déclaration de l'indépendance d'Israël le 15 mai 1948

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame l'indépendance de l'État d'Israël, immédiatement attaqué par les États arabes voisins.

1948-1967: Conflit entre Israël et ses voisins

Frontières d'Israël après l'indépendance

1964

Fondation de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) qui décide l'intensification de la lutte des Palestiniens contre Israël.

1967

Guerre des Six Jours. « Réunification » de Jérusalem.

L'Égypte obtient le retrait des troupes de l'ONU en mai 1967, remilitarise le Sinaï et ferme le détroit de Tiran, passage-clef du transport maritime israélien. Le 15 mai 1967, les forces égyptiennes pénétrèrent dans le Sinaï, contrairement aux accords de démilitarisation de 1957.

Le 5 juin 1967, devant l'imminence d'une attaque arabe préparée et les bombardements syriens réguliers depuis le plateau du Golan depuis début 1967, Israël lance une offensive préventive éclair contre l'Égypte, menée par le général Moshe Dayan (voir : Guerre des Six Jours) et appelle la Transjordanie à rester neutre. La Jordanie refuse et attaque Israël avec l'artillerie lourde sur Jérusalem-ouest et la région de Tel Aviv. Le 8 juin, Israël vainc l'armée jordanienne et conquiert la Cisjordanie. Les Syriens continuent de bombarder les habitations, les vergers et les silos agricoles israéliens depuis le plateau du Golan ; en réponse le 9 juin, Israël attaque les Syriens sur le Golan.

Les aviations égyptiennes, jordaniennes et syriennes sont détruites en une journée. Au terme d'une guerre-éclair de six jours, Israël conquiert la Cisjordanie, la bande de Gaza, le Golan (y compris la zone des fermes de Chebaa), la péninsule du Sinaï et Jérusalem-Est[13].

Le 22 novembre 1967, adoption de la résolution 242 (1967) du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette résolution stipule le retrait des forces armées israéliennes « des territoires occupés » (dans sa version en français) ou « from occupied territories » (c'est-à-dire « de territoires occupés », dans sa version en anglais) au cours du récent conflit. La fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque État de la région et de leur droit de vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues, dégagées de toute menace ou tout acte de violence. D'apporter une juste solution au problème des réfugiés. De garantir l'inviolabilité territoriale et l'indépendance politique de chaque État de la région, à travers diverses mesures telles que l'établissement de zones démilitarisées.

1967-1993: Conflit Israël/OLP

1969

Début de la guerre d'usure le long du canal de Suez. Yasser Arafat devient le leader de l'OLP.

1969-1972

Les passagers juifs et israéliens des lignes aériennes deviennent la cible des militants palestiniens.

1972

4 septembre : Voir l'article détaillé Prise d'otages des Jeux olympiques de Munich. Onze athlètes israéliens sont assassinés aux Jeux Olympiques de Munich. Les jeux ne s'arrêtent pas pour autant.

1973

Les troupes égyptiennes et syriennes attaquent Israël le 6 octobre, lors de la fête du Yom Kippour ou "jour du pardon". Leur objectif : reconquérir les territoires occupés. Le cessez-le-feu du 24 octobre consacre la victoire de l'armée israélienne. La résolution 338 réaffirme la nécessité d'une "paix juste et durable au Moyen-Orient". L'OLP est reconnue comme seule représentante du peuple palestinien lors du sommet arabe d'Alger qui se tient du 26 au 28 novembre. L'attitude de la Jordanie témoigne, après l'attaque conjointe de l'Egypte et de la Syrie, d'une désolidarisation progressive des pays arabes.

1976

26 juin - 4 juillet : opération Entebbe. 47 otages juifs et israéliens, capturés par un commando germano-palestinien à bord d'un avion et fait prisonniers en Ouganda, sont délivrés par un raid de l'Armée de l'Air israélienne.

1982

Depuis le Liban sud, des centaines d'obus sont lancés contre Israël, sur la Galilée. Le 6 juin 1982, Israël déclenche l'« opération Paix en Galilée » et envahit le Liban jusqu'à Beyrouth pour repousser les forces de l'OLP à plus de 40 km de la frontière israélienne. Le 20 juin, les États-Unis obtiennent un cessez-le-feu comportant l'évacuation de l'OLP en Tunisie.

1985

Raid de l'aviation israélienne sur le quartier général de l'OLP à Tunis.

1987

Les Palestiniens déclenchent la première Intifada ou « guerre des pierres », en réponse à l'occupation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Ce conflit prendra fin avec les accords d'Oslo signés à Washington le 13 septembre 1993 par Yitzhak Rabin et Yasser Arafat. Ces accords prévoient la création d'une Autorité palestinienne et une reconnaissance mutuelle de l'OLP et d'Israël.

1993-2000: Processus de paix d'Oslo

Article détaillé : Accords d'Oslo.

1993

9 septembre : l'OLP reconnaît « le droit à l'État d'Israël d'exister en paix et sécurité » et le Gouvernement israélien reconnaît « l'OLP comme le représentant du peuple palestinien »[14],[15].

13 septembre : signature de la déclaration de Principes entre Israël et l'OLP.

1994

4 mai : signature de l'accord sur Gaza et Jéricho par Israël et l'OLP.

25 février : 29 fidèles musulmans qui prient au Caveau des Patriarches à Hebron, sont assassinés par le Dr Baroukh Goldstein, il en blessa environ 125 autres.

12 décembre : Yitzhak Rabin, Shimon Peres et Yasser Arafat reçoivent le prix Nobel de la paix.

1997

Janvier : l'armée israélienne quitte la ville de Hébron qui passe sous Autorité palestinienne.

2000 à aujourd'hui: Seconde Intifada

le "mur de sécurité" - tracé approuvé en février 2005, mais susceptible d'évoluer

2000

Septembre, début de la seconde Intifada ou Intifada al-Aqsa.

Novembre 2000, Ehud Barak approuve un plan de construction d'une « barrière destinée à empêcher le passage de véhicules motorisés » depuis le Nord-Est de la Cisjordanie jusqu'à la région du Latrun.

Le problème des mouvements armés palestiniens : Les organisations armées les plus actives sont le Hamas, le Hezbollah, les Brigades d'Al Aqsa et le Jihad islamique qui sont localisés dans la bande de Gaza et la Cisjordanie. Certaines de ces organisations considèrent les morts civils qui en découlent comme étant des martyrs du jihad islamique.

Le Hamas a créé une infrastructure d'aide sociale, lui faisant gagner ainsi des milliers de supporters. C'est un mouvement politique et terroriste, très répandu et très populaire, à sa tête : Ramadan Abdallah Shalakh. Le Hamas est soutenu financièrement par de nombreuses organisations mondiales, particulièrement en Europe, ainsi que des pays comme l'Iran et la Syrie. Le Jihad islamique palestinien est moins populaire que le Hamas. Il est plus petit, et n'a pas d'activités sociales au programme et aucune aspiration politique. Le Jihad islamique est très actif à Jénine, Tulkarem et Naplouse (Schrem) en Cisjordanie. Il travaille en cellule et n'a pas d'infrastructure civile.

2002

14 avril : suite à la multiplication des attentats, le gouvernement israélien décide de construire une barrière antiterroriste à l'intérieur de la Ligne de Séparation, et émet une directive en vue de « commencer immédiatement la construction d'une clôture dans la région de 'Anin… le secteur de Tulkarem et le secteur de Jérusalem ».

14 août : approbation par le gouvernement israélien du tracé du Mur, resté secret. Il sera composé en grande partie de barrières électroniques.

2005

Après la mort de Yasser Arafat, relance du processus de paix par Ariel Sharon et Mahmoud Abbas (Abou Mazen), nouveau président de l'Autorité palestinienne. Ce dernier, élu sur un programme visant à la fin de la violence, établit une trêve avec Israël qui semble respectée par des mouvements terroristes palestiniens, sauf par le Hamas et le Jihad qui s'opposent à Abou Mazen au sein de l'Autorité palestinienne et durant les élections. Ariel Sharon de son côté, œuvre à la décolonisation de Gaza mais se heurte à une opposition au démantèlement des colonies dans son propre parti, le forçant à composer avec la gauche israélienne. Les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés font barrage politique à leur démantèlement et réclament un référendum soutenu par la droite israélienne.

Mars : Israël envisage de confier à l'Égypte le contrôle d'une zone tampon à Gaza. Un « accord de principe » sur le déploiement d'une force égyptienne de 750 hommes le long des huit kilomètres de la zone tampon, dite du « couloir de Philadelphie », a été conclu à Charm el-Cheikh en Égypte entre le président égyptien Hosni Moubarak et le ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz.

2006

La tension avec les Palestiniens continue d'être encore vive (tirs de roquette "Qasam" sur les villes israéliennes et représailles de Tsahal). Le 25 juin, le caporal Gilad Shalit est enlevé par 3 groupes terroristes palestiniens (les Comités de résistance populaire, l’Armée de l’Islam et la branche armée de l'organisation terroriste Hamas) lors d'une attaque conjointe contre un poste militaire de Tsahal en territoire israélien. En riposte, le cabinet israélien déclenche l'opération Pluie d'été.

Le mercredi 12 juillet, 8 soldats de Tsahal sont tués et 2 capturés par le Hezbollah près de la frontière israélo-libanaise. Les sources divergent quant aux circonstances et au côté de la frontière ou a eu lieu l'accrochage[16],[17]. L'aviation israélienne riposte en bombardant routes, ponts et l'aéroport de Beyrouth. Le bilan de la journée est de 40 morts civils[18]. La réponse d'Israël est jugée "disproportionnée" par l'ONU mais soutenue par les États-Unis qui estiment comme la Grande Bretagne qu'Israël a le "droit à l'autodéfense".

2007

Suite à la prise de pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza, le gouvernement israélien décide du blocus du territoire fin juin 2007.

2008

Le 5 novembre, après 5 mois de trêve partielle[19], Israël procède à un raid contre un tunnel du Hamas qui entraîne des échanges de feu et la mort de 6 membres du Hamas[20],[21]. Le 18 décembre, le Hamas annonce la non-reconduction de cette trêve[22]. Les tirs de roquettes vers Israël reprennent[23].

À partir du 27 décembre, l'aviation israélienne bombarde les infrastructures du Hamas à Gaza : c'est le début de l'opération Plomb durci.

2009

Le 3 janvier, l'opération Plomb durci connaît une nouvelle phase quand les Israéliens envoient des troupes dans la bande de Gaza. L'opération fait selon les sources palestiniennes plus de 1 300 morts à Gaza et 13 du côté israélien selon les sources israéliennes.

Le 18 janvier, Israël proclame le cessez le-feu. Le même jour, le Hamas annonce une trêve et donne 7 jours à l'armée israélienne pour quitter Gaza, ce qui est fait dès le 21 janvier.

Pendant les semaines qui suivent, les Palestiniens de Gaza continuent d'envoyer quelques roquettes plusieurs fois par semaine sur Israël dont l'aviation réplique en bombardant les tunnels palestiniens de contrebande avec l'Egypte.

À la suite de ces opérations militaires, le blocus de la bande de Gaza est renforcé.

Les Élections législatives israéliennes de mars 2009 amènent au pouvoir Benyamin Netanyahou qui forme un gouvernement ancré à droite.

2010

Le 31 mai, l'armée israélienne aborde le Mavi Marmara, navire qui, à la tête de la flottille humanitaire "Free Gaza'', cherche à briser le blocus de Gaza. Des médicaments et de la nourriture sont transportés par plusieurs bateaux transportant des hommes politiques européens et un prix Nobel de la paix. Neuf militants, turcs pour la plupart, sont tués.

2011

Conflit international

Les Nations unies
face au conflit israélo-arabe

Flag of Israel.svg Flag of the United Nations.svg Flag of the Arab League.svg

Résolutions du Conseil de sécurité
Résolution 242 (1967)
Résolution 338 (1973)
Résolution 476 (1980)
Résolution 478 (1980)
Résolution 1322 (2000)
Résolution 1397 (2002)
Résolutions de l'AG des Nations unies
Résolution 181, 1947
Résolution 194, 1948
Résolution 3236, 1974
Résolutions 3376 et 3379, 1975
Résolution 4686, 1991
Instruments et législations
Convention contre la discrimination raciale (1965)
Statut de Rome (1998)
définissant la Cour pénale internationale
Conférences et comités
Conférence mondiale contre le racisme
(1978, 1983, 2001, 2009)
Comité pour l'exercice des droits inaliénables
du peuple palestinien (1975 à nos jours)
Cette boîte : voir • disc. • mod.

Les nouvelles frontières israéliennes

Mobilisation internationale sur ce conflit

Ce conflit suscite des réactions et des mobilisations dans de nombreux pays[24]. Les réactions gouvernementales visent l'élaboration d'un processus de paix.

Réactions à l'ONU

Résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies :

Résolutions de l'Assemblée générale de l’ONU :


Il existe un large consensus international à l'Assemblée Générale de l'ONU sur la manière de régler le conflit israélo-palestinien. Chaque année, l'assemblée générale de l'ONU vote une résolution intitulée "Règlement Pacifique de la Question de Palestine" qui demande à Israël de :

  • Se retirer des territoires occupés depuis 1967 y compris Jérusalem Est (d'après la résolution 242) ;
  • Régler le problème des réfugiés de manière juste par le droit au retour ou à la compensation (d'après la résolution 194 (III))[25].

Cette résolution est chaque année approuvée par la plupart des pays du monde (environ 160) et réjetée par les USA, Israël, l'Australie et quelques îles du Pacifique (au total 6 ou 7 pays)[26].

Comités et conférences à l'ONU :

Activisme palestinien et opérations militaires israéliennes

Les organisations palestiniennes

Guerre du Liban

Article détaillé : Guerre du Liban.

La Première Intifada ou l'émergence de la société palestinienne

Années 1980 : blocage du mouvement palestinien. Fait nouveau : la Première Intifada. Intifada ou la « guerre des pierres ». Marque l'entrée en scène d'un acteur nouveau : la population palestinienne. Dans les premiers jours, on ne croit pas à un changement réel. Contexte de pérennisation de l'occupation par l'accélération de la colonisation et de la dépendance économique des territoires occupés. La hausse du niveau de vie des Palestiniens va de pair avec une dépendance très forte au niveau des revenus et des échanges commerciaux (profond déséquilibre). La dépendance économique creuse les disparités entre ceux qui en profitent et ceux qui en souffrent. Développement du peuple juif, réseaux d'implantation avec pour objectif la reconstitution du grand Israël, passant par un ancrage territorial. Pérennisation du peuple par l'appropriation de la terre. L'occupation et le contrôle sont de plus en plus grands : 56% des terres de Jordanie, par la prise de contrôle des propriétés de l'État jordanien et de toutes les terres qui n'ont pas été enregistrées ni cultivées. 11% du territoire de Gaza en 1988. À l'extérieur, s'est développé la thématique de libération des territoires, tandis qu'à l'intérieur : logique d'intégration. L'activisme laisse la place à une résistance passive à l'occupation. Repli sur les bases les plus traditionnelles de l'économie (rurales, familiales), autarcie, instrument de la fécondité. Il y a des initiatives dans les villes par les intellectuels qui tentent des pourparlers avec les Israéliens, mais ils sont marginaux et coupés de la majorité de l'opinion et de la population. L'Intifada est un soulèvement spontané des Palestiniens de l'intérieur.

  • 1er objectif : territorialiser le conflit, le ramener au centre géographique.
  • 2e objectif : permettre le retour de l'OLP en terre palestinienne. Créer une liaison entre les différentes composantes de la population palestinienne. Mettre à jour un projet national commun : une entité politique souveraine à Gaza et en Cisjordanie.
  • 3e objectif : impliquer les puissances extérieures et surtout les É.-U., dans une tentative de médiation pour le règlement global acceptable pour les 2 parties.

Processus de Paix

Affiche prônant la réconciliation: drapeaux israélien et palestinien et le mot paix en arabe et en hébreu. Des images similaires ont été utilisées par différents groupes défendant l'idée de cohabitation des deux États

Le processus de paix israélo-palestinien regroupe l'ensemble des discussions diplomatiques qui ont été tentées pour trouver une solution définitive au conflit israélo-palestinien, depuis la reconnaissance de l'OLP par Israël comme d'un partenaire palestinien pour la paix.

Conférence de Madrid de 1991

Article détaillé : Conférence de Madrid.

Accords d'Oslo de 1993

Article détaillé : Accords d'Oslo.

Accords de Wye Plantation de 1998

Sommet de Camp David de juillet 2000

Article détaillé : Sommet de Camp David II.

Conséquences de l'échec des négociations: la seconde Intifada

Peu de temps après l'effondrement des discussions, Ariel Sharon et d'autres membres du Likoud visitèrent l'esplanade des Mosquées/Mont du Temple pour démontrer le contrôle israélien sur ce lieu saint. Le lendemain, une manifestation palestinienne tourna à l'affrontement avec la police israélienne. L'escalade de la violence conduisit au soulèvement de la seconde Intifada.

Une vague d'attentats-suicides organisés par les mouvements extrémistes palestiniens visa les civils israéliens. Les représailles israéliennes prirent la forme d'un bouclage de la Bande de Gaza et d'un redéploiement de Tsahal en Cisjordanie. Israël déclencha également des opérations d'assassinats ciblés contre les dirigeants des organisations islamistes palestiniennes. Ces opérations furent l'occasion d'appels à la vengeance de la part de ces organisations. Ce cycle de la violence tua un millier d'Israéliens et trois milliers de Palestiniens.

Le 7 octobre 2000, le Conseil de sécurité de l'ONU adoptait la Résolution 1322 (2000) déplorant tout à la fois la provocation d'Ariel Sharon, le chef du Likoud, et les violences qui s'en sont suivies dès le lendemain avec le déclenchement de la Seconde Intifada.

Discussions de paix à Paris de octobre 2000

Madeleine Albright rencontre tour à tour Yasser Arafat et Ehud Barak dans la capitale française. Arafat serait sur le point d'accepter le compromis qui lui est proposé mais Jacques Chirac serait intervenu pour durcir la position d'Arafat[27],[28].

Sommet de Taba de 2001

Les appels au calme et à la reprise des discussions se multiplièrent en vain. Bill Clinton proposa par écrit de nouveaux paramètres de négociations. Barak les accepta avec des réserves, Arafat retarda sa réponse par laquelle il accepta avec des questions et des réserves. Les initiatives du Président Clinton amenèrent Barak et Arafat à des discussions à Taba en janvier 2001 au cours desquelles les délégations confièrent n'avoir jamais été aussi près d'un accord. Mais Barak dut interrompre les discussions à la veille d'échéances électorales anticipées.

Nouvelles tentatives

Un mois plus tard, les violences de la seconde Intifada et le sentiment d'insécurité entraîna une alternance politique au pouvoir en Israël, à l'issue du scrutin, amenant la droite et Ariel Sharon à la tête d'un nouveau gouvernement.

Le nouveau gouvernement d'Ariel Sharon exige alors un arrêt des attentats terroristes avant toute reprise du dialogue.

Les initiatives pour sortir de l'impasse furent multiples :

Sommet de Sharm el-Sheikh de 2005

Article détaillé : Sommet de Sharm el-Sheikh.

Plan de désengagement unilatéral de 2005

Boy and soldier in front of Israeli wall.jpg

Le gouvernement israélien prit des dispositions unilatérales pour assurer la sécurité de sa population. La construction d'une barrière, qui avait été pensée par un précédent gouvernement de coalition gauche-droite, commença. Son tracé, qui empiète largement sur les territoires de Cisjordanie annexés en 1967, provoque d'importantes contestations et des condamnations internationales.

Le même gouvernement prit ensuite l'initiative du plan de désengagement concernant l'évacuation définitive et la destruction de toutes les colonies de la Bande de Gaza et de quatre implantations israéliennes dans le nord de la Cisjordanie.

Projet de création d'un État palestinien

Depuis que, en 1988, l'État palestinien a été proclamé en novembre à Alger lors du dix-neuvième Conseil national d’Alger[29], la revendication d'un État palestinien autonome n'a cessé d'être portée par les Palestiniens, sous la direction de l'OLP et de Yasser Arafat, et n'a cessé d'avancer, un certain nombre d'États et d'instances internationales s'y ralliant au fil des années.

Le 19 janvier 1993, le Parlement israélien abroge la loi interdisant les contacts avec l'OLP. Et le 13 septembre 1993, les accords dits d'Oslo sur l'autonomie palestinienne, d'abord mis au point à Oslo puis signés à Washington, donnent lieu à une déclaration qui aboutit à la reconnaissance mutuelle de la Palestine et d'Israël.

Le 4 mai 1994 est signé un accord israëlo-palestinien, entre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et l'État d'Israël : accord d'"Oslo I" signé au Caire (Égypte), prévoyant l’autonomie de la bande de Gaza et de la ville de Jéricho (Cisjordanie).

Le 28 septembre 1995, Israël et l'OLP signent à Washington l’accord négocié à Taba ("Oslo II") étendant l'autonomie en Cisjordanie et prévoyant une série de retraits israéliens par étapes. Fin 1995, Israël se retire de six villes de Cisjordanie qui deviennent autonomes. Le 20 janvier 1996, Yasser Arafat est élu président de l'Autorité palestinienne. Le CNP (parlement palestinien en exil), réuni pour la première fois en Palestine, élimine de sa charte les articles mettant en cause le droit à l'existence de l'État d'Israël.

La création de l'État palestinien, aux termes des accords d’Oslo, aurait dû intervenir en décembre 1998 selon des modalités préparées en commun par le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne.

Le 25 mars 1999, l'Union européenne se prononce en faveur du droit à l’autodétermination des Palestiniens et à celui de créer un État : appui qui s'ajoute au projet de création du futur État palestinien.

En mars 2002, c'est au tour de l'ONU de soutenir la revendication : le Conseil de sécurité adopte la résolution 1397 qui évoque pour la première fois un État palestinien aux côtés d’Israël. Ce pour quoi le Président Georges Bush nouvellement élu se prononce également.

Aujourd'hui l'Autorité palestinienne, sous la présidence de Mahmoud Abbas et à la suite de Yasser Arafat, son premier président élu en 1996, œuvre en vue de la création d'un État palestinien. Le 25 mai 2006, Mahmoud Abbas annonce la tenue d'un référendum en ce sens[30].

Toutefois, à la suite de violents affrontements interpalestiniens, les islamistes du Hamas ont pris le contrôle de la bande de Gaza le 14 juin 2007, tandis que Mahmoud Abbas, soutenu par le Fatah, annonçait la mise en place d'un "cabinet d'urgence" à Ramallah, en Cisjordanie. Ainsi, avant même d'avoir pu accéder à la souveraineté internationale, le futur État palestinien se trouve partagé de fait en deux entités rivales, l'une à Gaza et l'autre en Cisjordanie.

Le contrôle des ressources en eau

Selon le professeur Malin Falkenmark, il faudrait 1 000 m³ d'eau par habitant et par an, soit 2 740 l par personne et par jour, pour satisfaire les besoins de la population. En dessous de ce seuil, on est en situation de pénurie. À partir de 500 m³ par personne et par an, la situation devient critique[31].

Pour l'État hébreu, la situation est critique puisqu'il ne dispose que de 390 m³ par habitant et par an. Cette situation empirera dans le futur puisque qu'on avance le chiffre de 258 m³ par habitant et par an en 2020[32].

Aujourd'hui, l'État hébreu dispose de la majorité des ressources en eau et, dans le cadre de la création d'un État palestinien, le consensus est difficile à trouver sur un partage de cette ressource précieuse entre Israéliens et Palestiniens.

Pour Noam Chomsky, le contrôle des ressources en eau est le principal motif du maintien de la mainmise d'Israël sur la Cisjordanie qui lui fournit actuellement un tiers de sa consommation[33].

Notes et références

  1. HUJ, Le sionisme
  2. a, b et c DEJ, page 1496
  3. DEJ, page 1494
  4. HUJ, L'émergence de la nouvelle société
  5. DEJ, page 1495
  6. HUJ, La Palestine moderne
  7. HUJ, Les Juifs dans la Première Guerre mondiale
  8. Accords Fayçal-Weizmann (1919) sur le site de l'Association France-Palestine, 16 février 2005. Consulté le 8 mai 2009
  9. a, b, c et d DEJ, page 1497
  10. a, b et c DEJ, page 1498
  11. Un siècle de sionisme - Chronologie sur site de l'Agence Juive. Consulté le 9 mai 2009
  12. DEJ, page 1499
  13. Carte de la guerre des Six Jours
  14. Échange épistolaire entre Yasser Arafat à Yitzhak Rabin de septembre 1993
  15. John Quigley, The Statehood of Palestine: International Law in the Middle East Conflict, Cambridge University Press, 2010, p.201.
  16. L'enlèvement des soldats israéliens selon un site d'information belge
  17. L'enlèvement des soldats israéliens selon Voltairenet.org
  18. Blocus du Liban par Israël, 40 civils tués dans des raids au sud du pays, AFP (13 juillet2006). Consulté le 2008-05-05.
  19. Les points de passage vers Gaza fermés après un tir de roquette, Le Monde, 20 août 2008. Consulté le 20 janvier 2009
  20. (en) Gaza truce broken as Israeli raid kills six Hamas gunmen, The Guardian, 5 novembre 2008
  21. Denis Sieffert : “La couverture médiatique du conflit à Gaza est très déséquilibrée”, Telerama, 9 janvier 2009
  22. La trêve entre le Hamas et Israël aura duré six mois, Libération, 19 décembre 2008. Consulté le 30 décembre 2008
  23. Le Hamas annonce la fin de la trêve avec Israël, Radio-France Internationale, 19 décembre 2008. Consulté le 6 janvier 2009
  24. [1]
  25. Voir par exemple la résolution de 2009: [2]
  26. Vote de 2009 : 164 pour, 7 contre (USA, Israël, Australie, Palau, Nauru, Micronésie, Iles Marshall) : [3]
  27. rfi.fr
  28. jewishsf.com
  29. monde-diplomatique.fr
  30. lapaixmaintenant.org
  31. Jacques Sirobbeau, L'eau, nouvel enjeu stratégique mondial, Paris, Economica, 1996, p. 17-18.
  32. Aymeric Chauprade, Géopolitique. Constantes et changements dans l'Histoire, 3e éditions Ellipses, 2006, chapitre « La guerre de l'eau », p. 641.
  33. Noam Chomsky, Comprendre le pouvoir : Tome II, Aden, 2006, p. 50-51.

Annexes

Bibliographie

Ouvrages

  • (en) Noam Chomsky, The Fateful Triangle: The United States, Israel and the Palestinians, South End Press, 1999.
  • Nathan Weinstock, Terre promise, trop promise - génèse du conflit israélo-palestinien, 1882-1948, éditions Odile Jacob, Paris, 2011.

Articles

  • (fr) Frédéric Giraut, « Apartheid et Israël/Palestine, enseignements et contresens d’une analogie », Cybergeo (Online European Journal of Geography) Points Chauds, 20 p. [PDF] [lire en ligne]
  • (fr) Christopher Dembik, « Reconnaissance de la Palestine : et si Israël avait raté une opportunité historique ? », Le Nouvel Observateur, 4/10/2011 [lire en ligne]

Articles connexes

Liens externes


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