Chaource (Aube)


Chaource (Aube)
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48° 03′ 34″ N 4° 08′ 20″ E / 48.0594444444, 4.13888888889

Chaource
Église Saint-Jean-Baptiste
Église Saint-Jean-Baptiste
Armoiries
Administration
Pays France
Région Champagne-Ardenne
Département Aube
Arrondissement Arrondissement de Troyes
Canton Canton de Chaource
(chef-lieu)
Code commune 10080
Code postal 10210
Maire
Mandat en cours
Jean Pouillot
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Chaourçois
Site web www.chaource.fr
Démographie
Population 1 104 hab. (2008)
Densité 36 hab./km²
Géographie
Coordonnées 48° 03′ 34″ Nord
       4° 08′ 20″ Est
/ 48.0594444444, 4.13888888889
Altitudes mini. m — maxi. m
Superficie 31,06 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Chaource est une commune française, située dans le département de l'Aube et la région Champagne-Ardenne.

Chaource est situé à 30 km au sud de Troyes, en Champagne méridionale.

Sommaire

Géographie

Situation

Chaource appartient à la Champagne humide, vaste région concentrique du Sud-Est du Bassin parisien. Cette région argileuse, située entre les environs calcaires de Troyes et les plateaux plus secs du Tonnerrois, présente des sols argileux qui expliquent les étangs et les espaces favorables aux pâturages et aux forêts de feuillus.

L'altitude moyenne y est de 150 mètres

L'agglomération est entourée de collines couvertes, vers 1950, de bosquets de feuillus,de jardins, et de champs entourés de haies vives, d'arbres fruitiers et de vignes. Le paysage s'est sensiblement modifié avec le remembrement. Les arbres fruitiers ont considérablement diminué. Ils étaient constitués principalement de poiriers à cidre : saussinet, poire de noire, poire de Brie, ou de pommiers à cidre : avrolles, nez de chat, vendues l'Evêque... qui donnaient un excellent cidre servant à la consommation familiale pour toute l'année. La vigne était alors principalement cultivée sur les collines au sud et sud-est entre les routes de Pargues et de Tonnerre et donnait un vin fier et rafraichissant. On dénombrait à la fin du XIXe siècle, 75 hectares de vignes qui, en fait, ont pratiquement disparu notamment avec l'invasion du philloxéra[réf. nécessaire].

L'élevage était particulièrement développé ; un recensement du bétail effectué à Chaource en 1836 nous indique : 10 taureaux, 150 bœufs, 250 vaches, 100 veaux, 30 béliers, 1600 moutons, 1000 brebis, 500 agneaux, 400 porcs, 10 chèvres, 100 chevaux, 200 juments, 50 poulains, 6 mulets et 30 ânes. Seuls subsistent actuellement l'élevage des bovins et à un degré moindre, des ovins. Les tracteurs ont remplacé les chevaux qu'on ne trouve guère que comme chevaux de selle[réf. nécessaire].

Hydrographie

Généralités

L'Armance prend sa source à Chaource et coule vers l'ouest sur une longueur de 40 km pour se jeter dans l'Armançon à Saint-Florentin. Elle est alimentée par de nombreux cours d'eau pour le canton de Chaource :

- sur la rive droite : le ru de Bailly, le ru d'Anneau et le ruisseau de Brévan.

- sur la rive gauche : le ru du Croc du Gré, le ru de Sainte-Syre, le ru d'Hallier, le ruisseau de la Bande, le Landion (cf 1.2.2) et le ru de Bernon (dit aussi ru Deniot).

La faible pente de l'Armance est à l'origine de méandres favorisant les atterrissements, et nuisant ainsi à l'écoulement des eaux qui, en hiver, débordant de leurs rives, inondaient les riches pâturages du bassin d'Armance. Le flottage des bois pour l'alimentation de Paris y était fréquent au début du XIXe siècle. Il faut attendre 1980 pour qu'un syndicat d'aménagement de la vallée de l'Armance se constitue avec des élus des départements de l'Aube et de l'Yonne, intéressant l'ensemble du cours de l'Armance.

Alimentation des moulins

De nombreux moulins existaient encore sur l'Armance et ses affluents au début du XXe siècle, certains depuis fort longtemps (au moins le XIIIe siècle).

La source de l'Armance donne naissance à un plan d'eau qui alimentait le moulin d'En-haut encore en fonctionnement en 1892. Il est alors racheté par le vicomte Chandon de Briailles qui installe une turbine et un bélier hydraulique, permettant l'alimentation en eau et électricité du domaine de la Cordelière situé à plus de deux kilomètres. Ce moulin en murs de briques du pays a été démoli en 1938. La grange et un petit lavoir ont été démolis vers 1950.

Le moulin d'En-bas, propriété du comte Chandon de Briailles, était encore en activité jusqu'en 1923 environ. Il est ensuite utilisé comme laiterie-fromagerie dans les bâtiments annexes jusque vers 1965-66. Il appartient maintenant à un particulier qui l'a judicieusement restauré.

Le moulin de la Roque, situé sur l'Armance à la limite des finages de Chaource et de Metz-Robert, dont la trace remonte à 1549, était dénommé moulin caduse. Il était encore en exploitation jusque vers 1930. Complètement rénové et embelli, il est maintenant une propriété privée.

Histoire

Les origines

La topographie des lieux nous révèle que Chaource s'est construit au centre d'un vaste bassin de réception des eaux, dans une zone où les sources abondent. Ces conditions favorables n'ont pas été étrangères à l'installation d'un habitat. On trouvait là en effet, l'eau en abondance, le bois pour le chauffage et la construction, l'argile pour la construction des cabanes en pisé et pour la fabrication d'objets ménagers, la provende pour les troupeaux de porcs se nourrissant de faines et de glands, le gibier et le poisson pour la nourriture.

Chaource était sans doute construit sur un terrain marécageux car l'on a constaté, lors des sondages effectués après 1940 dans le cadre de la reconstruction immobilière, que l'épaisseur des terres rapportées atteignait jusqu'à 1,6m au centre du pays.

À partir de l'époque gallo-romaine (52 av. J.-C. - 476 ap. J.-C.), la Gaule était divisée en pagis. Sous les Carolingiens (750 - Xe siècle), Chaource faisait partie du Pagus Tornodensoris – pays de Tonnerre - ainsi que la plupart des villages compris dans l'actuel canton de Chaource. Il est intéressant de constater que toute trace de cette dépendance n'avait pas totalement disparu à la veille de la Révolution française, la paroisse de Chaource faisant encore partie de l'archidiaconé de Saint-Vinnemer (à côté de Tanlay dans l'Yonne).

À l'époque des comtes de Champagne (878-1285)

Comme il est dit ci-dessous, il faut attendre le IXe siècle pour avoir connaissance de l'existence de Chaource. À cette époque, le roi carolingien Charles le Chauve (843-877) n'a plus d'autorité sur sa propre aristocratie. Il doit donc se concilier les féodaux remuants par des concessions territoriales. C'est ainsi qu'en 878, il donna à son fidèle compagnon Robert sa villa de Cadusia, c'est-à-dire la châtellenie de Chaource, avec tout ce qui en dépendait comme esclaves des deux sexes, bois, prés et eaux... Entre 879 et 886, ce comte Robert en fit don à l'abbaye bénédictine de Montiéramey (au sud du lac d'Orient). La châtellenie de Chaource dépend ensuite de deux seigneurs : le comte de Champagne et l'abbé de Montiéramey.

En 1177, le comte Henri le Libéral et l'abbé de Montiéramey déclarent qu'ils ont fait une ville neuve à Chaource et à Metz-Robert.

En mars 1223, le comte Thibaud IV, en échange de ce que l'abbaye de Montiéramey avait à Chemin (commune de Villeneuve-au-Chemin, dans le pays d'Othe) lui donna sa part de finage de Chaource et de Metz-Robert, et dès lors, l'abbaye en eut la totalité.

Un château fort fut construit (sans doute au cours de ce XIIIe siècle). Il devait être de vastes dimensions puisqu'il comportait un donjon et des logements, une chapelle, et était flanqué de huit tours.

Chaource, possession royale (1285-1328)

Le 5 novembre 1285, Philippe IV le Bel monte sur le trône et le comté de Champagne est rattaché au royaume de France, de même que la baronnie de Chaource qui en fait partie.

Sous ce roi, Chaource envoya deux députés au parlement chargé de juger les templiers à Tours en 1308.

Sous l'autorité des ducs de Bourgogne

Chaource sortit du domaine de la couronne pour être donné en 1328 à Eudes, duc de Bourgogne, à l'occasion de son mariage avec Jeanne, fille du roi Philippe le Long. À cette époque, plusieurs des tours du château étaient occupées par Messire Jean de Mussy, chevalier, par son fils Jean et plusieurs autres.

De 1363 à 1387, en pleine guerre de Cent Ans, et alors que des bandes armées ravagent la Champagne, d'importants travaux et réparations sont faits dans le château et sa chapelle. À cette occasion, des aides (impôts indirects) furent exceptionnellement perçus sur les habitants.

Peu à peu, les habitants de Chaource s'affranchirent de la tutelle du seigneur et obtinrent des privilèges.

Le 11 janvier 1374, Jean Paaillon, écuyer, bailli de la comtesse de Bourgogne, reconnaît aux habitants de Chaource le droit de n'être emprisonnés au civil que pour dette royale.

En 1479, un accord intervenait pour délimiter les forêts de Lagesse, Cussangy et Chaource et comportait transaction pour le libre pâturage des bestiaux sur leurs finages respectifs. Un impôt de 12 deniers par an devait être versé par chaque feu pour jouir du bois (de construction et de chauffage) et de la pâture.

De 1478 à 1515, la châtellenie de Chaource est administrée par des membres de la famille de Monstier qui avaient alors la charge de prévôts et capitaines de Chaource pour le compte de la puissante famille de Nevers, seigneur de Chaource et résidant au château fort de Chaource.

Dès la fin du XVe siècle, on estimait, non sans quelque exagération peut-être, à 4000 arpents (soit près de 2000 ha), la superficie des terrains défrichés dans le Chaourçois. Il est vraisemblable que la campagne qui entoure Chaource a pris, à cette époque, son aspect caractéristique bocager avec ses nombreuses fermes, logées dans un repli de terrain, au milieu d'une marqueterie de terres et de bois aux formes irrégulières.

Le beau XVIe siècle

La fin du XVe siècle et le premier quart du XVIe siècle peuvent être considérées comme une période de paix et de prospérité qui annonce les temps modernes. La bourgeoisie s'enrichit par le commerce et l'industrie.

Vers la fin du XVe siècle sont construites les belles habitations du centre de l'agglomération comportant les «allours», apparemment maisons de notables dont les «sablières» (poutres) sont délicatement sculptées d'«engoulants» (gueules de loups), d'animaux emblématiques, de médaillons portant des figures humaines, de motifs floraux... L'enseignement se développe aussi avec une école de clercs existant alors à Chaource et il semble qu'au temps d'Amadis Jamyn (1540-1593), une certaine aisance s'installe, y compris dans la classe paysanne.

Le 3 juillet 1517, Emon de Gennes, écuyer, bailli d'Isle (au sud de Troyes) et de Chaource pour la duchesse de Brabant (Belgique), comtesse douairière de Nevers, tenant ses assises à Chaource, autorise les habitants à s'assembler pour délibérer de leurs affaires et à nommer un procureur pour les poursuivre. C'est le premier acte constitutif de la Communauté.

La chapelle St-Georges de l'église a été fondée au début du XVIe siècle par la famille de Monstier, dont l'un des membres, Nicolas, est par ailleurs le donateur de la célèbre Mise au tombeau, datée de 1515. L'église est en partie reconstruite entre 1532 et 1548.

Sous le règne de François Ier (1515-1547), la France, et notamment la Champagne, est menacée par la famille des Habsbourg dont le descendant est Charles Quint. Aussi en 1525, les Chaourçois, craignant que le château ne suffise plus à les abriter, travaillèrent à entourer leur bourg de fossés et de murailles. Pour effectuer ces travaux, un droit fut perçu sur les vins qui entraient à Chaource (3 000 à 4 000 hl par an). Des gardes furent installés aux portes de la ville et tous les tonneaux furent soumis à la jauge. Le recensement accusait 345 feux et puisque chaque feu devait représenter 4 à 5 habitants, la population chaourçoise était donc de 1 500 habitants environ. En 1541, une inondation démolit une partie des remparts et en 1561, la construction, jamais terminée à cause de la pauvreté des habitants, fut abandonnée. Les remparts existants furent démolis sans doute dans la dernière décennie du XVIIIe siècle, la démolition de l'une des quatre portes, dite du Pont-de-Pierre, intervenant en 1825. Les anciens fossés, en contrebas, sont aujourd'hui convertis en jardins potagers.

Une transaction fut passée le 20 janvier 1553 entre le duc de Nevers et les habitants de Chaource, les Maisons, Metz-Robert et Pargues au sujet de leurs droits dans la forêt. Cet accord s'est transformé par la suite pour donner naissance à la forêt syndicale de Chaource, Metz-Robert et Maisons-les-Chaource.

Les guerres de religion (1562-1598)

Les huguenots (protestants) stationnés à Tanlay (au sud de Tonnerre) firent de fréquentes incursions dans le Chaourçois. En 1567, ils s'abattirent sur Chaource et ses environs, pillant plusieurs églises.

Les brigandages réapparaissent ; des bandes organisées, profitant de la faiblesse de l'autorité, se livrent au pillage.

En 1594, Troyes tient pour la Ligue (mouvement religieux et politique regroupant les catholiques français), mais fait sa soumission au roi en avril, et le marquis de Praslain, résidant à Chaource, est nommé bailli de Troyes par le roi Henri IV, en récompense de ses loyaux services.

Louis Coutant, historien du Barséquanais, dans une communication faite en 1855 à la Société académique de l'Aube, fait mention d'un atelier monétaire qui aurait existé à Chaource à la fin du XVIe siècle. Les coins découverts par l'intéressé portent le millésime de 1578, 1579, 1580 et 1581. On peut en conclure que la ville de Troyes étant au pouvoir de la Ligue, le maréchal de Praslain, qui tenait le parti du roi, ne pouvait plus disposer de l'hôtel des Monnaies de Troyes pour la fabrication des espèces nécessaires à l'entretien des troupes qu'il commandait. Il dut naturellement obtenir de Henri III, l'autorisation d'ouvrir un atelier temporaire de monnaies dans un lieu soumis à sa dépendance, et l'on conçoit aisément qu'il ait choisi la ville de Chaource. Cet atelier dut cesser d'exister dès que la ville de Troyes eut reconnu Henri IV.

Chaource au XVIIe siècle

Avec l'avènement au trône de France du roi Henri IV (1589), la paix s'instaure et la prospérité est de retour. En 1601, les terres de Chaource deviennent marquisat de Praslin.

En 1605, afin de permettre une communication plus facile et plus sûre, le chemin entre Chaource et Troyes par la forêt d'Isle, est élargi, et à cet effet, les habitants y ont la faculté de couper du bois.

En 1610, Edme Lesecq, curé de Chaource, aumônier du roi, fit partie des 7 membres du clergé chargés de la rédaction des cahiers du clergé.

Chaource au XVIIIe siècle

Les fortifications de Chaource disparurent au cours de ce siècle. Elles comprenaient quatre portes : Saint-Jacques, les Bruyères, la Lieutenande, et le Pont de Pierre.

Après une série de procès engagés par des habitants de Chaource, l'arrêt de la cour intervenu le 26 août 1756 donne raison aux seigneurs indivis de Chaource en maintenant leur droit de directe universelle sur tous les héritages du territoire dépendant de la paroisse de Chaource. Cet arrêt définit ces droits de tierce comme suit :

– sur les terres labourables, ce droit est celui de la douzième gerbe ;
– sur les vignes, ce droit est d'un cens de 2 sols par arpent ;
– sur les prés, il est de 4 deniers de cens par arpent.

Vers 1780, Chaource, ville abondante en blé, fournissait Troyes en avoine, volaille, beurre et œufs. C'était un lieu de passage pour le bétail du Morvan qui approvisionnait les boucheries de Troyes. Un service régulier de messageries existait entre Troyes et Chaource.

En 1780, Nicolas Parent fait construire le premier château, qu'on appelle aujourd'hui la « petite Cordelière », englobé dans le parc de la Cordelière.

À la fin du XVIIIe siècle, il n'est pas une seule commune qui n'ait au moins un professionnel du bâtiment : le maçon. Plus les communes sont importantes, plus les ouvriers sont nombreux et diversifiés : maçons, charpentiers, couvreurs, tailleurs de pierre, vitriers, torcheurs, plâtriers. Ainsi, à Chaource, on en compte entre 25 et 30.

Chaource pendant les invasions et occupations de 1814-1815

À la suite de la bataille de la Rothière (au sud de Brienne-le-Château (10)) le 1er février 1814 et du repli en bon ordre de Napoléon sur Troyes, Chaource fut alors occupé par la division légère autrichienne du général Ignace Hardegg à partir du 1er ou 2 février et jusqu'à l'abdication de Napoléon en avril.

Débarquant de l'île d'Elbe le 1er mars 1815, Napoléon se dirige sur Paris et le 18 mars, de nombreuses troupes font étape à Chaource. Après la défaite de Waterloo, le 18 juin, la France dût à nouveau subir l'occupation des troupes alliées. Les premiers éléments arrivèrent à Chaource le 11 juillet avec une colonne mobile de 150 hussards qui bivouaquèrent 2 jours. Puis du 21 juillet au 13 août, 11 700 hommes et 6 500 chevaux passèrent par Chaource. Ce passage s'accompagnait de lourdes réquisitions livrées par les autorités locales ou prises parfois par la force, le tout évalué à la somme de 38 687,2 F

De 1815 à 1900 : période de mutation

Après la période napoléonienne, la situation générale se normalise. À Chaource, une classe bourgeoise, née de la Révolution, a pris en mains les affaires de la commune. Des améliorations sensibles sont apportées :

– construction d'un nouveau cimetière ;
– construction d'un lavoir en 1823 ;
– achat d'une maison pour y aménager l'école de garçons ;
– aménagement de promenades publiques ;
– construction d'une gendarmerie ;
– réfection et consolidation de l'église ;
– construction de la route Troyes-Tonnerre en 1845 avec modification du tracé aux abords de Chaource ;
- construction d'une halle aux grains entre 1855 et 1858 ;
– inauguration, en novembre 1900, du château de la Cordelière construit par le vicomte Frédéric Chandon de Briaille, alors maire de Chaource.

La compagnie de sapeurs-pompiers de Chaource a certainement été créée au début du XIXe siècle.

Entre 1800 et 1850, on compte 4 poteries à Chaource.

Guerre de 1870

Paris fut investi par les armées prussiennes dès le 19 septembre 1870 et dès lors, Chaource dut de nouveau répondre à de lourdes réquisitions, mais ce n'est que le 29 décembre que les premières troupes y arrivèrent.

Au XXe siècle

Au début du XXe siècle, Chaource était relié quotidiennement par voitures hippomobiles aux villes de Troyes, Tonnerre, Bar-sur-Seine et Jeugny (pour la correspondance du train Troyes-Saint-Florentin. À cette époque, Chaource comptait neuf auberges et cafés pour un peu plus de 1100 habitants et six foires annuelles.

La Première Guerre mondiale mobilisa 160 Chaourçois, et 35 y périrent. De janvier à mai 1919, un contingent de 200 militaires américains cantonna à Chaource, distribuant sans compter des vivres de toutes sortes aux habitants.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le 14 juin 1940, le village fut détruit au tiers par le bombardement d'une douzaine de Stuka; environ 80 personnes furent tuées. Le 25 août 1944, on vit l'arrivée des premiers éléments du 2e régiment de cavalerie de l'US Army.

Les travaux de reconstruction commencent en 1946 avec notamment la réalisation d'une voie nouvelle en direction de Saint-Florentin, l'aménagement d'une place centrale, la mise en place d'un système d'égouts. Ils s'achèvent en 1953 avec la création d'un stade au lieu-dit Les Promenades. La construction du réseau d'adduction d'eau se fait de 1953 à 1957, et la salle des fêtes n'est mise en service qu'en 1958. L'église, très endommagée, fait l'objet d'importants travaux.

Toponymie

Le village

La plus ancienne mention de Chaource est relevée en 878 sous la forme « Cadusia ».

D'après Lafitte-Houssat[1], il s'agirait d'un nom de formation gallo-romaine (Ier siècle av. J.‑C. - Ier siècle ap. J.-C.) formé sur Catus (bataille), l'adjectif catussa (batailleuse) étant devenu le nom de famille latin ca(t)ussia qui est à l'origine du nom de Chaource.

Le nom primitif s'est transformé au cours des âges :

  • Caduscia (897)
  • Cadussia (1171)
  • Chaorsia (1179)
  • Chaorse (1197)
  • Chaorsa (1209)
  • Chaoursia et Quaoursia (1228)
  • Chaoursia (1256-1270)
  • Chaourse (1308)

Les hameaux et écarts

Parmi les 24 dénombrés, seuls sont présentés ici ceux encore existants en 2010 et suffisamment à l'écart du bourg. Commençons leur inventaire depuis le nord est, non loin du parc du château de la Cordelière puis faisons le tour de Chaource dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

Cette dispersion de l'habitat peut s'expliquer ainsi : le défrichement des forêts à l'époque moderne s'est accompagné, semble-t-il, d'une spécialisation dans l'élevage, pour le lait et la viande, ce qui expliquerait aisément la pratique de prés enclos et la dispersion des fermes autour de ces lieux. Les défrichements ont été menés dès le Moyen Âge, à partir de fermes tout naturellement intallées au centre des terres gagnées sur la forêt. Un habitat isolé se constitue ainsi, lié aux grandes exploitations entourées de leurs terres. Elles peuvent vivre en autarcie, organiser leur système de culture et d'élevage à l'écart des contraintes collectives du village centre. Leur éloignement les autorise à ne pas joindre leurs bêtes aux troupeaux communs.

Les Baillys

À l'origine, fut fondé vers 1414 un ermitage, sous le vocable de l'Annonciation et autorisé par le duc de Bourgogne. Il était constitué d'une chapelle et d'un logement. Deux ermites l'habitaient, dont l'un était visiteur particulier. Cet ermitage possédait des bois et un jardin d'un demi-arpent (1709.5 m2) dont moitié en vigne. Les habitants de Chaource se chargeaient de l'entretien. Cet ermitage se trouvait vraisemblablement auprès de la fontaine dite de l'ermitage qui donne naissance au ru du même nom, au lieu-dit le Vieux fourneau (au nord de la ferme des Baillys et à l'ouest de l'ancienne ferme des Bailly-aux-bois). Il semble qu'il ait été abandonné dans la seconde partie du XVIIIe siècle.

Le hameau des Baillys, à l'emplacement de l'actuelle ferme, comptait au XVIIe siècle, 20 feux et 28 communiants. Il ne reste plus qu'une propriété (ancienne ferme) avec son pigeonnier. Sous l'ancien régime, les Baillys étaient un fief dont le seigneur le plus connu fut le célèbre poète Amadis Jamyn (1540-1593).

Les Bruyères

Curieusement, ce hameau relativement important n'est pas mentionné dans les documents anciens. Il n'est pas porté non plus sur la carte de Cassini datant de la fin du XVIIIe siècle. Les constructions les plus anciennes pourraient donc dater du tout début du XIXe siècle. Il s'agit sans doute d'une contrée qui a fait l'objet d'un défrichement, la forêt devait être au Moyen Âge beaucoup plus proche de Chaource.

Les Povots

Ce nom était orthographié autrefois Provosts, Poveau, Pouvot et est sans doute tiré du mot "pauvre". Il y avait là une maladrerie qui soignait les lépreux. Cet établissement était doté d'une chapelle dite de St-Lazare ou St-Ladre. Au XVIIe siècle, ses biens furent transférés à la Maison-Dieu de Bar-sur-Aube ; son activité avait dû cesser à cette époque. Au XVIIIe siècle, la chapelle n'existait plus. En 1788, on recensait aux Povots : 10 feux et 24 communiants.

Les Petites Loges

Situé au nord des Povots et quoique proche de la commune des Loges Margueron, ce hameau fait partiellement partie de la commune de Chaource. Ce nom de "loges" signifie "huttes", "cabanes", et fait référence à un habitat isolé. Isolement qui serait à mettre à l'actif des défricheurs qui rompaient avec le village du fait de l'éloignement.

La Feulie

En 1788, ce hameau comptait 11 feux et 24 communiants. En 1884, on y comptait 24 habitants. Ce hameau était anciennement un fief. En 1689, Charles Pascot, seigneur de Maison Neuve, y habitait, peut-être dans la maison à étage, qui est sans conteste une maison de notable.

Les Poteries

Situé à 2 km à l'ouest de Chaource, ce hameau tire son nom d'une poterie qui y existait au XIXe siècle et employait une argile grise du Barrémien supérieur (crétacé inférieur). Il était auparavant constitué de plusieurs écarts sous différentes appellations. En arrivant au hameau, les quelques maisons au carrefour étaient connues sous le nom de Mauprot ou Maupréau. Le chemin à droite menait à la ferme de la Grande Cour. A gauche, près du chemin de la Feulie, se trouvait la ferme de Bréviande dont il reste encore une construction au milieu d'un pré. Les bâtiments à usage industriel de la poterie ont été démolis et le dernier rasé vers 1960. On y fabriquait des bols, des écuelles, des pots à fleurs, des chaserons, des pots à fromage et à huile...

La Bande

C'était une ancienne maison seigneuriale déjà signalée en 1196. A cette date, Gauthier de Maligny en fit don à l'abbaye de Quincy (Yonne). La seigneurie fut vendue à la famille de Vitel au début du XVIe siècle puis passa par héritage dans le patrimoine des de Damoiseau. À la fin du XIXe siècle, Ludovic de Damoiseau, maire de Chaource de 1884 à 1896, vendit la propriété au vicomte Chandon de Briailles. On ignore à quelle date fut construit le château. La chapelle St Laurent, attenante, fut bénie solennellement le 8 août 1757. En face de la propriété de la Bande, à droite de la route qui mène à St Florentin, se situait la ferme de la Petite Bande, démolie à la fin du XIXe siècle.

La Cour Mathie

Ce lieu-dit se situe sur la route de Maisons-les-Chaource, à l'endroit de la carrière Herrault. Dans la première moitié du XXe siècle, toute la nombreuse famille Herrault travaillait à l'exploitation de cette carrière, logeant pour la plupart dans des roulottes. C'était un petit village sis à côté des installations industrielles. A l'époque, la pierre calcaire de la région était utilisée à la construction et à l'entretien des routes départementales, et l'entreprise tournait à plein.

La ferme de la Navarre

Elle se situe à l'est, en direction de Pargues. Le chemin de Pargues, à l'origine voie romaine, traversait des propriétés maintenant aliénées pour atteindre la ferme de la Navarre. C'était sans doute un franc alleu (ne dépendant d'aucun seigneur) puisque le 23 mars 1556, Henri de Monstier, écuyer, s'intitulait seigneur de la Navarre. La seigneurie fut acquise ensuite par la famille de Broë dont le dernier représentant, Jacques, était commandant de la Garde nationale sous la Révolution.

Le château de la Cordelière

Il est aujourd'hui entouré d'un parc transformé en terrain de golf. Ce château fut construit à la fin du XIXe siècle par la famille Chandon de Briailles. Au XVIIe siècle, ce domaine était dénommé la Maison Rouge ou la Vendue aux Cordeliers, propriété sans doute d'une communauté de moines franciscains dits cordeliers. Il appartenait alors aux ancêtres de la famille Chandon de Briailles.

Politique et administration

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1922 1953 François Chandon de Briaille    
1953 1965 Georges Richert   Vétérinaire, Conseiller général
1965 1977 Bernard Moretto PCF Principal du collège
1977 en cours Jean Pouillot[2] NC Médecin, Conseiller général
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Jumelage

Drapeau de l'Allemagne Eppertshausen (Allemagne)

Évolution démographique

D’après le recensement Insee de 2007, Chaource compte 1 105 habitants (soit une stagnation par rapport à 1999). La commune occupe le 8 575e rang au niveau national, alors qu'elle était au 8 005e en 1999, et le 40e au niveau départemental sur 433 communes.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Chaource depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint 1846 avec 1 651 habitants.

Années 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
Population 1 406 1 605 1 503 1 420 1 535 1 569 1 540 1 651 1 598
Années 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
Population 1 549 1 509 1 503 1 546 1 479 1 491 1 451 1 430 1 321
Années 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
Population 1 183 1 138 1 138 914 891 903 960 892 974
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 -
Population 978 971 965 1 106 1 031 1 090 1 104 1 104 -
Notes, sources, ... Sources : base Cassini de l'EHESS pour les nombres retenus jusqu'en 1962[3], base Insee à partir de 1968 (population sans doubles comptes puis population municipale à partir de 2006)[4],[5],[6]

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (25,6 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (22,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,4 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 48,6 % d’hommes (0 à 14 ans = 13,3 %, 15 à 29 ans = 26 %, 30 à 44 ans = 18,9 %, 45 à 59 ans = 20,6 %, plus de 60 ans = 21,4 %) ;
  • 51,4 % de femmes (0 à 14 ans = 16,5 %, 15 à 29 ans = 15,2 %, 30 à 44 ans = 19,3 %, 45 à 59 ans = 19,3 %, plus de 60 ans = 29,7 %).
Pyramide des âges à Chaource en 2007 en pourcentage[7]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,4 
90  ans ou +
1,8 
7,7 
75 à 89 ans
15,0 
13,3 
60 à 74 ans
12,9 
20,6 
45 à 59 ans
19,3 
18,9 
30 à 44 ans
19,3 
26,0 
15 à 29 ans
15,2 
13,3 
0 à 14 ans
16,5 
Pyramide des âges du département de l'Aube en 2007 en pourcentage[8]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,4 
90  ans ou +
1,3 
6,4 
75 à 89 ans
10,0 
13,3 
60 à 74 ans
14,1 
21,3 
45 à 59 ans
20,6 
20,6 
30 à 44 ans
19,5 
19,2 
15 à 29 ans
17,2 
18,9 
0 à 14 ans
17,3 

Personnalités notables de la commune

Culture et patrimoine

Monuments historiques

Saint Jean, détail de la Mise au Tombeau de Chaource
  • Église Saint-Jean-Baptiste XIIe-XVIe siècle. C'est à la fin du XIIe siècle que, remplaçant une fruste chapelle, l'église primitive de Chaource est édifiée. L'ampleur et la qualité des constructions s'y révèlent impressionnantes avec le chœur et les chapelles environnantes. Réputée pour sa Mise au Tombeau et sa crèche en bois doré, l'église se visite comme un musée. Œuvre magistrale réalisée en 1515 par un inconnu dénommé le Maître de Chaource, la Mise au Tombeau est un chef-d'œuvre de l'École troyenne (École champenoise)[9].
  • Le grenier aux moines est également construit à cette époque (début du XIIIe siècle). Il appartenait à l'abbaye de Montiéramey (voir 1.2) et était un vaste bâtiment dont les murs de pierre d'une épaisseur de 1,10 m étaient soutenus par sept massifs contreforts et surmontés d'une belle corniche de pierre à modillons. Ce grenier ou grange servait vraisemblablement d'entrepôt pour les grains. Le dit bâtiment qui a subi des modifications qui l'ont sensiblement dénaturé est toujours existant à côté du presbytère sous le nom de salle Saint-Louis.
  • L'ancien Hôtel-Dieu, fondé vers l'an 1450.
  • Le château de la Cordelière, construit entre 1892 et 1900, pour la famille Chandon de Briaille. De style composite, néo-gothique et néo-renaissance, comme on l'affectionnait à cette époque. Il est l'œuvre de l'architecte Sauger. Entouré d'un parc de 50 hectares, il est actuellement le centre d'un parcours de golf. Un historique et des documents très détaillés sont visibles sur le site internet du Golf de Troyes La Cordelière (photos et vidéo en lien).
  • Sur la route des Granges, le manoir de la Bande, est le témoignage de ces manoirs de l'Ancien Régime, dont l'allure est celle d'une grosse exploitation agricole. Au XIXe siècle, il a appartenu à la famille Damoiseau de la Bande, dont un membre, Ludovic de Damoiseau de la Bande, fut maire de Chaource en 1895.

À voir également

  • Le Musée du fromage : « Une des plus belles collections de France ». Râpes à fromage du XIXe siècle, égouttoirs,… des cuillères à crémer, très rares. Le « démouré », la cabane itinérante où dormait le gardien des troupeaux…
  • Les anciennes demeures chaourçoises possèdent un soubassement de pierres jusqu'à la hauteur des linteaux des portes et fenêtres. Les pans de bois ou colombage que l'on trouve à l'étage sont en général en chêne et assemblés par des chevilles de bois. Le torchis, constitué d'un mélange d'argile et de paille d'avoine était appliqué sur les palçons, bûchettes de bois maintenues entre les pans de bois par une encoche. Un certain nombre d'habitations ont leurs façades recouvertes d'un enduit ou crépi qui masque les pans de bois. De judicieuses restaurations entreprises par certains propriétaires ont fait apparaitre de superbes façades avec poteaux de refend et de décharge, tournisses, potelets et croix de St André. Les maisons anciennes étaient souvent imbriquées les unes dans les autres, et il n'était pas rare que le propriétaire d'un logis ne l'était pas du grenier situé au dessus.

En face des halles, on remarque les arcades, passages ménagés sous le premier étage des maisons, supporté par des piliers de bois. Les sculptures (salamandres, etc), qui couvrent les linteaux des habitations, datent de la Renaissance (XVIe siècle).

  • Les croix de chemins : Toutes celles antérieures à 1789 ont été enlevées pendant la période révolutionnaire comme signes extérieurs de la religion. La plupart de celles existantes ont été érigées à l'occasion de missions au XIXe siècle. On en compte une dizaine.
  • La statue de Notre-Dame des champs

Héraldique

Blason ville fr Chaource (Aube).svg

Le blason de Chaource est : D'or à un ours de sable, au chef d'azur chargé de deux chats affrontés d'argent, se léchant l'un la patte droite et l'autre la patte gauche. Ce sont des armes parlantes.

Gastronomie

  • Fromage renommé de vache à pâte molle, le chaource.
  • Le Cacibel, boisson faite de cassis, cidre et miel.

Voir aussi

Bibliographie

  • Barat, R. Le canton de Chaource au début du XXe siècle
  • Barat, R. Chaource à travers les âges

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Jacques Lafitte-Houssat, Origines des noms de localités dans l'Aube, 1945
  2. Conseil général de l'Aube mise à jour au 10 avril 2008
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur site de l'École des hautes études en sciences sociales. Consulté le 10 décembre 2010
  4. Évolution et structure de la population (de 1968 à 2007) sur Insee. Consulté le 10 décembre 2010
  5. Recensement de la population au 1er janvier 2006 sur Insee. Consulté le 10 décembre 2010
  6. Populations légales 2008 pour le département de l'Aube sur Insee. Consulté le 7 janvier 2011
  7. Évolution et structure de la population à Chaource en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 10 décembre 2010
  8. Résultats du recensement de la population de l'Aube en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 10 décembre 2010
  9. Aube Terre d'Histoire : Chaource : église Saint-Jean-Baptiste

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