Siège de Montpellier


Siège de Montpellier
Carte du Siiège de Montpellier (1622)

Le siège de Montpellier est le siège de la place-forte protestante de Montpellier par l'armée royale de Louis XIII qui dura de fin août au 19 octobre 1622. C'est un des principaux événements de la rébellion protestante du début du XVIIe siècle.

Sommaire

Contexte

Louis XIII cherchait à réaffirmer son autorité sur le royaume, après sa minorité et la régence de sa mère Marie de Médicis. Plusieurs régions protestantes de France, encouragées par le prince protestant Henri de Rohan, refusèrent de reconnaître la souveraineté du roi catholique, aussi le jeune souverain entreprit-il en 1619 de les soumettre à nouveau à l'autorité royale, par la force si nécessaire. Il commença par attaquer les places-fortes du sud-ouest, en Béarn notamment, et prit Montauban. Montpellier était une des principales villes et places-fortes protestantes de France, il était donc inévitable que le roi s'attaque à elle un jour ou l'autre.

Le prince de Condé mène initialement le siège.

L'armée royale prit position devant les murs de la ville en juillet 1622. Un traité fut convenu entre le duc Henri de Rohan, meneur de la rébellion, et Louis XIII, par l'entremise de son officier le maréchal Lesdiguières; il fut signé par Rohan le 22 août. Les habitants de Montpellier, cependant, refusèrent d'ouvrir leurs portes à l'armée royale, craignant des déprédations de la part du prince Henri de Condé. Ils imposèrent au roi des conditions humiliantes si celui-ci voulait s'introduire dans la cité[1].

Le siège

Outragé, Louis XIII démit Lesdiguières de ses fonctions et ordonna à ses troupes de préparer le siège de la cité. L'armée assiégeante fut placée sous le commandement de Condé.

Le maréchal Lesdiguières négocie la paix entre le Roi et les Huguenots à Montpellier.

C'est Étienne d'Americ qui mena avec vigueur la défense de Montpellier. Les opérations se révélèrent difficiles pour les troupes royales. Montpellier avait pris conscience depuis longtemps des manœuvres de reconquête des forteresses huguenotes par Louis XIII, et se savait très bien placée pour être assiégée à son tour; les Montpelliérains s'étaient préparés en conséquence : l'enceinte médiévale ne pouvant résister à l'artillerie moderne et puissante de Louis XIII, il avait été décidé de détruire un nouvelle fois les faubourgs pour bâtir un second mur apte à résister à l'artillerie royale. Les travaux de fortification étaient globalement achevés à l'arrivée du roi[2]. Si bien que ce siège, que Louis XIII voulait expéditif, se prolongea finalement pendant 7 semaines et s'acheva sur un statu quo. Les troupes royales s'emparèrent du bastion de Saint-Denis qui avait une position stratégique dominante sur la cité dès le 2 septembre, mais celui-ci fut repris par les huguenots le jour suivant, laissant 200 morts au sein de l'armée royale. Le 2 septembre vit aussi 400 Montpelliérains menés par Gallonges faire une sortie et défaire un bataillon de 1000 soldats royaux[3]. Le 2 octobre, les Montpelliérains furent capables de soutenir trois attaques de 5000 soldats royaux. Les combats laissèrent de 300 à 400 morts dans le camp royal. Pendant ce temps le campement des assiégeants souffrait d'une épidémie et commençait à se trouver à cours de vivres.

Fin du siège et conséquences

Louis XIII autorisa finalement la reprise des négociations, proposa à Lesdiguières de reprendre son commandement, et de négocier secrètement en même temps. Le 8 octobre, Rohan arriva avec une armée de secours de 4000 vétérans. Il aurait pu engager le combat, mais désirait négocier; il commençait à manquer de soutiens dans son entreprise[3]. Les Montpelliérains acceptèrent de faire amende honorable, et le roi leur accorda son pardon, ce qui mena à la signature de l'édit de Montpellier le 19 octobre, dans lequel le roi confirme les dispositions de l'édit de Nantes, mais les Huguenots acceptent le démantèlement des fortifications de Montpellier, Nîmes et Uzès[1],[3],[4]

Louis XIII entra finalement dans la ville le 20 octobre, tête nue et désarmé[5]. Les troupes royales y pénétrèrent à leur tour, l'occupèrent malgré la promesse royale, et commencèrent à démanteler les fortifications[5],[6] La citadelle de Montpellier fut construite deux ans plus tard pour assurer le contrôle de la cité.

Notes et références

  1. a et b (en) Jack Alden Clarke, Huguenot Warrior: The life and times of Henri de Rohan, 1579-1638 sur Google Livres, Springer, 31 juillet 1967 (ISBN 978-9024701933) p. 126
  2. Gérard Cholvy(dir.), Histoire de Montpellier, Privat, rééd. 2001, pp 120 et suivantes.
  3. a, b et c (en) Jack Alden Clarke, Huguenot Warrior: The life and times of Henri de Rohan, 1579-1638 sur Google Livres, Springer, 31 juillet 1967 (ISBN 978-9024701933) p. 103ff
  4. (en) Mack P. Holt The French Wars of Religion, 1562-1629 sur Google Livres, Cambridge University Press, 7 novembre 2005 (ISBN 978-0521838726) p. 187
  5. a et b (en) Jack Alden Clarke, Huguenot Warrior: The life and times of Henri de Rohan, 1579-1638 sur Google Livres, Springer, 31 juillet 1967 (ISBN 978-9024701933) p. 107
  6. (en) Alastair Armstrong, France 1500-1715 sur Google Livres Heinemann Educational Publishers, 2 décembre 2003, (ISBN 978-0435327514) p. 112

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