Google Livres


Google Livres
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URL http://books.google.fr
Description Service de consultation de livres numérisés
Commercial Oui
Publicité Non
Type de site Bibliothèque numérique
Langue(s) Multilingue
Inscription Facultatif
Siège social Mountain View
Drapeau des États-Unis États-Unis
Propriétaire Google
Créé par Google
Lancement Décembre 2004
État actuel En activité

Google Livres, ou Google Books en anglais, est un service en ligne permettant d'accéder à des livres numérisés. Anciennement appelé Google Print, le début de la numérisation des livres a été annoncé par Google en décembre 2004. Disposant de moyens considérables, cette bibliothèque virtuelle comptait plus de sept millions de livres en novembre 2008[1]. Google numérise des livres provenant de nombreuses universités américaines et de tout horizon pour ensuite les diffuser sur ses serveurs. Droits d'auteurs obligent, certains ne sont que partiellement publiés. Pour le moment, les livres imprimés entre 1839 et 1922 sont rarement accessibles en entier pour les internautes basés hors des États-Unis. En 2010, 15 millions de livres ont déjà été scannés dans sa bibliothèque numérique mais seulement 3 millions sont consultables (aux États-Unis)[2].

Sommaire

Critique de la qualité de la numérisation

En février 2009, la qualité des scans mis en ligne a été critiquée[Qui ?] :

« La qualité de la numérisation (et donc on peut supposer celle de la recherche) est parfois totalement inadéquate. Les éditions proposées (à la recherche ou à la vente) sont, au mieux, regrettables. [...] Finalement, considérant la transmission comme une assurance qualité, la question de la qualité dans le programme bibliothèque de Google Book nous rappelle que les formes nouvelles sont toujours susceptibles de parricide, détruisant dans le processus les ressources dont elles espèrent hériter[3]. »

Accords signés

Jusqu'en mars 2010, Google a réussi à conclure des accords de numérisation avec une quarantaine de bibliothèques, dont huit européennes, par exemple avec la bibliothèque municipale de Lyon (500 000 titres) et la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne (100 000 titres). Google convoitait la numérisation d'une partie des fonds de la Bibliothèque nationale de France, mais a été jugé trop « conquérant », par le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand : « Beaucoup lui ont ouvert la porte en signant des accords que je trouve inacceptables. Ils reposent sur une confidentialité excessive, des exclusivités impossibles, des clauses désinvoltes, voire léonines au regard du droit d'auteur », a-t-il déclaré au Monde le 13 janvier 2010[4].

Le mercredi 10 mars 2010, l'État italien a signé, à Rome, un accord avec Google afin qu'il numérise et mette en ligne un million de volumes, publiés avant 1860, appartenant aux bibliothèques de Rome et de Florence. C'est la première fois que la firme californienne parvient à un tel résultat, qui lui donne également accès à toutes les bibliothèques nationales de la Péninsule[4].

Le mardi 15 juin 2010 Google et la Bibliothèque nationale d'Autriche signent un accord visant à la numérisation de 400 000 ouvrages libres de droit. Ils totalisent environ 120 millions de pages.

En juillet 2010, Google et la Bibliothèque royale des Pays Bas annoncent qu'ils ont conclu un accord pour la numérisation de 160 000 titres d'ouvrages hollandais des XVIIIe et XIXe siècles.

Les fonds italiens, autrichiens et hollandais pourront être inclus dans Europeana.

Justice

Le vendredi 18 septembre 2009, le ministère de la justice américain a demandé à un juge fédéral new-yorkais de ne pas valider, en octobre 2009, un accord conclu entre Google et des syndicats d'éditeurs et d'auteurs américains permettant au groupe Internet de numériser des millions de livres et qui prévoit que Google percevra 37 % des bénéfices liés à l'exploitation des titres mis en ligne, les auteurs et éditeurs recevant 63 %. Dans le document adressé au tribunal de New York, qui doit se prononcer sur cet accord, le ministère indique que celui-ci soulève des questions en matière de droits d'auteurs et d'abus de position dominante[5],[6]. À l'issue de l'audience tenue jeudi 18 février 2010 à New York, le juge fédéral Denny Chin a reporté sa décision afin de garder « l'esprit clair » pour le rédiger. Le juge a repris l'idée exprimée par une plaignante, Sarah Canzeroni, de la Guilde (américaine) des livres pour enfants, selon laquelle l'objectif de Google, plutôt que de créer « une grande bibliothèque » numérique, est en réalité d'ouvrir « un grand magasin » dont il aurait le monopole. Le gouvernement américain et les autres plaignants ne contestent pas le principe de la numérisation des ouvrages, mais la plupart invoquent le risque monopolistique flagrant de l'accord signé par Google et l'entorse au droit de copyright qu'il comporterait. Par exemple, un juriste de Microsoft a clamé que Google aurait un accès quasi assuré à tout ouvrage publié depuis 1923, et bénéficierait, entre autres, d'une connaissance exclusive des goûts des internautes en matière de lecture - un avantage substantiel aux yeux des annonceurs publicitaires[7]. Le 22 mars 2011, le juge Chin a rejeté l’accord, passé entre Google et les éditeurs, qui prévoyait le règlement de leur contentieux sur le projet Google Livres[8]. L'affaire doit être à nouveau évoquée le 25 avril 2011[9].


Le jeudi 24 septembre 2009, le groupe La Martinière (propriétaire des éditions du Seuil) a attaqué Google en justice, en France, estimant que « Le système de Google est illégal, il est dangereux et il est dommageable pour les éditeurs », insistant au contraire sur la dimension commerciale de ce service qui « est gratuit pour Google, gratuit pour l'internaute, mais pas pour l'annonceur », ce qui permet à la firme américaine de se rémunérer, et seulement elle. L'avocat a demandé 15 millions d'euros de dommages et intérêts pour son client, avec une astreinte de 100 000 euros par jour et par infraction constatée : « Le préjudice est considérable, car il est irréversible. Comment revenir en arrière ? ». L'avocate de Google a contesté la compétence de la justice française au motif que la numérisation des livres aurait lieu aux États-Unis, et a ajouté : « Ce que fait Google est absolument légal. Nous n'avons jamais nié que les Éditions du Seuil détiennent les droits sur les œuvres papier, mais elles n'ont jamais prouvé qu'elles avaient les droits sur les versions numériques de ces œuvres[10]. » Le jugement a été rendu vendredi 18 décembre[11] : le tribunal de grande instance de Paris a interdit au groupe américain de poursuivre la numérisation et la diffusion d'ouvrages sans autorisation des auteurs et éditeurs, exécutable au terme d'un mois avec 10 000 euros par jour de retard au bout de ce délai, ainsi qu'une condamnation à verser 300 000 euros, au titre des dommages et intérêts, à La Martinière. Les auteurs et éditeurs ne veulent pas pour autant couper les ponts avec le géant américain : « Il faut que Google arrête de numériser derrière notre dos et comprenne que nous sommes prêts à discuter », explique M. Eyrolles, le président du Syndicat national de l'édition (SNE). « On peut très bien numériser correctement », ajoute M. Absire, le président de la Société des gens de lettres de France (SGDL), qui cite le projet Gallica, piloté par la Bibliothèque nationale de France : « Gallica s'assure que l'auteur accepte que ses livres soient numérisés. À partir de quoi il s'engage à respecter un certain nombre de normes qualitatives. »[12]

Le 31 mars 2010, on apprend l'intention des éditions Gallimard d'attaquer en justice Google pour son service[13].

Bibliographie

Sur l'édition indépendante, le livre numérique et Google, on pourra lire : de Jérôme Vidal, Lire et penser ensemble - Sur l'avenir de l'édition indépendante et la publicité de la pensée critique (Paris, Éditions Amsterdam, 2006, texte publié sous licence Creative Commons et dont sont extraits les points cités ci-dessus); de Lucien Polastron, La Grande Numérisation: Y a-t-il une pensée après le papier? (Paris, Denoël, 2006); de Michel Valensi (éditions de L'Éclat), "Faut-il une grande cuillère pour signer avec Google?"; d'Alexandre Laumonier (éditions Kargo), "Les petits éditeurs votent Google" (Libération du 6 juin 2006) et "La non-affaire Google Livres".

L'émission de France-Culture "Du Grain à moudre" (28 décembre 2006) a mis en présence pour un débat sur le projet Google Jean-Noël Jeanneney, Michel Valensi, Jérôme Vidal, Alban Cerisier.

Robert Darnton, historien, professeur à l’université Carl H. Pforzheimer et directeur de la bibliothèque de Harvard, a publié sur le sujet un article éclairant dans « The New York Review of Books » le 12 février 2009. L'article est accessible en ligne, traduit en français .

Notes et références

  1. Robert Darnton, "Google and the Future of Books", The New York Review of Books, vol. 56, no 2, février 2009.
  2. Les bibliothèques sont l'avenir du livre, in Le Monde magazine, janvier 2011
  3. « Inheritance and loss? A brief survey of Google Books» by Paul Duguid, First Monday, volume 12, number 8 (August 2007).
  4. a et b Google signe un accord avec l'Italie pour numériser un million d'ouvrages, article du quotidien Le Monde daté du 11 mars 2010
  5. (fr) Le ministère de la justice américain contre l'accord entre Google et les éditeurs, article du quotidien Le Monde, daté du 19 septembre 2009.
  6. (fr) Livre numérique : le ton monte entre Google, Amazon et les auteurs américains, article du quotidien Le Monde, daté du 4 septembre 2009
  7. Numérisation des livres : report de la décision de justice dans l'affaire Google, article du quotidien Le Monde daté du 19 février 2010.
  8. Marc JAHJAH, L'accord Google Livres rejeté, INA Global 6/4/2011
  9. Selon la décision du Circuit Judge Chin en date du 22 mars 2011 (Voir l'original de la décision en anglais)
  10. (fr) Le Seuil demande 15 millions d'euros à Google, article du quotidien Le Monde, daté du jeudi 24 septembre 2009.
  11. Tribunal de grande instance de Paris 3ème chambre, 2ème section, jugement du 18 décembre 2009, Éditions du Seuil et autres c/ Google Inc.
  12. Livre numérique : la justice française donne raison aux éditeurs face à Google, article du Le Monde, daté du 19 décembre 2009.
  13. La Tribune.fr, « Gallimard va poursuivre Google en justice », 31 mars 2010. Consulté le mercredi 31 mars 2010

Voir aussi

Bibliographie


Articles connexes

Lien externe


Wikimedia Foundation. 2010.

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