Héraclius l'Ancien


Héraclius l'Ancien

Héraclius, surnommé l'Ancien pour le distinguer de son fils, est un général et administrateur byzantin, père de l'empereur Héraclius, et mort peu après l'accession de celui-ci au trône le 5 octobre 610[1].

Né sans doute vers 540, il était apparemment d'origine arménienne, en tout cas natif de l'Arménie byzantine[2]. Il apparaît pour la première fois dans les sources en 586: il commandait un corps de l'armée byzantine à la bataille de Solachon, livrée contre les Perses, sous les ordres de Philippikos, Magister Militum per Orientem. Pendant l'invasion de la province arménienne d'Arzanène qui suivit, et le siège de la ville de Chlomaron, Héraclius, qui était alors commandant-en-second (ύποστράτηγος), fut chargé par Philippikos d'une périlleuse mission de reconnaissance en direction de l'Arménie perse; constatant l'approche d'une armée ennemie menée par le général perse Kardarigan, il en prévint Philippikos, qui se replia précipitamment vers Amida. Ensuite, malade, le généralissime confia une partie de l'armée byzantine à son adjoint pour mener une razzia dans la région de Nisibe.

En 587, Philippikos chargea les généraux Héraclius, Théodore et Andreas de raids en territoire perse, et à l'automne de cette année, rentrant à Constantinople, il se fit remplacer à la tête de l'armée d'Orient par Héraclius. Au début de l'année 588, il fut démis de ses fonctions de Magister Militum per Orientem au profit de Priskos et ordonna à Héraclius de se retirer en Arménie; il fut rétabli peu après à la suite d'une mutinerie. Quant à Héraclius, Théophylacte Simocatta le fait paraître à nouveau à l'automne 589, à la bataille de Sisarbanon (près de Nisibe), sous le commandement de Commentiolus, et il aurait même "sauvé la journée" après la fuite de son supérieur; mais l'historien syrien contemporain Évagre le Scolastique ne mentionne même pas Héraclius dans cet épisode[3].

Héraclius l'Ancien réapparaît dans les sources vers 595 comme Magister Militum per Armeniam[4]: assisté d'Hamazasp Mamikonian, il combat les rebelles arméniens Samuel Vahewuni et Atat Khorkhoruni. Il est finalement nommé exarque de Carthage par l'empereur Maurice[5], donc avant le renversement de celui-ci par Phocas en novembre 602. Il occupe ensuite cette fonction jusqu'à sa mort.

Il se déclara rebelle contre Phocas pendant l'été 608 et envoya son neveu Nicétas, par voie de terre, s'emparer d'Alexandrie et de la Basse-Egypte, mission qui fut menée à bien avant la fin de l'année 609. A Carthage, l'exarque et son fils, le futur empereur, s'étaient proclamés tous deux «consuls», titre qui n'était plus attribué depuis le règne de Justinien Ier; ils apparaissent en habit consulaire sur des pièces de monnaie frappées à Carthage, puis à Alexandrie à cette époque. Finalement, Héraclius le Jeune prit la mer au printemps 610 à la tête de la flotte qui arriva à Constantinople au début octobre et renversa Phocas. Selon Jean de Nikiou, le père eut le temps d'apprendre la victoire de son fils et de s'en réjouir avant de mourir peu après.

Voir aussi

Dynastie des Héraclides

Notes

  1. Jean de Nikiou, Chronique, CX, 13 [1]
  2. d'après une allusion de Théophylacte Simocatta (III, 1, 1)
  3. L'oeuvre de l'historien Théophylacte Simocatta, l'une des principales sources, datant du règne de l'empereur Héraclius, une certaine prudence est de mise sur le rôle qu'il attribue au père de l'empereur dans l'histoire militaire de l'époque de Maurice.
  4. notamment par l'Histoire arménienne attribuée à Sébéos
  5. selon le patriarche Nicéphore
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