Un Homme est passé


Un Homme est passé

Un homme est passé

Un homme est passé
Titre original Bad Day at Black Rock
Réalisation John Sturges
Acteurs principaux Spencer Tracy
Robert Ryan
Anne Francis
Scénario Don McGuire
Millard Kaufman
Howard Breslin (histoire)
Musique André Previn
Décors Cedric Gibbons
Photographie William C. Mellor
Montage Newell P. Kimlin
Production Dore Schary
Société de production MGM
Durée 81 minutes (1h21)
Sortie 7 janvier 1955
Langue(s) originale(s) Anglais
Pays d’origine États-Unis États-Unis

Un homme est passé (Bad Day at Black Rock) est un film américain de John Sturges, sorti en 1955.

Sommaire

Synopsis

Pour la première fois depuis 4 ans, un train s'arrête à Black Rock, bourgade perdue en plein désert. Le visiteur, John J. Macreedy (qui est amputé d'un bras entier), interroge les quelques habitants qu'il rencontre sur le moyen de se rendre en un lieu-dit alentour : Adobe Flat, et ce sans préciser clairement ses motivations. Bizarrement, l'évocation de ce lieu associée à cette visite totalement inattendue générent une forte agressivité de la population locale. Plus Macreedy essaye de comprendre et pose de questions, plus la population se montre menacante.

Commentaires

En 1955, un film important, qui est resté comme une œuvre à retenir par de nombreux cinéphiles, aborde le sujet du préjudice à racheter envers les Nippo-Américains : c'est "Un homme est passé", "Bad Day at Black Rock" en titre original de John Sturges. Et la particularité de ce film est de rester comme une œuvre véritablement forte à ce niveau, bien que dénuée de tout personnage nippo-américain visible à l'écran. Sorte de western moderne et abstrait, c'est un film court et sec (moins de 80 minutes), qui se repose sur son décor désertique et son format cinémascope pour mettre en scène cette projection métaphorique d'un règlement de compte de l'Amérique avec ses démons.

Situé en 1945, deux mois après la fin du conflit, le film narre en effet le passage dans la petite ville perdue de "Black Rock" (Arizona) d'un étranger du nom de John McReady, incarné par ¸Spencer Tracy. Si ce dernier s'y rend, c'est pour rencontrer Komoko, un fermier japonais : "Il n'a pas eu de chance. Il est arrivé en 41 un peu avant Pearl Harbor. Ils sont venus le chercher trois mois après pour le mettre dans un camp de concentration." ment Reno Smith à son sujet (Robert Ryan). En vérité, Komoko n'a même pas été mis dans un camp, il a été lynché au lendemain de Pearl Harbor, dans un élan de délire patriotique par une partie des habitants, menés par Reno Smith. La ferme a été également brûlée. McReady était venu voir Komoko pour lui remettre la médaille de son fils mort au combat dans la 442 RCT. Tracy va se retrouver dès lors perdu au milieu de l'hostilité générale de ceux qui veulent étouffer le crime. L'ambiance est lourde, l'apparition presque fantastique et mystérieuse de Tracy, proche du Sanjuro de Akira Kurosawa ou de l'Homme sans nom de Sergio Leone, étant en quelque sorte là pour remettre les choses à leurs places, laver la tache du racisme et du préjudice parmi une population rurale peu cultivée, une Amérique profonde qui a pris Komoko comme victime de ses frustrations. Smith, qui loua ses terres à Komoko, ne s'était pas remis que ce dernier y trouve une source d'eau. Ajouté à sa haine des Japonais et le fait que son engagement dans l'armée ait été refusé, il part tuer cet homme accompagné de quelques complices saouls.

À travers les personnages du docteur, du tenancier de l'hôtel et du Shérif, le film exprime également un sentiment de remords très fort qui cherche un remède contre "la honte". On y parle, face au crime, d'une "indifférence mélancolique". Cela peut exprimer non seulement l'injustice et le tort faits aux Nippo-Américains, mais cette histoire évoque aussi le maccarthysme alors d'actualité. Une ambiance de lâcheté, où les questions sont pour les personnages de savoir s'ils doivent suivre le troupeau contre un seul homme. Ici on ne voit rien du préjudice concret contre les Nippo-Américains, mais on utilise de nombreuses métaphores. Il n'empêche : ce «Un Homme est passé» reste encore peut-être, d'un point de vue occidental, ce qu'il y a de plus fort et intransigeant sur le sujet. Peut-être parce que c'est un film hollywoodien qui ne cherche pas à retranscrire ce qui a été vécu par les populations nippo-américaines, leurs malheurs. Ici ne reste que le règlement de compte moral interne des États-Unis au sortir de la guerre. La puissance évocatrice de l'absence, de la désintégration de Komoko, est sans doute plus puissante que toutes reconstitutions. Quand le crime est raconté, la force des mots évoquant la ferme brûlée, le Japonais transformé en torche humaine et abattu en dit énormément sur le mal fait. Comme pour payer son crime, Smith brûlera lui aussi en retour à la fin de l'œuvre. Le village qui s'est racheté veut à la fin du film la médaille destinée à Komoko pour améliorer leur moral, pour se reconstruire, ce que McReady acceptera


Fiche technique

Distribution

Autour du film

Le bras perdu de McReedy est peut-être une évocation de celui perdu par Daniel Inouye aux combats de la 442 RCT en Italie.

Lien externe

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