Théâtre-Lyrique


Théâtre-Lyrique
Théâtre-Lyrique
Type Théâtre
Opéra
Lieu Paris
Coordonnées 48° 52′ 03″ Nord
       2° 21′ 54″ Est
/ 48.867486, 2.364964
48° 52′ 03″ N 2° 21′ 54″ E / 48.867486, 2.364964
Architecte(s) Pierre-Anne de Dreux
Inauguration 20 février 1847
Fermeture 21 octobre 1863
Nombre de salles 1
Capacité 1700
Anciens noms Théâtre-Historique
Opéra-National
Direction Hippolyte Hostein
Edmond Seveste
Jules Seveste
Émile Perrin
Léon Carvalho

Le Théâtre-Lyrique est le nom qui fut donné successivement à deux salles de spectacle à Paris, au XIXe siècle :

  • la première, située au 72, boulevard du Temple (aujourd'hui 10, Place de la République, Paris, XIe). Cette salle, inaugurée en 1851 sous le nom d'Opéra-National, fut rebaptisée Théâtre-Lyrique en 1852 et disparut en 1860 lors du percement de la place de la République dans le cadre des transformations d'Haussmann.
  • la deuxième, située place du Châtelet, à l'emplacement de l'actuel Théâtre de la Ville, fut construite de 1860 à 1862 et disparut dans un incendie le 25 mai 1871, lors des événements de la Commune. Reconstruite en 1874, la salle rouvrit sous le nom de Théâtre-Lyrique-Dramatique.

Histoire

Commanditée par l'écrivain Alexandre Dumas avec l'aide du duc de Montpensier, fils de Louis-Philippe Ier, afin de promouvoir les adaptations théâtrales de ses romans, la salle est inaugurée le 20 février 1847 sous le nom de Théâtre-Historique avec La Reine Margot, pièce-fleuve en douze actes de Dumas et Auguste Maquet. Elle est dirigée par Hippolyte Hostein, futur directeur (entre autres) du théâtre du Châtelet et du théâtre de la Renaissance. Suivent Le Chevalier de Maison-Rouge et Le Comte de Monte-Cristo dont les représentations sont interrompues par la révolution de 1848, La Jeunesse des mousquetaires, Le Chevalier d'Harmental, La Guerre des femmes, Le Comte Hermann et Urbain Grandier. Dumas accueille aussi La Marâtre d'Honoré de Balzac (1848). Mais la somptuosité des productions et les événements politiques conduisent Hostein à la démission et Dumas à la faillite. Celle-ci est prononcée le 20 décembre 1850.

Le 27 septembre 1851, Edmond Seveste, dont la famille possède plusieurs des principaux théâtres parisiens, inaugure l’Opéra-National, consacré au répertoire lyrique, avec Mariquita la sorcière de Xavier Boisselot, livret d'Eugène Scribe et Gustave Vaëz. Il profite ainsi du privilège obtenu trois ans plus tôt par le compositeur Adolphe Adam d'ouvrir une troisième scène lyrique parisienne, pour pallier la frilosité des institutions officielles (l'Académie royale de musique et l'Opéra-Comique), vis-à-vis des jeunes compositeurs[1]. Il monte La Perle du Brésil de Félicien David et La Butte des moulins de Boieldieu avant de mourir brusquement en février 1852. Son frère, Jules Seveste reprend la direction du théâtre qu'il rebaptise Théâtre-Lyrique. Y sont créés Si j'étais roi d'Adam, Violetta, version française de La traviata de Verdi ou encore Élisabeth, version française de Elisabetta al castello di Kenilworth de Donizetti.

Jules Seveste meurt à son tour en juin 1854. Il est remplacé par Émile Perrin, qui dirige en même temps l'Opéra-Comique et se ruine en créations, puis en 1856 par Léon Carvalho, ancien chanteur et - lui aussi - futur directeur entre autres de l'Opéra-Comique, qui souhaite offrir à sa femme, la chanteuse Caroline Miolan-Carvalho, des rôles à la hauteur de son talent. Il sollicite les meilleurs compositeurs de l'époque et crée en l'espace de quatre ans des ouvrages de grande qualité, tels Les Dragons de Villars de Maillart, La Reine Topaze et La Fée Carabosse de Victor Massé et surtout l'un des opéras français les plus populaires : Faust de Charles Gounod, créé le 19 mars 1859.

Frappé d'expropriation en raison du percement de la place de la République début 1860, Carvalho transporte sa troupe dans la nouvelle salle édifiée place du Châtelet. Le secrétaire général du théâtre, Charles Réty, fait encore représenter La Statue d'Ernest Reyer et La Chatte merveilleuse d'Albert Grisar avant de rendre les armes en mai 1862. Une ultime tentative de résurrection du Théâtre-Historique a lieu sous l'égide du dramaturge Édouard Brisebarre, qui souhaite comme Dumas une scène pour accueillir ses productions mais le théâtre ferme définitivement le 21 octobre 1863. À sa place est édifiée une succursalle des Magasins-Réunis par l'architecte Gabriel Davioud.

Bibliographie

  • Albert Soubies, Histoire du Théâtre-Lyrique, 1851-1870, P., Librairie Fischbacher, 1899 ; texte sur Gallica
  • Philippe Chauveau, Les Théâtres parisiens disparus (1402-1986), Ed. de l'Amandier, Paris, 1999 (ISBN 2-907649-30-2)
  • André Degaine, Histoire du théâtre dessinée et Guide des promenades théâtrales à Paris, Ed. Nizet, 1992-1999 (ISBN 2-7078-1257-9)
  • Joël-Marie Fauquet (dir.), Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, Fayard, Paris, 2003 (ISBN 2-213-59316-7)

Notes et références

  1. L’Opéra-National, installé dans l'ancienne salle voisine du Cirque-Olympique, ne résistera pas à la révolution de 1848.

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