Sexualite infantile

Sexualite infantile

Sexualité infantile (psychanalyse)

Psychologie
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Approches et courants

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Méthodes

Psychologie expérimentale Psychologie clinique Psychométrie Psychologie différentielle

Branches d'études

Psychologie sociale Psychologie cognitive Psychopathologie Psychologie du développement

Concepts majeurs

intelligence attitudes cognition Identité comportement souffrance motivation émotion relation humaine Apprentissage maladie mentale

Auteurs

Sigmund Freud Carl Gustav Jung Abraham Maslow Carl Rogers Jean Piaget Françoise Dolto Daniel Widlöcher Jacques Lacan Serge Lebovici Ivan Pavlov Burrhus F. Skinner Kurt Lewin Stanley Milgram Daniel Kahneman Herbert Simon

Champs d'application

psychologie scolaire psychologie du conseil Pédagogie psychologie du travail psychothérapie

Voir aussi

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Sigmund Freud a élaboré une théorie psychanalytique de la sexualité infantile, qui décrit les divers mécanismes pulsionnels élémentaires de l'enfant, dont les transformations aboutissent à la sexualité adulte (génitale) en passant par différents stades ou phases (Stade auto-érotique, Stade oral, Stade anal). Cette notion est centrale, tant dans le cadre de la théorie de la sexualité que dans celui de la théorie psychanalytique qui en découle. Sigmund Freud l'introduit ainsi en 1905 : « Si nous approfondissions les manifestations sexuelles de l'enfant, nous découvririons les traits essentiels de la pulsion sexuelle ; nous comprendrions l'évolution de cette pulsion et nous verrions comment elle puise à des sources diverses » Sigmund Freud (Trois essais sur la théorie de la sexualité)[1] »

Sommaire

Présentation des thèses freudiennes

Freud, dans Les trois essais sur la théorie sexuelle (1905), au chapitre 2, s'interroge sur les difficultés que l'on a à admettre que les enfants aient des pulsions sexuelles (pulsions partielles et sexualité prégénitale) qui "s'assembleront", au cours du développement de l'être humain, sous le primat de la génitalité, pour aboutir à la sexualité telle qu'elle est définit hors champ de la psychanalyse (en effet pour la psychanalyse le terme de sexualité ne se réduit pas à la sexualité génitale...pour une définition du sexuel chez Freud voir par ex : Freud - 1922) . Freud appel prégénitales les "organisations de la vie sexuelle dans lesquelles les zones génitales n'ont pas encore pris leur rôle prédominant" (Freud - 1905).

Freud définit, en 1905, la libido (terme qu'il choisit préférentiellement à Lust qui, dans la langue allemande, désigne aussi bien le besoin que la satisfaction ressentie, pour désigner "l'appétit sexuel"...) en comparaison à la faim.


Selon lui, l'une des principales raisons de cette amnésie serait l'oubli partiel ou total de cette période de notre vie.

L'amnésie infantile

Cet oubli de notre activité sexuelle (sexualité prégénitale) dans la période de la petite enfance constituerait selon lui un véritable phénomène d'amnésie comparable au processus de "mise en oubli" des représentations sexuelles causes de névroses chez certains patients, par exemple les hystériques, et qui se caractériserait par « le refus d'admettre certaines impressions dans la conscience (refoulement). »

L'autoérotisme infantile

L'activité sexuelle infantile se caractérise, selon Freud, par le fait qu'elle se porte sur le corps propre de l'enfant. L'enfant cherche par exemple à reproduire le plaisir rythmique qu'il a éprouvé en tétant le sein maternel ou le biberon, et pour cela il utilise la lèvre, la lanque, le gros orteil,... pour répeter le "contact de succion" d'avec la zone orale qui a été satisfaite pendant la tétée (Freud, 1905). En fait, l'activité au départ a finalité alimentaire qu'était l'acte de se nourrir a induit chez le nourrisson une zone érogène constituée autour de la bouche (zone orale), lieu principal de l'activité du nourrisson.

Pour Freud la sexualité infantile a donc 3 caractéristiques :

  • elle s'étaye « sur des fonctions physiologiques essentielles à la vie » (l'alimentation, la défécation, ...)
  • elle n'est pas dirigée vers d'autres personnes, ne connaît pas d'objet sexuel autre que le corps propre de l'enfant, elle est donc autoérotique ;
  • « son but sexuel est sous la domination d'une zone érogène. »

Voir aussi : stade auto-érotique

Les manifestations de la sexualité infantile

Freud, reprenant des travaux antérieurs rédigés par d'autres chercheurs [réf. nécessaire], soutient que la succion du nourrisson est une manifestation de la sexualité infantile. En effet, tous les parents peuvent constater que le nourrisson qui a réclamé à manger et qui a pu apaiser sa faim continue souvent à suçoter alors qu'il n'a plus faim. Ce suçotement peut s'opérer sur une partie du corps propre de l'enfant (lèvre, pouce, pied, etc.) ou se reporter sur un objet quelconque à sa portée (tétine, drap, etc.) Ce suçotement est parfois associé à un tiraillement rythmique d'une autre partie du corps, par exemple le lobe de l'oreille ou les cheveux. Tout ceci constitue ce que Freud appelle la première manifestation de l'autoérotisme. Freud reprend également à W. Fliess[réf. nécessaire] l'expression « période de latence sexuelle »[réf. nécessaire] qui va commencer vers 6 ou 7 ans. L'enfant va alors sublimer ses émotions sexuelles pour édifier les prémices de sa relation adulte à la sexualité, à savoir le dégoût, la pudeur et la morale. Freud en suppose le mécanisme dans l'association entre l'absence de fonctionnalité reproductrice de cette sexualité et un déplaisir de l'enfant pour une activité qui contrarie son orientation. Cette 'orientation' n'est toutefois pas développée par Freud, qui ne considère pas l'environnement social dans celle-ci.

Les zones érogènes

Il semblerait que n'importe quelle zone du corps puisse être élue zone érogène par l'enfant[réf. nécessaire].

Cependant certaines parties du corps sont plus souvent le support de cette activité autoérotique. Le vagin, les muqueuses des lèvres et de la bouche, le pénis, l'orifice anal, ... sont des zones du corps qui comportent une muqueuse et sont régulièrement l'objet d'une excitation corporelle induite par une fonction physiologique.

C'est ce qui explique que la zone anale devienne également rapidement une zone érogène chez le jeune enfant. Cette zone a en fait toutes les caractéristiques que l'on retrouve dans la zone orale :

  • c'est une partie du corps qui est le siège d'une fonction physiologique essentielle ;
  • cette zone est constituée par une muqueuse bordée de muscles, les sphincters ;
  • la zone anale est l'objet d'une alternance de sensations désagréables et de sensations agréables : les sensations désagréables sont induites par la tension interne provenant de l'activité intestinale qui conduit au soulagement par l'excrétion. De plus chez le nourrisson ou le tout petit enfant, l'incapacité où il est de maîtriser cette fonction physiologique produit une autre succession de moments désagréables puis agréables produits par l'irritation de la peau au contact avec les fesses ; puis au soulagement produit par les soins parentaux.

La masturbation infantile

Les pédagogues contemporains de Freud ne s'attachaient jusqu'alors qu'à la masturbation adolescente, pour la déplorer et la combattre au nom d'impératifs moraux. Freud distingue trois phases dans la masturbation infantile[réf. nécessaire] :

  1. la masturbation pendant la période de l'allaitement;
  2. la seconde apparaît vers la quatrième année et correspond à un pic de l'intérêt sexuel des enfants ;
  3. enfin l'onanisme de la puberté qui focalisait tellement l'attention de contemporains de Freud.

En distinguant ces trois périodes de la masturbation infantile Freud veut montrer que la masturbation est à réévaluer dans un contexte plus large, qu'elle prend un autre sens qui n'est pas à interpréter uniquement d'un point de vue moral.

Freud ne revient pas sur la première période qui est décrite en détail plus haut, il note que cette période disparaît, en général, après un temps assez court. La seconde période apparaît vers la quatrième année de l'enfant et elle est particulièrement importante dans la mesure où elle laisse « des traces profondes (inconscientes) dans la mémoire qui déterminent le caractère de l'individu »[réf. nécessaire]. Le point essentiel qu'examine Freud est l'importance nouvelle qu'exerce sur l'enfant la découverte de ses organes génitaux, l'intérêt qu'il éprouve à les contempler ou à contempler ceux de ses camarades ou frères et sœurs. « L'occasion de satisfaire cette curiosité ne se présentant que lorsque s'accomplissent les fonctions de miction et de défécation, les enfants deviennent des voyeurs, c'est-à-dire des spectateurs assidus de ces actes physiologiques. »

En passant, Freud note que la cruauté semble être une composante de la sexualité.[réf. nécessaire] Cette cruauté se manifeste par la pulsion de maîtrise qui n'est pas encore contrebalancée par l'acquis social de la pitié de la douleur d'autrui. D'où cette observation fréquente de la cruauté que semblent manifester beaucoup d'enfants à l'égard des animaux.

Les recherches sexuelles de l'enfant

Recherches sexuelles d'enfants chez Martin Van Maele: « Mets moi ta main où il ne faut pas »

Après avoir découvert ses organes sexuels et ceux de ses congénères, l'enfant va se prendre de passion pour les recherches sexuelles [réf. nécessaire]. Ceci se manifeste par « une pulsion de rechercher et de savoir ». Non pas une pulsion élémentaire de la vie sexuelle, la pulsion de savoir découle d'une opération de sublimation c'est-à-dire de détournement d'une pulsion plus élémentaire, la pulsion de maîtrise. Cette pulsion de savoir est très importante car « [...] l'enfant s'attache aux problèmes sexuels avec une intensité imprévue et l'on peut même dire que ce sont là les problèmes éveillant son intelligence. »

Selon Freud, la première question que se pose l'enfant est celle de l'origine des enfants.[réf. nécessaire] L'enfant va se formuler différentes hypothèses qu'il va chercher à vérifier auprès de son entourage. Il va alors se confronter aux explications de ses proches qui souvent à l'époque de Freud (et parfois encore maintenant) lui donnent des explications fantaisistes ou partielles. Cette recherche, selon Freud, est essentielle car l'enfant qui y renonce à la suite des manœuvres de son entourage subira « un tort durable à sa pulsion de savoir ».

Les recherches sexuelles de l'enfant seront mentionnées dans l'étude freudienne du cas de Léonard De Vinci. Freud considère que l'enfant tient plus que tout à découvrir la vérité.

Les fantasmes originaires, c'est-à-dire tentant d'expliquer l'origine du désir et de toute autre question de l'origine, de la différence des sexes, seront organisateurs de la vie psychique. Mais l'enfant pressent déjà que trouver la vérité ne le satisfaira pas. Cette intuition amènera l'enfant à un mouvement dépressif. Il craint que la découverte n'apporte la pire des réponses possibles, à savoir la scène primitive, acte d'amour, relation sexuelle entre les parents.

Les théories sexuelles infantiles

Freud désigne par le terme de théorie sexuelle infantile l'ensemble des théories des enfants sur la sexualité, la leur et celle de leurs parents, sur la fabrication des bébés, etc.

La reproduction est abordée par les enfants et fait l'objet de théories : d'abord assimilé aux fèces (les excréments solides de l'homme), la libido du stade pré-génital peut persister dans la vie de l'adulte et le résultat est alors un plaisir infantile à tout ce qui concerne les fèces et les sensations anales, l'enfant est ensuite symboliquement lié au pénis. Freud fait ainsi remonter à l'envie du pénis, le désir d'enfant de la femme adulte: celle-ci, privée de pénis, se console en fantasmant l'incorporation du pénis du père qui se transforme alors en enfant (Il convient ici de ne pas oublier que dans la théorie psychanalytique, l'inconscient possède son propre langage, basé selon Lacan sur la métonymie et la métaphore, permettant toutes sortes d'assimilations symboliques).

La castration fait partie des théories sexuelles infantiles : le petit garçon découvrant l'absence de pénis de la fillette, suppose que celle-ci l'a perdu en représailles à une faute. On peut noter que cette théorie infantile de la fillette castrée est reprise par Freud lui-même dans sa vision de la sexualité féminine et de la femme (voir phallocentrisme).

Les conséquences de la thèse freudienne

Les Trois essais sur la théorie de la sexualité reçurent un accueil bienveillant.[réf. nécessaire] Le XIXe siècle avait en effet mené une lutte acharnée contre la masturbation, à l'instar du célèbre Dr Simon-Auguste Tissot qui allait jusqu'à préconiser l'excision des petites filles qui ne pouvaient renoncer à cette « mauvaise habitude ».

Mais au-delà de l'effet scandaleux de la prise de position de Freud qui situait la masturbation comme l'effet d'une découverte intuitive de son corps par l'enfant, le plus important et l'effet le plus opérant du texte freudien reste qu'il situe la sexualité infantile comme non génitale. Cette affirmation qui n'est pas toujours prise en compte de nos jours et que l'on tend souvent à oublier quand on parle de la sexualité continue à alimenter un certain nombre de malentendus dans la lecture de Freud et la compréhension de la démarche psychanalytique.[réf. nécessaire]

En montrant que la sexualité commençait dès la naissance Freud bouleversait complètement la conception de la sexualité :

  • la sexualité est d'abord recherche de plaisir, elle ne se réduit donc pas à la reproduction ;
  • la sexualité ne se réduisait pas non plus aux organes génitaux et à leur fonctionnement ;
  • la sexualité est pulsionnelle et a donc toujours à faire avec le partiel.

La sexualité est avant tout recherche de plaisir

Freud considère que la sexualité commence chez le nourrisson dès la première tétée, par la découverte d'un plaisir induit par l'association du rythme de la succion et le plaisir de la satiété organique succédant à l'insatisfaction interne provoquée par la sensation de faim.

Mais le plus important réside dans la suite de l'observation freudienne : le nourrisson veut prolonger cette sensation de plaisir alors même qu'il n'a plus faim. Il chercherait à prolonger le plaisir éprouvé grâce au suçotement et en reproduisant lui-même le rythme qu'il a découvert lors de la tétée. Cette jouissance - et forme de communication- qui n'a apparemment aucune nécessité physiologique, du moins vitale, constitue l'embryon de ce qui va devenir le désir humain.

La sexualité ne se réduit pas au fonctionnement des organes génitaux

En affirmant que la sexualité est essentiellement polymorphe Freud montre que la sexualité ne saurait se réduire au biologique. Ceci a l'avantage de ne pas poser une opposition de principe entre le normal et l'anormal en matière de sexualité. C'est ce qui lui permet d'affirmer dans La vie sexuelle : « Détacher la sexualité des organes génitaux présente l'avantage de nous permettre de subsumer l'activité sexuelle des enfants et des pervers sous les mêmes points de vue que celle des adultes normaux. »

Autrement dit la question de la normalité en matière sexuelle est avant tout sociale, ce qui ne signifie pas qu'elle n'existe pas ni même qu'elle est obligatoirement injustifiée mais qu'elle ne saurait présupposer une normalité issue du naturel ou de la nature.

La sexualité est pulsionnelle

La découverte de la sexualité par le nourrisson s'effectue chez un sujet qui n'a pas encore une vision unitaire de sa personne. Tout montre au contraire qu'il ne distingue pas son corps propre du sein qu'il tète.[réf. nécessaire] La vie sexuelle trouve plus tard une unité et le comportement sexuel de l'individu est marqué par cette origine partielle de la pulsion. Ceci est tout à fait perceptible dans les habitudes génitales de chacun d'entre nous mais plus généralement dans notre comportement sexuel au sens large qui se manifeste par nos préférences affectives ou nos conduites sociales.

L'infantile

Est défini ainsi par Jean-Bertrand Pontalis: L'infantile est le sexuel indifférencié où peuvent coexister tendresse et sensualité, masculin et féminin, actif et passif; non subordonné à une fonction, non lié à des organes spécifiques, il est totalement ignorant du principe de réalité et peut-être même insoumis au principe de plaisir qui implique une certaine finalité. Un sexuel sans principe. Cet infantile est sans âge. Il ne correspond à aucun lieu, à aucun temps assignable. Il n'est pas derrière nous, il est une source au présent; source vive, jamais tarie[2].

Les principales critiques adressées au texte freudien

Les critiques adressées au texte freudien n'ont pas manqué. Essayons d'en relever les principales qui se sont manifestées du vivant de Freud et qui persistent souvent de nos jours.

L'indignation "idéaliste"

Du vivant de Freud son ouvrage a pu parfois indigner certains choqués par une vision de l'enfance en complète rupture avec leur point de vue. Ceux qui définissent, par principe, l'enfance par la pureté absolue, l'innocence ne pouvaient accepter la vision d'un enfant travaillé par des pulsions se situant en dehors de toute morale. Cette vision idéaliste assez sommaire se retrouve encore de nos jours.

Pourtant Freud ne nie pas le rôle de la morale mais il l'assigne à la société par l'intermédiaire de l'éducation : c'est la société qui doit élaborer les règles permettant de limiter la dimension impérieuse et a-sociale des pulsions qui veulent uniquement leur satisfaction. C'est l'éducation qui permet aux enfants d'apprendre les règles qui leur permettront de composer avec les autres et à vivre en société.

Le refus du pansexualisme et contre-sens

Très tôt également on a reproché à Freud son pansexualisme c'est-à-dire une réduction du comportement humain au seul fonctionnement sexuel. Cependant selon Freud : le sexuel ne se réduit pas au génital. En fait le malentendu provient souvent de deux grandes raisons :

  1. Les termes sexe ou sexuel renvoient aux organes génitaux par les adultes, qui selon les psychanalystes oublient qu'ils ont traversé une phase de leur vie où «le primat du génital» n'avait pas encore émergé chez eux (explicable par l'amnésie infantile, voir plus haut);
  2. Quand Freud parle de la sexualité infantile il décrit avant tout une relation au monde et aux autres. Ceux qui ont eu un enfant ont pu remarquer que le nourrisson a tendance à porter les objets qui l'intéressent à la bouche : sa bouche est son mode d'investigation privilégiée, la zone orale devient son critère d'appréciation et de comparaison. Quand Freud décrit la jouissance que manifeste le nourrisson repu (joues rosées, lèvres gonflées, yeux à demi-révulsés de bonheur) cette description évoque (mais évocation n'est pas preuve)à tous les adultes l'acmé jouissif du rapport génital mais il s'agirait alors de notre propre projection. Pour l'enfant ce bonheur n'a rien de génital, c'est le bonheur éprouvée par la satisfaction de ses besoins vitaux.

Cependant, si "tout" est, plus ou moins directement, sexuel, plus rien ne l'est spécifiquement. Deux conséquences en découlent: 1. vidé d'une référence précise, ce qualificatif perd tout caractère opératoire et informatif mais permet, en revanche, une surinterprétation symbolique, analogique et, finalement; spécieuse des comportements, et 2. cela entraîne des "anachronismes" psychologiques en attribuant à l'enfant des conceptions spécifiques des adultes (et singulièrement, des psychanalystes) alors que la sexualité est un processus culturellement déterminé de socialisation qui surdétermine la génitalité (contrairement à l'approche naturaliste et réifiante des pulsions).

Recherches psychanalytiques post-freudiennes

Karl Abraham tâcha de décomposer les stades de la sexualité infantile. Il affina ainsi la vision développementale de la sexualité, il en étudia l'aspect composite. Melanie Klein distingua un objet total et un objet partiel.

Critiques scientifiques

Contrairement à l'approche spéculative et généralisante de la psychanalyse, l'approche scientifique de la sexualité,à laquelle appartient la sexologie, se fonde sur les données issues de la neuro-psychologie (observation quantitative chez l'enfant et/ou cliniques, étude du développement psycho-sexuel sans préconceptions psychanalytiques, cas pathologiques), de la physiologie, de la sociologie (la sexualité comme construction sociale: Simon, Gagnon, Foucault, Eribon; critiques féministes de la conception freudienne patriarcale et phallocentrique) et de l'anthropologie (variabilité culturelle des pratiques sexuelles, de leur sens, des questions relatives au genre et à la parenté). Cette approche réfute, en particulier, l'induction psychanalytique sur un nombre limité et non représentatif de cas, souvent ad hoc, la tendance universalisante de la théorie, la périodisation sexuelle en stades, l'interprétation herméneutique de la sexualité biaisée par la théorie, l'ambiguité de la terminologie, l'inadéquation entre le vécu d'un enfant et le compte-rendu du même individu une fois adulte (cf. la théorie des scripts sexuels de John Gagnon), ainsi que le déterminisme inconscient.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Textes de Freud

  • Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle, Folio-Gallimard, 1989, ISBN 2070325393
  • Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse, Edition Payot, 1922, ISBN 2-228-88213-5
  • Sigmund Freud, La vie sexuelle, PUF, Paris, 1969

Études

Articles

Ouvrages de vulgarisation

  • Gabel M., Les enfants victimes d'abus sexuels, P.U.F.1992
  • Clerget S., Nos enfants aussi ont un sexe, Paris, Robert Laffont, 2002
  • Marcel Rufo,Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualité de vos enfants, Anne Carrière, 2003.

Liens externes

Notes et références

  1. Cette phrase programmatique, située dans la première page de la seconde partie des Trois essais intitulée La sexualité infantile, résume l'ambition de Freud à l'époque où il écrit son livre (1905)
  2. Jean-Bertrand Pontalis: Ce temps qui ne passe pas, Editeur : Gallimard, 2001, coll.: Folio, ISBN 207041857X
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