Politique etrangere des Etats-Unis d'Amerique

Politique etrangere des Etats-Unis d'Amerique

Politique étrangère des États-Unis d'Amérique

La politique étrangère des États-Unis est le résultat d'un processus d'élaboration complexe, fait de débats contradictoires tranchés par des arbitrages. D'autre part, le système constitutionnel américain prévoit une distribution précise des pouvoirs (Séparation des pouvoirs), ce qui donne aux différents acteurs (présidence, Congrès, société civile, etc.) un pouvoir capable d'influer de façon très différenciée sur l'élaboration de la politique étrangère des États-Unis. Cette constatation tranche avec l'opinion couramment admise de la collusion entre un pouvoir réuni entre les mains de quelques uns et une opinion publique politique acquise à ses décisions aboutissant à une politique monolithique et sans débats.

Certains fondamentaux de la politique extérieure des États-Unis sont cependant présents depuis leur création. Il est indispensable de les connaître pour appréhender l'ensemble du processus de décision. D'autre part, la prise de décision est partagée entre le pouvoir exécutif (la présidence et l'administration) et le pouvoir législatif (le Congrès). Les deux subissent l'influence de la société civile (groupes de pression, électorats, think tank, etc.).

États-Unis

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Cet article fait partie de la série sur la
politique des États-Unis,
sous-série sur la politique.

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Les acteurs de la politique étrangère américaine

Le secrétaire d'État est à la tête du Département d'État des États-Unis d'Amérique; il est en charge de représenter la diplomatie américaine. Actuellement, Hillary Clinton est en charge du poste.

Compétences du législatif et de l'exécutif

Le principe de séparation des pouvoirs voulu par les pères fondateurs les a conduit à tenter de créer « deux branches vigoureuses, actives et combatives en leur octroyant, dans le domaine de la politique étrangère, des rôles significatifs se chevauchant l'un l'autre »[1].

La constitution fixe au Congrès le rôle prédominant en politique étrangère (article 1 section 8 de la Constitution des États-Unis). En plus de ses pouvoirs généraux s'appliquant aussi à la politique extérieure[2], il lui appartient en effet : du point de vue diplomatique : réglementer le commerce extérieur, définir et punir les crimes commis en haute mer ; du point de vue militaire : assurer une défense commune, lever et entretenir les armées et déclarer la guerre. En application du mécanisme des poids et contre-poids (check and balance) régissant la séparation des pouvoirs aux États-Unis le Sénat doit ratifier les traités à la majorité des 2/3 et confirmer les nominations à la majorité simple.

Si le fait que le président soit le symbole de l'unité nationale tend à renforcer son ascendance dans le domaine de la politique étrangère, il demeure que le Congrès a également su reprendre la main dans de nombreuses circonstances (face à Nixon pendant la guerre du Viêt Nam, face à Reagan pour sa politique au Nicaragua, etc.) comme pendant de longues périodes (Entre-deux-guerres, après-Viêt Nam, etc.). Son pouvoir budgétaire et dans les affaires économiques reste prédominant. Et plus encore, il a parfois refusé de ratifier des traités pourtant signés par le président, et qui s'avéraient déterminant sur la scène internationale (Traité de la SDN par exemple, et malgré les efforts du président Wilson).

Mécanismes de prise de décision

Le rôle du département d'État est de mener la diplomatie officielle des États-Unis. Son budget est relativement faible (1% du budget fédéral contre 16% au département de la défense par exemple)[3]. Avant la Seconde Guerre mondiale, le Département d'État constitue l'administration dominant la politique étrangère. Jusqu'en 1968, il prend encore de l'importance, à mesure de l'accroissement de l'intervention des États-Unis dans les affaires mondiales. À partir de cette date, il est de plus en plus concurrencé par d'autres administrations, notamment le département de la Défense et le conseil de sécurité nationale et connaît une certaine perte d'influence.

Le Département de la Défense des États-Unis a profité de la période de la guerre froide pour devenir un acteur essentiel de la politique étrangère.

La politique étrangère américaine et l'Amérique latine

Depuis le XIXe siècle, l'Amérique latine est une préoccupation majeure de la politique étrangère des États-Unis. La doctrine Monroe de 1823 en fait une zone réservée associant interventionnisme et isolationnisme. Tout acte d'intervention européen vers l'Amérique latine sera considéré comme un acte d'hostilité envers la jeune République. Au cours du XIXe siècle, le rôle de « gendarme » de l'Amérique se développe. Il légitime la guerre hispano-américaine de 1898 déclenchée par l'insurrection cubaine contre le colonisateur espagnol[4].

Pendant la guerre froide

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale la politique étrangère américaine en Amérique latine n'est pas épargnée par l'affrontement avec l'URSS qui justifie d'une manière nouvelle la suprématie américaine. Le pacte de Rio du 2 décembre 1947 stipule : « Toute attaque armée contre un État américain sera considérée comme une attaque contre les autres Etats américains. » Le 30 avril 1948, la charte de Bogota crée l'Organisation des États américains (OEA) qui regroupe tous les États du continent sauf le Canada. En 1962, Cuba, devenu communiste, en est exclu. Le Canada attend 1980 pour rejoindre l'OEA[5].

L'année 1959 marque une rupture dans la politique américaine vis-à-vis de l'Amérique latine. Elle doit s'adapter à la présence d'un État communiste, Cuba, à sa porte. Entre 1961 et 1965, les États-Unis cherchent à se donner une image de générosité en lançant l'Alliance pour le progrès, programme prévoyant 20 milliards de dollars d'aide en 10 ans et le soutien aux réformes agraires. Mais le congrès rogne les dépenses, les dictateurs au pouvoir en Amérique latine ne veulent pas de changement et l'énergie des Américains est très vite absorbée par la guerre du Viêt-Nam. L'intervention américaine en République dominicaine pour réprimer un soulèvement d'officiers progressistes marque la fin de l'Alliance pour le progrès.

Entre 1977 et 1981, le président Jimmy Carter tente de modifier la politique étrangère de son pays. Il reconnaît la participation de la CIA dans le coup d'État de Pinochet au Chili en 1973[réf. nécessaire]. Il établit un lien entre l'aide américaine et le respect des droits de l'homme dans les pays bénéficiaires provoquant l'exaspération de la junte brésilienne alors au pouvoir[6]. Le 7 septembre 1977, il signe les traité organisant le transfert progressif de la souveraineté du canal de Panama des États-Unis à Panama. En 1979, il abandonne le soutien au dictateur du Nicaragua, Somoza, permettant l'accès au pouvoir du Front sandiniste de libération nationale pro-communiste[7].

Les années de présidence de Ronald Reagan sont marquées par l'opposition résolue à l'expansion communiste dans le Tiers-Monde. Cela se traduit en Amérique centrale par la volonté d'étouffer le régime sandiniste. au Nicaragua (financement de Contras), par l'encouragement à l'installation d'un régime démocratique au Salvador. En 1983, l'intervention à Grenade, détruit le régime communiste fraîchement installé dans l'île. En 1984, les ports nicaraguayens sont minés. Après une plainte de cet Etat auprès de la Cour internationale de Justice, les Etats-Unis sont condamnés le 27 juin 1986[8].

La guerre des Malouines plonge la diplomatie américaine dans l'embarras. Soit elle est fidèle à la doctrine Monroe et considèrent que les généraux argentins ont eu raison d'envahir les Iles Falklands, reliquat de l'Empire colonial britannique, le 2 avril 1982 ; soit elle soutient son plus fidèle allié, le Royaume-Uni face à l'agression argentine. Les tentatives de médiation américaines échouent. L'expédition militaire pour reconquérir les Falklands bénéficient d'un soutien logistique américian déterminant[9].

Depuis la fin de la guerre froide

Au cours des années 1980, les États-Unis voient surgir un nouveau problème venu d'Amérique latine : la drogue. Les villes américaines sont envahies de cocaïne et autres substances produites en Bolivie, au Pérou et en Colombie, et contrôler par des réseaux organisés comme le Cartel de Medellín. Les États-Unis frappent de sanctions économiques les États « certifiés », c'est à dire qui ne montrent pas leur bonne volonté à lutter contre le trafic de drogue sur leur territoire. C'est le cas de la Colombie dans les années 1990. Mais pour les gouvernements sud-américains, tenter de régler le problème, c'est s'engager dans une guerre car les trafiquant disposent d'armes et de milices armées. Ils soutiennent l'idée que le problème vient des États-Unis : s'il n'y avait pas de demande de drogue là-bas, il n'y aurait pas de production dans leur pays[10].

La lutte contre l'invasion de la drogue sur le territoire américain amène les États-Unis à entamer un bras de fer entre Manuel Noriega, dictateur du Panama inculpé de trafic de drogue. Les pressions économiques, les tentatives de coup d'Etat, les médiation de l'OEA ayant échoué, les États-Unis se résolvent à une intervention militaire directe. L'opération Juste Cause, en décembre 1990, permet la capture de Noriega sur le territoire panaméen.

Le second chantier de la diplomatie américaine sur le continent est le chantier économique. Le premier janvier 1994 est créé, l'ALENA, une zone de libre-échange regroupant le Canada, les États-Unis et le Mexique. Le niveau de richesse des trois pays est très différent. Cependant l'ALENA est un succès grâces aux maquiladoras installés à la frontière américano-mexicaine et à l'émigration de millions de travailleurs mexicains. Le Mexique décolle et rejoint le club des pays démocratiques[11].

La politique étrangère américaine et l'Afrique

Si les États-Unis n’ont pas été une puissance colonisatrice, ils sont intervenus à plusieurs reprises dans les pays du continent noir. À l'époque moderne et au début du XIXe siècle, les Américains ont contribué à la traite des Noirs comme les puissances européennes. Tout au long de la Guerre froide, Washington soutient ou installe des dictatures en Afrique, comme au Congo-Kinshasa dans les années 1960 en participant à l’assassinat du Premier Ministre élu Patrice Lumumba, perçu comme allié des Soviétiques et vite remplacé par le général Mobutu. En 1994, les États-Unis n'interviennent pas pour arrêter le génocide rwandais, comme jadis en Rhodésie (Zimbabwe) en proie au chaos, où Lyndon Johnson refusa le déploiement d’une force de maintien de la paix de l’ONU[réf. nécessaire]. Les États-Unis sont intervenus dans la Corne de l'Afrique, particulièrement en Somalie, riche en pétrole, en gaz mais aussi en cuivre, en bauxite et en uranium[réf. nécessaire].

Notes et références

  1. Thomas E. Mann, A Question of Balance : The President, The Congress and Foreign Policy, Washington, 1990
  2. pouvoir de proposer et voter les lois, pouvoir de dépenser le budget, pouvoir d'enquêter
  3. The One Percent Solution, Richard Gardner, article de la revue Foreign Affairs n°79, juillet-août 2000
  4. Philippe Moreau Defarges, Relations internationales, T 1 Questions régionales, Seuil 2003, pp 120-121.
  5. Philippe Moreau Defarges, p 324
  6. Philippe Moreau Defarges, p 325
  7. Philippe Moreau Defarges, p 328
  8. Philippe Moreau Defarges, p 329
  9. Philippe Moreau Defarges, p 330
  10. Philippe Moreau Defarges, p 331
  11. Philippe Moreau Defarges, p 332

Voir aussi

Bibliographie

  • Denis Lacorne, Justin Vaïsse (dir.),La Présidence impériale - De Franklin D. Roosevelt à George W. Bush, Paris, Odile Jacob, 2007.
  • Alexandra de Hoop Scheffer, Hamlet en Irak, Paris, CNRS éditions, 2007.
  • Thierry Garcin, "Les contradictions de la politique étrangère américaine durant la crise iraquienne", AFRI, Vol. V, 2004.
  • Vincent Michelot, L'Empereur de la Maison-Blanche, Paris, Armand Colin, 2004.
  • Charles-Philippe David, Au sein de la Maison-Blanche - La formulation de la politique étrangère des États-Unis, Presses de l'Université Laval, Sainte Foy, 2004.
  • Charles-Philippe David, Louis Balthazar, Justin Vaïsse, La politique étrangère des États-Unis : fondements, acteurs, formulation, Presses de Sciences Po, Paris, 2003. (ISBN 2-7246-0919-0) [lire en ligne] (table et introduction)
  • John Ikenberry (ed.), American Foreign Policy : Theoretical Essays, 4e édition, Longman, 2002.* William Karel, Documentaire 2000 : Les Hommes de la Maison Blanche, Les Mercredis de l'Histoire, Arte.
  • Stanley Hoffmann, Gulliver empêtré – Essai sur la politique étrangère des Etats-Unis, Le Seuil, 1971.

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