Norbert Casteret


Norbert Casteret
Norbert Casteret
Naissance 19 aout 1897
Saint-Martory
Décès 20 juillet 1987
Toulouse
Nationalité Drapeau de France France
Autres activités Spéléologie

Norbert Casteret1897 - †1987) est un spéléologue et un écrivain français.

Sommaire

Biographie

Norbert Casteret est né à Saint-Martory en Haute-Garonne le 19 août 1897.

Son père Henry Casteret est avocat à Toulouse. La fratrie compte également Roger, décédé à quatre ans, Jean et Martial Casteret, médecin, qui accompagnera son frère dans certaines de ses explorations[1].

Au cours de la Première Guerre mondiale, en 1915, Norbert rejoint le régiment de son frère Jean. Démobilisé en 1919, il contracte la grippe espagnole. Du conflit, il conservera le casque de tranchée qu'il utilisera, muni d'une lampe, pour ses futures explorations spéléologiques.

Au retour du front, poussé par son père, il entame des études de droit et devient clerc de notaire, fonction qu'il abandonnera vite ; puis toujours sur commande paternelle, il s'engage dans l'agronomie sans toutefois y trouver un intérêt[1].

En 1924, il rencontre sa future épouse, Élisabeth, née en 1905 ; une fille de médecin qui se destinait à la médecine, mais qui ne poursuivra pas ses études après leur mariage célébré la même année.

Plus tard, elle accompagne Norbert dans nombre de ses explorations (grotte Casteret, expédition dans les monts Maudits de la vraie source de la Garonne...). Le couple aura cinq enfants, Gilberte, Raoul, Maud, Raymonde, Marie[1].

Malheureusement, Élisabeth meurt le 6 mai 1940 de fièvre puerpérale, quelques jours après la naissance de la benjamine[1].

Norbert Casteret meurt à Toulouse le 20 juillet 1987, peu avant ses quatre-vingt dix ans.

Découverte de la grotte de Montespan

En 1922, alors qu'il a quelques années d'expérience spéléologique dans les cavités pyrénéennes, Norbert Casteret s'engage dans la galerie d'une résurgence située au village de Montespan (Haute-Garonne).

Selon les déclarations des villageois, après une soixantaine de mètres la galerie est totalement inondée. Casteret parvient en effet à un siphon qu'il parvient à franchir en se risquant à plonger en apnée, sans éclairage, avant de faire aussitôt demi-tour. Le lendemain, il est de retour dans la galerie avec des allumettes et plusieurs bougies de réserve gardées à l'abri de l'eau, franchit de nouveau le siphon puis plus loin un second, mettant au jour le parcours souterrain de la rivière sur 1500 m jusqu'à approcher sa perte en amont, toutefois infranchissable[2].

Un an plus tard, en 1923, accompagné d'un camarade, Henri Godin, il explore de nouveau la cavité. Dans une galerie sèche, il met au jour un silex taillé, ce qui lui indique que la grotte a été occupée par des hommes préhistoriques ; un outil abandonné si loin sous terre indique probablement que la cavité a été utilisée pour l'art pariétal. En effet, les deux explorateurs ne tardent pas à découvrit des statues moulées en argiles, ainsi que des gravures[2].

La découverte a un écho considérable tandis qu'à l'époque seules sont connues deux statuettes de bisons mises au jour en 1913 par le comte Begouen au Tuc d'Audoubert (Ariège)[2]. La grotte de Montespan comporte une trentaine de représentations d'animaux en argile : chevaux, lions, ainsi qu'un corps d'ours des cavernes acéphale dont la tête est formée par un crâne d'ours. Ces statues comportent de nombreuses traces de sagaies. Une cinquantaine de gravures sont présentes sur les murs de la cavité. Tous ces vestiges sont rapportés au Magdalénien (-20 000 ans)[2].

Norbert Casteret relate cette découverte en 1933 dans son premier ouvrage Dix ans sous terre.

En 1932, le spéléologue découvre des fresques gravées, à la grotte de Labastide dans les Hautes-Pyrénées.

La vraie source de la Garonne

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, l'origine de la Garonne est sujette à polémique. Selon la légende, la résurgence du Guelh de Joèu dans le val d'Aran, principale source de la Garonne, communique avec la perte du Trou du Toro, situé dans la haute vallée de l'Esera, dans les Pyrénées espagnoles, en Aragon. Cette thèse combattue par Émile Belloc finit par ne plus être admise, bien que E-A Martel conteste la méthodologie de Belloc, basée sur des flotteurs en bois et des colorants en quantité trop faible pour constituer une preuve[3].

Entre 1928 et 1931, après une longue étude du massif des Monts Maudits, des bassins versants et des affluents, Norbert Casteret est convaincu de l'hypothèse que les eaux du Trou du Toro font résurgence dans le val d'Aran et constituent la Garonne naissante[3].

Le projet d'une compagnie espagnole de détourner les eaux du Trou du Toro pour créer une usine hydro-électrique presse le spéléologue de démontrer l'hypothèse, puisque le captage priverait en aval la Garonne de la moitié de son débit et aurait des conséquences importantes en France. Grâce au soutien de Alfred Lacroix, secrétaire de l'Académie des sciences, d'E-A Martel, à des subventions de l'Académie des sciences, du conseil général de Haute-Garonne et au montant du prix Martel reçu par Casteret, il réunit la somme nécessaire à l'achat d'une quantité suffisante de fluorescéine pour mener une expérience de coloration[3].

Le 19 juillet 1931, soixante kilos de fluorescéine sont déversés au trou du Toro par Norbert et Elisabeth Casteret. À l'arrivée de l'équipe au val d'Aran quelques heures plus tard, ils découvrent la résurgence colorée en vert et prouvent ainsi la communication[3].

Les eaux de la Garonne parcourent ainsi quatre kilomètres sous terre pour passer du bassin versant de la Méditerranée à celui de l'Atlantique. L'expérience met un terme au projet de détournement[3].

Grotte de la Cigalère et gouffre Martel

En 1932, la compagnie Union pyrénéenne électrique charge Norbert Casteret d'enquêter sur un torrent qui échappe à un projet de barrage en Ariège, dans le cirque de Lez[4]. La résurgence située sous un éboulis étant impénétrable, Casteret investigue les alentours et découvre le porche d'une grotte dans une falaise, qu'il baptise La Cigalère. Des explorations menées avec des membres de la compagnie électrique permettent de remonter plusieurs cascades et de découvrir une importante quantité de formations cristallines de gypse et de calcite, dont la beauté et l'abondance surprennent l'équipe. Le nombre des cascades – sept – et la température glaciale de l'eau rendent difficiles une exploration plus lointaine qui s'arrête au pied de la huitième cascade[4].

Le spéléologue déplace ses recherches vers la perte du torrent. À 2710 mètres d'altitude, il trouve l'entrée d'un gouffre. Aidé de sa femme et de camarades, il l'explore jusqu'à une profondeur de 303 mètres ce qui constitue en 1933 le gouffre le plus profond de France. Cet abîme, que Casteret baptise gouffre Martel, communique avec la grotte de la Cigalère. Un tunnel souterrain est construit pour capter les eaux du gouffre Martel et permettre ainsi l'achèvement du projet de barrage[4].

Responsabilités et distinctions

Le 18 mars 1930, il participe à l'assemblée constitutive du Spéléo-Club de France, ancêtre de la Fédération française de spéléologie.

Norbert Casteret est élu mainteneur de l'Académie des Jeux floraux en 1937. Il fut également président de l'Académie Julien Sacaze.

Ouvrages

  • Dix ans sous terre, Perrin, 1933
  • Au fond des gouffres, Perrin, 1936
  • Mes cavernes, Perrin, 1940
  • En rampant, Perrin, 1943
  • Martel, explorateur du monde souterrain, Gallimard, 1943
  • Paysages souterrains (album), Arthaud, 1943
  • La Terre ardente (roman d'aventures), Didier, 1945
  • Une vie de chauve-souris (roman), Didier, 1945. Rééd. sous le titre Mémoires d'une chauve-souris, Perrin, 1961
  • La Longue Course (roman sportif), Didier, 1946
  • Histoires au-dessous de tout (anecdotes spéléologiques), Didier, 1947. Rééd. Denoël, 1979
  • Exploration, Perrin, 1949
  • Ce que j'ai vu sous terre (album), Arthaud, 1949
  • Profondeurs, Perrin, 1949
  • Ténèbres, Perrin, 1952
  • Dans les glaces souterraines les plus élevées du monde (album), Perrin, 1953
  • Trente ans sous terre, Perrin, 1954
  • Sondeurs d'abîmes, Perrin, 1955
  • Au pays des eaux folles, Perrin, 1958
  • L'Appel des gouffres, Perrin, 1959
  • Ma vie souterraine, Flammarion, 1961. Rééd. Rombaldi, 1966
  • Aventures sous-terre, Perrin, 3 vol. (vol. 1: Flambeau au poing, 1961 ; vol. 2 : Abîmes et cavernes, 1961 ; vol. 3 : Profondeurs, 1962)
  • Secrets et merveilles du monde souterrain, Perrin, 1966
  • La Montagne creuse (roman), Gérard, 1962
  • Les Cailloux du Petit Poucet (souvenirs), Perrin, 1963
  • Mission centre terre (roman), Perrin, 1964
  • Un demi-siècle sous terre (extraits réédités), Éditions G.P., 1965
  • Muta, fille des cavernes (roman préhistorique), Perrin, 1965
  • Dans la nuit des temps (roman préhistorique), Perrin, 1966
  • Les Pierres qui parlent (vulgarisation géologique), Perrin, 1967
  • Ma spéléologie de A à Z, Perrin, 1968
  • Dans la nuit des cavernes (récits imaginaires), Nathan, 1970
  • Les Grandes Heures de la spéléologie, Perrin, 1973
  • Aventures sous terre (extraits réédités), Gallimard, 1975
  • Sous terre, Marabout Junior, no 2
  • La Grotte tabou (récits imaginaires), Perrin, 1982
  • Norbert Casteret raconte, Éditions Privat, 1984

Sources et références

  1. a, b, c et d Vie de Norbert Casteret par sa fille : http://speleoclpa.free.fr/depot/norbert%20casteret.pdf
  2. a, b, c et d Les plus vieilles statues du monde, Dix ans sous terre, Norbert Casteret, Librairie académique Perrin, 1933
  3. a, b, c, d et e "Découverte de la vraie source de la Garonne", Dix ans sous terre, Norbert Casteret, Librairie académique Perrin, 1933.
  4. a, b et c "Le gouffre Martel", Au fond des gouffres, Norbert Casteret, Librairie académique Perrin, 1941

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes



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