Alexis Thambwe Mwamba
Alexis Thambwe Mwamba en 2009.

Alexis Thambwe Mwamba né le 6 mai 1943 à Longo (province du Maniema) est un homme politique de la République démocratique du Congo.

Sommaire

Carrière pré-politique

Licencié en droit de l'Université du Burundi et en sociologie de l'Université libre de Bruxelles, il est avocat au barreau de Kinshasa[1].

Sous l'ère Mobutu, il a été administrateur général de la Société Minière et Industrielle du Kivu (SOMINKI), à l'époque troisième société minière du pays, puis ambassadeur du Zaïre en Italie, et enfin président délégué général de l'OFFIDA (Office des douanes et accises)[2].

Carrière politique

Il a été ministre des Travaux publics, de l'Urbanisme et de l'Habitat, du Commerce extérieur, des Transports sous le régime mobutiste.

En 1991, il devint le président-général de l'Union des démocrates indépendants (U.D.I), plate-forme politique créée par Kengo wa Dondo pour soutenir le Maréchal Mobutu dans le cadre de la Conférence nationale souveraine.

Avec l'arrivée au pouvoir de l'AFDL en mai 1997, Alexis Thambwe-Mwamba s'exile à Bruxelles, d'où il rejoint la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (R.C.D.) qui débute en août 1998 (Deuxième guerre du Congo). Il devient chargé des relations extérieures du RCD en janvier 1999, en tant que "chef de file visible des mobutistes ralliés au RCD" comme le qualifie la journaliste belge Colette Braeckman[3].

Après un conflit sans solution avec le Président du R.C.D., il s'aligne aux côtés de Jean-Pierre Bemba avec qui il arrive à Kinshasa après les négociations de Sun City.

En vertu des Accords de Pretoria, il est ministre du Plan du gouvernement de transition du 30 juin 2003 au 16 mars 2006, date à laquelle il démissionne de ses fonctions ainsi que de son parti.

Élu député national indépendant du Maniema, il devient ministre des Affaires étrangères du gouvernement Muzito lors du remaniement ministériel du 27 octobre 2008[4].

Implication dans le trafic de coltan

Interviewé en février 1999 par Colette Braeckman, Alexis Thambwe Mwamba, alors chargé des relations extérieures du RCD, déclare "Les régions où nous opérons sont riches en or, en minéraux précieux ou stratégiques. Bien gérées, ces ressources suffisent amplement à soutenir l'effort de guerre. Il s'agit d'une guerre de pauvres qui se livre sans grands moyens."[5]. En janvier 2003, alors que sa nomination comme ministre a déjà été annoncée trois semaines plus tôt, le juge d'instruction belge Michel Claise dénonce officiellement au Parquet des pratiques de blanchiment d'argent dans le chef d'Alexis Thambwe Mwamba, dans le cadre d'un réseau au départ du Sud-Kivu, en relation avec l'exploitation du Coltan[6]. La République démocratique du Congo s'était portée partie civile dans ce dossier portant sur le blanchiment de dizaines de millions de dollars[7].

L'affaire Alexis Thambwe Mwamba junior

Le fils homonyme d'Alexis Thambwe Mwamba est coordonnateur de la Cellule d’appui à l’ordonnateur national du Fonds européen de développement (COFED)[8]. Dans un article paru le 25 octobre 2010 dans le journal congolais Africa News, le journaliste Kisungu Kas l'accuse d'avoir détourné plus de 270 millions de francs congolais de cette institution et d'avoir fui en Belgique en septembre 2010 pour échapper à une arrestation[9]. Alexis Thambwe Mwamba junior contre-attaque en déposant plainte en diffamation contre Achille Kadima Mulamba, directeur de publication d'Africa News, puis contre Mike Mukebayi Nkoso, directeur de publication de Congo News, et l'affaire prend une tournure plus politique, son père prenant sa défense et une partie de la presse congolaise dénonçant les intimidations à son encontre par "les Thambwe", père et fils[10].

Notes et références

  1. "RDCongo: un nouveau gouvernement, les rebelles continuent d'avancer vers Goma", Agence France-Presse, 27 octobre 2008.
  2. "Le PPRD se taille la part du lion dans le nouveau gouvernement", Rwanda News Agency, 29 octobre 2008
  3. Colette Braeckman, "La fin de l'assemblée générale du Rassemblement congolais pour la démocratie à Goma, la rébellion a enfilé un costume trois pièces", Le Soir, 26 janvier 1999
  4. Colette Braeckman, "Kinshasa : une équipe de combat", Le Soir, 28 octobre 2008
  5. Colette Braeckman, La rébellion exploite le sous-sol et ponctionne les provinces conquises Les richesses minières du Congo financent la guerre, Le Soir, 5 février 1999
  6. Frédéric Delepierre, "Coltan. Alexis Thambwe Mwamba aurait blanchi de l'argent Le juge belge dénonce un ministre congolais", Le Soir, 8 janvier 2003
  7. Ricardo Gutiérrez, "Coltan : le Congo partie civile", Le Soir, 15 novembre 2002
  8. Il ne s'agit pas d'une cellule de l’Union européenne encore moins de son agence d’exécution, mais d'un service public congolais créé par un arrêté de l’ancien ministre des Finances
  9. Kisungu Kas, "FC 270 Millions volatilisés à la COFED - Le suspect, Alexis Thambwe Mwamba", Africa News, 25 octobre 2010
  10. Paul Muland, "Les Thambwe poursuivent « CONGONEWS » au Parquet", Congo News, 27 novembre 2010
Précédé par Alexis Thambwe Mwamba Suivi par
Antipas Mbusa Nyamwisi
Flag of the Democratic Republic of the Congo.svg
Ministre des Affaires étrangères
Depuis octobre 2008
-

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Alexis Thambwe Mwamba de Wikipédia en français (auteurs)

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