Consulat (Lyon)

Consulat (Lyon)

Le Consulat de Lyon est une institution qui détient le pouvoir municipal à Lyon entre 1320 et 1790. Issu de la volonté de la bourgeoisie lyonnaise au XIIIe siècle d'imiter de nombreuses villes d'Europe qui obtiennent de larges privilèges de gestion, le consulat ne naitra effectivement qu'après de longues décennies de lutte contre le seigneur ecclésiastique de la ville, l'archevêque, en 1320.

Sa forme, sa composition et ses pouvoirs réels évolueront fortement à travers l'histoire. Entre 1320 et l'Édit de Chauny de 1595, les membres sont ainsi élus par les maîtres des métiers de la ville. Après cette date, et jusqu'à la Révolution française, ils seront plus ou moins choisis par la monarchie.

Sommaire

Histoire

La municipalité de Lyon conquiert difficilement sont indépendance au cours du XIIIe ssiècle pour l'aobtenir avec la charte de la Sapaudine. Puis, la royauté gagnant en influence, le consulat perd progressivement autonomie et pouvoirs à partir de l'Édit de Chauny de 1595.

Moyen âge et Renaissance

Tout au long du XIIIe siècle, l'élite bourgeoise lyonnaise lutte pour acquerir et faire respecter des chartes limitant l'arbitraire des seigneuries ecclésiastiques qui les dirigent : l'archevêque et le chapitre cathédral[a 1].

En 1267, après la retraite volontaire de l'archevêque Philippe de Savoie, les bourgeois de Lyon décidèrent d'élire douze d'entre eux pour gérer les affaires de la cité. Les tensions entre les seigneurs et les bourgeois s'exacerbent jusqu'à une révolte en 1269, qui n'aboutit pas, toutefois, à l'obtention d'une liberté politique.

Les bourgeois, pour surmonter la puissance de l'archevêque, fait appel au roi de France qui, en plusieurs étapes, prend pied dans la ville, pour finir par annexer la région lyonnaise à son royaume. En 1320, l'archevêque Pierre de Savoie est forcé d'octroyer à la ville une charte de franchise : la Sapaudine. Il offre ainsi à Lyon la pleine autonomie gouvernementale. Cette charte est préparée par le juriste Humbert de Vaux[b 1].

Le consulat est alors officiellement reconnu comme l'instance municipale qui dirige la ville, la justice de premier degré revenant à l'archevêque.

L'institution est composé de douze consuls[1], six du royaume et six de l'empire[2], issus des arts majeurs, et renouvelés chaque année. Toutefois, le mode d'élection entérine la constitution d'un groupe oligarchique qui sera souvent en décalage avec des réalités sociales mouvantes[a 2]. Les consuls se réunissent deux à trois fois par semaine en temps normal, à Saint-Jaquême ou chez l'un d'entre eux. Si de nombreux élus sont régulièrement absents, il y a en permanence les deux membres permanents : le receveur-secrétaire et le receveur. Les tâches des consuls sont nombreuses et variées.

Ils nomment les commissaires pour tenir des domaines particuliers (santé, fortifications, comptabilité, ...) et les membres du service municipal, qui agissent en leur nom auprès des quartiers ou de corps de métier (gardes, charpentiers, mandeurs, trompettes, etc...). Ils expédient une foule de petites affaires, de voirie, d'aumônes, etc. Ils veillent à l'adjudication des fermes, à la tenue de l'impôt, à sa rentrée. Les affaires fiscales tiennent l'essentiel de leur temps.

Les bourgeois obtiennent du roi Charles VIII le privilège de l'anoblissement automatique pour les anciens consuls, à condition qu'ils vivent noblement[b 1].

Époque moderne

En décembre 1595, par l'Édit de Chauny[3], Henri IV réorganise le consulat de Lyon sur le modèle de Paris. Les douze consuls sont remplacés par quatre échevins, présidés par un prévôt des marchands. Ils sont élus pour deux ans par les assemblées des maîtres de métier et des terriers. Le roi se réserve un droit d'approbation.

Le consulat est aboli en 1790 pour laisser place au premier maire de Lyon.

Composition

Au début, le consulat comprend douze échevins et un prévôt des marchands. Avec la réforme de 1595, le nombre d'échevins tombe à quatre.

Prévôt des marchands

Le prévôt des marchands est le premier magistrat du consulat, il dirige la municipalité lyonnaise. Ce titre confère la noblesse dite de cloche depuis le privilège accordé par Charles VIII en 1495. Avec l'Édit de Chauny, l'élection du prévôt est soumis à l'approbation du roi. Le prévôt des marchands est élu pour deux ans.

Plusieurs personnages parviennent à être élu plusieurs fois à ce titre, dont Balthazard de Villars (1557-1627) ou Camille Perrichon (1679-1768). Toutes les grandes familles lyonnaises rivalisent pour placer un des leurs à ce poste prestigieux, et parmi celles qui y parviennent le mieux, il est possible de citer les Sève (tout au long du XVIIesiècle) ou les Dugas(lors de la première moitié du XVIIIesiècle)[b 2].

Échevin

Article détaillé : Liste des échevins de Lyon.

Les échevins (qui peuvent être aussi nommés consuls ou syndics), sont les autres membres du consulat. Élus essentiellement parmi les officiers et les marchands de la cité, ils proviennent également à certaines époques (surtout au XVIIesiècle) de familles de rentiers[b 3].

Quotidien du consulat

Lieu de travail

Les réunions du consulat se tiennent, au Moyen Âge, souvent dans la boutique de l'un ou l'autre conseiller ou dans la chapelle Saint-Jaquême. Puis, la nécessité de disposer d'un lieu fixe conduit le consulat à investir la maison Charnay, rue Longue, en 1461. En 1512, il déménage dans l'hôtel de Milan, rue Grenette. En 1604, il se déplace à nouveau à l'enseigne de la Couronne, rue de la Poulaillerie[4]. Son dernier déménagement a lieu en 1655, se dirigeant alors dans un hôtel de ville flambant neuf.

Habit et faste

La fonction municipale possède un grand prestige, qui est régulièrement mis en scène par ses membres. Lors des fêtes nationales (naissance et mariage royaux), lors des entrées royales, lors des fêtes locales, le consulat se bat pour être en tête de cortège et pour recevoir places et privilèges dus à sa fonction. Le consulat se déplace, lors des cérémonies, entouré d'une garde d'arquebusiers.

Par ailleurs, à l'époque moderne, le costume des membres du consulat est règlementé, et fourni par la ville. Il y a trois robes, une noire pour les sessions au tribunal de la conservation, une en damas violet pour les fêtes et cérémonies et une autre noire pour la sortie de charge et les services funèbres ultérieures. Pour chaque robe, il y a une tenue d'été et une tenue d'hiver. Il dispose aussi d'un couvre-chef. Ce dernier est une toque en velours noir si la personne n'est pas graduée en droit, et un bonnet carré s'il l'est.

Sources et références

Bibliographie

  • Patrice Béghain, Bruno Benoit, Gérard Corneloup, Bruno Thévenan, Dictionnaire historique de Lyon, Stéphane Bachès, 2009, Lyon, 1054 p., (ISBN 2-915266-65-8)
  • André Pelletier, Jacques Rossiaud, Françoise Bayard et Pierre Cayez, Histoire de Lyon : des origines à nos jours, Éditions Lyonnaises d'Art et d'Histoire, Lyon, 2007, 955 p. (ISBN 2-84147-190-4)
  • Histoire de Lyon de Bruno Benoît et Roland Saussac

Références

  • Patrice Béghain, Bruno Benoit, Gérard Corneloup, Bruno Thévenon, Dictionnaire historique de Lyon
  1. a et b page 333
  2. page 423
  3. page 1050
  • André Pelletier, Jacques Rossiaud, Françoise Bayard et Pierre Cayez, Histoire de Lyon : des origines à nos jours
  1. page 209 à 212
  2. page 299

Notes

  1. appelés aussi syndics, conseillers ou échevins
  2. le Lyon du royaume est la partie de la ville à l'ouest de la Saône et celui de l'empire est sur la presqu'île et sur la rive gauche du Rhône.
  3. Voir commentaire du texte de l'édit sur le site des archives municipales de Lyon.
  4. Aujourd'hui Musée de l'imprimerie

Voir également


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