Abu Yusuf Yaqub ben Ibrahim al-Kufi

Abou Yûsûf

Abû Yûsuf Ya`qûb ben Ibrâhîm al-Kûfî[1], plus connu sous le nom d'Abû Yûsuf (ar. أبو يوسف ) (Kûfa 113 ou 117 H - ? 182 H/798) était un Cadi célèbre pour sa connaissance du fiqh.

Sommaire

Biographie

Né à Koufa à une date incertaine (entre 113 et 117 H), Abou Yûsûf était le fils d'un pauvre cultivateur. Abû Hanifa, qui avait remarqué l'intelligence de l'enfant, l'aidera financièrement à entreprendre puis à poursuivre des études. Abou Yûsûf deviendra ensuite un des disciple de l'imâm, auprès duquel il s'initiera à la science du fiqh[2].

Après la mort de Abou Hanîfa, en 767, Abou Yûsûf, dont la renommée s'est étendue, est désigné comme Cadi de Bagdad par le calife Al-Mahdî (754-785)[3]. Il sera confirmé dans cette fonction par son successeur, Al-Hâdî, lequel ne gouvernera qu'un an (786). Le calife Haroun al-Rachîd (786-809) décernera à Abou Yûsûf le titre de "Cadi al-Qudhât" ("Cadi suprême", ou "Cadi des cadis"), ce qui donnait le pouvoir de nommer les autres cadis, éventuellement de réformer leurs jugements. L'aisance matérielle qui est désormais celle de l'imâm lui permet de faire de larges aumônes aux indigents de La Mecque, Médine, Koufa et Bagdad.[4]

Considéré (avec l'imâm al-Shaybânî) comme le principal continuateur d'Abou Hanîfa, les avis d'Abou Yûsûf, ou ses "opinions", diffèrent pourtant quelquefois de celles de son maître, probablement sur la base de hadiths (traditions) qui n'étaient pas connus ou authentifiés de son temps.

Abou Yûsûf n'était pas seulement un maître du fiqh. Il excellait dans la science du hadith, celle du tafsir (l'exégèse), l'histoire militaire et d'autres disciplines. Son ouvrage le plus fameux, le Kîtâb al-Kharâdj, est en fait un recueil de rapports qu'il remit au calife Haroun al-Rachîd sur les différents impôts, notamment le kharâdj (ar. خراج : taxe sur les terres agricoles) et la djizia (ar. جزْية‎ : impôt payé par les non musulmans), avec une classification des terres en fonction de leur valeur, des types de cultures pratiquées, etc.

Abou Yûsûf est mort, sans doute à Bagdad, le 5 Râbî' al-Awal 182 H (798).

Œuvres

  • Kitab al-Kharaj (Livre de l'impôt foncier).
  • Kitab al-Athar (Livre de la tradition), une compilation de hadiths.
  • Kitab Ikhtilaf Abi Hanifa wa Ibn Abî Laylâ, (Livre de l'opposition entre Abû Hanifa et Abû Layla[5]).
  • Kitab al-Radd ‘Ala Siyar al-Awza`i, (Livre de la réfutation des lois de la guerre d'Al-Awza`i[6]), réfutation du juriste Al-Awza`i sur les lois de la guerre.

Notes et références

  1. Abû Yûsuf Ya`qûb ben Ibrâhîm al-Kûfî, ar. : ʾabū yūsuf yaʿqūb ben ʾibrāhīm al-kūfī, أبو يوسف يعقوب بن إبراهيم الكوفي
  2. M. Hadi Hussein, Imâm Abû Hanîfah. Life and Work. ('Allâmah Shiblî Nu'mânî's "Sîrat-i-Nu'mân". Rendered into English by M. Hadi Hussein, Lahore, Institute of Islamic Culture, 1972,, p. 233-234.
  3. Al-Mahdî avait fondé Bagdad en 762.
  4. M. Hadi Hussein, op. cit., p. 234-235
  5. Ibn Abî Laylâ était cadi à Koufa, contemporain d'Abû Hanifa qui n'exerçait alors aucune fonction de juge. Ibn Abî Laylâ utilisait volontiers le principe de l'analogie (qiyâs).
  6. Al-Awza`i (707-774) juriste damascain, basait le droit sur le principe de la « pratique constante des musulman ».

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