Abbaye de Bonmont
Abbaye de Bonmont
Image illustrative de l'article Abbaye de Bonmont

Ordre Cistercien
Abbaye mère Clairvaux
Fondation 1120
Diocèse Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg
Localisation
Emplacement Chéserex, canton de Vaud
Pays
Coordonnées 46° 24′ 10″ N 6° 08′ 45″ E / 46.40289, 6.1458246° 24′ 10″ Nord
       6° 08′ 45″ Est
/ 46.40289, 6.14582
  

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Abbaye de Bonmont

L'abbaye de Bonmont, située à Chéserex, dans le canton de Vaud et à 8 km au nord-ouest de Nyon, est une ancienne abbaye cistercienne.

Huitième fille de Clairvaux, elle est le premier monastère implanté en Suisse à s'affilier à l'ordre cistercien.

Fermée en 1536, l'abbaye est désormais la propriété du canton de Vaud. Fort bien restaurée, sa gestion a été confiée à la Fondation de l'Abbaye de Bonmont.

Sommaire

Histoire

L'abbaye de Bonmont est fondée vers 1120 par deux seigneurs de Divonne, Walcher de Divonne et son frère, Étienne de Gingins; ils donnent des terres et font appel aux moines bénédictins de l'abbaye de Balerne, située à Mont-sur-Monnet, en Franche-Comté.

Les débuts de l'expansion cistercienne en Europe et son puissant attrait spirituel, le charisme de Bernard de Clairvaux et sa visite à la Grande Chartreuse en 1125 ne sont sans doute pas étrangers à la demande de rattachement de Bonmont à Clairvaux faite par Moïse, son 1er abbé, en 1131; le monastère devient la huitième fille de l'abbaye auboise, filiation confirmée par une bulle d'Innocent II du 18 février 1132 et rompt avec Balerne, qui choisira la même filiation 5 ans plus tard.

En 1135, dans une lettre adressée à Arducius de Faucigny, le nouvel évêque de Genève, Bernard de Clairvaux recommande les religieux de Bonmont et ceux de l'abbaye d'Hautecombe, affiliée à Clairvaux le 14 juin 1135[1].

En 1131, débutent les travaux de construction de l'église abbatiale et une partie des bâtiments conventuels est terminée en 1142.

Grâce aux donations ultérieures de plusieurs seigneurs régionaux, l'abbaye agrandit son domaine foncier et devient prospère. Les biens du monastère sont confirmés par une bulle du pape Alexandre III en date du 12 mai 1164.

L'église abbatiale est consacrée en 1214 et, dans la seconde moitié du XIIIe siècle les importantes possessions du monastère s'étendent au-delà du lac Léman. À cette même période, l'abbaye est le lieu de sépulture de nombreuses familles nobles.

En 1438, durant le conciliabule de Bâle, ouvert le 23 juillet 1431[2], l'abbé de Bonmont et Nicolas Loiseleur sont chargés de négocier à Londres auprès du roi Henri VI, afin que ce dernier ne soutienne plus le pape Eugène IV et qu'il se rallie à la cause des pères conciliaires bâlois, qui élisent, le 30 octobre 1439, Félix V, le dernier antipape de l'histoire de l'Église catholique.

Peu de temps après, l'abbaye passe sous le régime de la commende. En 1536, le monastère est occupé par les Bernois. Ils sécularisent le domaine et détruisent le narthex, le chœur et, afin de l'aménager en logement, le croisillon nord du transept. L'église est également utilisée comme dépôt et fromagerie. Son dernier abbé, Aimon de Gingins, est un descendant de la famille fondatrice.

En 1738, un château est construit par les gouverneurs sur les fondations de l'ancienne hôtellerie. En 1798, l'abbaye devient bien national, est privatisée en 1802 puis est classée monument historique en 1942. Après dix-sept années de tractations, elle est cédée gratuitement au canton de Vaud par le propriétaire, en 1982.

Le gouvernement vaudois entame alors la restauration de l'abbaye et en confie sa gestion à la Fondation de l'Abbaye de Bonmont. L'inauguration de l'église a lieu le 23 juin 1995.

L'Église abbatiale

Vue de face de l'église abbatiale

L'église est construite après la filiation à Clairvaux et elle est probablement achevée avant 1157 et l'interdiction d'édifier des tours, édictée par le Chapitre Général cistercien.

Son plan est proche de celui de l'abbaye contemporaire de Fontenay, l'église-type de l'architecture cistercienne, mais ses dimensions sont plus modestes; sa longueur est de 52 m, sa largeur est de 14,70 m et le transept mesure 22,60 m.

La façade

Elle est divisée en trois parties par des contreforts et elle était précédée d'un narthex, dont les fouilles entreprises en 1895 ont mis au jour les fondations. La partie centrale est occupée par un portail en saillie, un ajout du troisième quart du XIIe siècle, à trois voussures en tiers-point reposant sur des colonnes en marbre, aux chapiteaux ornés d'arabesques et de feuillages et au tympan non sculpté. Il comporte, de part et d'autre, un pilastre cannelé, à deux registres et il surmonté d'un oculus, lui même surmonté d'une petite ouverture en plein cintre. Une moulure court sur toute la largeur de la façade, entre cet oculus et le portail.

La nef

La nef, composée de six travées, élève à 14,40 m sa voûte en berceau brisé, dépourvue de doubleaux; ses grandes arcades à double rouleau reposent sur de sobres piliers cruciformes, surmontés d'une moulure faisant office de chapiteaux.

Les travées des collatéraux sont couvertes d'une voûte en berceau brisé, perpendiculaire à l'axe de l'église et percées d'une petite fenêtre en plein cintre. Ses arcades reposent sur des pilastres ornés d'une moulure identique à celle des piliers de la nef.

Le transept et le chevet

Le transept, long de 22,60 et large de 7 m, est peu saillant et chacun des deux croisillons accueille deux chapelles, d'une largeur identique à celle des collatéraux, terminées par un mur droit.

À sa croisée, une tour sur plan carré, s'élevant à 26 m a été construite. Elle est soutenue par de puissants contreforts disposés dans trois de ses angles. Trois de ses faces sont percées de trois hautes et étroites ouvertures en plein cintre, alors que la face occidentale n'en comporte que deux.

Les fouilles entreprises en 1895 ont permis de reconstituer le plan du chœur, détruit; de petites dimensions, à chevet plat, il comportait deux travées, la deuxième plus étroite que la première.

Aujourd'hui, le sanctuaire est éclairé par un oculus et par un triplet.

La salle capitulaire (ou chapitre)

La campagne de fouilles entreprise en 1952 a permis la mise au jour d'une partie de la salle capitulaire et la découverte de trois dalles funéraires; une bulle de plomb de Martin V a été trouvée parmi les cinq squelettes d'abbés qui reposaient sous ces dernières.

Liens externes

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Sources

  • L'art cistercien hors de France, du Père M.-Anselme Dimier, traduction anglaise de Paul Veyriras et Marie-Thérèse Blanchon, traduction allemande de Hilaire de Vos, photographies de Zodiaque, La Pierre-qui-Vire, 1971, p. 74-79

Notes et références

  1. Dom Romain Clair : Abbaye d'Hautecombe, Communauté du Chemin neuf, 2003, p. 8 (ISBN 978-2-9505946-0-0)
  2. Jean Stojković de Raguse, lecteur de Saint Jérôme [PDF]]

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