Chapeau à claque

Chapeau à claque

Bicorne

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exemple de bicorne

Le bicorne désigne, de manière générale, tout chapeau à deux cornes. Il avait été conçu originellement pour être un couvre-chef équestre.

Il a été le couvre-chef masculin standard du XVIIIe siècle. Il a supplanté le tricorne dans les années 1770 par commodité. À l'époque les perruques étaient si hautes qu'un chapeau n'y tenait pas, le bicorne par sa forme plate pouvait se tenir à la main d'où son surnom de chapeau bras. Et il sera lui-même supplanté par le haut-de-forme au XIXe siècle.

Il a fait partie de l'uniforme des officiers dans de nombreux pays du XVIIIe siècle jusqu'au XXe siècle.

De nos jours en France, il désigne soit le couvre-chef des membres de l'Académie française, soit celui propre aux élèves de l'École polytechnique.

Sommaire

Historique

Bicorne de Napoléon Ier

Napoléon

L'image du bicorne est souvent associée à Napoléon. Son usage a cependant été institué pendant la Révolution française pour les militaires, et les officiers et une partie des hommes de troupe portaient le bicorne pendant le régime napoléonien.

Le bicorne dans l'armée française[1]

La Révolution française adopte le bicorne[2] avec la cocarde, la carotte (pompon rouge) et la ganse jaune. En effet, pendant la guerre de la révolution, l’infanterie française substitue le chapeau à trois cornes (tricorne) par le bicorne qu’elle porte non comme le prescrit l'ordonnance mais l'une de ses grandes cornes en avant. Ceci a l’avantage de faciliter le maniement de l’arme.

Le chapeau est en feutre (étoffe de laine foulée). Sur le bord supérieur gauche, une ganse en galon est cousue et fixée en bas par un bouton d’uniforme avec le chiffre du régiment. La ganse maintient une cocarde surmontée d’un plumet, pompon ou carotte, lesquels sont de couleur rouge pour les grenadiers.

L’apparence du chapeau et son port varient selon le temps et la mode. Toutefois, il semble que le soldat le mette généralement « en bataille », c’est-à-dire en travers, à la différence des officiers qui le portent en colonne.

Son service prend fin dans l’armée en 1806, lorsqu’on le remplace par le schako ou le bonnet à poil. Seuls l’état-major, l’administration, les généraux, les maréchaux et les officiers qui ne sont pas de service continuent à le porter.

État des dimensions suite à l’arrêté des Consuls de la République du 9 Thermidor an VIII, (27 juillet 1799).

Chapeau d’infanterie. Coiffure : La forme, de 115 mm (4 pouces 3 lignes) de profondeur ; 162 mm (6 pouces), dans les cornes ; 162 mm (6 pouces) du devant ; 174 mm (6 pouces 5 lignes) sur le derrière ; ciffe en toile grise, avec un cuir par devant, de 176 mm (6 pouces ½), de long sur 54 mm (2 pouces), de large ; ganse en galon de laine jaune, de 11 mm (5 lignes) de large ; bouton jaune au numéro du corps ; bord en laine bien frappé, de 20 mm (9 lignes) de large, à cheval sur le feutre ; (4 Fr 80).

La cocarde

La cocarde[3] était une petite bande d'étoffe plissée qui se mettait sous la ganse du chapeau. On écartait les plis sur les bords, ce qui lui donnait l'aspect d'un papillon. En écartant davantage les plis, elle devenait circulaire ; c'est la forme qu'on lui a définitivement donnée. On la faisait en basin, en tissu de poil de chèvre, et pour les schakos des soldats, en cuir ou en fer-blanc ; dans ce cas, on indiquait les plis par des rainures dans le sens des rayons.
Blanche jusqu'en 1790 et pendant la Restauration, elle a été tricolore sous la République, l'Empire, et la Monarchie de juillet, avec des différentes dispositions pour les couleurs.

Sur une annonce de mise en vente de la cocarde nationale, acceptée par M. le marquis de Lafayette le 17 décembre 1789, on lit que son relief est blanc sur fond bleu entouré de rouge.

On trouve sous la république la cocarde présentant un disque bleu entouré d'un fond blanc sur lequel se trouve un mince anneau rouge.

Sous l'Empire, le Ministre rappelle aux chefs de corps que la cocarde ne doit pas cesser d'avoir le bleu au centre et le blanc à la circonférence, le rouge entre les deux. Aussi en 1814, il a suffi de cacher le centre par une pièce blanche pour que la cocarde paraisse entièrement blanche ; en 1815, au retour de l'Empereur, l'enlèvement de cette pièce a rétabli immédiatement la cocarde tricolore.

Le diamètre des cocardes a été en millimètres 
  • En 1786 : sur le chapeau : 95 mm
  • En 1791 : sur le casque : 54 mm
  • En 1810 : sur le shako : 74 mm
  • En 1815 : sur le shako : 70 mm

La Ganse

On appelle ganse un bout de cordon, de galon ou de tresse dont les deux extrémités sont cousues sur le haut de la forme du chapeau ; la boucle qui en résulte se rabat par dessus le bord relevé et embrasse un bouton cousu sur cette aile qui se trouve ainsi fixée.
Sous la ganse on passe la cocarde. Le tout est placé par devant, un peu à gauche.

À l'origine du shako, la cocarde y a été maintenue par une ganse très étroite et très courte avec un bouton sous la cocarde ou au centre de celle-ci ; cette ganse a été supprimée en 1810.

Bicorne de l'École polytechnique

Le bicorne, élément du Grand Uniforme, est porté pour les grandes occasions. Ici, la garde au drapeau de la promotion 2002 répète une cérémonie.

Tous les élèves de l'École polytechnique, de toutes nationalités, reçoivent le bicorne pendant leur scolarité à l'occasion d'une cérémonie traditionnelle dans les locaux de l'ancienne École à Paris. Le bicorne symbolise l'appartenance à la communauté polytechnicienne, bien qu'il soit parfois donné à certaines personnalités visitant l'École, ou ayant travaillé à l'École.

Porté avec le Grand Uniforme, il se place à l'inverse du chapeau de Napoléon, les cornes devant et derrière et non sur les côtés. Une cocarde tricolore, sous un double galon lézardé or posé en biais, orne le côté droit.

Lors de l'intégration des premières filles en 1972, un Grand Uniforme avec tricorne est dessiné pour elles. Mais, sous l'impulsion de la promotion 1994, le tricorne disparut au profit du bicorne. Tous les élèves de l'École sans exception portent donc maintenant le bicorne.

Bicorne de l'Académie française

Le bicorne fait partie de l'habit vert traditionnel que les académiciens portent, avec la cape, et l'épée.

Note

Voir aussi

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