Basilique Sainte-Marie-du-Transtevere

Basilique Sainte-Marie-du-Trastevere

Basilique Sainte-Marie-du-Trastevere
Vue générale de l'édifice
Vue générale de l'édifice

Nom local Basilica di Santa Maria in Trastevere
Latitude
Longitude
41° 53′ 22″ Nord
       12° 28′ 11″ Est
/ 41.889444, 12.469722
 
Pays Italie Italie
Ville Rome
Culte Catholique romain
Type Basilique
Rattaché à Archidiocèse de Rome (siège)
Début de la construction IVe siècle
Fin des travaux XIIe siècle

La basilique Sainte-Marie-du-Trastevere est l'une des plus anciennes églises de Rome, située dans le quartier du Trastevere. D'abord baptisée titulus Callixti car construite sous le pape Calixte Ier (217-222), avec l’accord de l’empereur Sévère Alexandre, elle fut probablement le premier lieu de culte chrétien officiellement ouvert au public[1].
Elle est reconstruite sous Jules Ier (337-358) puis sous le pontificat d'Innocent II (1130-1143) où elle fut décorée des mosaïques actuelles.

Sommaire

Histoire

Selon une légende que rapporte Eusèbe de Césarée, en 38 avant JC, une source d’huile serait apparue à cet endroit, interprétée par la population juive vivant dans le quartier comme signe avant coureur de la naissance du messie. Toutefois, le Liber Pontificalis relate une autre légende et indique que le pape Calixte Ier (217-222) invite une communauté chrétienne à s'installer en 220 sur le site de la Taberna meritoria, une taverne pour soldats retraités, transformée en église domestique (titulus).

Bien qu'aucun vestiges ne permettent de localiser avec certitude les édifices publics chrétiens de Rome avant le temps de Constantin, la basilique sur ce site est connu sous le nom de Titulus Callisti. Le lieu est réservé à l'usage chrétien par l'empereur Septime Sévère, quand il règle le litige entre les chrétiens et les gardiens de la taverne, en disant : « Je préfère qu'il appartienne à ceux qui honore Dieu, quel que soit leur forme de culte. ».

En 340, le pape Jules Ier (337-352) reconstruit le titulus Callixti à une plus grande échelle. Renommé titulus Iulii pour commémorer son mécénat, c'est l'un des vingt-cinq paroisses initiales de Rome, peut-être la première dans laquelle la messe est célébrée ouvertement.

Elle fut consacrée à la Vierge Marie probablement à l’époque du Concile d'Éphèse en 431. Même si l'inscription sur la chaire épiscopale affirme que c'est la première église dédiée à la Mère de Dieu, elle n'est pas la plus ancienne église mariale de la ville : Sainte-Marie-Majeure reste la doyenne, puisqu'elle a été consacrée à la Vierge dès sa construction, au IVe siècle

Elle est restaurée deux fois aux cinquième et huitième siècles. Lors de cette dernière restauration, initiée par le pape Adrien Ier entre 772 et 795, des nefs latérales sont ajoutées.

La Basilique connait d'autres modifications au IXe siècle sous l'impulsion du pape Grégoire IV, le chœur est surélevé, un chancel est ajouté, l'autel est couvert d'un ciborium, enfin une crypte est aménagée afin d'y accueillir les reliques de Calixte Ier, Corneille et Calépode.

En 1140-43, l'église est reconstruite sur ses anciennes fondations par le pape Innocent II. Un transept y est ajouté et l'abside est décorée de mosaïques. Les chapiteaux ioniques, richement sculptées, en réemplois dans la nef, ont été récupérées dans les ruines des Thermes de Caracalla[2] et du temple voisin d'Isis sur le Janicule. Quand, au cours du XIXe siècle, des étudiants identifient, sur leurs décors sculptés, les visages d'Isis, de Sarapis et de Harpocrate, le pape Pie IX fait marteler les visages offensants lors d'une restauration en 1870[3].

Architecture intérieure

La nef centrale et le plafond du Dominiquin

Elle a conservé le plan de la basilique originelle et les fondations antérieures. La nef actuelle de l'église est d'architecture romane.

Les 22 colonnes de granit aux chapiteaux ioniques et corinthiens qui séparent la nef des bas-côtés proviennent des ruines des thermes de Caracalla, de même que le linteau de la porte d'entrée.

Le plafond à caissons en bois est l'œuvre du Dominiquin, également auteur de "l'Assomption de la Vierge " (1617) qui en orne le centre.

Le pavement cosmatesque du sol, du à la famille Cosmati, est restauré en 1870.

Sur le côté droit de la nef, la première chapelle, œuvre de Giacomo Zoboli, est dédiée à sainte Françoise Romaine. tandis que la deuxième, la chapelle de la Nativité, est de Étienne Parrocel.

le Tempietto central

Sur le côté gauche de la nef, la première chapelle, la chapelle d'Avila, aux stucs baroques, est de Antonio Gherardi ( 1680 ). Celle-ci et la chapelle Sainte-Cécile dans l'église San Carlo ai Catinari sont deux des chapelles à l'architecture la plus inventive de la fin du XVIIe siècle à Rome. La partie inférieure de la chapelle est assez sombre et emploie les techniques de Francesco Borromini. Dans le dôme, il y a une ouverture ou oculus d'où quatre anges émergent et portent un Tempietto, petit temple rond.

Entre la troisième et la quatrième chapelle, se trouve le tombeau d'Innocent II, œuvre de l'architecte Virginio Vespignani, chargé de la restauration de l'église entre 1866 et 1877.

Dans la troisième chapelle, la lucarne, le plafond et le retable sont de Ferrau Tenzone.

A gauche du chœur, la chapelle Altemps remonte au XVI siècle.

Les mosaïques

L'abside

La basilique est décorée de mosaïques réalisées à partir du XIIe siècle.

Sur l'arc triomphal qui précéde le chœur, les mosaïques représentent les prophètes Isaïe et Jérémie, les symboles des Évangélistes, les candélabres de l'Apocalypse, la Croix accompagnée de l'Alpha et l'Oméga. Elles datent du XIIe siècle.

Au centre de l'abside, se trouve la mosaïque le Christ et la Vierge sur un trône. À gauche, les saints Calixte et Laurent et le pape Innocent II. À droite, Pierre, Corneille et Jules Ier et Calépode. Au dessous, deux files d'agneaux sortant de Béthléem et Jérusalem, se dirigent vers l'Agneau de Dieu.

Des mosaïques, sur le thème de la vie de la Vierge (Marie, l'Annonciation, la naissance de Jésus, l'adoration des Mages, la présentation de Jésus au temple et à la mort de Marie) entourent le Couronnement de la Vierge. Elles datent de la fin du 13e siècle (1291) et sont de Pietro Cavallini.

Reliques

L'église conserve une relique de saint Apollonia, ainsi qu'une partie de la Sainte Éponge. Les restes du pape Calixte Ier et le corps du Cardinal Campeggio Lorenzo sont enterrés dans l'église.

Architecture extérieure

Façade de l'église

Le campanile date du XIIe siècle. À son sommet, une mosaïque représente la Vierge à l'enfant à qui est dédiée l'église.

Les mosaîques de la façade datent du XIIIème sicle. L'image de Marie, est considérée comme la plus ancienne représentation iconographique de la Vierge allaitant. Elle est entourée de 10 femmes portants des lampes, symbole de virginité.

La façade de l'église est restaurée par Carlo Fontana en 1702, qui remplace l'ancien portique à toit de tuiles (gravure de Falda ), par le portique actuel. Les sculptures du parapet représentent les trois papes Calixte Ier, Corneille et Jules Ier, ainsi que le martyr Calépode. À l'intérieur du portique, des fragments de sarcophages du IIIe siècle et des fresques dont une représente l'annonciation, ont été déposés.

Place Sainte-Marie-du-Trastever - Gravure du XVIIe siècle de Giovanni Battista Falda

La fontaine octogonale de la place de l'église (Piazza di Santa Maria in Trastevere), qui apparaît déjà dans une carte de 1472, est également restauré par Carlo Fontana.

Bibliographie

  • Carlo Cecchelli, Santa Maria in Trastevere. Roma 1933.
  • Dale Kinney, Santa Maria in Trastevere from its founding to 1215. New York 1975.
  • Mariano Armellini, Le Chiese di Roma dal secolo IV al XIX. Roma: Edizioni del Pasquino 1982.
  • Walther Buchowiecki, Handbuch der Kirchen Roms, bd 4. Wien: Verlag Brüder Hollinek 1997.
  • Roberto Luciani, St. Mary in Trastevere. Rome: Fratelli Palombi Editori 1987.
  • Pierre Grimal, Caroline Rose, Églises de Rome, Ed. Imprimerie Nationale, 1997, (ISBN 2-7433-0138-4)

Références

  1. Article sur Basilique Sainte-Marie-du-Trastevere
  2. Dale Kinney, "Spolia from the Baths of Caracalla in Sta. Maria in Trastevere", The Art Bulletin 68.3 (September 1986:379-397).
  3. Rodolfo Lanciani noted that they had been "martellati e distrutti" (Lanciani, "L'Iseum et Serapeum del Regione IX", Bolletino della Commissione Archeologica Comunale di Roma 11 (1883:35, corroborated in nineteenth-century German and English guidebooks before and shortly after the restoration, noted in Kinney 1986:380 note 6

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