Auxiliaires

Troupes auxiliaires

À l'époque romaine, les troupes auxiliaires ou Alares (auxilia en latin) sont formées de soldats de l'armée romaine ne jouissant pas de la citoyenneté romaine car originaires des peuples alliés ou soumis à Rome. Par exemple :

Les peuples vaincus furent également astreints à fournir des contingents, combattant comme auxiliaires. Cette méthode d'absorption se pratiqua pendant la République et sous l'Empire, tant que l'Empire fut en position de force.

Sommaire

Evolution

Les socii et les alli...

Statut des auxiliaires

Les troupes auxiliaires combattent à l'origine avec leur armement traditionnel et sont moins bien considérées que les légions, qu'elles sont censées soutenir.

  • Le temps de service dans les unités auxiliaires était de 24 ou 25 ans, contre 20 dans les légions.
  • La solde est moindre que celle des légionnaires
  • Dans les combats, les troupes auxiliaires sont généralement engagées en premier, pour économiser les effectifs des légions
  • Des témoignages romains donnent un caractère très brutal aux troupes auxiliaires  : soldats présentant des têtes coupés sur la colonne Trajane, auxiliaires massacrant des captifs dans la Guerre des Juifs de Flavius Josèphe)

Malgré cela, le service comme auxiliaire restait attractif pour les peuples non romains de l'Empire, car il permettait d'acquérir en fin de service le prestigieux titre de citoyen romain. Sous l'empire, la citoyenneté était accordée après 25 ans de service. À certaines périodes, elle était aussi donnée à l'épouse et aux enfants. Les diplômes militaires, composés de deux petites tablettes de bronze identiques et portant la constitution impériale attribuant la citoyenneté au soldat, lui permettaient de prouver par la suite sa citoyenneté. Plusieurs centaines de ces diplômes ont été retrouvés, livrant d'importantes informations sur les auxiliaires. Cet avantage du service auxiliaire s'effaça en 212 avec l'Édit de Caracalla généralisant la citoyenneté romaine. Bien avant 212 cependant, il existait quelques unités auxiliaires formées dès le départ uniquement avec des citoyens, les cohortes voluntariorum.

Importance des auxiliaires

Les troupes auxiliaires constituèrent une partie importante de l'armée romaine, estimée à la moitié des effectifs sous Auguste soit 150 000 hommes, proportion stable au cours des premiers siècles de l'Empire. Certaines provinces n'avaient que des troupes auxiliaires dans leur garnison. Ces provinces étaient dirigées par des membres de l'ordre équestre. C'était le cas par exemple des deux provinces de Maurétanie, des provinces de Norique et Rhétie avant 165, de certaines provinces de la Dacie romaine.

Les différents types d'unités

Les unités auxiliaires pouvaient être de plusieurs types :

  • la cohorte (cohors) est le type le plus répandu. Elle peut être composée uniquement de fantassins, mais également compter des cavaliers, auquel cas elle reçoit le nom de "cohorte cavalière" (cohors equitata). suivant les effectifs, on distingue deux types de cohortes :
    • la cohorte quingénaire, qui compte un effectif théorique de cinq cent hommes et est dirigée un préfet.
    • la cohorte milliaire, d'un effectif théorique de mille hommes à partir du Ier siècle, dirigée par un tribun.
  • l’aile (ala) unité de cavalerie. Son effectif est théoriquement de cinq cent hommes. Elle est dirigée par un préfet.
    • Il existe quelques ailes milliaires - moins d'une dizaine -, situées dans des provinces très exposées militairement elles peuvent constituer des troupes d'élites, comme l'ala Ulpia contariorum en Pannonie. Elles sont dirigées par un préfet effectuant une quatrième milice équestre, assurance, le plus souvent, d'une future belle carrière de procurateur.
Tombe d'un membre des equites singulares
  • les equites singulares («gardes du corps à cheval») garde privée de l'empereur, cette unité est composée de soldats issus d'une région particulière principalement des régions du nord. Ils apparaissent sous Vespasien. Ils sont d'abord 500, puis passe probablement à 1000 sous Septime Sévère. Ils sont stationnés dans les Castra Priora et les Castra Nova ou Severiana, deux casernes à Rome, situées toutes deux sur le Caelius. Les equites singulares disparaissent sous Gallien (254-268) peut être remplacé par les protectores.
  • Les numeri n'ont pas de répartition fixe. Au départ le terme numeri peut désigner n'importe quelle unité de soldats, par la suite il a servi à désigner des corps auxiliaires qui n'étaient ni des ailes ni des cohortes. Ils sont généralement commandés par des préfets, mais certains sont commandés par de simples centurions. Il existe deux grands types de numeri :
    • numeri d'exploratores, c'est-à-dire de soldats spécialisés dans des missions de reconnaissances. Ils se développent à partir de la fin du deuxième siècle et leurs garnisons se trouvent en général sur les frontières mal stabilisées ou menacées (Germanie supérieure, Dacie, Maurétanie).
    • numeri que l'on appelle ethniques, qui sont composés au départ de soldats de même origine. Ces soldats conservent les manières de combattre particulières à leur peuple, ce qui permet à l’armée romaine d’acquérir des spécialisations. Les Numides sont ainsi réputés pour leur cavalerie, les Palmyréniens pour leur archers, les Sarmates pour leur cavalerie lourde. L'accès à la citoyenneté romaine était souvent plus difficile pour ces soldats que pour les autres auxiliaires.

Les commandants de ces unités, préfets et tribuns, appartiennent à l’ordre équestre, les officiers sulbalternes, centurions (unités d’infanterie) et décurions (unités de cavalerie), sont souvent des citoyens romains et le gros des troupes des pérégrins, c'est-à-dire des résidents de l’empire non citoyens. Après l'édit de Caracalla qui accorde à tous les hommes libres de l’empire la citoyenneté romaine, met fin à cette hiérarchie des statuts civiques dans les unités auxiliaires. La succession du commandement de ces unités fut organisée durant le règne de Claude : ce sont les trois milices équestres. Les préfets commandaient d'abord une cohorte auxiliaire, avant de devenir tribuns dans une légion, puis de commander une aile auxiliaire. À la place du tribunat dans une légion (tribunat angusticlave), il était possible, dans sa deuxième milice, d'être tribun d'une cohorte milliaire. Les plus méritants d'entre eux pouvaient accéder au commandement d'une aile milliaire. En revanche les postes de tribun des unités de la garde prétorienne, ainsi que des autres unités de la ville de Rome, n'appartiennent pas à la carrière équestre et sont séparés du cursus des commandants d'unités auxiliaires.

Dénomination des unités

Le nom des unités auxiliaires obéit à des règles complexes et parfois changeantes. Le premier élément est le type d'unité : cohors ou ala, suivi souvent d'un numéro d'ordre (I, II, III,...), ensuite on trouve parfois le nom de la gens de l'empereur qui a créé l'unité : Flavia ou Iulia, puis le nom d'un peuple ayant formée les effectifs de l'unité primitive : Hamiorum ou Hispanorum, puis un surnom qui met en valeur le caractère de l'unité sagittatorium ou equitata et enfin un surnom lié au règne de l'empereur en cours :Severianum ou Philippiana. Il est rare qu'une unité combine tous ces éléments. Pour les unités les plus anciennes, créées dans les premières décennies de l'empire, l'unité a parfois pris le nom de son premier commandant, ce fut le cas pour l'ala Indiana. Certaines unités peuvent aussi arborer dans leur titulature les mentions des distinctions qui leur ont été accordées : décoration (torquata), concession de la citoyenneté (Civium Romanorum, souvent abrégé C.R.).

Quelques exemples :

  • l’Ala I Flavia Numidica Severiana : Ala I Flavia Numidica est le nom permanent de cette unité, fondée par les empereurs de la dynastie flavienne avec des effectifs numides et qui reçut le nom de l’empereur Septime Sévère Severiana.
  • la Cohors I Syrorum Sagittariorum cohorte d'archers syriens.

Lorsqu'on traduit le nom de ces unités en français, on précède le type d’unité par son numéro d'ordre : on parlera donc de "Première aile flavienne numidique" ou de "Première cohorte de Syriens archers".

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