Mite des vêtements

Mite des vêtements
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 Tineola bisselliella
Tineola bisselliella
Classification
Règne Animalia
Sous-règne Metazoa
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Hexapoda
Classe Insecta
Sous-classe Pterygota
Ordre Lepidoptera
Sous-ordre Microlepidoptera
Super-famille Tineoidea
Famille Tineidae
Sous-famille Tineinae
Nom binominal
Tineola bisselliella
(Hummel, 1823)
Tineola bisselliella

Tineola bisselliella

Tineola bisselliella, connu sous le nom de la teigne commune des vêtements, ou mite des vêtements, est une espèce de petit papillon de taille variable (environ 7 mm à 1 cm ou un peu plus). Il appartient à la famille des Tineidae, et plus précisément de la sous-famille des Tineinae. C'est l'espèce-type du gendre Tineola.

La mite des vêtements appartient aux insectes kératophages (bio-décomposeurs capables de dégrader la kératine, une protéine présente dans les poils, plumes et cuticules de nombreux animaux).

Sommaire

Nomenclature et systématique

Adulte (chez les spécimens vivants, les antennes ne sont pas ainsi recourbées)
Larve (Chenille)
Macrophotographie d'un oeuf fraichement pondu, non collant, qui mesure moins de 1 mm)

Son nom d'espèce est souvent mal orthographié en biselliella dont par VAG Herrich-Schäffer quand il a établi le genre Tineola en 1853[1]

Habitats naturels

Dans la nature, les chenilles de ces papillons - comme d'autres insectes kératophages - sont notamment présents dans les nids d'oiseaux où elles se nourrissent des plumes et de certains restes de nourriture.
Elles jouent aussi un rôle positif en éliminant de l'environnement certaines parties moins dégradables (peau, fourrure, ongles, griffes, cornes, sabots...) des cadavres d'insectes et d'autres animaux.

C'est aussi le cas des cadavres humains momifiés. Des chrysalides de mite des vêtements peuvent d'ailleurs servir d'indice à la médecine légale pour identifier la date de la mort, si elle n'est pas trop ancienne (quelques années), comme ce fut le cas, semble-t-il pour la première fois avec le Dr. Bergeret, médecin de l'Hôpital civil d'Arbois, qui en 1850 a utilisé l'examen de pupes et cadavres de mouches et de larves de mites pour dater la mort d'un bébé momifié retrouvé peu de temps avant par un maçon dans une cavité fermée, contre une cheminée[2]. La mort datait selon cette enquête de 4 ans plus tôt, et il restait encore des chenilles de mites vivantes à l'intérieur du cadavre, dans se parties les plus charnues. Le médecin précise (...)« Lorsqu'on ouvrit, en présence de la cour, la caisse qui renfermait le cadavre desséché de l'enfant, un essaim de petits papillons, d'un blanc grisâtre, s'envola dans la salle. Nous recherchâmes ce qu'étaient devenues les larves que nous avions laissées se nourrissant dans l'épaisseur des membres. Elles avaient disparu, et, à leur place nous découvrîmes de petits étuis d'un jaune ambré, flexible, semi-transparents. Chacun d'eux était la coque d'une chrysalide, et avait servi de retraite pendant quelque temps à un de ces papillons qui venaient pour la première fois de prendre leur essor ». Il fait référence à Mathieu Orfila, théoricien pionnier de la médecine légale, qui n'avait pas pu disposer d'un tel cadavre (momifié) et qui a dû faire appel à d'autres auteurs, plus anciens (Vicq d'Azyr, dans les Mémoires de l'Académie de Toulouse, 1787 et de Puymaurin fils, dans l' Histoire de la Société royale de médecine, 1779) qui ont décrit l'état des corps momifiés retrouvés dans les caveaux des Cordeliers de Toulouse, pour évoquer les dégâts que les mites peuvent faire sur les cadavres momifiés (p 701).

Dans l'environnement humain (habitations, magasins, entrepôts de tissus, musées, etc. ) ces mites peuvent s'attaquer aux textiles, tapis ou habits constitués de fibres d'origine animales, comme la laine[3] ou la soie. Elles sont pour ces raisons considérés comme « nuisibles ».
Bien qu'appréciant les lieux plus humides, ayant de très faibles besoins en eau, elles peuvent se développer (plus lentement) dans des lieux très secs .

Aire de répartition

L'aire originelle de répartition naturelle de l'espèce est l'Eurasie occidentale, mais ce papillon a été transporté par les voyageurs ailleurs sur la planète, dont par exemple en Australie où il est très étudié.
Dans certaines banques de donnée, sa présence n'a pas été officiellement enregistrés en France , Grèce, Slovénie et Suisse, mais cela reflète plutôt le manque d'intérêt pour l'espèce ou l'absence d'effort d'acquisition de données sur les événements plutôt que de l'absence réelle de ce papillon[4].

Morphologie et d'identification

Oeufs

L'oeuf est petit (moins de 1 mm), ovoïde et blanchâtre.

Larves

Sa croissance passe par plusieurs stades. Elle est plus rapide en présence de nourriture abondante et aux alentours de 28°C.

Chrysalides

Imago (Adultes)

Importance économique et sociale des dommages

Dans l'environnement humain, il peut cause d'importants et irréversibles dégâts sur les textiles, textiles anciens, fourrures, objets en plumes, collections d'insectes ou d'animaux naturalisés, avec dans ce cas d'éventuelles pertes de matériel irremplaçable d'une importance esthétique, historique et scientifique[5].

La littérature ne cite pas de pathogènes touchant l'homme et véhiculés par cet insecte. Mais sa présence dans l'environnement humain (émanations ?, inhalation d'écailles ou poils ?) peut induire des affections de asthmatiformes ou de type rhinite allergique chez des personnes sensibles[6], avec de possibles confusions à une allergie à un pesticide utilisé pour traiter une infestation. Dans un cas l'allergie, confirmée par des tests cutanés a duré 9 ans, et a disparu avec l'éradication des mites dans le domicile du patient[6].

Écologie

Dans la nature, cet insecte fait partie des décomposeurs. A ce titre, il joue un rôle utile en éliminant et recyclant des matières difficilement dégradables.

In vitro, par exemple élevées sur de la caséine, la température optimale de développement des chenilles est de 28°C[7].

En dépit d'apparents caractères primitifs, cet insecte (pour les deux sexes) est doté de nombreux capteurs biologiques lui permettant de s'orienter, de détecter des prédateurs ou la présence de femelles pour le mâle (via les phéromones qu'elle émet) ; Deux types de sensilles trichoïdes, deux types de sensilles basiconiques, des sensilles otoïdes, chétiformes, cœloconiques, styloconiques et campaniformes, des sensilles de Böhm ainsi que des structures squamiformes sont présents chez le mâle et la femelle[8], leur permettant d'explorer et exploiter au mieux leur environnement.
Les larves sont dotés de moyens d'excrétion ou de stockage des métaux toxiques qui peuvent contaminer leur nourriture (par exemple via les colorants de la laine ou des tissus, ou dans la nature via des métaux bioaccumulés par l'animal dans ses plumes, poils ou autres phanères consommés par les larves de mites)[9]. Les métaux non-excrétés sont stockés par la larve dans des granules éliminés au moment de la nymphose[9].

Cycle de vie et Propagation des infestations

Les œufs sont blanchâtres, ovoïdes et mesurent moins de 1 mm (loupe nécessaire).
Une femelle en pond plusieurs centaines au cours de sa vie, dans des emplacement lui donnant les meilleures chances de survie. Les oeufs, plus ou moins groupés sont attachés au substrat avec une substance collante. Après l'éclosion, la larve se met immédiatement en quête de nourriture. Elles se transformeront en papillon en moins de deux mois si les conditions sont bonnes, mais peuvent hiberner ou entrer en léthargie durant un certain temps quand ces conditions sont moins bonnes. Elles sont détruites par la congélation ou la chaleur (le four à micro-onde est un moyen d'assainir un tissus, à condition qu'ils ne comporte pas de fils ou de pièces métalliques).
De deux mois à deux ans après la ponte, la chenille prépare sa transformation en papillon en tissant un cocon où elle se nymphosera. La larve passe un à deux mois dans son cocon pour puis en émerge à l'état adulte, à la recherche d'un partenaire sexuel pour produire une nouvelle génération.

Comportement

La femelle détecte, au moyens de biosenseurs de type gout/odorat, des molécules volatiles (Sémiochimique) la guidant vers des milieux de ponte (fibres naturelles ou des matières animales telles que cadavre de gros papillon par exemple).

Les adultes et plus encore les larves sont lucifuges (préfèrent l'ombre à la lumière). Alors que de nombreux autres Tineidae sont attirés par la lumière, la mite commune semble préférer les zones sombres ou noires et plutôt humides, bien qu'un adulte dérangé puisse parfois tournoyer autour d'une lampe.
Les larves sont lucifuges ; Placées dans un lieu bien éclairée, elles vont tenter de gagner les bords de meubles ou de tapis, des fentes de plancher, de moulures sur les bords de pièces à la recherche de zones plus sombres (Comme les acariens, elles peuvent souvent y trouver des poussières contenant des poils ou plumes et autres phanères).

Capacité à produire de la soie et tisser un cocon

Les larves peuvent intégrer dans leur cocon des fibres prélevés dans leur environnement, voire en milieu confiné une partie de leurs excréments

larves et médiateurs chimiques

Comme l'adulte, la larve semble capable de détecter les sémiochimiques qui l'orienteront vers ses ressources alimentaires.

Le vol des adultes

Un comportement typique de cette espèce est que le papillon adulte se laisse chuter au fond d'un récipient vertical (éprouvette par exemple) sans chercher à en sortir quand on l'y fait tomber. l'immobilisation semble être l'un de ses comportements de défense.

Adultes et sémiochimique

Les adultes détectent les phéromones de l'espèce (peut-être en partie et aussi émises par l'intestin qui est chez les insectes l'un des organes hormonaux[10]), et semble-t-il des substances émises par d'autres espèces mortes (sémiochimiques).

Adultes et la production de sons

Ponte, oviposition

La femelle semble choisir avec attention des milieux de pontes qui conviendront aux futures larves[11].
En laboratoire, la femelle de Tineola bisselliella prête à pondre est attirée par l'odeur de levure de bière sèche[12]. L'oviposition se fait préférentiellement sur les tissus qui sentent le plus la levure. Chez cette espèces (mais non chez Tinea translucens Meyrick ni chez Tinea pellionella L), l'ajout d'odeur d'excréments de larves de la même espèce ayant été nourries avec une nourriture leur convenant et contenant de la levure sèche augmentait encore cet effet (en laboratoire)[12].
Chez deux autres espèce proches (Tinea translucens Meyrick, et Tinea Pellionella), on a montré que l'odeur de la levure de bière attirait les femelles prêtes à pondre ; Elles choisissaient du tissu appâtés à l'odeur de la levure de bière quand elles en avaient la possibilité, parmi des carrés de tissu sans odeur (espacées sur le sol lisse d'une pièce). Plus l'odeur de levure était importante, plus le nombre d'œufs déposé était important. Les auteurs de cette étude ont attribué ces résultats à des réactions comportementales plutôt qu'à une stimulation des ovocytes induites par les odeurs[13]. Chez une autres espèce détritivore au régime alimentaire proche, Anthrenus flavipes LeConte, les femelles ne sont pas attirées par les odeurs de levure, et elles semblent découragés par les odeurs de cultures conspécifiques[12].

Alimentation et digestion

Cette espèces est remarquable pour son aptitude à digérer des protéines que peu d'espèces peuvent dégrader.

Dans les années 1950, ayant constaté que le tube digestif des larves de mites T. bisselliella ne contenait généralement que très peu de micro-organismes (ce qui pourrait être liée à un pH élevé du contenu intestinal), divers auteurs ont conclu que les bactéries du microbiote ne jouaient apparent pas de rôle dans la digestion de la laine par ces larves[7]. Lors d'une observation les tubes digestifs contenaient de nombreuses bactéries (Gram +), mais ils provenaient tous d'un même lot de chenilles nourries de caséine, bien que d'autres groupes de larves également élevées sur de la caséine n'en contenaient pas[7].

Dès le début du XXe siècle, on a montré que les larves de ces insectes disposent plusieurs enzymes leur permettant de digérer les protéines[14],[15] et des matières biologiques contenant de la kératine[16],[17] telles que la laine, la fourrure ou plumes voire les perruques de vrais cheveux et accessoirement aussi le coton, le lin, la soie. Plus récemment ces enzymes ont été identifiées, dont deux carboxypeptidases vraies[18] actives in vitro à un pH optimal de pH 7.5 à 7.7[18] et des aminopeptidases[19] actives à un pH optimal de 8.2[19],[20] et autres protéinases[21],[22].

Les excréments des larves alimentées en laboratoire sur de la laine contiennent 0,28% de soufre élémentaire qu'on pense formé par réaction de sulfures avec des ponts-disulfures durant le processus de digestion[23]. Cela semble être une spécificité de ces mites ; on ne trouve pas de telles quantités de soufre dans les excréments de larves de coléoptères Dermestidae nourris sur des alimentaire similaire (laines)[23].

Des spécimens ont été trouvés dans du son, de la semoule, des farines (confusion possible avec des mites de farines ?), biscuits, de la caséine, ce pourquoi ces insectes sont parfois classés avec les ravageurs potentiels de stocks de nourriture[24]
Des collections d'insectes morts conservés en musées ont aussi été dégradées par des mites des vêtements.
Dans un cas, des chenilles vivantes de T. bisselliella ont été trouvés dans du sel (le chlorure de sodium ne leur permettait pas de se nourrir, mais ceci témoigne de leur grande résistance)[25].
Dans leur tube digestif, des enzymes catalysent la réduction de la L-cystine[26] par la TPNH (triphospyridine nucleotide). Des extraits des larves entières dégradent jusqu'à 14 pmoles de cystine par gramme de larves et par heure à pH 7,3. D'autres enzymes sont trouvées dans les extraits de larve.

Les adultes ne semblent pas se nourrir mais consacrer leurs temps à la recherche d'un partenaire sexuel ou de lieux appropriés de ponte. Ils meurent après s'être reproduits.
Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, les adultes de T. bisselliella qui sont trouvés sur les tissus ne sont pas en train de les manger, mais d'y pondre ou chercher un lieu de ponte. Seules les larves sont responsables des dégâts observés sur les tissus.

Moyens de lutte

Les mesures de contrôle de T. bisselliella (et d'espèces similaires) sont nombreux :

Exemple de papier imbibé d'un répulsif

Mesures physiques

  • Pièges à mites de vêtements - Des tablettes collantes imbibées de phéromones attirant les mites mâles sont commercialisées. Ce type de piège peut aussi être un moyen de détecter le début d'une "invasion". Cette étape peut aider à contrôler une infestation en cours en empêchant que les mâles ne s'accouple avec des femelles ; Un tissus de laine humidifié et disposé à l'ombre dans une pièce à risque, et passée au four à micro-onde une fois par semaine peut aussi servir de piège, mais probablement bien moins efficacement ;
  • Modification chimique d'atmosphère, par fumigation, Cryofumigation (Des vêtements ou autres objets infestés peuvent être enfermés dans un sac de plastique hermétiquement fermé ou une autre enceinte étanche avec de la glace carbonique, (3 à 5 jours) qui va produire une quantité de dioxyde de carbone assez importante pour asphyxier les mites des vêtements. Pour plus de détails, consultez la rubrique "Accessoires d'ameublement" de la page « Pests of Homes, Structures, People, and Pets » de l'Université de Californie).
  • Nettoyage à sec - Cette étape tue les mites des vêtements existants (et aide à éliminer l'humidité des vêtements)
  • Traitement par le froid (cryogénie. Les variations de poids, la teneur en eau et le point de surfusion (SCP) ont été étudiés dans bisselliella Tineola à différents stades de son développement. On a montré que l'oeuf (poids frais de 0,037 mg et en dépit d'une teneur en eau de 314% du poids sec), est le stade le plus résistant au froid[27] et au gel (jusqu'à -20°C[27] (après 30 h d'exposition[28]) ou -23°C[29] selon les auteurs), mais 15 heures à -20 ° C suffiraient à tuer 99,99% des oeufs[30] (selon un modèle temps d'exposition/température et selon des données expérimentales de laboratoire)[30]. Le second stade larvaire (avec environ 2,5 mg et une teneur en eau de 145% du poids sec) est le plus vulnérable (mort à -13 ° C). Bien que de fortes différences de poids et de tailles entre papillons mâles et femelles, -19 °C est une température létale pour les deux sexes)[29]. Par sécurité, l'objet à traiter peut être conservé plusieurs jours à des températures inférieures à -23°C (ou plus brièvement à -30°C), dans un congélateur (dehors dans un sac dans un pays très froid). parmi 4 espèces de mites testées pour la résistance de leurs oeufs au froid, les oeufs de T. bisselliella était les plus résistants<refname=ColdTime93/>.
  • Traitement thermique. Un passage d'une minute à 3 minutes au four à micro-onde (pour des objets ne contenant aucune partie métallique, et aucun fil métallique), ou un passage dans une enceinte à 49° C (durant 30 minutes ou plus), éventuellement dans un sac de plastique noir fermé exposé au soleil dans un pays chaud permettent de tuer les oeufs, larves et adultes. En laboratoire, une mortalité totale à tous les stades a lieu à des températures assez basses (41 ° C durant 4 h)[31]. Les oeufs sont le stade le plus résistant (certains oeufs éclosent encore à 35 ° C ou survivre à 4 h d'exposition à une température de 40 ° C)[31]. Le développement complet d'un cycle de vie est possible à 33 ° C[31].
  • lavage des vêtements (au dessus de 49°C)
  • Aspiration. Comme les papillons ou leur larve peuvent se cacher dans les tapis et les plinthes, l'utilisation d'un aspirateur est une étape importante vers l'éradication (en jetant rapidement le contenu de l'aspirateur).

Pesticides chimiques

Ils existent, en mesure préventive ou curative. Ils ont une longue histoire[32], avec de nombreuses "recettes" traditionnelles, généralement à base de plantes[33], mais la plupart des produits chimiques sont maintenant des toxiques avérés ou sont suspectés d'être toxiques pour d'autres espèces et pour l'homme, l'enfant ou certains animaux domestiques qui y seraient trop exposés.
Ils sont encore très utilisés, et entrent surtout dans une stratégie de protection préventive des lieux de stockage.

Par exemple, une solution à 5% de silicofluorure (avec 0,2% à 0,3% de fluor appliqué) offre une protection efficace. L'Hexafluorosilicate de magnésium (un insecticide inorganique aussi utilisé comme insecticide pour les ovins) a été commercialisé jusqu'en 1989 comme antimites[34]. Divers composés arsénicaux tuent efficacement les larves, mais ont été jugés trop toxiques pour le contact humain, même au début du XXe siècle alors qu'ils étaient encore utilisés comme insecticide en extérieur. Le chlorure de triphénylétain se montre efficace à 0,25%, mais il est également toxique.
Après 1947, des insecticides organochlorés ont été développés, et se sont montrés efficace à faibles concentrations en traitement conservateur[32], mais ils se sont ensuite montrés rémanents et capables d'être bioconcentrés par la chaine alimentaire ; Par exemple, le chlordane a été utilisé (à 2% en poids de laine), de même que le toxaphène (à 0,8%), le pentachlorophénol ou HCH (à 0,5%), le DDT (à 0,2%), le chlordécone et le mirex (à 0,06%), et la dieldrine (à 0,05%). L'Imidazole (un hétérocycle chloré non aromatique) à 1% a aussi été utilisé avec une protection satisfaisante. Outre les applications à base de solvant, des insecticides en poudre (DDT notamment) ont couramment été utilisés pour traiter les tissus. Dans les années 1950 EQ-53, une émulsion de DDT, a été recommandé par le ministère américain de l'Agriculture à ajouter au rinçage final de lainages lavables, mais même alors des mises en garde ont été données concernant l'utilisation des d'organochlorés en nettoyage à sec commercial.

Les Boules ou cubes « antimites » ; ce sont des insecticides qui ont été très populaires au XXe siècle et qui sont encore abondamment utilisés, principalement en traitement préventif et conservateur, mais également pour tuer les larves existantes (ce qui nécessite une teneur en produit insecticide dans l'air assez élevée.
Il existe deux types de boules à mites :

  • Celles commercialisées au début du XXe siècle, qui étaient composées de naphtalène ;
  • celles vendues à partir du milieu du XXe siècle composées de paradichlorobenzène. En atmosphère confinée, les vapeurs de ce produit intoxiquent l'adulte et la larve de T. bisselliella[35]. Il faut cependant une trentaine d'heures d'exposition au produit pour que les adultes meurent, et - in vitro - les larves âgées de 35 jours cessent de s'alimenter et meurent toutes en 30 jours[35]. En atmosphère sèche (0% H.R.) à la température constante de 20° C, la transpiration des adultes et des larves augmente en présence de paradichlorobenzène (mais elle n'est pas modifiée par le camphre)[35]. on a noté en présence des vapeurs toxiques une baisse du TSP (point de thermotorpeur), qui montre que l'adulte résiste alors moins bien à la chaleur [35].

Ces deux types d'insecticides passent directement de la phase solide à une phase gazeuse (par un phénomène dit de « sublimation »). Ce gaz est plus lourd que l'air. Il doit atteindre une concentration suffisante dans le matériel à protéger pour être efficace.
Ces deux produits ont quelques inconvénients : Outre leur odeur, s'ils ont peu de toxicité aiguë pour les animaux à sang chaud, ils sont cancérigènes. La naphtaline devrait être déposée en hauteur, et ne doit pas être disposée là où des enfants ou des animaux domestiques ont accès. la naphtaline et le naphtalène sont en outre très inflammable.

Insecticides généralistes plus récents.


Ce sont surtout des aérosols (au XXe siècle pulsés par des gaz endommageant la couche d'ozone. les plus utilisés, parfois également parfumés, contiennent des produits à base de

  • perméthrine
  • des pyréthrinoïdes naturelles ou de synthèse sont maintenant abondamment disponibles en aérosol ou en poudre. Inconvénients : ils peuvent être très toxique pour certains animaux (ex : chats et poissons). Les pyréthrines (par exemple, Cy-Kick, deltaméthrine) - pyréthrines synthétiques ou naturelles) sont disponibles en aérosol ou sous forme de poudre, avec comme inconvénients que certains sont persistantes dans l'écosystème et toxique pour les poissons, avec peut-être des phénomènes de résistance.
  • Le pyriproxyfen (ou d'autres analogues de l'hormone juvénile) visent à bloquer le cycle de vie du papillon en empêchant que la chenille ne forme une chrysalide.
  • Certains vêtements et tapis sont traités avec un insecticide persistant contre les mites pendant leur fabrication. Un risque d'allergie est possible pour les personnes sensibles.

Moyens alternatifs ou biologiques

Certains produits sont réputés repousser les mites

  • camphre (extrait de Cinnamomum camphora) pourrait être une alternative plus sûre et plus naturelle que la naphtaline, mais peut nécessiter des concentrations élevées de vapeurs et est donc plus efficace en atmosphère confinée. De plus, en laboratoire, ses vapeurs se montrent toxiques pour les adultes, mais non pour les larves[35].
  • Le Cèdre rouge de l'Est (Juniperus virginiana), dont la valeur à long terme est douteuse, car bien que son huile volatile soit capable de tuer les larves de petite taille, il est difficile de maintenir des concentrations suffisantes de celui-ci autour d'articles stockés pour être efficace ;
  • le bois de cèdre, qui doit être régulièrement changé car il perd sa capacité à éloigner les mites en quelques années. Les cèdres sont plus ou moins efficaces selon les espèces.
  • La lavande commune (Lavandula angustifolia). Ils étaient traditionnellement disposés dans coffres, armoires de linge et autres garde-robe, en sachets de fleurs de lavande séchées. Ils peuvent être régulièrement "régénérés" par adjonction de quelques gouttes d'huile essentielle de lavande. Quelques gouttes d'huile de lavande régulièrement déposées sur un morceau de tissu placé dans la garde-robe peuvent jouer le même rôle. Inconvénient: Le tissus est très "parfumé".
  • D' Azadirachta indica, on extrait une « huile de neem » utilisée depuis les années 2000 en bombes insecticides[36], également efficace sur Anthrenocerus australis, petit coléoptère qui dévore les tapis. L'extrait de neem est efficace pour tuer les larves (ainsi que celle de T. dubiella) après deux semaines d'exposition à une dose suffisante de produit.

Lutte intégrée

Une Lutte biologique par des ennemis naturels est possible.

  • Elle peut se faire au moyen de parasitoïdes tels que des guêpes Ichneumon (par exemple Trichogramma evanescens). Ces minuscules guêpes parasitoïdes déposent leurs propres oeufs contre ceux des mites  ; moment de l'éclosion, leurs larves parasitent les œufs de papillons nocturnes. les Ichneumonidés (de 2 mm de long) sont inoffensifs pour l'homme et les animaux domestiques. Une fois les mites éradiquées, ils disparaissent dans les 2 à 4 semaines.
    De nombreux autres produits sont utilisés ou ont fait l'objet de tests, dont par exemple un extrait de feuilles de l'arbre Pseudowintera colorata (de Nouvelle-Zélande)[37].
    Une autre espèce envisagée est[38]
  • La toxicité du Bt produit par Bacillus thuringiensis pour cette espèce a fait l'objet d'études dans les années 1960[39].
  • On a étudié en Californie un des virus qui infecte naturellement les mites et les tuent (virus de la polyédrose nucléaire ou « nuclear polyhedrosis virus ») ; Une étude histologique et ultrastructurale a montré un développement polyédrique du virus dans les noyaux cellulaires de l'intestin antérieur, de la valve cardiaque, de l'intestin moyen, du pylore, du gros intestin, des tubes de Malpighi, des ganglions de la chaîne nerveuse ventrale, des muscles, de la trachées, des cellules graisseuses et de l'hypoderme. La microscopie électronique suggère que les virions de la lumière intestinale sont transportés dans des vésicules via le cytoplasme dans les noyaux des cellules cylindriques où ils sont libérés et se répliquent[40].
  • Irradiation

Illustrations

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

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Références

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  2. Infanticide, momification naturelle du cadavre (extrait d'un livre traitant d'un cas de médecine légale, citant le cas d'un bébé trouvé en 1850 dans une cheminée non utilisée, momifié depuis plusieurs années, en partie mangé par larves de mouches identifiée (p 228) par l'auteur, comme étant la Mouche carnassière Musca canaria, Linné), puis des mites nécrophages, qui n'étaient autres que la mite des vêtements), consulté 2011-07-10 sur le site Entomologie forensique en Suisse des entomologistes Claude Wyss & Daniel Cherix
  3. E.H. Mercer, A note on the digestion of wool by clothes-moth larvae ; Biochimica et Biophysica Acta, Volume 15, Issue 2, October 1954, Pages 293-295 (Résumé)
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