Années yasser arafat en tunisie

Années Yasser Arafat en Tunisie

Plaque du boulevard du leader Yasser Arafat à Tunis

Sommaire

De 1982 à 1994, établissement à Tunis

Retrait du Liban

En 1982, en pleine guerre du Liban, Arafat échappe à la mort en quittant de justesse un immeuble réduit à terre par une bombe israélienne[1]. Il est forcé de quitter Beyrouth, assiégée par l’armée israélienne, le 30 août 1982 à bord d’un navire vers la Grèce puis la Tunisie ce qui désorganise en partie ses rentrées financières. Le président tunisien, à l’époque Habib Bourguiba, était peu enclin à héberger Arafat mais finit par accepter après les pressions de la Ligue arabe et de sa femme [2] . Un an après, Arafat revient à Tripoli. Dès le mois de septembre, les partisans d’Arafat sont repoussés par des dissidents de l’OLP dirigés par Abou Moussa épaulés par des troupes syriennes[3] vers les camps de réfugiés de Tripoli. Yasser Arafat est contraint à l’exil. Farouk Kaddoumi demande à l’Union soviétique de protéger les navires quittant le port de la ville pour assurer le départ d’Abou Ammar mais les Soviétiques refusent. Farouk Kaddoumi demande alors l’aide des Français qui acceptent. L’URSS justifie son refus par la volonté d’éviter tout conflit avec les États-Unis[4]. Arafat et 4 000 de ses partisans quittent Tripoli sur des bâtiments grecs protégés par la marine française[5]. Il installe son quartier général dans la ville de Borj Cedria tout près de Tunis où il vit constamment sur ses gardes. Il n’a pas de domicile fixe et ne dort jamais plus d’une nuit au même endroit[6].. Il accepte la dispersion de ses forces combattantes. Arafat évite la mort le 1er octobre 1985 lorsqu’un avion de chasse israélien F-15 bombarde le siège de l’OLP à Tunis où devait de tenir un meeting entre les dirigeants du mouvement auquel Arafat arrive en retard[7]. Cette opération intervient après l’assassinat de trois Israéliens à Chypre. Malgré le renoncement au terrorisme de l’OLP en novembre 1985 au Caire, l’organisation est impliquée dans plus de 100 actes terroristes lors des deux années suivantes[8] .

     Pays reconnaissant l’État de Palestine

Première Intifada

Article détaillé : Première Intifada.

En 1988, éclate en Cisjordanie et à Gaza la première Intifada, la « révolte des pierres ». Bien que l’OLP fût grandement impliquée dans cette révolte, celle-ci fut principalement menée par le Commandement unifié de l’Intifada, et non par la faction tunisienne d’Arafat[8]. L’éclatement de l’Intifada précipite la proclamation d’un État palestinien dans la nuit du 14 au 15 novembre 1988 et Arafat sera élu par le Conseil national palestinien, président de ce nouvel État. Dans le même temps, l’OLP reconnaît la résolution 181 de l’ONU de 1947 qui partage la Palestine en deux États, l’un juif, l’autre arabe, reconnaissant de facto l’existence de l’État israélien, et elle réaffirme sa condamnation du terrorisme [9]. Le président américain Ronald Reagan met fin aux 13 ans d’interdiction de discuter avec l’OLP[10]. Le 2 mai 1989, en visite officielle, pour la première fois, à Paris, Arafat déclare « caduque » la charte de l’OLP qui affirmait que « la lutte armée est la seule voie pour la libération de la Palestine ». C’est la condition qu’avait mise François Mitterrand pour accepter de rencontrer le leader de l’OLP[6].

Yasser Arafat s’engage alors dans une démarche diplomatique, en accord avec sa nouvelle forme de lutte pour l’obtention d’un État Palestinien. Il rencontre ainsi le pape Jean-Paul II au Vatican le 23 décembre 1988[11] et affiche par exemple sa dévotion envers « Notre Seigneur Jésus-Christ » (« palestinien puisque né à Bethléem, qui est un mot hébraïque qui veut dire "maison du pain" »), pour rallier à lui la minorité chrétienne palestinienne, qui bien souvent est persécutée par les intégristes musulmans et obligée de fuir. Dès cette époque, il assiste à toutes les messes de Noël à Bethléem, sauf lorsque l’accès lui en est interdit par Israël à la fin de sa vie. Il fait état d’une « correspondance avec le Général de Gaulle en 1968 » et montre la croix de Lorraine que ce dernier lui aurait envoyée, ce que niera le fils du général[12].

L’alliance avec Saddam Hussein

Article connexe : Guerre du Golfe.

En 1989, la désintégration de l’empire soviétique et la fin de la guerre froide entraînent une redistribution des alliances diplomatiques qui marginalisent Arafat sur la scène internationale. De plus, le gouvernement russe autorise l’émigration vers Israël de plusieurs centaines de milliers de ses ressortissants de confession juive.

Cherchant une issue à son isolement, Yasser Arafat s’allie avec Saddam Hussein, de qui Arafat aurait reçu de l’aide financière[13], et ne condamne pas l’invasion du Koweït par l’Irak, ce qui est perçu comme une trahison par le Koweït. Dans les jours qui ont précédé l’invasion, Yasser Arafat a fait la navette entre Bagdad et Koweït City pour tenter d’imposer sa médiation. Mais ses interlocuteurs koweïtiens ont remarqué qu’il semblait être étrangement réceptif aux arguments de Saddam Hussein[6] et la communauté palestinienne, très importante (300 000 personnes) dans le petit émirat du Koweït, favorise la prise de cet État par l’armée irakienne en 1990. Sa décision mènera à la faillite de l’OLP, puisque plusieurs États, comme l’Arabie saoudite et le Koweït, lui retirent alors leur soutien financier[14]..

Cette alliance vaut à Yasser Arafat, après la deuxième guerre du Golfe et la défaite des armées irakiennes, le ressentiment et la colère des monarchies pétrolières et des Américains. Il est paradoxalement sauvé par le nouveau gouvernement israélien, où la gauche arrive au pouvoir en 1992 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui estiment que Yasser Arafat ne peut plus refuser de leur donner toutes les garanties nécessaires en matière de sécurité, en vue de la création d’un État autonome palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Mariage

Arafat se marie avec sa secrétaire, Souha Tawil, de 34 ans sa cadette, le 17 juillet 1990. Les proches d’Arafat n’apprécient pas cette union qu’ils estiment incongrue[15].

Sa femme, Souha, affirme qu’elle a rencontré pour la première fois Arafat en 1988. Il l'a demandée en mariage en 1990. Celui-ci est célébré en secret à Tunis. Arafat a convoqué pour l’occasion deux témoins, qui seraient deux de ses gardes, ainsi qu’un cheikh, comme le veut la loi islamique pour le mariage. Souha ne portait pas une robe de mariage mais une robe normale et Arafat portait son habit militaire traditionnel et un keffieh.

Arafat a souhaité garder le mariage secret malgré le refus de sa femme. Selon elle, Arafat a agi ainsi car le mariage coïncidait avec la guerre du Golfe et la première Intifada et qu’il était inquiet des conséquences que cela pourrait entraîner[16].

Ils ont ensemble une fille Zahwa, née le 24 juillet 1995 à Paris[17]. Toutes deux vivent à Paris, en France, depuis le début de la seconde Intifada, en 2000.

Accident d’avion

En 1992, Arafat échappe à la mort lorsque son avion, un Antonov 26, s’écrase en Libye alors qu’il effectue la liaison Khartoum-Tripoli. Dès la disparition de l’appareil, les autorités palestiniennes ont fait appel à l’aide internationale. À la suite d’une intervention de l’ex-président américain Jimmy Carter, George Bush autorise la fourniture d’informations enregistrées par les satellites américains. De leur côté, les autorités françaises envoient deux appareils, l’un basé au Tchad, l’autre à Djibouti, pour participer aux recherches[18]. Les deux pilotes de l’avion du leader palestinien ainsi qu’un ingénieur trouvent la mort[17] et Arafat ne souffre que de quelques contusions[1]. Quelques semaines plus tard, il est hospitalisé d’urgence à Amman, en Jordanie, pour être opéré d’un caillot au cerveau.[6]

Expulsion en Tunisie

Selon un journal saoudien et le site web « Elaph.com »[19], les États-Unis auraient décidé en 2003 d'expulser vers la Tunisie le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, ce qu'a nié catégoriquement l'ambassadeur palestinien à Tunis, Mourir Ghannem[20]. Le site web « Elaph.com » affirme que « la construction d'un palais à Hammamet, en Tunisie, s'est récemment accélérée afin de permettre à Yasser Arafat de s'y installer prochainement ». « Elaph.com » ajoute que « le palais sera l'un des plus confortables et des plus grands du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Sa construction coûterait plusieurs millions de dollars ». Cette information est également démentie par son épouse Souha Arafat qui a déclaré que son époux ne quitterait pas la Palestine tant qu’il est vivant.

Convalescence

Le 10 avril 2004, alors que Yasser Arafat est hospitalisé à hôpital d'instruction des armées Percy Faouk Kaddoumi, chef du Département politique (affaires étrangères) de l’OLP déclare «Après les soins, il aura besoin d’une période de convalescence qui se fera ici à Tunis, bientôt, Inchallah ». Cette déclaration intervient peu avant le départ de Kaddoumi pour Paris à la tête d’une délégation. Farouk Kaddoumi se rendait au chevet d’Arafat accompagné de Mohamed Ghanim, membre du Comité central du Fatah, le et Ahmed Affan, chef d’état-major adjoint, les trois responsable résidant en permanence à Tunis[21].

Voir aussi

Notes et références

  1. a  et b les vies de Yasser Arafat, Le Monde (consulté le 11 novembre 2006)
  2. Tsahal , Pierre Razoux, 2006, p.383
  3. tirées de Pierre Razoux, Tsahal, 2006, p.374
  4. Ayyam Al-sayyed Al-arabi, diffusé sur Al-Arabiya le 23 novembre 2006
  5. La dissidence palestinienne : Les luttes fratricides (consulté le 23 novembre 2006)
  6. a , b , c  et d Je suis mort (consulté le 27 octobre 2006)
  7. (en)A Life in Retrospect: Yasser Arafat Time magazine (consulté le 17 novembre 2006)
  8. a  et b Portail d’un leader (malmené) Université Laval (consulté le 7 décembre 2006)
  9. Fil info France (consulté le 27 octobre 2006)
  10. (en)Key Dates in the life of Yasser Arafat Associated Press (consulté le 17 novembre 2006)
  11. La représentation du conflit israélo-palestinien à travers le traitement médiatique de l’« ère-Arafat » de Pommeray Anica (consulté le 18 novembre 2006)
  12. Nuit d’Orient Michel Gurfinkiel évoque une interview accordé par Philippe de Gaulle, fils du général, paru dans le magazine Valeurs actuelles à la date du 12 décembre 1988
  13. (en) Yassir Arafat: 1929-2004 (consulté le 17 novembre 2006)
  14. Yasser Arafat : le combattant solitaire Radio Canada Sophie-Hélène Lebeuf (consulté le 20 décembre 2006)
  15. Souha Arafat, une « lady » si contestée Tribune de la femme (consulté le 23 novembre 2006)
  16. (ar)Interview avec Souha Arafat,Arab Times (consulté le 25 novembre 2006)
  17. a  et b (en)Life and times of Yassir Arafat, Jenny Booth, Times Online (consulté le 17 novembre 2006)
  18. Arafat sain et sauf Article paru dans l’édition du 9 avril 1992. L’Humanité (consulté le 25 novembre 2006)
  19. Arafat s'exilerait en Tunisie (consulté le 17 février 2007)
  20. Arafat en Tunisie : L’ambassadeur palestinien à Tunis dément (consulté le 17 février 2007)
  21. Pour sa convalescence, Arafat séjournera à Tunis (consulté le 17 février 2007)
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