Lefèvre d'Etaples


Lefèvre d'Etaples

Jacques Lefèvre d'Étaples

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Lefèvre d'Étaples

Jacques Lefèvre d'Étaples, connu aussi sous le nom de Jacobus Faber (Stapulensis), fut un théologien et un humaniste français, né vers 1455 à Étaples, dans le Pas-de-Calais, et mort en 1536 ou 1538, à Nérac.

Sommaire

Biographie

Années de formation et d'enseignement

Jacques Lefèvre d'Étaples naquit vers l'an 1450 suivant l'opinion commune, ou vers 1455 d'après un calcul plus vraisemblable, et qui s'accorde mieux avec les divers événements de sa vie. Il fit ses études à Paris, et se borna au simple grade de maître des arts, ou tout au plus à celui de bachelier. Le goût des voyages le prit après qu'il eut enseigné quelque temps les belles-lettres. Il parcourut une partie de l'Europe ; on prétend même que le désir d'étendre ses connaissances le conduisit en Asie et en Afrique.

De retour à Paris en 1495, il professa la philosophie au collège du cardinal Lemoine. Il est alors très influencé par le néoplatonisme. Il fut professeur à Paris jusque vers l'an 1507. Et bien qu'il fût l'avocat de certaines idées qui furent importantes pour la Réforme, il resta catholique toute sa vie. Il préféra réformer l'Église de l'intérieur. Néanmoins, certains de ses livres furent condamnés pour hérésie.

En 1507, Guillaume Briçonnet, alors évêque de Lodève, se l'attacha, le produisit à la cour et l'emmena avec lui lorsqu'il fut transféré en 1518 au siège de Meaux.

Une œuvre de vulgarisation critique

C'est à cette époque que Lefèvre publia ses dissertations, où il soutenait contre l'opinion commune que Sainte-Anne n'avait eu qu'un seul mari, et que Marie, sœur de Lazare, Marie-Madeleine et la pécheresse du chapitre VII de Saint-Luc sont trois personnes distinctes, portant toutes trois le même nom. Les Pères grecs les avaient distinguées ; les Pères latins les avaient confondues. La faculté de théologie décida en faveur de ces derniers. Il est étonnant combien cette dispute, qui semble aujourd'hui de peu d'importance, enfanta alors d'écrits polémiques (voir Pierre Cousturier).

Nommé en 1520 vicaire de Guillaume Briçonnet, devenu évêque de Meaux, Lefèvre crée le « cénacle de Meaux » dont le but était d'améliorer la formation des prêtres en s'attachant à la prédication et à la vulgarisation des Écritures, en regroupant autour de lui Guillaume Farel, Guillaume Briçonnet, Gérard Roussel, Louis Berquin, François Vatable ou encore Marguerite d'Angoulême.

Lefèvre était du nombre de ces théologiens qui, peu respectueux pour la vieille scolastique, cherchaient à inspirer le goût de la critique, de l'antiquité et des langues savantes. Les novateurs en fait de religion prêchaient le même renouvellement dans les études ecclésiastiques. C'en fut assez pour le confondre avec eux. À peine le premier orage était-il apaisé, que sa traduction et son commentaire sur le Nouveau Testament de 1523 suscitèrent contre lui d'autres poursuites. Sa traduction s'appuyait bien sur le texte de la Vulgate latine, mais y ajoutait une soixantaine de corrections d'après les originaux grecs. Les docteurs de Paris furent principalement irrités de l'« Épure exhortatoire » qu'il mit en tête de la deuxième partie, où il recommande à tous les fidèles la lecture de l'Écriture sainte en langue vulgaire. Lefèvre dut s'enfuir à Strasbourg

On défera onze propositions à la faculté ; mais le roi, instruit de cette affaire, dans laquelle il ne vit qu'une tracasserie de Noël Béda, en prit connaissance, et le Febvre, s'étant justifié en présence des prélats et des docteurs que la cour lui avait donnés pour juges, sortit avec honneur de cette seconde attaque.

Alors qu'en 1525, il publie les Épîtres et Évangiles pour les 52 dimanches de l'an, ses ennemis eurent plus de succès dans une troisième attaque ; ils profitèrent du trouble que des prédicateurs indiscrets et des moines turbulents excitèrent en 1525 dans le diocèse de Meaux, où il était grand vicaire, pour le faire décréter d'ajournement par le parlement (voir : Guillaume Briçonnet). Le groupe de Meaux est dissous et Jacques Lefèvre doit s'exiler à Strasbourg.

François Ier écrivit de Madrid en sa faveur au parlement, et à son retour d'Espagne il le nomma précepteur du prince Charles, son troisième fils. Lefèvre acquit dans cet emploi de nouveaux titres à l'estime et à la confiance du roi, qui l'aurait promu aux premières dignités de l'Église, si la modestie de ce savant homme n'y eût mis des obstacles.

Il fut l'un des traducteurs de la Bible en français, le Nouveau Testament en 1523 et l'Ancien Testament en 1528. Sa version intégrale de la Bible basée sur le texte de la Vulgate sera imprimée à Anvers en 1530.

En 1531, Marguerite d'Angoulême, sœur de François Ier et future Reine de Navarre l'emmena à Nérac, où il passa ses dernières années, jusqu'à sa mort, arrivée en 1536.

C'est en tant qu'élève d'Alexander Hegius von Heek, qu'il édita également ses écrits divers à sa mort. Par ses méthodes d'éducation et de travail, il eut une influence importante sur l'intérêt et la manière de penser de certains humanistes tels que Jacobus Faber.

De nombreuses anecdotes ont été rapportées sur lui, mais il est impossible d'en vérifier le bien-fondé. Il semble que d'Étaples ait mené pour l'essentiel une vie sans reproches, et les débats vifs que causèrent ses écrits sont peut-être à l'origine de ces rumeurs.

Principales publications

  • Psalterium quintuplez ; gallicum, romanum, hebraicum, vêtus, conciliatum, 1509 et 1515, chez Henri Estienne, in-fol. avec de petites notes ;
  • Commentaires sur saint Paul, avec une nouvelle traduction latine, Paris, 1512 et 1531. Cet ouvrage, dans lequel on sent encore le peu de progrès qu'avait fait la critique, fut censuré par Érasme sur la partie grammaticale, et par Beda sur la théologique, ce qui ne l'empêcha pas d'être estimé et recherché ;
  • Commentaires sur les Évangiles, Meaux, 1525 ; sa doctrine y paraît très orthodoxe sur les points contestés alors par les novateurs, quoique le syndic Beda lui ait reproché des erreurs à cet égard ;
  • Commentaires sur les épures canoniques, Meaux, 1525 ; tous ses commentaires sur le Nouveau Testament furent mis à l'index par les inquisiteurs romains, sous Clément VIII. Il s'y éloigne de l'ancienne barbarie ;
  • Traduction française du Nouveau Testament, Paris, Colines, 1523, 5 vol. in-8°, demi-gothique, sans nom d'auteur, extrêmement rares, surtout le dernier volume. Elle est faite sur la Vulgate, parce qu'il la destinait à l'usage des fidèles. On la retrouve dans sa version entière de la Bible, Anvers, in-fol. ; ibid., 1529 et 1532, 4 vol. in-4° ; 1528, 4 vol. in-8°. L'édition de revue par les docteurs de Louvain, est la plus correcte et la plus rare, parce qu'elle fut supprimée aussi bien que celle de 1511. Ce qu'il y a de singulier, c'est que tandis que les cordeliers de Meaux faisaient la guerre à le Febvre à cause de ses traductions, ceux d'Anvers donnaient leur approbation, en 1528, pour les faire imprimer et débiter. Il est vrai qu'ils n'avaient pas dans leur édition l'Épure exhortatoire, qui avait principalement mécontenté les docteurs de Paris ;
  • Exhortations en français sur les évangiles et les épures des dimanches, Meaux, 1525, condamnées par le parlement
  • Traduction latine des livres de la foi orthodoxe de saint Jean de Damas ; c'est la première version imprimée de cet excellent ouvrage ;
  • De Maria Magdalena, 1516, 1518, suivi en 1519 d'un autre intitulé : De tribus et unica Magdalena. Cet ouvrage est bien fait ; l'auteur y suit l'ordre géométrique il y rétracte plusieurs choses du précédent, par exemple, ce qu'il avait dit que ces trois femmes portaient toutes le nom de Madeleine ;
  • Rithmimachie ludus, quiet pugnanumer or uni appellatur, Paris, Henri Estienne, 1514, in-4° ; opuscule de cinq pages, imprimé à la suite de l'Arithmetica de Jordan Nemorarius. Dans cet opuscule, le Febvre donne une description fort curieuse de cet ancien jeu pythagorique, mais avec si peu de détail qu'on ne peut bien le connaître qu'en joignant à cette description la notice beaucoup plus étendue que Boissière a donnée du même jeu.

Ses disciples

Source partielle

« Jacques Lefèvre d'Étaples », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition]

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