Lancome (Loir-et-Cher)


Lancome (Loir-et-Cher)

Lancôme (Loir-et-Cher)

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Lancôme
Lancome place église.jpg
Pays
drapeau de la France
     France
Région Centre
Département Loir-et-Cher
Arrondissement Blois
Canton Herbault
Code Insee 41108
Code postal 41190
Maire
Mandat en cours
Claudette Bourgueil
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes Beauce - Val de Cisse
Coordonnées
géographiques
47° 38′ 59″ Nord
       1° 07′ 27″ Est
/ 47.6497222222, 1.12416666667
47° 38′ 59″ N 1° 07′ 27″ E / 47.6497222222, 1.12416666667
Altitudes moyenne : 118 m
minimale : 105 m
maximale : 129 m
Superficie 9,89 km² (989 ha)
Population sans
doubles comptes
144 hab.
(2006)
Densité 11 hab./km²
Carte de localisation de Lancôme

Lancôme est une commune française, située dans le département de Loir-et-Cher et la région Centre. Ses habitants sont appelés les Lancômois.

Ce nom vient sans doute de sa configuration géologique et géographique. En 1059, un parchemin conservé à la bibliothèque municipale de Vendôme, désigne Lancôme sous le nom de longa ulmus (le long orme ou la longue ormaie).

Carte de Cassini 1753

Sommaire

Géographie

Située à 20 kilomètres de Blois, sur l'axe Blois-Montoire. Le ruisseau qui traverse Lancôme s'appelle la Cisse landaise (ou Cisse Landaison).

Carte de Sanson 1660

Histoire

Antiquité

Lancôme remonte semble-t-il à la plus haute Antiquité. La découverte d'une villa romaine, à Malvaux, face au bas Rincé, laisse supposer que le domaine devait s'étendre au-delà de la petite Cisse, sur le territoire de Lancôme.

En 1861, des travaux de terrasse ont mis à nu, à une profondeur moyenne de 40 centimètres, l'aire d'un vaste édifice, que les gens de la contrée crurent l'emplacement d'un château ou d'une église. D'une longueur de 30 mètres, sur une largeur de 14 mètres, il s'agissait en fait d'une villa romaine. On y a retrouvé des fragments de tuiles, des morceaux d'une poterie romaine rouge et noire, et des cubes noirs et blancs appartenant à une mosaïque qui a été détruite. L'enduit intérieur des murs était recouvert de peintures rouge, verte et jaune, attestant de l'existence de fresques.[1]

Le Moyen Âge

Il existait à Lancôme, avant 1070, une villa dénommée ad quartas qui semble être devenue Rincé. En 1148, Rincé est une terre de la Trinité de Vendôme qui est sous commendise (protection contre rémunération) de Thibaut IV de Blois.

L'exploitation des bois provoque un conflit en 1265 entre la Trinité de Vendôme et les hommes de Lancôme, portant sur le bois des usages et le bois de Brochet (près du hameau de Clérice). On détermine alors une partie du bois dont l'usage est aux hommes, sous forme de tenure (2 deniers de cens et 4 de relief par quartier), tandis que dans le reste du bois l'usage demeure aux moines seuls. Ceux-ci exploitent également le bois de Rincé. Cet accord est confirmé en 1672 : ...il semble aux conseillers souscrits que les habitants peuvent mener et envoyer paître leurs bêtes ès dits bois, tant en ceux dudit prieur qu'ès usage, en tout temps et saisons tant de paisson qu'autres temps, sans que ledit prieur les puisse empêcher.

Une lettre sur parchemin de Philippe VI, roi de France, datée de 1337, autorise l'abbé de Vendôme à détourner un chemin allant "de la ville de Gombergein à la ville de Lonc Oulme", pour le réunir à un mauvais chemin par lequel on va de "Gombergein à Françay", à la charge pour l'abbé de faire appareiller ledit mauvais chemin, d'y faire construire un pont, "se mestier est", et de pourvoir "à la seurté des trespassenz sur ledit pont"; cette autorisation accordée à l'abbé pour lui permettre de "parfaire un estang" qu'il avait commencé sur sa terre de "Lonc Oulme".[2]

Au début du XIe siècle, le pays de Lancôme faisait partie du pagus vindocinensis (Vendômois). Jules de Petigny le place dans le pagus blesensis mais il note qu'il fit partie du Vendômois jusqu'en 1339, époque où il fut réuni au Blaisois en tant que paroisse seulement, par traité passé entre Guy de Châtillon et Bouchard VI de Vendôme. Ce traité, qui a redéfini la frontière entre les deux comtés, fut ratifié en 1340 par Philippe de Valois à Bouvines. La frontière est définie très précisément : ... en venant aux ormes dudit Breuil jouste la maison de Denis le Barbier à présent au Breuil et de l'ormeau de laditte maison en s'en venant et en traversant tout le grand chemin jusqu'au val de la Mesurière et dudit val tout le chemin à la croix au feu Venier et de laditte croix tout le chemin aux bois de Maufrain et de Gouffart en s'en revenant par entre les bois dessus dits droit parmi le chemin marais aux terroirs qui départent de Maurepas [Mont Repart] et droit aux terroirs de Lancôme et de Mortereche.

Lancôme, comme Landes le Gaulois, se trouva être un village-frontière entre deux seigneurs belliqueux, puis entre les terres restées françaises et les conquêtes anglaises.

Les étangs

Dans la dépression de terrain qui s'étend à partir de Gombergean, en bordure de la route départementale 108 jusqu'à Lancôme, se trouve une étendue très humide dans laquelle s'écoule, à peine perceptible, une source partant des bois de Barday, commune de Françay. Rapidement, on créa deux étangs importants, ainsi qu'en fait foi un bail de l'abbé Michel Sublet, abbé de la Trinité de Vendôme, affermant l'étang de Lancôme à Claude Gault, receveur général du domaine du roi en Vendômois, le 10 juillet 1595.

La crue de 1748

Le jour de la Pentecôte de l'année 1748 (2 juin), une quantité extraordinaire d'eau est tombée pendant un orage. La levée d'un étang important, situé au-dessus du bourg de Lancôme, s'est rompue. La masse d'eau s'est précipitée dans la vallée et a détruit un moulin appelé Malytourne, placé au bas du village de Rincé ainsi que plusieurs petits étangs, et renversa le pont de pierre bâti près de l'église Saint-Martin à Landes. La partie basse du bourg de Landes a été inondée et l'eau pénétra dans les maisons jusqu'à une hauteur de trois pieds; les habitants furent obligés de se réfugier dans les greniers.[3]

La Révolution française

Au moment de la Terreur, la paroisse de Lancôme était fort agitée. Son curé Blaise Michel Jaunet a un tempérament de lutteur. En 1791 et 1792, il s'est opposé au prêtre constitutionnel envoyé de Blois pour le remplacer. Jaunet a refusé de prêter les deux serments et il entend rester le maître dans son église où il continue d'exercer le culte. Dans la nuit du 21 avril 1792, excédé par sa résistance, le curé assermenté Antoine Paulinier le fit enlever avec l'aide de quatre gardes nationaux de Landes. Le lendemain du coup de force, les habitants de Lancôme se réunirent et dépêchèrent leurs femmes chez Paulinier qui fut rossé à coups de bâton. Paulinier s'enfuit et Jaunet, relâché peu après, se réinstalla en vainqueur dans sa paroisse.[4]

Charles Suppligeau, un cultivateur de Lancôme, a été élu au premier conseil général du Loir-et-Cher installé le 6 juillet 1790.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité
1792 - 1793 Maurice Touzé
1793 - 1798 Mathurin Pétard
1799 - 1807 Pierre Lignout
1808 - 1817 Sébastien Dessay
1817 - 1831 Jean Noullin
1831 - 1843 Sébastien Dessay
1843 - 1847 Gilles Moreau
1848 - 1849 Charles Jolivet
1850 - 1866 Jean Bruneau
1866 - 1870 Michel Chauveau
1870 - 1874 Adolphe De Belenet, officier supérieur en retraite, chevalier de la légion d'honneur
1874 - 1876 Sébastien Hamelin
1876 - 1880 Jacques Thuault
1881 - 1885 Sébastien Hamelin
1885 - 1887 Pas de maire - Désiré Retif fait fonction
1887 - 1889 Jacques Thuault
1889 - 1900 Sébastien Dessay
1900 - 1904 Désiré Retif
1904 - 1908 Sébastien Hamelin
1908 - 1909 Pas de maire
1909 - 1912 Henri Dubray
1912 - 1919 Désiré Retif
1919 - 1935 Marie Touzé
1935 - 1953 Aurèle Girard, chevalier de la Légion d'honneur
1953 - 1966 Maurice Bourgueil
1966 - 1971 Jacques Vée
1971 - 1995 Pierre Besnard
1995 - Claudette Bourgueil
Les données antérieures ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique (Nombre de feux)
1616 1665 1709 1713 1720 1725 1726 1735 1741 1768 1774 1788 1790
Feux 37 32 37 24 37 28 30 24 32 31 28 31 36
Gabellants 108 113
Anciens comptages en nombre de feux "taillables", les gabellants sont les habitants de plus de huit ans
Évolution démographique (Source : INSEE[5]) (Nombre d'habitants)
1790 An II An IV 1801 1806 1807 1820 1826 1831 1836 1841 1846 1851 1856
151 162 218 184 176 192 249 251 218 225 233 233 253 278
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931
297 291 289 300 280 278 293 298 235 247 250 201 195 221
1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
226 201 220 180 165 139 133 96 114 144
Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes

Lieux et monuments

L'église Saint-Pierre de Lancôme appartenait à l'abbaye de la Trinité de Vendôme, par suite de l'achat qui en fut fait en 1059, aux nones de décembre, au prix de 27 livres poitevines, par l'abbé Odéric (ou Oudry) à Hugues fils Théodolin (ou Gueduin), et de l'indemnité qui fut accordée à Aubri, seigneur de Montoire, de qui elle dépendait féodalement.

En 1081, Hamelin II, seigneur de Montoire, confirme à la Trinité la possession de l'église de Lancôme et des biens en dépendant, à savoir : le prieuré, le four à ban devant l'église, vignes, bois, prés et étangs.

L'église, qui se compose d'une nef simple et d'un chevet plat, date du XIIe siècle mais a subi des modifications importantes au XVIe siècle.

Elle possède de remarquables peintures murales, datées du XIIe siècle au début du XVIe siècle, qui ont été nettoyées et stabilisées récemment : sur le mur nord, un saint Christophe de six mètres de haut est peint à côté d'une représentation de la Cène, sur le mur sud un Dit des trois morts et des trois vifs : trois jeunes cavaliers vont à la chasse avec leurs faucons, dans un cimetière, ils sont arrêtés par trois morts, qui leur rappellent la brièveté de la vie et l'importance du salut de leur âme.

Ces peintures, ont été dégagées en 1989 par Brice Moulinier, restaurateur et répondent à deux principales campagnes picturales. Un premier ensemble, dont il ne reste que quelques vestiges, date du XIIe siècle (1160-1180) et comporte une représentation du sacre de Clovis et un Jugement dernier. La deuxième campagne, de la fin du Moyen âge, a décoré les mêmes murs sud et nord de la nef. Elle comporte Saint Christophe, le Dict des trois morts et des trois vifs, la Cène, des représentation de saints et le Jugement dernier.[6]

Le tabernacle surmonté d'un crucifix en bois sculpté et doré, la chaire et son banc d'œuvre du XVIIIe siècle, une pierre tombale de 1554 décorée de quatre écussons armoriés composent le mobilier classé de l'église.

Lieux-dits

Voici un recensement des lieux-dits de la commune dans leur toponymie actuelle.

Les hameaux :

  • Beau soleil : maison dont la façade est exposée au sud.
  • Clérice : site d'essartage récent en 1265, composé à partir de clair et du suffixe diminutif isse
  • Fontaine Saint-Hubert : voir sources
  • La Chatière : de Chat, nom de personne
  • La Fontaine du chêne : voir sources
  • La Pinetterie
  • L'Âne mort : Asne, Lâne nom de personne dès le XIIIe siècle
  • Le Bas Percy
  • Le Bas Rincé
  • Le Clos Follet : clos suivi d'un nom de personne, propriétaire ou tenancier primitif
  • Le haut de Morillard : anciens noms Morugleto ou Morillais
  • Le Pignon blanc
  • Les Maisons rouges
  • Les Orfeuilles
  • Les Pruniers
  • Mont Repart : cité dans l'accord de 1339 (Maurepas)
  • Rincé
  • Rochecorbon

Les bois :

  • Bois de la Fuselière
  • Bois de Rincé
  • Bois des Usages : partie du bois laissée en usage aux hommes de Lancôme en 1265
  • Bois de Brochet
  • Boulomer
  • La Bordière : de Borde et suffixe collectif ière, petite ferme, ou Bordier nom d'homme

Les fosses ou zones humides :

  • Fosse aux Prêtres : peut être aussi une variante de pretes, rejet d'osier prêt à rouir
  • Fosse de Budon
  • Fosse de la Fuselière
  • Fosse de la Tibergie : ancien nom Tibergerie
  • Fosse de Marché Fleury
  • Fosse de Morihard
  • Fosse des Quatre Arpents

Les zones agricoles :

  • Gouffard : cité dans l'accord de 1339
  • La Barre : limite entre deux territoires, entre deux juridictions
  • La Blaudière : de Belault, nom de personne
  • La Grande Borne : bloc de pierre, poteau délimitant un territoire. Vers 1200, borne prend le sens de limite, fin.
  • Le Moulin à Vent
  • Les Boissereaux
  • Les Cressandelles
  • Les Étangs : lieu où se trouvaient les étangs de Lancôme aujourd'hui disparus
  • Les Quartes : mesure de superficie (60 arpents)
  • Les Roncières
  • Mauguenay

Les sources

Cinq sources sur la commune sont à l'origine du bassin de la Cisse landaise.[7]

  • La Fontaine du Chêne : cette source a disparu de son emplacement primitif. Elle se présentait comme un puits arrondi qui s'écoulait dans une fosse sommairement aménagée.
  • La Fontaine Saint-Hubert : au centre d'un boqueteau de peupliers, l'eau est reçue dans une fosse pavée de 5 mètres sur 3. Située près de Rincé, cette fontaine était un lieu de pèlerinage où le saint était invoqué contre la rage.
  • Le Moulin de Malytourne : dans l'ancien bief du moulin se trouvent au moins 3 venues d'eau qui ont toujours fourni de l'eau aux habitants du bas Rincé. Aujourd'hui ces sources alimentent une pièce d'eau.
  • La Fontaine ou le Vivier : située au centre du bourg, c'est une fosse de 3,5 mètres de côté alimentée par le fond. L'eau s'écoulait dans un bassin cimenté qui formait un lavoir à ciel ouvert, aujourd'hui comblé.
  • Le Bourbier : au lieu-dit les Prés de la Fontaine, cette source se présente comme une fosse naturelle de 10 mètres de diamètre. Le nom bourbier désigne un lieu creux plein de boue.

Voir aussi

Bibliographie

  • Dominique Barthélemy, La Société dans le comté de Vendôme de l'an mil au XIVe siècle, Fayard, 1993, ISBN 2-213-03071-5.
  • Roger Hénard, Le Prieuré de Lancôme et la seigneurie de Rincé, Bulletin de la Vallée de la Cisse no 5, 1980.
  • Abbé Métais, Cartulaire de la Trinité de Vendôme , éditions Picard, Paris.
  • Fréderic Lesueur, Les Églises du Loir-et-Cher, 1969.
  • Abbé J. Gallerand, Les Cultes sous la terreur en Loir-et-Cher (1792-1795).
  • Loir et Cher historique, Le Prieuré de Lancôme et la seigneurie de Rincé,1893 et 1894.
  • Abbé Simon, Histoire de Vendôme et de ses environs,1835, page 255 - Prieurés de Lancôme et de Gombergent.
  • Archives départementales de Loir-et-Cher, 21H20, 21H93, 21H94, 21H160
  • Bulletin société archéologique du Vendomois, 1865, "note sur accord de 1531 entre Michel Gauguyn, prieur de Lancôme, et l'abbaye de la Trinité, d'une part et Pierre Sauvage, d'autre part."

Notes et références

  1. Bulletin de la société archéologique, scientifique et littéraire du Vendomois, 1862, "notice sur la découverte d'un monument gallo-romain entre Landes et Lancôme, année 1861"
  2. Archives du Loir-et-Cher 21H20
  3. Bulletin société archéologique, scientifique et littéraire du Vendomois, 1899, p 71
  4. Abbé J. Gallerand, Les Cultes sous la terreur en Loir-et-Cher (1792-1795)
  5. Lancôme sur le site de l'Insee
  6. Bulletin monumental 2000-3 -Découverte de peintures murales dans l'église Saint-Pierre de Lancôme, Marie-Pasquine Subes -Université Paris IV-Sorbonne, Bérénice Terrier et Brice Moulinier
  7. Inventaire des sources du Loir et Cher, Canton d'herbault, Alain Gauthier et Jean-Marie Lorain

Liens externes

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